goa alias vedastus c republique unie de tanzanie requete n 0252015 2019 afchpr 40 26 septembre 2019
The Court found that the applicant's right to a fair trial was violated solely due to the lack of free legal assistance in a serious criminal case, as required by Article 7(1)(c) of the Charter and Article 14(3)(d) of the ICCPR. The Court found no violation regarding the assessment of evidence or the applicant's...
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- Citation
- goa alias vedastus c republique unie de tanzanie requete n 0252015 2019 afchpr 40 26 septembre 2019
- Parties
- Applicant: Majid Goa alias Vedastus; Respondent: Republic of Tanzania
- Court
- TANZLII
- Jurisdiction
- Tanzania
- Judgment Date
- 1 January 2019
- Procedural Posture
- Human Rights Application / Merits and Reparations Judgment
- Outcome
- Partial finding for applicant
- Legal Topics
- Right to Fair Trial, Right to Legal Assistance, Non Discrimination, Equality Before the Law, Compensation for Human Rights Violations
- Source Language
- en
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Parties
Majid Goa alias Vedastus
Applicant
Republic of Tanzania
Respondent
Procedural Posture
Human Rights Application / Merits and Reparations Judgment
Legal Issues
- 1 Whether the applicant's right to a fair trial under Article 7 of the African Charter was violated
- 2 Whether the applicant was denied legal assistance in violation of Article 7(1)(c) of the Charter and Article 14(3)(d) of the ICCPR
- 3 Whether the applicant's rights to non-discrimination and equality before the law under Articles 2 and 3 of the Charter were violated
Ratio Decidendi
The Court found that the applicant's right to a fair trial was violated solely due to the lack of free legal assistance in a serious criminal case, as required by Article 7(1)(c) of the Charter and Article 14(3)(d) of the ICCPR. The Court found no violation regarding the assessment of evidence or the applicant's alibi, nor any breach of non-discrimination or equality before the law. The Court awarded compensation for the violation of the right to legal assistance.
Court Disposition
Partial finding for applicant
Orders
- The Court found a violation of Article 7(1)(c) of the Charter and Article 14(3)(d) of the ICCPR for failure to provide legal assistance.
- The Court ordered the respondent to pay the applicant 300,000 Tanzanian shillings as just compensation, tax-free, within six months, with interest for late payment.
Full Case Text
Judgment text and source record
1 paragraphs
0x5 Tot5 26 oq f w,q 00092 0 o Io- ONE 0 LM AFRICAN UNION UNION AFRICAINE {J*}/...t---t \ *+;rtt .rlrf,ll \./ UNIAO AFRICANA AFRICAN COURT ON HUMAN AND PEOPLES' RIGHTS COUR AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES AFFAIRE MAJID GOA alias VEDASTUS c REPUBLIQUE.UNIE DE TANZANIE REQUETE n" 02512015 ARRET (FOND ET REPARATTONS) 26 SEPTEMBRE 2019 0Rn115 sl k @-- CI00919 Sommaire Sommaire ,..1 LES PARTIES ..2 il OBJET DE LA REQUETE.............. ..3 A Faits de la cause ..3 B Violations all6gu6es...... ..3 RESUME DE LA PROCEDURE DEVANT LA COUR ..4 IV MESURES DEMANDEES PAR LES PARTIES ,.4 E V SUR LA COMPETENCE DE LA COUR........... A Exception d'incomp6tence mat6rielle. ..6 B Sur les autres aspects de la comp6tence............ .,7 VI suR LA RECEVAB111TE................... ..8 A Conditions de recevabilit6 en discussion entre les Parties..... ..9 i. Exception relative au non-6puisement des recours internes 10 ii. Exception relative au non-respect du d6lai raisonnable 11 B Conditions de recevabilit6 qui ne sont pas en discussion entre les Parties 13 vil SUR LE FOND........... 14 A. Violation all6gu6e de l'article 7 de la Charte ...................14 i. All6gation d'incohdrence des 6l6ments de preuve..... ......................14 ii. All6gation selon laquelle I'alibi du Requ6rant n'a pas et6 pris en compte..............17 iii. D5faut allegu6 de foumir une assistance judiciaire au Requ5rant............"............19 B. Violation all6gu6e du droit d la non-discrimination et du droit A l'6galit6 devant la loi et d une 6gale protection de la |oi......... .................21 vilt. suR LES REPARAT|ONS................... ...........................22 A. R6parations p6cuniaires... .........................24 B. R6parations non p6cuniaires................. .........................25 IX. SUR LES FRAIS DE PROCEDURE ........,.....26 x. DtsPostTlF ...........................26 \( (v t00918 La Cour compos6e de : Sylvain ORE, Pr6sident ; Ben KIOKO, Vice-pr6sident ; Rafa6 BEN ACHOUR, Angelo V. MATUSSE, Suzanne MENGUE, M-Th6rdse MUKAMULISA, Chaflka BENSAOULA, Blaise TCHII(AYA, Stella l. ANUKAM - Juges ; et Robert ENO, Greffier. Conform6ment d l'article 22 du Protocole relatif d la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples portant cr6ation d'une Cour africaine des droits de I'homme et des peuples (ci-aprds << le Protocole >) et d I'article 8(2) du Rdglement int6rieur de la Cour (ci-aprds < le Rdglement >), la Juge lmani D. ABOUD, membre de la Cour de nationalit6 tanzanienne, n'a pas si6g6 dans l'affaire. En l'affaire Majid Goa a/ras VEDASTUS assurant lui-m€me sa ddfense contre REPUBLIOUE-UNIE DE TANZANI E reprdsentde par: Dr Clement MASHAMBA, Solicitor General, Cabinet du solicitor General ; I Mme Sarah MWAIPOPO, Directrice de la Division des affaires constitutionnelles et des droits de l'homme, Cabinet de l'Attorney General ; M. Baraka LUVANDA, Ambassadeur, Chef du D6partement des affaires juridiques, Ministdre des Affaires 6trangdres, de I'Afrique de l'Est et de la Coop6ration 169ionale et internationale ; 1 00091? IV Mme Nkasori SARAKIKYA, Principal State Attorney, Cabinet de I'Aftomey General ; V M. Mark MULWAMBO, Principal State Attomey, Cabinet de I'Aftomey General ; VI M. Abubakar MRISHA, Senior State Attorney, Cabinet de I'Attomey General ; vI Mme Blandina KASAGAMA, Foreign Seruice Officer, Ministdre des Affaires 6trangdres, de l'Afrique de l'Est et de la Coop6ration internationale. Aprds en avoir d6lib6r6, rend le pr6sent arr6t. I. LES PARTIES 1. Majid Goa a/las Vedastus (ci-aprds d6nomm6 < le Requ6rant >) est un ressortissant de la R6publique-Unie de Tanzanie, qui purge actuellement une peine de 30 (trente) ans de r6clusion d la suite de sa condamnation pour viol sur mineure ig6e de 12 (douze) ans. 2. L'Etat D6fendeur est la R6publique-Unie de Tanzanie, (ci-aprds d6nomm6 < l'Etat d6fendeur >), devenue partie dr la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (ci-apres d6nomm6e << la Charte >) le 21 octobre 1986 et au Protocole le 10 f6vrier 2006. Par ailleurs, le 29 mars 2010. lla 6galement depos6 la d6claration pr6vue d l'article 34(6) du Protocole, par laquelle il a accept6 la comp6tence de la Cour pour recevoir des requ6tes 6manant d'individus et d'ONG. 2 c00916. I!. OBJET DE LA REQUETE A. Faits de la cause 3. ll ressort du dossier que le 20 decembre 2005, le Tribunal de district de Tarime, si6geant en l'affaire p6nale n" 418 de 2005, a d6clare le Requ6rant coupable du crime de viol sur une mineure de 12 (douze) ans et l'a condamn6 a une peine de 30 ans de r6clusion. 