msuguri c republique unie de tanzanie requete n 0522016 2016 afchpr 55 18 novembre 2016
Given the applicant faces the death penalty and the application reveals a situation of extreme gravity and risk of irreparable harm, the Court finds it necessary to order provisional measures to preserve the status quo pending the main application.
Source-derived case information.
- Citation
- msuguri c republique unie de tanzanie requete n 0522016 2016 afchpr 55 18 novembre 2016
- Parties
- Applicant: Marthine Christian Msuguri; Respondent: République-Unie de Tanzanie
- Court
- TANZLII
- Jurisdiction
- Tanzania
- Judgment Date
- 1 January 2016
- Procedural Posture
- Human Rights Application / Provisional Measures Order
- Outcome
- provisional measures granted
- Legal Topics
- Right to Fair Trial, Death Penalty, Provisional Measures
- Source Language
- en
Source-derived case record
Summary, issues, holding and outcome
More case intelligence is available
Unlock the full research layer for this judgment.
Parties
Marthine Christian Msuguri
Applicant
République-Unie de Tanzanie
Respondent
Procedural Posture
Human Rights Application / Provisional Measures Order
Legal Issues
- 1 Whether the delay and refusal to examine the applicant's revision request violates the right to a fair trial
- 2 Whether failure to consider temporary insanity due to intoxication violates criminal law protections
- 3 Whether the risk of execution constitutes extreme gravity and irreparable harm warranting provisional measures
Ratio Decidendi
Given the applicant faces the death penalty and the application reveals a situation of extreme gravity and risk of irreparable harm, the Court finds it necessary to order provisional measures to preserve the status quo pending the main application.
Court Disposition
provisional measures granted
Orders
- The respondent is ordered to stay the execution of the death penalty against the applicant pending the decision on the main application.
- The respondent must report to the Court within sixty days on measures taken to implement this order.
Full Case Text
Judgment text and source record
1 paragraphs
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÄO AFRICANA AFRICAN COURT ON HUMAN AND PEOPLES’ RIGHTS COUR AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES AFFAIRE MARTHINE CHRISTIAN MSUGURI c. RÉPUBLIQUE-UNIE DE TANZANIE REQUÊTE N° 052/2016 La Cour composée de : Sylvain ORÉ, Président, Ben KIOKO, Vice- Président, Gérard NIYUNGEKO, El Hadji GUiSSÉ, Rafâa BEN ACHOUR, Soiomy B. BOSSA, Ângelo V. MATUSSE, Ntyam O. MENGUE, Marie-Thérèse MUKAMULISA- Juges; et de Robert ENO- Greffier. En l’affaire : MARTHINE CHRISTIAN MSUGURI c. RÉPUBLIQUE-UNIE DE TANZANIE Après en avoir délibéré, rend la présente ordonnance : I. Objet de la requête 1. Le 9 septembre 2016, la Cour a reçu une requête introductive d’instance présentée par Marthine Christian Msuguri (ci-après dénommé «le Requérant»), contre la République-Unie de Tanzanie (ci-après dénommée «le Défendeur»), pour violation alléguée de ses droits fondamentaux. 2. Le Requérant, actuellement détenu à ia prison centrale de Butimba, a été condamné à la peine capitale par la Haute Cour de Tanzanie siégeant à Bukoba, le 30 juillet 2010. La peine a été confirmée le 11 1 mars 2013 par la Cour d'appel, qui est la plus haute juridiction de Tanzanie. 3. Le Requérant affirme que, s’étant senti lésé par l’arrêt de la Cour d’appel, il a déposé la requête en révision n° 7 de 2013. Depuis lors, sa demande n’a jamais été examinée. 4. Le Requérant allègue notamment ce qui suit : a) Le retard accusé par la Cour d’appel de Tanzanie et le refus de celle-ci d’examiner sa demande en révision du jugement est contraire à l’article 13(6) de la Constitution tanzanienne et aux autres instruments pertinents et constituent une violation du droit du Requérant à un procès équitable. b) Les deux juridictions ont commis une erreur de droit et de fait, pour n’avoir pas pris en considération la folie passagère due à l’ébriété invoquée pour sa défense, ce qui constitue une violation de l’article 14(2) du Code pénal, chap. 16. II. Procédure devant ia Cour 5. La Requête a été reçue au Greffe de la Cour le 9 septembre 2016. 6. Conformément à l'article 35 du Règlement de la Cour, par notification datée du 16 novembre 2016, le Greffe a signifié la requête au Défendeur. 2 III. Compétence 7. Lorsqu’elle est saisie d’une requête, la Cour doit procéder à un examen préliminaire de sa compétence, en application des articles 3 et 5 du Protocole. 