Canada Judgment

Supreme Court of Canada

Perras v. Brault

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01

Holding and result

A deed that states a money consideration that was not in fact paid is not necessarily simulated where evidence establishes that another real and licit consideration existed and the parties intended the transfer; therefore the 1933 transfer to Brault was valid and the subsequent transfer to Cécile Dion was lawful; appeal dismissed.

Court disposition

Appeal dismissed with costs.

Orders

  • Appeal dismissed with costs.

02

Material facts

Parties

Hermas Perras

Appellant Counsel: G. Guérin K.C.

Bernard Brault

Respondent Counsel: L. E. Beaulieu K.C.

Cécile Dion

Respondent Counsel: L. E. Beaulieu K.C.

Amounts and remedies

  • Debt Evidenced by Debentures: CAD 7,000
  • Stipulated Sale Price in Deeds: CAD 2,000
  • Number of Debentures Borrowed: 7

03

Procedural history

  1. Posture

    Appeal (contract) / On Appeal to Supreme Court of Canada From Court of King's Bench, Province of Quebec (appeal Side)

04

Questions and positions

Legal issues

Party arguments

Applicant
The trustee (appellant) contended the transfers from Dion were simulated to defeat creditors; the price stated in the deed ($2,000) was never paid and the deeds should be declared null and the property restored to the bankrupt's estate.
Respondent
The respondents argued the 1933 transfer to Brault satisfied a real, licit consideration (Brault was paid his debt by receipt of security and assets) and the form used (sale with false price) does not prove simulation; Brault acquired legal title and could transfer to Cécile Dion.

05

Court’s reasoning

  1. 01

    Fuzier-Herman, Répertoire; Aubry & Rau, 5th ed.

    Simulation in form does not void an act if parties in fact performed a real and licit transaction that could have been effected under a different form.

  2. 02

    Civil Code (Quebec) art. 1040; Perras v. Brault [1940] S.C.R. 547

    Action paulienne is subject to prescription and specific standing requirements; a declaration of simulation is a distinct remedy not subject to the same one-year limitation in article 1040 of the Civil Code.

  3. 03

    Perras v. Brault [1940] S.C.R. 547

    When transferee has a legal right to possession or title, the nominal form of the transfer is immaterial to its validity.

06

Ratio, limits and disposition

Ratio decidendi

A deed that states a money consideration that was not in fact paid is not necessarily simulated where evidence establishes that another real and licit consideration existed and the parties intended the transfer; therefore the 1933 transfer to Brault was valid and the subsequent transfer to Cécile Dion was lawful; appeal dismissed.

Obiter and limits

  • The trustee's action was a declaration of simulation, not a paulian action, and is not barred by the one-year prescription of article 1040.
  • Parties may alter original agreements by mutual consent; form chosen by parties does not of itself prove fraudulent intent.
  • Friendly arrangements permitting the transferor to remain in possession after transfer do not establish simulation or fraud.
  • False statements in an instrument are not conclusive evidence of simulation if a real cause for the transfer existed.

Court disposition

Appeal dismissed with costs.

  • Appeal dismissed with costs.

Source and reliance status

Supreme Court of Canada · 20 June 1940

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Judgment text

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Source document

Supreme Court of Canada

Judgment· 20 June 1940

[1940] SCR 547

Perras v. Brault Collection Supreme Court Judgments Date 1940-06-20 Report [1940] SCR 547 Judges Duff, Lyman Poore; Crocket, Oswald Smith; Kerwin, Patrick; Hudson, Albert Blellock; Taschereau, Robert On appeal from Quebec Subjects Contract Decision Content Supreme Court of Canada Perras v. Brault, [1940] S.C.R. 547 Date: 1940-06-20 Hermas Perras ès-qual (Plaintiff) Appellant; and Bernard Brault (Mis-en-catjse). Cécile Dion (Defendant) Respondents. 1940: May 20. Present: Duff C.J. and Crocket, Kerwin, Hudson and Taschereau ON APPEAL FROM THE COURT OF KING'S BENCH, APPEAL SIDE, PROVINCE OF QUEBEC Contract—Deed of transfer of property—Money consideration stipulated—Evidence of absence of such consideration—Deed not necessarily simulated—Deed valid if evidence of other real and valid consideration. Where a deed of transfer of property stipulated certain money consideration and it has been later established by evidence that such consideration has never been received by the transferer, it does not necessarily follow that the deed was simulated, if it has been also established that some other real and licit consideration for the transfer had existed. The mere fact that false statements are contained in a deed does not necessarily constitute by itself element! of simulation: if the transferee has some legal right to get into possession of the property, the form under which it is

