Gutierrez Balcazar c. Canada (Citoyenneté et Immigration)
- Citation
- 2026 CF 200
- Status
- Judgment
- Jurisdiction
- Canada
- Court
- Federal Court
- Decision
- 11 February 2026
- Posture
- Immigration and Refugee Judicial Review / Application for Judicial Review (federal Court Judgment)
- Language
- French
More details
- Court
- Federal Court
- Decision
- 11 February 2026
- Posture
- Immigration and Refugee Judicial Review / Application for Judicial Review (federal Court Judgment)
- Language
- French
On this page
Professional case brief
Research organized from the available case record
01
Holding and result
The Refugee Appeal Division's decision was unreasonable because it failed to consider a central, probative piece of evidence—the August 2022 abduction of the applicant's father and uncle that included inquiries about the applicant's whereabouts—which could demonstrate the persecutors' ongoing motivation and defeat the claimed internal flight alternative; the matter is remitted for redetermination by a different member of the Division.
Court disposition
Application granted; Refugee Appeal Division decision dated 29 August 2024 quashed and appeal remitted to a different member for redetermination
Orders
- The application for judicial review is allowed.
- The decision of the Refugee Appeal Division dated 29 August 2024 is set aside and the appeal is remitted to another member of the Division for a new determination.
- No question is certified under section 74(d) of the Immigration and Refugee Protection Act.
02
Material facts
Parties
Paul Leonel GUTIERREZ BALCAZAR
Applicant Counsel: Me Felipe MoralesMINISTRE DE LA CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION
Respondent Counsel: Me Guillaume Turcotte03
Procedural history
Posture
Immigration and Refugee Judicial Review / Application for Judicial Review (federal Court Judgment)
04
Questions and positions
Legal issues
- 01
Whether the Refugee Appeal Division unreasonably failed to consider material evidence (abduction of the applicant's father and uncle)
- 02
Whether an internal flight alternative was reasonably available to the applicant
- 03
Whether the applicant qualifies as a Convention refugee or a person in need of protection
Party arguments
- Applicant
- The applicant argued the Refugee Appeal Division ignored central evidence—namely the August 2022 abduction of his father and uncle by cartel members who interrogated them about his whereabouts—which demonstrated ongoing motivation by persecutors and undermined any claimed internal flight alternative.
- Respondent
- The Minister argued the SAR's decision remained reasonable despite not addressing the abduction because the applicant did not clearly raise the abduction's significance before the SAR and the SAR reasonably found it was speculative to link the various incidents to the same perpetrators, so omission did not vitiate the decision.
05
Court’s reasoning
Legal principles
- 01
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v Vavilov, 2019 SCC 65, para 126
Decision-maker must take into account evidence placed before it; failure to consider material evidence can render a decision unreasonable
- 02
Lingeswaran v Canada (Minister of Citizenship and Immigration), 2004 FC 1061, para 9
A decision-maker is not required to mention every piece of evidence, but must address probative evidence that is central to the decision
- 03
Canada (Minister of Citizenship and Immigration) v Vavilov, 2019 SCC 65, paras 15, 84, 86, 96; Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique c Sauvé, 2024 CAF 171, para 16
The court and the Minister cannot invent or supply missing reasons for an administrative decision; absence of analysis on central evidence vitiates reasonableness
- 04
Singh v Canada (Citizenship and Immigration), 2023 FC 409; Ajdadi v Canada (Citizenship and Immigration), 2024 FC 754
It is not the role of the court to speculate about how a tribunal might have analyzed evidence that it did not consider
06
Ratio, limits and disposition
Ratio decidendi
The Refugee Appeal Division's decision was unreasonable because it failed to consider a central, probative piece of evidence—the August 2022 abduction of the applicant's father and uncle that included inquiries about the applicant's whereabouts—which could demonstrate the persecutors' ongoing motivation and defeat the claimed internal flight alternative; the matter is remitted for redetermination by a different member of the Division.
Obiter and limits
- The SAR did not challenge the applicant's credibility or core narrative
- The absence of a certification question under section 74(d) of the Immigration and Refugee Protection Act was appropriate as no issue of public importance was raised
- A tribunal need not mention every item of evidence but cannot ignore central probative evidence
- The court will not draw speculative inferences about how the tribunal would have assessed evidence it did not consider
Court disposition
Application granted; Refugee Appeal Division decision dated 29 August 2024 quashed and appeal remitted to a different member for redetermination
- The application for judicial review is allowed.
- The decision of the Refugee Appeal Division dated 29 August 2024 is set aside and the appeal is remitted to another member of the Division for a new determination.
- No question is certified under section 74(d) of the Immigration and Refugee Protection Act.
Source and reliance status
Federal Court · 11 February 2026
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Judgment reading view
Judgment text
The complete available source text.
