Arrêté grand-ducal du 5 juin 2023 portant annulation partielle de la délibération du conseil communal de Schifflange du 7 octobre 2022 relative à l’adoption du nouveau règlement sur les bâtisses, les voies publiques et les sites.
The preamble says the disputed local rule on furnished rooms should be annulled.
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- Jurisdiction
- Luxembourg
- Instrument
- Order
- Citation
- http://data.legilux.public.lu/eli/etat/leg/agd/2023/06/05/a295/jo
- Status
- In force
- Version
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The preamble says the disputed local rule on furnished rooms should be annulled. This article annuls article 36(2) and the definition of “chambre meublée” in Annex I of the cited local building/public ways/site regulation. This article says the present order must be notified to the mayor of the commune of Schifflange. This article says the order is published under article 82 of the modified communal law of 13 December 1988. The minister responsible for communal planning and urban development is tasked with implementing this order.
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Legal text
Provisions of Arrêté grand-ducal du 5 juin 2023 portant annulation partielle de la délibération du conseil communal de Schifflange du 7 octobre 2022 relative à l’adoption du nouveau règlement sur les bâtisses, les voies publiques et les sites.
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Le contenu de la version HTML du Journal officiel luxembourgeois est identique à la version PDF. Arrêté grand-ducal du 5 juin 2023 portant annulation partielle de la délibération du conseil communal de Schifflange du 7 octobre 2022 relative à lâadoption du nouveau règlement sur les bâtisses, les voies publiques et les sites. Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Vu lâarticle 103 de la loi communale modifiée du 13 décembre 1988 1 ; Sur le rapport de Notre Ministre de lâIntérieur et après délibération du Gouvernement en Conseil ; Considérant que par délibération du 7 octobre 2022, le conseil communal de Schifflange a adopté un nouveau règlement sur les bâtisses, les voies publiques et les sites (« RBVS ») ; Considérant que par courrier du 2 novembre 2022 à lâadresse de lâadministration communale, la Ministre de lâIntérieur a formulé un certain nombre dâobservations à propos du nouveau RBVS ; Considérant, plus particulièrement, que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS a vocation à réglementer le domaine des chambres meublées ou non meublées ; Considérant quâen application des définitions de lâannexe I du RBVS, il y a lieu dâentendre par chambre meublée ou non meublée « une chambre servant à des fins dâhabitation louée ou mise à disposition séparément à une partie ne faisant pas partie du ménage » ; Considérant quâen vertu de lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS, « les chambres meublées sont exclusivement autorisées dans les immeubles mixtes ou dans les maisons plurifamiliales. Elles sont interdites dans les maisons uni-et bi-familiales » ; Considérant quâen application de lâarticle 11, paragraphe 3, de la Constitution , « lâÃtat garantit la protection de la vie privée, sauf les exceptions fixées par la loi » ; Considérant que la manière de vivre ensemble constitue un domaine relevant par essence de la vie privée ; Considérant quâil en découle que toute personne est libre de choisir son mode de vie et la manière dont elle partage un logement avec dâautres personnes ; Considérant quâà titre de matière réservée à la loi, seule la loi au sens formel peut déroger au respect de la vie privée ; Considérant que la base légale du RBVS, à savoir lâarticle 39 de la loi modifiée du 19 juillet 2004 concernant lâaménagement communal et le développement urbain, ne permet pas aux autorités communales de limiter les catégories de personnes qui ont le droit de vivre ensemble, en fonction de leur qualité et de leurs liens de droit privé, en exigeant que ces personnes doivent faire partie du même « ménage » ; Considérant encore que le terme de « ménage » nâest pas défini dans le RBVS, de manière à ce que la sécurité juridique et la prévisibilité de la disposition concernée ne sont pas garanties, étant souligné que ces principes participent aux fondements de lâÃtat de droit ; Considérant encore que, au titre de lâarticle 39 de la loi précitée du 19 juillet 2004 , le champ dâapplication du RBVS porte exclusivement sur la solidité, la sécurité, la salubrité ainsi que la durabilité et la commodité du domaine