4. Le Requ6rant a introduit un recours devant la Haute Cour si6geant it Mwanza dans l'appel p6nal n" 35 de 2006, contestant la d6claration de culpabilit6 et la peine prononc6e. La Haute Cour a confirm6 le jugement du Tribunal de district, le 11 octobre 2006. 5. Le Requ6rant a par la suite saisi la Cour d'appel de Tanzanie si6geant i Mwanza en l'affaire p6nale n" 303 de 2013, recours quia 6t6 rejete le 13 aoIt 2014. Non satisfait de l'arr€t de la Cour d'appel, le Requ6rant a form6 un recours en r6vision dans la proc6dure Misc. Criminal Application n'11 de 2014 devant la Cour d'appel de Tanzanie si6geant d Mwanza. Ce recours a ete rejete. 6. Le 2 octobre 2015, le Requ6rant a saisi la Cour de c6ans B. Violations al169u6es 7. Le Requerant alldgue la violation par l'Etat d6fendeur des droits garantis aux articles 2,3(1) et (2) et 7(1) (c) et (d) de la Charte, pour n'avoir pas pris en consid6ration l'alibi invoqu6 pour sa d6fense ainsi que les diverses contradictions et incoh6rences relev6es dans les d6positions des t6moins. ll soutient en outre qu'il s'est vu refuser le droit d ce que sa cause soit entendue, dans la mesure of il n'avait pas b6nefici6 d'une assistance 3 r@ \_----z 0l}0e15 judiciaire, aussi bien devant la juridiction de premidre instance que devant les juridictions d'appel. tII. RESUME DE LA PROCEDURE DEVANT LA COUR 8. La Requ€te a 6t6 regue le 2 octobre 2015 et signifi6e a l'Etat d6fendeur le 4 d6cembre 2015, ainsi qu'aux entit6s vis6es d l'article 35(3) du Rdglement. 9. Les Parties ont d6pos6 leurs observations dans les d6lais fix6s par la Cour, et celles de I'une ont 6t6 notifi6es A I'autre. 10. Le 7 d6cembre 2018, la Cour a inform6 les Parties que la proc6dure 6crite 6tait close. IV, MESURES DEMANDEES PAR LES PARTIES 11. Le Requ6rant demande d la Cour de rendre les mesures suivantes a. <...restaurer la justice ld of elle a 6t6 foul6e aux pieds et annuler la d6claration de culpabilit6 et la peine prononc6e et ordonner sa remise en libert6 ; b. lui octroyer des r6parations conform6ment d l'article 27(1) du Protocole portant cr6ation de la Cour ; c. annuler la d6claration de culpabilite et la peine prononc6e et ordonner sa remise en libert6 ; d. lui fournir une repr6sentation juridique ou une assistance judiciaire en vertu de l'article 31 du Rdglement int6rieur et de l'article 10(2) du Protocole 4 a:.. (\/ (', 000914 e. ordonner toute(s) autre(s) mesure(s) qu'elle estime appropri6e(s), au vu des circonstances de l'espdce >. 12.Pour sa part, l'Etat d6fendeur demande ir la Cour de c6ans de rendre les mesures suivantes : a) < Dire que la Cour n'est pas comp6tente pour examiner la Requ6te ; b) Dire que la Requdte ne remplit pas les conditions de recevabilit6 6nonc6es d l'article 40( e 7) du Reglement interieur de la Cour et aux articles 56 et 6(2) du Protocole ; c) Rejeter la Requ6te, en application de l'article 38 du Reglement int6rieur de la Cour ; d) Dire que les frais de proc6dure sont d la charge du Requ6rant ; e) N'accorder aucune r6paration au Requ6rant >. 13. L'Etat d5fendeur demande en cons6quence i la Cour de dire qu'il n'a pas viol6les articles 2,3(1),3(2), 7(1)(c) et 7(1)(d) de la Charte. 14.Dans sa r6plique, le Requ6rant demande a la Cour de rejeter les exceptions soulev6es par l'Etat d6fendeur et soutient que la Requ6te est fond6e et qu'elle doit 6tre examin6e. V. SUR LA COMPETENCE DE LA COUR l5.Conform6ment d I'article 3(1) du Protocole, < la Cour a comp6tence pour connaitre de toutes les affaires et de tous les diff6rends dont elle est saisie concernant l'interpr6tation et l'application de la Charte, du pr6sent Protocole, et de tout autre instrument pertinent relatif aux droits de I'homme et ratifi6 par les Etats concern6s >. En application de I'article 39 (1) du Rdglement, < La Cour procdde i un examen pr6liminaire de sa comp6tence ... > 5 a_ 0(Jopr 3 16.L'Etat d6fendeur souldve une exception d'incomp6tence mat6rielle de la Cour A. Exception d'incomp6tence mat6rielle 17.L'tlal d6fendeur fait valoir que les Requ6rants n'ont pas correctement invoqu6 la comp6tence de la Cour. A cet 6gard, il soutient que les articles 3(1) du Protocole et 26 du Rdglement ne confdrent i la Cour que la comp6tence pour connaitre des affaires ou des diff6rends relatifs d I'application et d I'interpr6tation de la Charte, du Protocole et de tout autre instrument relatif aux droits de l'homme et ratifie par l'Etat concern6. Selon l'Etat defendeur, la Cour n'est donc pas comp6tente pour examiner la pr6sente requEte en tant que juridiction de premidre instance ou d'appel. 18.Pour sa part, le Requ6rant soutient que sa requ6te porte sur des violations de droits fondamentaux de l'homme, qui reldvent de la comp6tence de la Cour de c6ans. 19.La Cour a conclu dans ses arrOts ant6rieurs qu'en vertu de l'article 3 du Protocole, elle est comp6tente dds lors que les requEtes dont elle est saisie portent sur la violation de droits prot6g6s par la Charte, le Protocole ou tout autre instrument des droits de l'homme ratifi6 par l'Etat concerndl. ' Requ6te n' 00312012. Decision du 2810312014 (Recevabilit6), Peter Joseph Chacha c. R6publique-tJnie de Tanzanie, S 1 14 ; Requ6te n' 005/2013. Arr6t du 2011112015 (Fond), A/ex Thomas c. R$publique-Unie de Tanzanie (ci-apres d6nomm6 < Alex Thomas c. Tanzanie (Fond) >), 45; RequCte n' 053/2016. Arret du 2810312019 (Fond). Oscar Josiah c. Republique-Unie de Tanzanie (ci-apres r< Oscar Jos hc. Tanzanie (Fond) ,,), S 24. 