Federal Court
Judgment· 11 February 2026
Gutierrez Balcazar c. Canada (Citoyenneté et Immigration) Base de données – Cour (s) Décisions de la Cour fédérale Date 2026-02-11 Référence neutre 2026 CF 200 Numéro de dossier IMM-17679-24 Contenu de la décision Date : 20260211 Dossier : IMM-17679-24 Référence : 2026 CF 200 Ottawa (Ontario), le 11 février 2026 En présence de monsieur le juge McHaffie ENTRE : Paul Leonel GUTIERREZ BALCAZAR demandeur et MINISTRE DE LA CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION défenderesse
JUGEMENT ET MOTIFS [1] Paul Leonel Gutierrez Balcazar sollicite le contrôle judiciaire d’une décision de la Section d’appel des réfugiés [SAR] rejetant sa demande d’asile au motif qu’il disposait d’une possibilité de refuge interne [PRI] au Mexique. Pour les motifs qui suivent, la Cour conclut que la décision de la SAR est déraisonnable parce que la SAR n’a pas tenu compte d’un élément de preuve central, soit l’enlèvement du père et de l’oncle de M. Gutierrez Balcazar par les prétendus agents de préjudice. La demande de contrôle judiciaire est donc accueillie. [2] La SAR n’a remis en cause ni la crédibilité de M. Gutierrez Balcazar ni son récit. Selon ce récit, les membres d’un cartel ont intercepté et menacé M. Gutierrez Balcazar en décembre 2021. Ils ont essayé de le recruter de force en tant qu’espion en raison de son profil de conseiller financier dans la région frontalière entre l’État du Chiapas et le Guatemala. Après cet incident, M. Gutierrez Balcazar a décidé de démissionner de son poste. Il est resté chez son cousin pendant quelques semaines alors qu’ils finalisaient quelques tâches au travail avant son départ. Il a ensuite habité chez son père pendant quelques semaines, jusqu’à ce qu’une nuit au mois de février 2022, plusieurs fourgonnettes remplies d’hommes armés circulaient la maison de son père. Il a donc déménagé chez sa sœur pendant une semaine avant de quitter
le Mexique pour le Canada. [3] En août 2022, six mois après l’arrivée de M. Gutierrez Balcazar au Canada, son père et son oncle ont été enlevés par des membres du cartel Sinaloa. Les kidnappeurs les ont interrogés au sujet de M. Gutierrez Balcazar et où il se trouvait, avant de les libérer en échange d’un paiement d’une rançon. Huit mois plus tard, en mai 2023, sa sœur à Chiapas a reçu deux appels anonymes d’un numéro associé à un autre état du Mexique. Les appelants lui ont demandé où se trouvait M. Gutierrez Balcazar et ont déclaré qu’ils lui feraient du mal lorsqu’ils le trouveraient. [4] Dans sa décision datée du 29 août 2024, la SAR a conclu que M. Gutierrez Balcazar pourrait profiter d’une PRI et qu’il n’avait donc ni qualité de réfugié selon la Convention ni qualité de personne à protéger. Selon la SAR, M. Gutierrez Balcazar n’a pas prouvé que les agents de préjudice qui l’ont ciblé seraient motivés de le poursuivre partout dans le pays. À cet égard, la SAR a conclu que M. Gutierrez Balcazar n’a pas établi que les personnes qui l’ont accosté en décembre 2021 sont les mêmes que ceux qui ont rôdé autour de la maison de son père en février 2022 ou ceux qui ont appelé sa sœur en 2023. La SAR a qualifié de spéculative la conclusion de M. Gutierrez Balcazar qu’il devait s’agir des mêmes personnes, surtout puisque la preuve relative au contexte et au climat à Chiapas démontre
que la violence est répandue et que plusieurs différents cartels s’y trouvent. [5] Cependant, la décision de la SAR est dépourvue d’analyse ou de considération relative à l’enlèvement du père et de l’oncle. Pourtant, l’enlèvement pourrait suggérer que les agents de préjudice sont motivés à retrouver M. Gutierrez Balcazar, surtout puisque l’enlèvement a eu lieu dans les mois suivants son départ du Mexique et que, selon le témoignage du père et de l’oncle, les kidnappeurs ont cherché à connaître son emplacement. [6] Comme l’a souligné la Cour suprême du Canada, un décideur « doit prendre en considération la preuve versée au dossier » et le caractère raisonnable d’une décision peut être compromis s’il « n’en a pas tenu compte » : Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c Vavilov, 2019 CSC 65 au para 126. En l’espèce, la SAR semble avoir ignoré un élément central du narratif de M. Gutierrez Balcazar quant à la motivation des agents de préjudice, soit l’incident le plus direct et le plus violent des trois évènements qui ont suivi l’attaque originale de décembre 2021. La SAR n’est évidemment pas tenue de faire mention de tout élément de preuve, mais une décision peut être viciée lorsqu’elle ne mentionne pas des éléments de preuve probants qui ont une importance cruciale pour la demande : Lingeswaran c Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration), 2004 CF