8. Toutefois, avant d'ordonner des mesures provisoires, la Cour n'a pas à se convaincre qu'elle a compétence sur le fond de l'affaire, mais simplement s’assurer qu'elle a compétence prima facie1. 9. L'article 3(1) du Protocole dispose que « la Cour a compétence pour connaître de toutes les affaires et de tous les différends dont elle est saisie concernant l'interprétation et l’application de la Charte, du présent Protocole et de tout autre instrument pertinent relatif aux droits de l’homme et ratifié par les États concernés ». 10. L’État défendeur a ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (ci-après dénommée « la Charte » ) le 9 mars 1984, le Protocole le 10 février 2006 et est partie aux deux instruments; le 29 mars 2010, il a également fait la déclaration acceptant la compétence de la Cour pour recevoir des requêtes émanant d’individus et d’organisations non gouvernementales conformément aux articles 34(6) et 5(3) du Protocole, lus conjointement. 1 Voir requête n°002/2013 Commission africaine des droits de l’homme et des peuples c. Libye (ordonnance portant mesures provisoires datée du 15 mars 2013) et requête n°006/2012 Commission africaine des droits de l’homme et des peuples c. Kenya (ordonnance portant mesure provisoires datée du 15 mars 2013) ; requête n°004/2011 Commission africaine des droits de l’homme et des peuples c. Libye (ordonnance portant mesures provisoires datée du 25 mars 2011). 3 11. Les violations alléguées qui font l’objet de la plainte portent sur des droits protégés par les articles 3(2), 4 et 7(1) (a) et (c) de la Charte. La Cour a donc la compétence matérielle (rationae materiae) pour connaître de la requête en l’espèce. 12. À la lumière de ce qui précède, la Cour s’est assurée qu’elle a compétence prima facie, pour examiner la requête. IV. Sur les mesures provisoires 13. Dans leur requête, le Requérant n’a pas demandé à la Cour d’ordonner des mesures provisoires. 14. En vertu de l’article 27(2) du Protocole et de l’article 51(1) de son Règlement intérieur, la Cour peut d’office ordonner des mesures provisoires « dans les cas d’extrême gravité et lorsqu’il s’avère nécessaire d’éviter des dommages irréparables à des personnes » et « qu’elle estime devoir être adoptées dans l’intérêt des parties ou de la justice ». 15. Il appartient à la Cour de décider dans chaque situation si, à la lumière des circonstances particulières de l’affaire, elle doit exercer la compétence qui lui est conférée par les dispositions ci-dessus. 16. Le Requérant est condamné à la peine capitale et la requête semble révéler une situation d’extrême gravité, ainsi qu’un risque de dommages irréparables pour lui. 4 17. Compte tenu des circonstances de l’espèce qui révèlent un risque d’application de la peine capitale susceptible de porter atteinte à la jouissance des droits prévus aux articles 3(2) et 7(1) (a) et (c) de la Charte, la Cour décide d’exercer ses pouvoirs en vertu de l’article 27(2) du Protocole. 18. La Cour constate que la requête en l’espèce révèle une situation d'extrême gravité et présente un risque de violations irréparables des droits du Requérant, protégés par les articles 3(2) et 7(1) (a) et (c) de la Charte, si la peine capitale venait à être appliquée. 19. En conséquence, la Cour conclut que les circonstances exigent une ordonnance portant mesures provisoires, en application de l'article 27(2) du Protocole et de l'article 51 de son Règlement intérieur, pour préserver le statu quo, en attendant la décision sur la requête principale. 20. Pour lever toute ambiguïté, la présente Ordonnance est de nature provisoire et ne préjuge en rien des décisions de la Cour sur sa compétence, sur la recevabilité de la requête et sur le fond de l’affaire. Par ces motifs, 21. La Cour, à l’unanimité, ordonne au Défendeur : 5 a) de surseoir à l’application de la peine capitale à rencontre du Requérant, sous réserve de la décision relative à la requête principale ; b) de faire rapport à la Cour dans les soixante (60) jours de la date de réception de la présente Ordonnance, sur les mesures prises pour la mettre en œuvre. Fait à Arusha, ce dix-huitième jour du mois de novembre 2016, en anglais et en français, la version anglaise faisant foi. Ont signé : Sylvain ORÉ, Président Ben KIOKO, Vice-Président Gérard NIYUNGEKO, Jug El Hadji GUISSÉ, Juge Rafâa BEN ACHOUR, Juge Solomy B. BOSSA, Juge Ângelo V. MATUSSE, Juge; Ntyam O. MENGUE, Juge 6 Marie-Thérèse MUKAMULISA, Juge et Robert ENO, Greffier.