public, des sites, des constructions, bâtiments et installations, ainsi que de leurs abords respectifs ; Considérant, en revanche, que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS, ensemble avec les définitions de lâannexe I du RBVS, ne se rapporte pas à la solidité, la sécurité, la salubrité, la durabilité ou la commodité dâune construction, mais à la qualité des occupants en tant que membres du « ménage » et au mode de cohabitation choisi par elles, de manière à ne pas respecter le champ dâapplication assigné par la loi au RBVS ; Considérant que dans son jugement du 8 janvier 2018 (38557), le tribunal administratif avait souligné que « la commune ne saurait toutefois imposer des dispositions en matière dâurbanisme, prévoyant des restrictions allant au-delà des dispositions du PAG, par voie de simple règlement communal, sans respecter la procédure de modification du PAG imposée par la loi du 19 juillet 2004  » ; Considérant encore quâune législation spécifique est dâores et déjà dédiée aux chambres meublées au niveau national sous forme de la loi du 20 décembre 2019 relative aux critères de salubrité, dâhygiène, de sécurité et dâhabitabilité des logements et chambres donnés en location ou mis à disposition à des fins dâhabitation, ainsi que de son règlement grand-ducal dâexécution du même jour, de manière que la matière se trouve ainsi déjà réglementée à lâéchelon national et échappe, par conséquent, à la compétence de la commune, qui ne peut plus intervenir à cet égard (Tribunal administratif, 29 septembre 2010, 26122, confirmé par la Cour administrative, 10 mars 2011, 27451C) ; Considérant que de la sorte, le respect de la légalité « commande que le conseil communal sâinterdise de réglementer un objet considéré comme dâintérêt général par le législateur. Un intérêt qui était communal échappe à la compétence du conseil dès quâil est réglé par une loi, ou en vertu dâune loi, par un arrêté de lâautorité supérieure : la loi imprime en ce cas un caractère général à lâintérêt, quâelle déclasse pour ainsi dire. Dès ce moment, non seulement le conseil communal ne peut plus décréter des dispositions contraires à la loi ou aux règlements généraux, mais il doit même sâabstenir de sâoccuper dâun semblable objet » (M.-A. FLAMME, Droit administratif , Tome Premier , Bruxelles, Bruylant, 1989, p. 206) ; Considérant que les autorités communales ont exprimé lors dâune entrevue organisée en date du 24 janvier 2023 dans les locaux du ministère de lâIntérieur que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS avait vocation à garantir la qualité de vie des occupants des chambres en question ; Considérant, toutefois, que lâobjet explicite de la loi précitée du 20 décembre 2019 est également de garantir la salubrité, lâhygiène, la sécurité et lâhabitabilité des logements et chambres donnés en location ou mis à disposition, et concerne dès lors également la préservation de la qualité de vie des occupants de ces chambres ; Considérant que, partant, lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS empiète ainsi sur une matière réglementée de manière explicite, précise et suffisante par la loi ; Considérant que, dans ses jugements des 26 janvier 1999 (10662) et 8 janvier 2018 (38557), le tribunal administratif a souligné que « il est de principe que les règlements communaux en matière de bâtisses sont des règlements de police à caractère strict et que plus particulièrement en ce qui concerne le droit de propriété, lâadministration communale ne peut se substituer au législateur et porter atteinte à ce droit dâune façon illimitée par des prescriptions de police, en ce quâelle ne peut quâen régler lâusage dans les points que le législateur lui a attribués, câest-à -dire, en tant que la propreté, la salubrité, la sûreté et la tranquillité des habitants y sont intéressées » ; Considérant encore que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS se trouve, de surcroît, en contradiction avec les termes de la loi précitée du 20 décembre 2019 ; Considérant que la définition des chambres meublées dans le RBVS nâest, en effet, pas en phase avec la définition de lâarticle 1 er , point 2, de la loi précitée du 20 décembre 2019 (« une chambre est une chambre meublée ou non-meublée servant à des fins dâhabitation dans un immeuble dont la cuisine, la pièce de séjour et/ou la salle de bain sont situées à lâextérieur de la chambre et destinées à un usage collectif seulement » ), le RBVS introduisant un critère dâappartenance à un « ménage » que la loi ne prévoit pas ; Considérant encore