transferred to him is not material. APPEAL from the judgment of the Court of King's Bench, appeal side, province of Quebec[1], reversing the judgment of the Superior Court, Duclos J., and dismissing the appellant's action. The material facts of the case and the questions at issue are stated in the judgment now reported. G. Guérin K.C. for the appellant. L. E. Beaulieu K.C. for the respondent. The judgment of the Court was delivered by Taschereau J.—Donat Dion, le père de la défenderesse intimée Cécile Dion, était autrefois gérant d'une succursale de la Banque Canadienne Nationale à Montréal. Dans le cours du mois de septembre 1928, il emprunta du mis-en-cause Bernard Brault sept débentures, de $1,000 chacune, de la United Securities Co. Limited. Dion s'engagea à remettre ces débentures au plus tard le 3 janvier 1929, et en garantie de ce prêt, il céda et transporta au dit Bernard Brault trois cents actions communes de Foreign & Power Securities Corporation Ltd. Il signa à cet effet le document suivant:— Montréal, le 14 septembre 1928. Je, soussigné, reconnais avoir reçu de Bernard Brault, comme prêt seulement, sept débentures de $1,000 chacune ($7,000) de United Securities Ltd., 5½%, datées du premier mai 1927, dues le premier mai 1952, et portant les numéros A. M 2859 à 2865 inclus et que je m'engage de lui remettre les débentures précitées d'ici au 3 janvier 1929. En garantie

seulement du prêt ci-haut, je cède et transporte un certificat de 300 actions communes de Foreign & Power Securities Corporation Ltd. portant le no. 08918, daté du 25 août 1928 et enregistré en mon nom. (Signé) D. Dion. Comme Dion n'a pu remplir son obligation de remettre les débentures en question, il s'engagea de donner à Brault des garanties supplémentaires, et, le 16 janvier 1931, il signa le nouveau document suivant:— Montréal, 16 janvier 1931. Je, soussigné, Donat Dion, de Montréal, pour valeur déjà reçue de M. Bernard Brault, m'engage à lui céder et transporter, à première demande, tous mes droits, titres ou intérêts dans "Duval Motors Limited", et au besoin ma propriété au village de Varennes, pour le cas où les parts de "Duval Motors Limited" ne pourraient pas être réalisées ou ne rapporteraient pas suffisamment pour couvrir ma dette avec le dit Bernard Brault. Je m'engage en outre à faire les démarches nécessaires pour donner suite aux présentes, et à signer tous écrits en faveur dudit Bernard Brault, ou de celui qui serait désigné par lui. En foi de quoi j'ai signé à Montréal, ce seizième jour de janvier, mil neuf cent trente-et-un. (Signé) D. Dion. La preuve révèle que plus tard, soit au début de 1933, Brault, sur le point de faire un voyage en Europe, demanda à Dion de lui transporter les actions de la Duval Motors Limited et la propriété de Varennes, en exécution

de l'écrit du 16 janvier 1931. Brault voulait mettre ordre à ses affaires avant son départ. Le 13 février 1933, un acte de vente fut signé devant Joseph Romuald Crépeau en vertu duquel la propriété de Dion située à Varennes fut transportée à Brault. Cet acte n'est pas un simple acte de transport tel qu'on pourrait s'y attendre, mais bien un acte de vente dans lequel un prix de $2,000 est stipulé, et où l'acquéreur s'engage à payer les taxes à partir du 1er janvier 1933. Le 21 février de la même année, les actions de Duval Motors Limited sont effectivement transportées à Brault, et un certificat nouveau pour cent actions est émis en sa faveur. Apparemment, les choses en sont restées là jusqu'au début de 1935, alors que Dion sollicite de Brault un nouvel emprunt. Celui-ci refuse, mais pour des raisons que j'examinerai plus tard, il transporta à la fille de Donat Dion, Cécile Dion, l'intimée, la propriété de Varennes. L'acte signé par les parties est également un acte de vente, où le prix stipulé est de $2,000 que le vendeur Brault reconnaît avoir reçu le jour de la signature dudit acte, soit le 15 avril 1935. Enfin, le 30 janvier 1936, Donat Dion a fait cession de ses biens et l'appelant, Hermas Perras, a été nommé syndic aux biens du failli. Le 14 septembre 1936, il a institué devant la Cour Supérieure de Montréal une action pour faire annuler et résilier le transport consenti