1061 au para 9. [7] La ministre prétend que la décision de la SAR demeure raisonnable, nonobstant l’absence de considération de l’enlèvement. Cette prétention repose sur deux arguments principaux. Premièrement, elle soutient que les prétentions de M. Gutierrez Balcazar devant la SAR ne soulèvent pas clairement l’importance de l’enlèvement comme preuve relative à la motivation continue des agents de préjudice. Dès lors, elle prétend qu’il ne peut pas s’agir d’un élément de preuve central et que la décision de la SAR a effectivement répondu aux arguments principaux qu’a soulevés M. Gutierrez Balcazar : Vavilov aux para 127–128. [8] Je ne peux pas accepter cette proposition. M. Gutierrez Balcazar a soulevé l’enlèvement du mois d’août 2022 à plusieurs reprises dans ses prétentions devant la SAR. Il a fait référence aux conclusions de la Section de la protection des réfugiés [SPR] à ce sujet, et il a expressément soutenu que l’évènement d’août 2022 était « révélateur d’une motivation continue des agents de persécution ». Il a également prétendu que même s’il ne s’agissait pas du même groupe, cet évènement est une preuve du risque élevé qu’il courait advenant son retour au Mexique. Comme indiqué, cet incident était le plus direct et le plus violent des évènements soulevés par M. Gutierrez Balcazar pour établir la motivation continue de ses agents de préjudice. Il ne s’agit pas
simplement d’un élément de preuve mineur ou périphérique et il n’était pas loisible à la SAR de le passer complètement sous silence. [9] Deuxièmement, la ministre cite la conclusion centrale de la SAR, voulant que M. Gutierrez Balcazar n’ait pas établi que ceux qui l’ont attaqué en décembre 2021 étaient les mêmes individus responsables de l’incident en février 2022 chez son père et des appels à sa sœur en mai 2023. Elle prétend que cette conclusion peut également s’appliquer à l’enlèvement du mois d’août 2022. Elle note en particulier que la preuve n’établit pas que les responsables de l’enlèvement sont liés aux membres du cartel qui ont initialement essayé de recruter M. Gutierrez Balcazar. [10] Je ne suis pas d’accord, pour la simple raison que la décision de la SAR ne contient aucune conclusion à cet effet. Il n’incombe pas à la Cour de tirer des conjectures quant à l’analyse qu’aurait pu faire la SAR sur un élément de preuve central qui n’est même pas considérer dans sa décision, ni de présumer que ses conclusions sur la question centrale—soit la motivation des agents de préjudice, et incidemment les risques de M. Gutierrez Balcazar dans la PRI—seraient les mêmes si elle avait tenu compte de cet élément de preuve. La jurisprudence nous confirme qu’il n’est pas le rôle de la ministre ni de la Cour de façonner leurs propres motifs pour étayer ou compléter la décision de la
SAR : Vavilov aux para 15, 84, 86, 96; Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique c Sauvé, 2024 CAF 171 au para 16; Singh c Canada (Citoyenneté et Immigration), 2023 CF 409 aux para 33–36; Ajdadi c Canada (Citoyenneté et Immigration), 2024 CF 754 au para 6. [11] Puisque la décision de la SAR ne contient aucune analyse quant à un aspect central de « la preuve versée au dossier et la trame factuelle générale qui a une incidence sur sa décision », je conclus que la décision ne se conforme pas aux exigences de la décision raisonnable : Vavilov au para 126. La demande de contrôle judiciaire est donc accueillie et l’affaire est renvoyée pour une nouvelle détermination par un·e autre membre de la SAR. [12] Ni l’une ni l’autre des parties n’a proposé de question à certifier au titre de l’alinéa 74d) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, LC 2001, c 27. Je conviens que l’affaire ne soulève aucune question grave de portée générale qui satisfait aux exigences de l’alinéa 74d). JUGEMENT dans le dossier IMM-17679-24 LA COUR STATUE que La demande de contrôle judiciaire est accueillie. La décision datée du 29 août 2024 de la Section d’appel des réfugiés rejetant l’appel du demandeur est annulée et l’appel est renvoyé à un·e autre membre du tribunal pour une nouvelle décision. « Nicholas McHaffie » Juge COUR FÉDÉRALE
AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER DOSSIER : IMM-17679-24 INTITULÉ : Paul Leonel GUTIERREZ BALCAZAR c LE MINISTRE DE LA CITOYENNETÉ ET DE L’IMMIGRATION LIEU DE L’AUDIENCE : Montréal (Québec) DATE DE L’AUDIENCE : LE 10 septembre 2025 JUGEMENT ET MOTIFS:
LE JUGE MCHAFFIE DATE DES MOTIFS : LE 11 Février 2026 COMPARUTIONS : Me Felipe Morales Pour LE DEMANDEUR Me Guillaume Turcotte Pour LA DÉFENDEResse AVOCATS INSCRITS AU DOSSIER : Semperlex, S.A.R.F. Montréal (Québec) Pour lE DEMANDEUR Procureur général du Canada Montréal (Québec) Pour LA DÉFENDEResse
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