6 000912 20.La Cour r6affirme sa jurisprudence bien 6tablie selon laquelle elle n'est pas une juridiction d'appel des d6cisions des instances nationales2. Elle a soulign6, cependant, que ( [c]ela ne l'empGche pas d'examiner les proc6dures pertinentes devant les instances nationales pour d6terminer si elles sont en conformit6 avec les normes prescrites dans la Charte ou avec tout autre instrument ratifi6 par I'Etat concerne >3 . 21. La Cour reldve que la prdsente requ6te porte sur des all6gations de violations des droits de l'homme prot6g6s aux articles 2, 3 et 7 de la Charte. Lorsqu'elle les examine d la lumidre des instruments internationaux, elle ne s'arroge pas le statut de juridiction d'appel ou de premidre instance. En cons6quence, l'exception de I'Etat d6fendeur est rejet6e. 22.Au vu de ce qui pr6cede, la Cour conclut qu'elle a la comp6tence mat6rielle en l'espdce. B. Sur les autres aspects de Ia comp6tence 23. La Cour reldve que sa comp6tence personnelle, temporelle et territoriale n'a pas 5t6 contest6e par I'Etat d6fendeur et que rien dans le dossier n'indique qu'elle n'est pas comp6tente en l'espdce. La Cour constate donc qu'en l'espdce, elle a : 2 Requ6te n'001/2013. D6cision du 15/03/2013 (Comp6tence), Emest Francis Mtingwi c. Republique du Malawi, $ 14; Requ6te n" 02512016. Arr6t du 2810312019 (fond et r6parations), Kenedy lvan c. R4publique-Unie de Tanzanie (ci-apres d6nomm6e t Kenedy lvan c. Tanzan e D), S 26 ; Requ6te n" 02412015. ArrCt du 0711112018 (fond et r6parations), Armand Guehi c. Rhpublique-Unie de Tanzanie, $ 33 ; Requete n" 006/2015. AnEt du 2310312018 (lond), Nguza Viking (Babu Seya) ef Johnson Nguza (Papi Kocha) c. Tanzanie, $ 35. 3 Alex Thomas c. Tanzanie (Fond), $ 130. Voir aussi Requr3te n' 010/20'15, Arr€t du 2810912A17 (Fond), Chistopher Jonas c. Republique-Unie de Tanzanie (ci-apres ddnommd "Christopher Jonas c. Tanzanie (Fond)"), $ 28 ; Requ6te n' 003/2014, Arr6t du 2411112017 (Fond), lngabire Victoire Umuhoza c. Republique du Rwanda (ci-apres ddnommd < lngabire Umuhoza c. Rwanda (Fond) >), S 52 ; Requ6te n' 00712013; Arr6t du 03/06/2013 (Fond), Mohamed Abubakari c. Rdpublique-Unie de Tanzanie , (ci-ap S d6nomm6 < Mohamed Abubakai c. Tanzanie (Fond) >), $ 29 : Kenedy /van, note 2 supra, $ 26. 7 /@ '000911 (i) la competence personnelle, 6tant donn6 que I'Etat d6fendeur est partie au Protocole et qu'il a depose la d6claration pr6vue d l'article 34(6), ce qui permet aux individus de la saisir directement, conform6ment d l'article 5(3) du Protocole. (ii) la comp6tence temporelle, dans la mesure of les violations all6gu6es sont continues de par leur nature et que le Requ6rant reste condamn6, sur la base de ce qu'il considdre comme des irr6gularit6s4. (iii) la comp6tence territoriale, les faits de la cause s'6tant produits sur le territoire d'un Etat partie au Protocole, d savoir l'Etat d6fendeur. 24.Au vu de ce qui pr6cdde, la Cour conclut qu'elle est comp6tente VI. SUR LA REGEVABILITE 25.Aux termes de l'article 6(2) du Protocole < La Cour statue sur la recevabilit6 des requEtes en tenant compte des dispositions 6nonc6es i l'article 56 de la Charte>. Conform6ment i l'article 39(1) de son Rdglement, < la Cour procdde i un examen pr6liminaire de sa comp6tence et des conditions de recevabilit6 de la requ6te telles que pr6vues par les articles 50 et 56 de la Charte et 40 du pr6sent Rdglement >. 4 Voir Requ6te n" 013120'11. Arr€t du 2110612013 (Exceptions pr6liminaires), Abdoulaye Nikiema, Emest Zongo, Blaise llboudou et Mouvement burkinabd des droits de I'homme c. Burkina Faso (ci-aprds < Zongo et autres c. Burkina Faso (Exceptions preliminaires) r), $$ 71 a 77. I e- 000910 26. L'article 40 du Rdglement, qui reprend en substance l'article 56 de la Charte, est libell6 comme suit : < En conformit6 avec les dispositions de l'article 56 de la Charte auxquelles renvoie l'article 6(2) du Protocole, pour 6tre examin6es, les requ6tes doivent remplir les conditions ci-aprds : 1. lndiquer l'identit6 de leur auteur m€me si celui-ci demande d la Cour de garder l'anonymat ; 2. Etre compatible avec l'Acte constitutif de l'Union africaine et la Charte , 3. Ne pas contenir de termes outrageants ou insultants ; 4. Ne pas se limiter i rassembler exclusivement des nouvelles diffus6es par les moyens de communication de masse ; 5. Etre post6rieures i l'6puisement des recours internes s'ils existent, i moins qu'il ne soit manifeste i la Cour que la proc6dure de ces recours se prolonge de fagon anormale ; 6. Etre introduites dans un d6lai raisonnable courant depuis l'6puisement des recours internes ou depuis la date retenue par la Cour comme faisant commencer i courir le d6lai de sa propre saisine ; 7. Ne pas concemer des cas qui ont 6te r6gles conform6ment soit aux principes de la Charte des Nations Unies, soit de l'Acte constitutif de l'Union africaine et soit des dispositions de la Charte ou de tout autre instrument juridique de l'Union africaine >. A. Conditions de recevabilit6 en dascussion entre les Parties 27.L'ttat d6fendeur fait valoir que la Requ6te ne remplit pas deux des conditions de recevabilit6, d savoir celle relative ii l'6puisement des recours internes, pr6vue d I'article 40(5) du Rdglement, ainsi que celle portant sur l'exigence de d6poser les requ6tes dans un d6lai raisonnable apres epuisement des recours internes, 6nonc6e i l'article 40(6) du Rdglement. 9 .-@ 000909 Exception relative au non-6puisement des recours internes 28. L'Etat d6fendeur soutient que le Requ6rant souldve devant la Cour de c6ans des all6gations de violation de son droit dr l'6galit6 devant la loi et dr l'6gale protection de la loi ainsi que de son droit d un procds dquitable, ces deux droits 6tant garantis et prot6g6s aux articles 12 d 29 de la Constitution de la R6publique-Unie de Tanzanie. 