par Dion à Brault ainsi que celui consenti par Brault à Cécile Dion. Il demande dans son action que ces actes soient déclarés simulés, qu'il soit dit et déclaré que le failli Dion a toujours été propriétaire de l'immeuble en question qui ne serait jamais sorti de son patrimoine. La Cour Supérieure lui a donné raison, a déclaré les deux transports simulés, mais la Cour du Banc du Roi (MM. les juges Tellier et Barclay dissidents) a renversé cette décision. C'est de ce jugement qu'il y a appel. Il importe de signaler dès maintenant que l'action instituée par le syndic à la faillite n'est pas une action paulienne malgré les allégations que l'on rencontre aux paragraphes 8, 9 et 16 de la déclaration. L'action paulienne doit être instituée avant l'expiration d'un an à compter du jour où le créancier a eu connaissance de la transaction frauduleuse, et elle ne peut être instituée que par un créancier qui connaît l'insolvabilité de la personne avec qui il contracte à titre onéreux. L'action soumise à la considération de cette Cour est bien différente. Il s'agit d'une action en déclaration de simulation et le requérant syndic à la faillite soutient que les actes attaqués sont inexistants, que l'immeuble qui fait l'objet du litige n'est jamais devenu la propriété de l'acquéreur, mais a toujours demeuré dans le patrimoine de Dion. Une semblable action, en conséquence, n'est pas sujette à

la prescription édictée par l'article 1040 du Code Civil, et peut être instituée soit par les créanciers antérieurs à l'acte attaqué, soit par des créanciers postérieurs. Les parties ne contestent pas que Dion a reçu les sept débentures de $1,000 chacune de la United Securities Co. Limited, et que Brault a également été mis en possession des trois cents actions communes de Foreign & Power Securities Corporation Ltd. L'appelant prétend cependant que Brault n'avait pas droit de se faire transporter la propriété de Varennes, à moins qu'il ne soit établi que les actions de la Duval Motors Limited n'ont pu être réalisées, ou qu'elles n'ont pas rapporté suffisamment pour couvrir la dette de Dion vis-à-vis de Brault. Il n'y a pas de doute qu'à la lecture de l'écrit du 16 janvier 1931 tel semble être le cas. Il est clair que Brault n'aurait pas pu exiger de Dion que l'immeuble lui fût transporté, à moins que les conditions mentionnées à l'acte ne soient réalisées. Mais les parties peuvent consentir, et ont évidemment consenti, à ce qu'il en soit autrement, car effectivement Dion a transporté en même temps, et les actions de la Duval Motors Limited et la propriété de Varennes. Rien ne s'oppose à ce que les parties modifient l'entente originaire intervenue entre elles. A cette date, où Dion a ainsi transporté sa propriété à Brault, celui-ci était véritablement créancier et il ignorait,

c'est ce que la preuve révèle, que Dion avait d'autres créanciers ou qu'il était insolvable. Comme résultat du transport de la propriété et des actions de la Duval Motors Limited, Brault a été totalement payé de sa créance. Voici ce que nous dit Donat Dion à ce sujet:— R. Non, je ne devais pas à M. Brault, ça été réglé en 1933, quand j'ai vendu la propriété. Q. Vous ne deviez plus à M. Brault? R. Je ne devais plus à M. Brault, non. Q. Vous n'avez rien donné en argent à M. Brault depuis 1933? R. Absolument pas. L'intimé Bernard Brault confirme ce témoignage de la façon suivante:— R. Je vous demande pardon, en 1933, lorsque l'acte a été passé, la cession de la maison ainsi que la cession des actions de la Duval Motors, M. Dion me devait $7,000, à ce moment là. Q. Quand vous avez transporté ou que vous avez fait cette supposée vente de la propriété à mademoiselle Cécile Dion, M. Dion ne vous devait plus rien? R. Il ne me devait plus rien. Je crois donc que lorsque Facte de vente du 13 février 1933 a été signé, Bernard Brault, comme conséquence de l'acte du 16 janvier 1931 modifié par le consentement mutuel des parties, est devenu véritablement le propriétaire de l'immeuble en question. On semble trouver extraordinaire que, malgré que Brault fût devenu propriétaire de cet immeuble, Dion ait continué à l'habiter. Ceci s'explique facilement si l'on tient compte que Brault et Dion