que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS interdit purement et simplement les chambres meublées dans les maisons unifamiliales et bifamiliales, tandis que la loi précitée du 20 décembre 2019 admet explicitement, sous certaines conditions bien définies, la mise à disposition de chambres meublées ou non meublées, et ceci sans restriction quelconque par rapport à la typologie de bâtiments, de manière à ce que le RBVS nâest pas conforme à la loi précitée , sous ce deuxième angle ; Considérant quâil y a lieu de rappeler que dans sa décision du 9 mars 2022 (45141), le tribunal administratif a explicitement constaté que les chambres données en location ou mises à disposition à des fins dâhabitation étaient compatibles tant avec la typologie des maisons plurifamiliales quâavec la typologie des maisons unifamiliales : « au regard des définitions de logement et de maison unifamiliale contenues à lâannexe II du règlement grand-ducal du 28 juillet 2011 , la conclusion sâimpose quâune maison unifamiliale est compatible avec la colocation, sans ce que mode dâhabitation ne change la nature de lâimmeuble [â¦] En effet, une maison unifamiliale, comprenant au moins une pièce de séjour, une niche de cuisine et une salle dâeau avec WC, forme une seule unité, partant un logement au sens de lâannexe II du règlement grand-ducal du 28 juillet 2011 , et cela même dans lâhypothèse où différentes chambres de la maison sont occupées par des personnes non liées par des liens familiaux, mais qui partagent lâusage des pièces communes telles que la pièce de séjour, la cuisine, la salle dâeau et les WC. La circonstance que les différents colocataires disposent chacun dâun contrat de location individuel nâest pas de nature à changer cette analyse [â¦]. Dès lors, lâusage dâune maison unifamiliale, qualifiée comme étant un logement au sens du règlement grand-ducal du 28 juillet 2011 , à des fins de colocation, ne modifie pas, contrairement à ce qui est soutenu par la commune, le statut de cette maison unifamiliale, de manière à ce quâelle nâest pas à considérer ipso facto de logement collectif » ; Considérant que, dans son jugement précité du 8 janvier 2018 , le tribunal administratif a également souligné que le fait de donner des chambres en colocation ne saurait être soumis à autorisation de la part du bourgmestre, dans la mesure où cette opération en elle-même ne constituait ni une transformation, ni une construction, ni un changement dâaffectation, au sens de lâarticle 37 de la loi précitée du 19 juillet 2004 : « le règlement communal litigieux, en soumettant lâusage dâune habitation à des fins de colocation à une autorisation du bourgmestre, et cela indépendamment de tous travaux dâagrandissement ou de transformation, en qualifiant cette situation implicitement mais nécessairement de changement dâaffectation, du moins sâil sâagit de lâusage dâun logement existant à des fins de colocation, et en qualifiant les différentes chambres données en colocation dâunités de logement à part entière, a encore, au regard des développements qui précèdent, été pris en violation de lâannexe II du règlement grand-ducal du 28 juillet 2011 et plus particulièrement des définitions de logement et de maison unifamiliales y incluses » , étant précisé que sâil est illégal de soumettre un fait à autorisation, il est tout aussi illégal de lâinterdire purement et simplement ; Considérant encore que le principe de proportionnalité constitue un principe à essence constitutionnelle aux termes de lâ arrêt de la Cour constitutionnelle du 19 mars 2021 (n° 00146) ; Considérant cependant que la mesure dont question nâest pas nécessaire, alors que lâeffet désiré est dâores et déjà atteint par la loi précitée du 20 décembre 2019 ; Considérant que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS revient à interdire toute mise à disposition dâune chambre à une personne « ne faisant pas partie du ménage » et ce même à titre de mesure de solidarité en faveur dâune personne en situation précaire ; Considérant que les chambres meublées constituent pour leurs occupants souvent la seule possibilité de se loger, à défaut de moyens financiers pour louer un autre logement, ceci dâautant plus dans le contexte de la pénurie notoire de logements ; Considérant, partant, que la mesure est disproportionnée ; Considérant encore que la mesure constitue une rupture du principe de lâégalité devant la loi, consacré par lâarticle 10 bis de la Constitution , alors que seules les chambres dans les maisons unifamiliales et bifamiliales sont frappées par