29. L'Etat d6fendeur affirme 6galement qu'il a promulgu6 la loi relative aux droits fondamentaux et devoirs (Basrc Rrghts and Duties Enforcement Acf), qui consacre le respect des droits constitutionnels et fondamentaux 6nonc6s en son article 45. ll soutient en outre que, cette loi est applicable devant la Haute Cour et que le Requ6rant n'ayant pas eu recours d cette proc6dure, il s'est priv6 de la possibilit6 d'obtenir r6parations des violations all69u6es. 30. Pour sa part, le Requ6rant soutient que sa requdte remplit les conditions de recevabilit6, car elle a 6t6 introduite aprds avoir 6puis6 les recours internes, dans la mesure oi il a saisi la Cour d'appel qui a rendu son arr6t le 13 ao0t 2014, el qu'il a introduit une requ6te en r6vision dudit arr6t. ll conclut qu'il a < effectivement 6puis6 tous les recours judiciaires disponibles >. 31. La Cour fait observer qu'il ressort du dossier que le Requ6rant a interjete appel du jugement de la Haute Cour portant condamnation rendu le 11 octobre 2006, devant la Cour d'appel de la Tanzanie, la plus haute juridiction de l'Etat d6fendeur, et que celle-ci a confirm6 le jugement de la Haute Cour, le 13 ao0t 2014. 5 < Toute personne qui alldgue que des dispositions des articles n e 29 de la pr6sente Constitution ont 6t6, sont ou risque d'6tre enfreints i son 6gard, sans prejudice de toute autre aclion 169 alement disponible, peut exercer un recours devant la Haute Cour > 10 ry 00090 8 32.La Cour reldve en outre qu'elle a conclu ant6rieurement dans plusieurs affaires visant l'Etat d6fendeur, que les recours en inconstitutionnalit6 et en r6vision dans le systdme judiciaire tanzanien sont des recours extraordinaires que le Requ6rant n'est pas tenu d'6puiser avant de la saisir€. ll est donc 6tabli que le Requ6rant en l'espdce a 6puis6 tous les recours internes disponibles. 33. Pour cette raison, la Cour rejette l'exception relative au non-6puisement des recours internes. Exception relative au non-respect du d6lai raisonnable pour Ie d6p6t de la Requ6te 34. L'Etat d6fendeur soutient que la Requ6te n'a pas 6t6 d6posee dans un d6lai raisonnable conform6ment d l'article 40(6) du Reglement. ll fait valoir que I'affaire concernant le Requ6rant a 6t6 tranch6e le 13 ao0t 2014 et qu'une p6riode d'un (1) an et un (1) mois s'est 6coul6e avant que le Requ6rant ne saisisse la Cour de c6ans. 35. Notant que l'article 40(6) ne fixe pas de d6lai limite dans lequel les requ6tes doivent 6tre d6pos6es, I'Etat d6fendeur attire l'attention de la Cour de c6ans sur le fait que la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples a estim6 qu'une p6riode de six mois est consid6r6e comme un delai raisonnableT. 36.Toujours selon I'Etat d6fendeur, le Requ6rant n'a pas fait 6tat d'obstacles quelconques qui l'auraient empdchd de d6poser la Requ6te dans le d6lai de six mois et, pour ces raisons, Ia Requ6te doit 6tre d6clar6e irrecevable. 6VoirA/ex Thomasc. Tanzanie (Fond),op. cit. $65; Requ6te n" 00712013. Arr6tdu 03/06/2013 (Fond), Mohamed Abubakari c. Tanzanie (ci-apres d€nomm6 < Mohamed Abubakari c. Tanzanie (Fond)>), $$ 66 d 70 ; Requ€te no 01 1/2015. ArrCt du 281Q912017 (Fond), Chnsfopher Jonas c. Rt1publique-Unie de Tanzanie, $ 44. 7 Michael Majuru c. Zimbabwe (2008) AHRLR 146 (CADHP 2008) 11 COOgC ? 37. Le Requ6rant affirme pour sa part que la decision relative i son recours devant la Cour d'appela 6t6 rendue le 13 ao0t 2014 el qu'ila par la suite introduit un recours en r6vision, qui 6tait pendant au moment of il a saisi la Cour de c6ans. Le Requ6rant soutient donc que sa requ6te a 6t6 introduite dans un d6lai raisonnable. 38. La Cour fait observer que l'article 56(6) de la Charte n'indique pas de d6lai pr6cis dans lequel elle peut 6tre saisie d'une requ6te. L'article 40(6) du Rdglement, qui reprend en substance I'article 56(6) de Ia Charte, mentionne simplement < [u]n d6lai raisonnable d compter de la date d laquelle les recours internes ont 6t€ 6puis6s ou d compter de la date fix€e par la Cour comme faisant commencer A courir le d6lai de sa propre saisine >. 39. La Cour rappelle sa jurisprudence dans laquelle elle a conclu < [q]ue le caractdre raisonnable du d6lai de saisine d6pend des circonstances sp6cifiques de l'affaire et devrait ritre d6termin6 au cas par cass >. 40. ll ressort du dossier devant la Cour que les recours internes ont ete 6puis6s le 13 ao0t 2014,date d laquelle la Courd'appela rendu son arrdt tandis que la pr6sente Requ6te a 6t6 introduite le 2 octobre 2015, soit un (1) an, un (1) mois et vingt (20) jours aprds l'6puisement des recours internes. La Cour est donc appel6e d d6terminer si ce d6lai est raisonnable. 8 Alex Thomas c. Tanzanie (Fond), op. cit, $ 73 ; Voir 6galement Zongo et autres c. Burkina Faso, op.cit. $ 12'1. Kenedy lvan c. Tanzanle (fond et r6parations) $ 51 ; Oscar Josiah c. Tanzanrb (fond), $ 24 ; arr6t du 281Q312Q19 (fond). Luc,en lkili Rashidi c. Rdpublique-Unie de Tanzanie (ci-aprds <t Lucien lkili Rashidi c. Tanzanie (fond et r6parations) >, S 54 12 .---) <_)4- 00090 6 41 . La Cour reldve que le Requ6rant est en prison, que sa libert6 de mouvements est restreinte et qu'il n'a qu'un accds limit6 d l'informations. Par ailleurs, il n'a pas b6n6fici6 de l'assistance d'un avocat tout au long de son procds en premidre instance et en appel. En outre, il a choisi d'introduire un recours en r6vision devant la Cour d'appel le 8 septembre 201410, malgre le fait qu'il s'agit d'un recours qu'il n'6tait pas tenu d'6puiser avant de saisir la Cour de c6ans. L'ensemble de ces circonstances a contribu6 au fait que le Requ6rant a saisi la Cour un (1) an, un (1) mois et vingt (20) jours aprds l'6puisement des recours internes. 42. En cons6quence, la Cour estime raisonnable le delai dans lequel le Requ6rant I'a saisie, d savoir un ('1) an, un (1) mois et vingt (20) jours aprds l'epuisement des recours internes el rejette en cons6quence l'exception soulev6e. B. Conditions de recevabilit6 qui ne sont pas en discussion entre les Parties 43. Les conditions qui ne sont pas en discussion entre les parties sont celles relatives d I'identit6 du Requ6rant, d la compatibilite de la Requ6te avec l'Acte constitutif de l'Union africaine, aux termes utilis6s dans la Requ6te, d la nature des preuves, au principe selon lequel la requEte ne doit pas concerner des affaires qui ont 6t6 tranch6es conform6ment soit aux principes de la Charte des Nations Unies ou de l'Acte constitutif de l'Union africaine, soit aux dispositions de la Charte ou de tout autre instrument juridique de l'Union africaine (alin6as 1,2, 3, 4 el7 de l'article 40 du Rdglement). La Cour reldve que rien dans le dossier n'indique qu'une de ces conditions n'a pas 6t6 remplie en l'espdce. e Yoir Alex Thomas c. Tanzanie (Fond), S 74 : Kenedy lvan c. Tanzanie (Fond et R6parations), $ 56. 