étaient des amis de longue date, qu'antérieurement Brault avait déjà prêté des sommes considérables à Dion que celui-ci avait remboursées, et que de plus, Dion avait été la cause que Brault avait réussi à faire de très heureuses spéculations. Il est naturel que celui-ci, qui ne tenait pas à habiter Varennes, laissât la jouissance de la maison à son ami, et en conservât la propriété. Ce transport n'avait donc pas pour but de porter atteinte aux droits des tiers, et il est impossible de dire que cet acte a été fait pour soustraire l'actif de Dion à ses créanciers, ou qu'il est un simulacre de vente pour dépouiller en apparence Dion du gage commun de ses créanciers. Je ne vois dans cet acte aucun des éléments nécessaires pour qu'il y ait simulation et pour permettre de dire que Dion n'avait pas l'intention de transporter et que Brault n'avait pas l'intention d'acquérir. Cette transaction est la conséquence d'une entente antérieure entre les parties, et n'est pas à mon sens un acte fictif ou simulé. On prétend qu'il y a une preuve de simulation dans le fait que Dion et Brault ont effectué ce transport sous la forme d'un acte de vente pour la somme de $2,000. Il est clairement prouvé que lorsque le contrat a été signé, Brault n'a pas reçu la somme de $2,000 qui y est mentionnée. Mais comme Brault avait droit d'obtenir la propriété, la forme sous laquelle elle lui a été transportée

ne peut pas affecter le résultat de cette cause et n'est pas une preuve de simulation. Il existait une cause réelle et licite pour le transport de la propriété et le fait d'intercaler dans un acte des choses fausses ne constitue pas nécessairement des éléments de simulation. Fuzier-Herman, Répertoire, Vo, Simulation, No. 11, page 235, dit ce qui suit:— La simulation d'un acte n'est pas par elle-même une cause de nullité de cet acte, lorsque les parties ont fait sous une forme fictive ce qu'elles pouvaient accomplir sous une autre forme, et lorsque, malgré la cause énoncée qui est fausse, il en existe une réelle et licite. Aubry & Rau, 5ème édition, T. 1, par. 35, page 175, dit que pour toute disposition ou convention dont le but peut être également atteint, soit au moyen d'un acte indiquant sa véritable nature, soit à l'aide d'un acte la représentant sous l'apparence d'une disposition ou convention d'une autre espèce, les parties peuvent indifféremment avoir recours à l'une ou l'autre de ces formes. Il faut donc en venir à la conclusion que ce que les parties ont fait sous l'apparence d'un acte de vente couvrait un acte réel, et que l'intention des parties était bien d'effectuer le transport de cette propriété. Etant devenu le propriétaire définitif de l'immeuble, Brault pouvait en disposer comme il l'entendait. Aussi, pouvait-il en effectuer le transport à la fille de Donat

Dion, mademoiselle Cécile Dion, le 15 avril 1935. J'en viens donc à la conclusion que cet immeuble est sorti du patrimoine de Dion lorsqu'il a été transporté à Brault le 13 février 1933, qu'il n'y a pas eu de simulation pouvant validement affecter le transport de la propriété, que les jugements de la Cour du Banc du Roi sont bien fondés et que les présents appels doivent être rejetés avec dépens. Appeal dismissed with costs. Solicitors for the appellant: Guérin, Cousineau & Godin. Solicitors for the respondent: Beaulieu, Gouin & Tellier. [1] (1938) Q.R 66 K.B. 110.

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Authorities

Authorities used by the court

Cases, legislation, regulations, and constitutional provisions identified in the available record.

(1938) Q.R. 66 K.B. 110

Case cited

Civil Code (Quebec) art. 1040

Legislation

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