lâinterdiction, à lâexclusion des chambres dans les maisons plurifamiliales, sans quâil nâappert en quelle mesure lâobjectif poursuivi par le conseil communal, à savoir la garantie de la qualité de vie, ne justifie une telle distinction ; Considérant encore que lâarticle 36, paragraphe 2, du RBVS énonce quâune chambre meublée « ne peut constituer un lot séparé ou être séparé par le biais dâun cadastre vertical » de manière à empiéter sur le domaine de la loi modifiée du 19 mars 1988 sur la publicité foncière en matière de copropriété ; Considérant que lors de lâentrevue précitée du 24 janvier 2023, ces différentes questions ont été abordées et les observations des autorités communales entendues ; Considérant que par la suite, aucune réaction de la commune nâest toutefois intervenue, et que dans les délibérations subséquentes du conseil communal, aucun vote nâa été consacré à une mise en conformité du RBVS par rapport aux prescriptions de la loi ; Considérant que suite à lâarrêté de suspension de la disposition en question, prononcé par la Ministre de lâIntérieur en date du 5 mai 2023, aucune modification du RBVS nâest intervenue ; Considérant quâil découle de ce qui précède que lâarticle 36, paragraphe 2, et la définition de « chambre meublée » de lâannexe I du RBVS violent la loi et lèsent lâintérêt général ; Considérant quâil y a partant lieu dâannuler les dispositions précitées ; Considérant quâen application de lâarticle 82 de la loi communale modifiée du 13 décembre 1988 ainsi quâen vertu du principe du parallélisme des formes, il y a lieu de publier le présent arrêté dans les formes prévues par ledit article ; Arrêtons : â
- 1 er Verify source ↗
Art. 1 er .
AI-assisted research summary: This article annuls article 36(2) and the definition of “chambre meublée” in Annex I of the cited local building/public ways/site regulation.
Art. 1 er . Lâarticle 36, paragraphe 2, et la définition de « chambre meublée » de lâannexe I du règlement sur les bâtisses, les voies publiques et le sites, adopté par le conseil communal de Schifflange par délibération du 7 octobre 2022, est annulé. â - 2 Verify source ↗
Art. 2.
AI-assisted research summary: This article says the present order must be notified to the mayor of the commune of Schifflange.
Art. 2. Le présent arrêté sera notifié au bourgmestre de la commune de Schifflange. â - 3 Verify source ↗
Art. 3.
AI-assisted research summary: This article says the order is published under article 82 of the modified communal law of 13 December 1988.
Art. 3. Le présent arrêté est publié en application de lâarticle 82 de la loi communale modifiée du 13 décembre 1988 . â - 4 Verify source ↗
Art. 4.
AI-assisted research summary: The minister responsible for communal planning and urban development is tasked with implementing this order.
Art. 4. Notre ministre ayant lâAménagement communal et le développement urbain dans ses attributions est chargé de lâexécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg. â - 5 Verify source ↗
Art. 5.
AI-assisted research summary: This article says the order can be challenged by annulment appeal before the administrative court within three months after notification.
Art. 5. Le présent arrêté est susceptible dâun recours en annulation auprès du tribunal administratif dans un délai de trois mois à partir de sa notification. Le recours est introduit par voie de requête signée dâun avocat inscrit à la liste I des tableaux dressés par les conseils des Ordres des avocats. La Ministre de lâIntérieur, Taina Bofferding Château de Berg, le 5 juin 2023. Henri â â 1 Telle quâapplicable avant la modification par la loi du 6 janvier 2023 portant modification : 1° de la loi communale modifiée du 13 décembre 1988 ; 2° de lâarticle 2045 du Code civil ; 3° de la loi du 11 juillet 1957 portant réglementation du camping ; 4° de la loi modifiée du 24 décembre 1985 fixant le statut général des fonctionnaires communaux ; 5° de la loi modifiée du 7 novembre 1996 portant organisation des juridictions de lâordre administratif ; 6° de la loi modifiée du 23 février 2001 concernant les syndicats de communes ; 7° de la loi électorale modifiée du 18 février 2003 ; 8° de la loi modifiée du 8 avril 2018 sur les marchés publics ; 9° de la loi modifiée du 24 juin 2020 portant introduction de mesures temporaires relatives à la loi communale modifiée du 13 décembre 1988 et à la loi modifiée du 27 mars 2018 portant organisation de la sécurité civile dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.
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