70 Voir Requ6le no 02412015. Arr6t du 0711212018 (Fond et Reparations), Werema Wangoko c. Republiqu*Unie de Tanzanle (ci-apres d6nomm6 < Werema Wangoko c. Tanzanie (Fond and Rdparations)r),$49;Requ6teno001/2015.ArrEtdu0711212018 (FondetR6parations), ArmandGudhi c. Rdpublique-Unie de Tanzanie, $ 56 13 (.) 00090 5 44.Compte tenu de ce qui pr6cdde, la Cour conclut que la pr6sente requ6te remplit toutes les conditions de recevabilit6 6nonc6es aux articles 56 de la Charte et 40 du Rdglement et la d6clare recevable en cons6quence. vil SUR LE FOND 45.1e Requ6rant alldgue la violation de droits garantis aux articles 2,3 et7 de la Charte. Dans la mesure of les all6gations de violation des articles 2 et 3 d6coulent de l'all6gation de violation de I'article 7, la Cour examine d'abord cette dernidre. A. Violation al169u6e de I'article 7 de la Charte 46. Le Requ6rant allegue la violation de son droit d un procds 6quitable par les juridictions nationales, du fait qu'elles n'ont pris en compte ni les incoh6rences des 6l6ments de preuve d'identification qui ont fond6 sa condamnation ni son alibi et qu'elles ne lui ont pas fourni une assistance judiciaire. i. All6gation d'incoh6rence des 6l6ments de preuve 47. Le Requ6rant affirme que dans les depositions des quatre t6moins d charge, il n'etait pas identifi6 correctement comme 6tant I'auteur du crime de viol. ll affirme 6galement qu'il y avait des incoh6rences 6videntes dans les d6positions des t6moins d charge quant d l'identit6 de l'auteur du crime de viol. 48.11 affirme en outre que du fait que l'infraction a 6t6 commise de nuit, les t6moins ne pouvaient pas bien identifier l'auteur. ll soutient en cons6quence que le tribunal de premidre instance n'aurait pas d0 se 14 000904 fonder sur les d6positions de ces t6moins d charge pour le d6clarer coupable. 49.L'Etat d6fendeur r6fute toutes les allegations du Requ6rant comme 6tant sans fondement. ll fait valoir que celui-ci avait 6t6 correctement identifi6, en particulier parce que les t6moins le connaissaient avant la commission du crime et ils l'ont bien vu sur le lieu du crime. 50. L'Etat defendeur ajoute que l'un des t6moins d charge 6tait l'oncle du Requ6rant et beau-frdre de la victime ; qu'ils le connaissaient bien tous les deux et qu'ils l'ont donc facilement identifi6 comme 6tant I'auteur du crime. ll affirme en outre que les preuves pr6sent6es par les t6moins i charge Staient solides et concordantes. 51 . Aux termes de l'article 7 de la Charte, <<1. Toute personne a droit ir ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend : 1. le droit de saisir les juridictions nationales comp6tentes de tout acte violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus et garantis par les conventions, les lois, reglements et coutumes en vigueur ; 2. le droit d la pr6somption d'innocence, jusqu'dr ce que sa culpabilit6 soit 6tablie par une juridiction comp6tente ; 3. le droit d la d6fense, y compris celui de se faire assister par un d6fenseur de son choix ; 4. le droit d'6tre jug6 dans un d6lai raisonnable par une juridiction impartiale. >> 52. La Cour tient d rappeler sa jurisprudence 6tablie, d'apres laquelle 15 000903 < ...les juridictions nationales jouissent d'une large marge d'appr6ciation pour €valuer la valeur probante des 6l6ments de preuve, et qu'en tant que juridiction internationale des droits de l'homme, elle ne peut pas se substituer aux juridictions nationales pour examiner les d6tails et les particularit€s des preuves pr6sent6es dans les proc6dures internesll. >> 53. De plus, la Cour reitere sa position au sujet des preuves qui servent de base d la condamnation d'un requ6rant : < S'agissant en particulier des preuves qui ont servi de base d la condamnation du Requ6rant, la Cour estime qu'il ne lui revient pas en effet de se prononcer sur leur valeur pour revoir cette condamnation. Toutefois, elle considdre que rien ne lui interdit d'examiner ces preuves comme 6l6ments du dossier qui lui est soumis, afin de voir si de fagon g6n6rale, la manidre dont le juge national les a appr6ci6es a 6t6 conforme aux exigences d'un procds equitable au sens de l'article 7 de la Chartel2 >. 54. La Cour fait observer que lorsqu'une d6claration de culpabilit6 repose sur l'identification visuelle ou par la voix, tout risque d'erreur doit 6tre 6cart6 et l'identite du suspect 6tablie avec certitudel3. Cela exige que l'identification soit corrobor6e par d'autres preuves par indices et fasse partie d'une description logique et coh6rente du lieu du crime. 55. En l'espece, il ressort du dossier que les juridictions internes ont condamn6 le Requ6rant sur la base des preuves d'identification visuelle pr6sent6es par quatre t6moins i charge. Ceux-ci se sont imm6diatement rendus sur les lieux du crime aprds avoir entendu les cris de la victime appelant au secours. Par ailleurs, les t6moins connaissaient le Requ6rant 1' Requ€te n" 032120'15. Arr6t du 2110312018 (Fond), Kijiji lsiaga c. R1publique-Unie de Tanzanie (ci- aprds < Kijiji lsiaga c. Tanzanie (Fond) ))), $ 65 ; Oscar Josiah c. Tanzania (Fond), 5 52. 12 Mohamed Abubakari c. Tanzanie, op. cit. $$ 26 el 173. Voir 6galement Kijiji lsiaga c. Tanzanie, $ 66; Oscar Josiah c. Tanzanie (Fond), $ 52. 13 Kjiji lsiaga c. Tanzanie (Fond), op. cit. $ 68 ; Mohamed Abubakai c. Tanzanie (Fond) $ 175 : Kenedy lvan c. Tanzanie (Fond et Reparations), 9 64.Kenedy lvan c. Tanzanie (Fond et R6paratrbns), $ 60 't6 000902 avant que le crime ne soit commis ; certains 6taient ses voisins et d'autres ses parent6s. Les juridictions nationales ont examin6 les circonstances du crime pour 6carter tout risque d'erreur et ont conclu que le Requ6rant avait 6t6 formellement identifi6 comme 6tant l'auteur du crime al169u61a. 56.Au vu de ce qui precede, la Cour estime que l'appr6ciation des faits et des 6l6ments de preuve par les juridictions internes et le poids qu'elles leur ont accord6 ne r6vdlent aucune erreur manifeste et n'ont entrain6 aucun d6ni de justice d l'6gard du Requ6rant qui n6cessiterait son intervention. La Cour rejette donc I'all6gation du Requ6rant selon laquelle les juridictions nationales n'ont pas pris en compte les incoh6rences des 6l6ments de preuve ayant fond6 sa condamnation. ll All6gation selon laquelle l'alibi du Requ6rant n'a pas 6t6 pris en compte 57. Le Requ6rant affirme avoir 6t6 priv6 de son droit d un procds 6quitable, dans la mesure of le Tribunal de premidre instance et, par la suite, les juridictions d'appel n'ont pas tenu compte de son alibi. 58. L'Etat d6fendeur r6fute ces all6gations. ll fait valoir que le Tribunal de premidre instance a rendu son jugement aprds s'6tre assur6 que le Requ6rant n'avait pu apporter le moindre 6l6ment susceptible de semer le doute sur le dossier sans faille du Ministdre Public. 59. Dans le m6me ordre d'id6es, l'Etat d6fendeur soutient que les juridictions d'appel ont pleinement 6valu6 l'alibi du Requ6rant et l'ont d6clar6 non cr6dible. laKenedy lvan c. Tanzanie (Fond et R6paratlons), S 60 17 000901 60. L'Etat d6fendeur conclut sur ce point que I'alibi all6gu6 par le Requ6rant a 6t6 < d6clar6 sans valeur probante > et qu'il n'6tait en fait qu'une id6e qui lui est venue aprds coup et qui ne devrait pas 6tre prise en compte et que pour ces raisons, la requ6te est sans fondement et devrait 6tre rejet6e. 61 . La Cour reldve qu'aux termes de I'article 7(1) de la Charte: < Toute personne a droit d ce que sa cause soit entendue >. 62. Dans ses arr6ts ant6rieurs, la Cour a conclu < [q]u'un procds 6quitable requiert que la condamnation d'une personne d une sanction p6nale et particulidrement i une lourde peine de prison, soit fond6e sur des preuves solides. C'est tout le sens du droit d la pr6somption d'innocence consacr6 6galement par l'article 7 de la Chartels >. 63. La Cour rappelle 6galement que dans un arr6t ant6rieur, elle avait estim6 que < lorsqu'un alibi est etabli avec certitude, il peut 6tre d5cisif sur la question de la culpabilite de la personne poursuiviel6 >. 64. La Cour reldve que selon I'alibi invoqu6 par le Requ6rant, celui-ci 6tait au march6 de Busulwa oU il vendait de la canne d sucre au moment oU le crime a 6t6 commis. Cette affirmation a toutefois 6t6 r6fut6e par le t6moin d charge PW1 , un voisin qui lors du contre-interrogatoire, a affirm6 que le Requ6rant ne pouvait pas se rendre au march5 de Busulwa le 19 ao0t 2005, du fait que c'6tait un vendredi et que ce n'6tait donc pas un jour de march6. De plus, le Requ6rant n'a fourni aucun 6lement pour corroborer son alibi. La Cour constate en outre que rien dans le dossier n'indique que 15 Mohamed Abubakai c. Tanzanie (Fond), $ 174 ; Requ€te no 016/2016. Arr€t du 21109/201Q (Fond et Reparations), Diocles Williams c. Republique-Unie de Tanzanie, S72. i: ,o itlohamed Abubakari c. Tanzanie (Fond), S 191 ; RequCte no 006/2015. ArrCt du 23l03/20i3 (Fond), Nguza Viking and Johnson Nguza c. Republique-Unie de Tanzanie, $ 104 18 \_ 000ss0 dans leur jugement les juridictions nationales ont commis des erreurs man ifesles, q ui n6cessiteraient son intervention. 65.Au vu de ce qui precede, la Cour rejette l'all6gation du Requ6rant selon laquelle les juridictions nationales n'ont pas examin6 son alibi et dit que le droit du Requ6rant d un procds 6quitable n'a pas 6t6 viol6. lll. D6faut allegu6 de fournir une assistance judiciaire au Requ6rant 66.Selon le Requ6rant, l'Etat d6fendeur a viol6 l'article 7(1Xc) de la Charte, pour ne lui avoir pas fourni une assistance judiciaire, pendant son procds, tant en premidre instance qu'en appel. 67.L'Etat d6fendeur soutient que le fait que le Requ6rant n'avait pas b6n5fici6 d'une assistance judiciaire n'a entraind aucun d6ni de justice. Citant l'article 7(1Xc) de la Charte, l'Etat d6fendeur affirme que le Requ6rant a delib6r6ment pris la d6cision d'assurer lui-mrBme sa d6fense. L'Etat d6fendeur cite 6galement l'affaire Metin c. France17, dans laquelle la Cour europ6enne des droits de l'homme a estim6 qu'un accus6 qui d6cide d'assurer lui-m6me sa d6fense doit faire preuve de diligence, et soutient que le Requ6rant ne l'a pas fait. L'Etat d6fendeur affirme donc qu'il n'a pas viol6 le droit du Requ6rant d l'assistance judiciaire. 68.Selon l'Etat d6fendeur, les dispositions de I'article 7(1)(c) ne pr6cisent donc pas suffisamment que l'Etat doit fournir une assistance judiciaire gratuite pour chaque procds en matidre p6nale et que si le Requ6rant souhaite 6tre repr6sent6 devant une juridiction, il est tenu d'en formuler la demande auprds de l'Etat ou des organisations non gouvernementales. L'Etat d6tenaeur soutient en outre que le droit d la repr5sentation juridique n'est pas un droit absolu et que la personne accus6e doit en faire la 17 Affaire Melin c. France, Requ€te no 12914/87, 22n6/1993, CEDH, Series A,261 19 ./ l ,,/ ( --//a-'-'=- 0008e9 demande, ce droit 6tant tributaire de la disponibilit6 des ressources financidres. 69.La Cour fait observer que l'article 7(1)(c) de la Charte est libell6 comme suit : < Toute personne a droit i ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend: [...] c. le droit i la d6fense, y compris celui de se faire assister par un avocat de son choix >. 70.La Cour note 6galement que l'article 7(1)(c) de la Charte ne pr6voit pas explicitement le droit A une assistance judiciaire gratuite. Toutefois, la Cour de c6ans a interpr6t6 ces dispositions i la lumidre de l'article 14(3Xd) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ci- aprds denomm6 < le P|DCP rr)18, et conclu que le droit d la d6fense comprend celui de b6n6ficier d'une assistance judiciaire gratuitele. La Cour a 6galement 6tabli que toute personne accus6e d'une infraction p6nale a droit d une assistance judiciaire gratuite sans 6tre obligee d'en faire la demande, lorsque l'int6r6t de la justice l'exige. C'est le cas lorsque la personne poursuivie est indigente et est accus5e de d6lit grave, passible d'une peine lourde2o. 71 . La Cour fait observer que le Requ6rant n'a pas b6nefici6 d'une assistance judiciaire gratuite tout au long de la proc6dure devant les juridictions nationales. Elle reldve en outre que l'Etat d6fendeur ne conteste pas que le Requ6rant est indigent, que l'infraction est grave et que la peine pr6vue 18 L'tltat d6fendeur est devenu partie au PIDCP le 1110611976. 1e Alex Thomas c. Tanzanie (Fond), S 114 ; voir aussi Kijiji lsiaga c. Tanzanie (Fond), S 72 ; Requete no 003/1015. Arr6t du 2810912018 (Fond), Kennedy Owino Onyachi et un autre c. Rbpublique-Unie de Tanzanie, $ 104. 20 Alex Thomas lbid, S 123, voir aussi Mohamed Abubakai c. Tanzanie (Fond), $$ 138 et 139 20 @-* W I 00080I par la loi est lourde, mais il se contente d'affirmer que le Requ6rant n'a pas fait de demande d'assistance judiciaire. 72.tlant donn6 que le Requ6rant 6tait accusd d'un crime grave, d savoir viol sur une mineure 6g6e de 12 ans, passible d'une lourde peine obligatoire de trente (30) ans de r6clusion21, l'int6r6t de la justice exigeait que le Requ6rant beneficie d'une assistance judiciaire gratuite, qu'il en ait fait la demande ou non, sans que cela ne soit subordonn6 d la disponibilit6 de ressources financidres. De plus, le fait qu'il en ait fait la demande ou non est sans objet. 73.La Cour conclut donc que l'Etat d6fendeur a viol6 l'article 7(1)(c) de la Charte, pour ne lui avoir pas fourni une assistance judiciaire. B. Violation all6gu6e du droit d la non-discrimination et du droit dr l'6galit6 devant la loi et i une 6gale protection de la Ioi 74. Le Requ6rant soutient que les violations de son droit i un procds 6quitable d6montrent 6galement qu'il n'a pas b6n6fici6 d'un traitement 6gal devant la loi et qu'il a fait l'objet de discrimination de la part des juridictions nationales. 75. L'Etat d6fendeur r6fute ces all6gations et exige du Requ6rant d'en rapporter la preuve irr6futable. 76. L'article 2 de la Charte est libelle comme suit : <Toute personne a droit d la jouissance des droits et libert6s reconnus et garantis dans la pr6sente Charte, sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de 21 Le iuge n'exerce pas de discretion dans l'imposition de la peine 21 00lgg,t langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de tout autre situation >. 77.Aux termes de l'article 3 de la Charte, <[t]outes les personnes b6n6ficient d'une totale 6galit6 devant la loi > et ( ont droit i une 6gale protection de la loi >. 78. La Cour constate que le Requ6rant n'a ni d6montr6 ni 5tay6 en quoi il a fait l'objet de discrimination ou de traitement diff6rent ou in6gal ayant entrain6 une discrimination au sens des criteres 6nonc6s aux articles 2 et 3 de la Charte. 79.A la lumidre de ce qui pr6cdde, la Cour conclut que le droit du Requ6rant d la non-discrimination, son droit i l'6galite devant Ia loi et d une 6gale protection de la loi, droits garantis aux articles 2 et 3 de la Charte, n'ont pas ete viol6s par l'Etat d6fendeur. UII. SUR LES REPARATTONS 80.Aux termes de l'article 27(1) du Protocole, < fl]orsqu'elle estime qu'il y a eu violation d'un droit de l'homme ou des peuples, la Cour ordonne toutes les mesures appropri6es afin de rem6dier A la situation, y compris le paiement d'une juste compensation ou l'octroi d'une r6paration >. 81. La Cour rappelle ses arrEts ant6rieurs et r6itdre sa conclusion que < [p]our examiner les demandes en reparation des pr6judices r6sultants des violations des droits de l'homme, elle tient compte du principe selon lequel l'Etat reconnu auteur d'un fait internationalement illicite a l'obligation de rdparer int6gralement 22 rlf,0gg6 les cons6quences de manidre A couvrir l'ensemble des dommages subis par la victime >22 . 82. La Cour rappelle 6galemenl que I'objet de la r6paration 6tant d'assurer notamment une restitution int6grale, celle-ci < [d]oit autant que possible, effacer toutes les cons6quences de l'acte illicite et r6tablir l'6tat qui aurait vraisemblablement exist6 si ledit acte n'avait pas 6t6 commis >23 . 83. Les mesures qu'un Etat doit prendre pour r6parer une violation des droits de l'homme doivent inclure la restitution, l'indemnisation, la r6adaptation de la victime ainsi que les mesures propres d garantir la non rep6tition des violations, compte tenu des circonstances de chaque affaireza. 84. La Cour rappelle 6galement, en ce qui concerne la question du pr6judice mat6riel, que la rdgle g6n6rale est qu'il doit exister un lien de causalit6 entre la violation all6gu6e et le pr6judice caus6 et que la charge de la preuve incombe au Requ6rant qui doit fournir les preuves justificatives de ses prdtentionszs. Pour ce qui est du pr6judice moral, la norme de la preuve n'est pas aussi rigide : la Cour peut invoquer des pr6somptions en faveur du Requ6rant. 22 Mohamed Abubakai c. Tanzanie (Fond), $ 2a2 @l; Requ6te no 003i2014. Arr6t du 0711212018 (Reparations), lngabire Victoire Umuhoza c. Rdpublique du Rwanda (ci-aprEs d6nomm6 < lngabire Umuhoza c. Rwanda > (Reparations), S 19. 23 Requ€te no 007D013. Arr6t du 0410712019 (Reparations), Mohamed Abubakai c. Rdpublique-Unie de Tanzanie, g 21 ; Requ€te no 005/2013. Arr6t du 04107120'19 (R6parations), Alex Thomas c. Rdpublique- Unie de Tanzanie, S 12. Requete no 006/2013. Arret du 0410712019 (R6parations), Wilfred Onyango Nganyi et 9 autres c. Republique-Unie de Tanzanie, $ 16. 2a lngabire Umuhoza c. Rwanda (R6parations), $ 20. 25 Requ6te no 01112011. Arr6t du 1310612014 (Reparations), R4v€rend Christopher R. Mtikila c. Rdpubligue-Unie de Tanzanie (ci-apres denomme < R,varend Christopher R. Mtikila c. Tanzanie (Reparations) r), $ 40 ; Requete no 004/2013. ArrCt du 03i06/2016 (Reparations), Lohd /ssa Konarc c. Bu*ina Faso (ci-aprds d6nomm6 < Loh6 lssa Konatd c. Burkina Faso (Reparations) >), S 15 23 00089 5 A. R6parations p6cuniaires 85. Dans ses observations sur les r6parations, le Requ6rant affirme qu'avant son incarc6ration, il 6tait cultivateur de canne i sucre et que les revenus tir6es de la vente de la canne d sucre 5taient d'un million (1 000 000) de shillings tanzaniens par mois. 86. Le Requ6rant affirme en outre qu'il avait une famille avant son incarc6ration mais qu'il ne sait pas otlt elle se trouve actuellement. ll ajoute qu'il 5tait propri6taire d'une maison qui a 6te d6truite par des inconnus. Enfin, il affirme qu'il est victime d'une machination et que sa condamnation avait pour seul but de l'an6antir. ll demande en cons6quence d la Cour de lui octroyer un montant total de 1 milliard (1 000 000 000) de shillings tanzaniens d titre de < compensation >. 87. L'Etat d6fendeur demande ir la Cour de rejeter la demande de r6parations formul6e par le Requ6rant. 88. La Cour fait observer qu'elle a d6jd conclu que l'Etat d6fendeur a viol6 le droit du Requ6rant d un procds 6quitable, du fait que celui-ci n'a pas benefici6 d'une assistance judiciaire. A cet 6gard, la Cour rappelle sa position concernant la responsabilit6 de l'Etat, a savoir que < [t]oute violation d'une obligation internationale ayant caus6 un pr6judice entraine l'obligation de fournir une r6paration ad6quate >26 . 89. La Cour reldve en outre que le Requ6rant ne pr6sente aucun 6l6ment de preuve dr l'appui de ses demandes de r6paration ; il se contente de les 5num6rer. En cons6quence, la Cour rejette la demande d'un milliard (1 26 Yoir R€v6rend Chistopher Mtikila c. Tanzanie (Reparations), S 27 et RequCte no 010/2005. Arr€t du 1110512018 (Fond), Aniri Ramadhani c. Rdpublique-Unie de Tanzanie, S 83; Kenedy lvan c. Tanzanie, $ 89. Lucien lkili Rashidi c. Tanzania (Fond et r6parations), $ '1 16. 24 C > 000894 OOO O0O 000) de shillings tanzaniens, au motif que cette r6clamation n'est pas 6tay6e. 90.Toutefois, la Cour reldve que la violation constat6e a caus6 un pr6judice au Requ6rant et elle lui accorde, en vertu de son pouvoir discr6tionnaire, un montant forfaitaire de trois cent mille (300 000) shillings tanzaniens, d titre de juste compensation2T. B. R6parations non P6cuniaires 91 . Le Requerant demande d la Cour d'ordonner sa remise en libert6 92. L'Etat d6fendeur demande d la Cour de dire que la peine prononc6e il l'6gard du Requ6rant est conforme d Ia loi et de rejeter en cons6quence sa demande de remise en libert6. 93. S'agissant de la demande de remise en libert6 du Requ6rant, la Cour a indiqu6 dans le pass6 qu'< [e]lle ne peut ordonner la remise en libert6 du Requ6rant que dans des circonstances exceptionnelles ou imp6rieuses >28 . Tel serait le cas, par exemple, < [s]i un Requ6rant d6montre d suffisance ou si la Cour elle-m€me etablit, d partir de ses constatations, que l'arrestation ou la condamnation du Requ6rant repose entidrement sur des consid6rations arbitraires et que son emprisonnement continu r6sulterait en un d6ni de justice>2e. 27 Voir Requete no 02012016. Arret du 21l\gl2118 (Fond et R6parations), Anaclet Paulo c. Tanzanie, S 107 ; Requ6te no 02712015. Arret du 2110912018 (Fond et Reparations), Minani Evaist c. Tanzanie, $ 85. 28 Alex Thomas c. Tanzanie (Fond), op. cit., $ 157 ; Diocles Wlliam c. Tanzanie (Fond), $ 101 ; Minani Evaist c. Tanzanie (Fond et R6parations), 82 ; RequCte no 006/2016. Arr6t du 0710912018 (Fond), Mgosl Mwita c. Republique-Unie de Tanzanie, I 84 ; Kiiiii lsiag a c. Tanzanie (Fond), S 96; Armand Gu€hi c Tanzanie (Fond et Reparations), $ 164. 2s Minani Evarist c. Tanzanie (Fond et Reparations), $ 82. 25 r. 00089 3 94. En l'espdce, la Cour estime que le RequSrant n'a pas d6montr6 l'existence de circonstances exceptionnelles ou imp6rieuses et la Cour n'en a pas constat6 pour justifier une remise en libert6. La Cour estime en outre que le droit du Requ6rant i une assistance judiciaire gratuite a 6t6 viol6 mais que cela n'a pas affecte l'issue de son procdsso. 95.Au vu de ce qui pr6cdde, la Cour rejette la demande de remise en liberte du Requ6rant. IX. SUR LES FRAIS DE PROGEDURE 96. Conform6ment i l'article 30 de son Rdglement, < [d] moins que la Cour n'en d6cide autrement, chaque partie supporte ses frais de proc6dures >. 97. Dans leurs observations, chacune des Partie demande d la Cour d'ordonner que les frais de proc6dure sont d la charge de l'autre. 98. En l'espdce, la Cour decide que chaque partie supportera ses propres frais de proc6dure. X. DISPOSITIF 99. Par ces motifs La Cour, A t'unanimit6, 30 /brd, S 84 26 0008$? Sur la comp6tence : i. Rejette l'exception d'incomp6tence mat6rielle de la Cour; D6clare qu'elle est comP6tente Sur la recevabilit€ : iii. Rejette /es exceptions d'irrecevabilite de la Requ6te ; IV D1clare Ia Requ6te recevable Sur le fond : v. Dit que l'Etat d6fendeur n'a pas viol6 l'article 7(1) de la Charle en ce qui concerne l'appr6ciation des preuves d'identification et de I'alibi du Requ6rant. vt Dit que l'Etat d6fendeur a viol6 le droit du Requ6rant d un procds 6quitable, pour ne lui avoir pas fourni une assistance judiciaire, en violation des articles 7(1)(c) de la Charte et 14(3)(d) du PIDCP' Sur /es rdparations R6p arations pdcuniai res : vii. Fait droil d la demande du Requ6rant relative d la r6paration du pr6judice subi et lui accorde la somme de trois-cent mille (300 000) shillings tanzaniens ; vil Ordonne d l'Etat d€fendeur de verser au Requ6rant le montant indiqu6 ci-dessus, en franchise d'imp6ts, dans un d6lai de six (6) mois i compter de la date de notification du pr6sent arr6t, faute de quoi il paiera des int6r6ts moratoires calcul6s sur la base du taux en vigueur de la Banque centrale de la R6publique-Unie de Tanzanie pendant 27 0oCI891 toute la p6riode de retard de paiement et, ce, jusqu'au paiement int6gral des sommes dues. R6 p arati on s non pdc u n i ai res ix. Rejefte la demande du Requ6rant d'6tre remis en libert6 Sur la mise en euvre du pr1sent andt et l'1tablissement de rapports x. Ordonne d l'Etat d6fendeur de lui soumettre, dans un d6lai de six (6) mois, ir compter de la date de notification du pr6sent arr6t, un rapport sur les mesures prises pour mettre en @uvre le pr6sent arr6t. Sur /es frais de proc1dure xi. Ddcide que chaque partie supporte ses frais de proc6dure Ont sign6 Sylvain ORE, Pr6sident ; Ben KIOKO, Vice-president ; Rafad BEN ACHOUR, Juge ; fil Angelo V. MATUSSE, Juge ; Suzanne MENGUE, Juge ; '-4 - --,. -,, M-Th6rdse MUKAMULISA, Juge -/zryz,. Chafika BENSAOULA, Juge ; (.\--. -. 28 0frf,ooo abtqQ. Blaise TCHIKAYA, Juge ; Stella l. ANUKAM, Juge ; et Robert ENO, Greffier Fait d Arusha ce vingt-sixiAme jour du mois de septembre de l'an deux mil dix-neuf, en anglais et en frangais, le texte en anglais faisant foi. MA N Atvo q\\ su str + L]" .1* 1 OR $l 29 v