Loi du 8 mars 2017 portant approbation de \n1. la Convention sur la réduction des cas d'apatridie, conclue à New York le 30 août 1961 ; \n2. la Convention européenne sur la nationalité, conclue à Strasbourg le 6 novembre 1997 ; \n3. la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention des cas d'apatridie en relation avec la succession d'États, conclue à Strasbourg le 19 mai 2006.
This part states that Luxembourg approves three international conventions on statelessness and nationality.
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- Luxembourg
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This part states that Luxembourg approves three international conventions on statelessness and nationality. The article approves the Convention on the Reduction of Statelessness concluded in New York on 30 August 1961. This article approves the European Convention on Nationality, concluded in Strasbourg on 6 November 1997.
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Provisions of Loi du 8 mars 2017 portant approbation de \n1. la Convention sur la réduction des cas d'apatridie, conclue à New York le 30 août 1961 ; \n2. la Convention européenne sur la nationalité, conclue à Strasbourg le 6 novembre 1997 ; \n3. la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention des cas d'apatridie en relation avec la succession d'États, conclue à Strasbourg le 19 mai 2006.
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AI-assisted research summary: This part states that Luxembourg approves three international conventions on statelessness and nationality.
Le contenu de la version HTML du Journal officiel luxembourgeois est identique à la version PDF. Loi du 8 mars 2017 portant approbation de 1. la Convention sur la réduction des cas d'apatridie, conclue à New York le 30 août 1961 ; 2. la Convention européenne sur la nationalité, conclue à Strasbourg le 6 novembre 1997 ; 3. la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention des cas d'apatridie en relation avec la succession d'Ãtats, conclue à Strasbourg le 19 mai 2006. Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Notre Conseil dâEtat entendu; De lâassentiment de la Chambre des Députés; Vu la décision de la Chambre des Députés du 9 février 2017 et celle du Conseil dâEtat du 28 février 2017 portant quâil nây a pas lieu à second vote; Avons ordonné et ordonnons : â
- 1 er Verify source ↗
Art. 1 er .
AI-assisted research summary: The article approves the Convention on the Reduction of Statelessness concluded in New York on 30 August 1961.
Art. 1 er . Est approuvée la Convention sur la réduction des cas dâapatridie, conclue à New York le 30 août 1961. â - 2 Verify source ↗
Art. 2.
AI-assisted research summary: This article approves the European Convention on Nationality, concluded in Strasbourg on 6 November 1997.
Art. 2. Est approuvée la Convention européenne sur la nationalité, conclue à Strasbourg le 6 novembre 1997. â - 3 Verify source ↗
Art. 3.
Art. 3. Est approuvée la Convention du Conseil de lâEurope sur la prévention des cas dâapatridie en relation avec la succession dâÃtats, conclue à Strasbourg le 19 mai 2006. Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne. Le Ministre de la Justice, Félix BRAZ Palais de Luxembourg, le 8 mars 2017. Henri Doc. parl. 6974 ; sess. ord. 2015-2016 et 2016-2017. CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LA RÃDUCTION DES CAS DâAPATRIDIE LES ÃTATS CONTRACTANTS, AGISSANT conformément à la résolution 896 (IX) adoptée par lâAssemblée générale des Nations unies le 4 décembre 1954, et CONSIDÃRANT quâil est souhaitable de réduire lâapatridie par voie dâaccord international, SONT CONVENUS DES DISPOSITIONS SUIVANTES : â ARTICLE PREMIER 1. Tout Ãtat contractant accorde sa nationalité à lâindividu né sur son territoire et qui, autrement, serait apatride. Cette nationalité sera accordée : a) de plein droit, à la naissance, ou b) sur demande souscrite, suivant les modalités prévues par la législation de lâÃtat en cause, auprès de lâautorité compétente par lâintéressé ou en son nom ; sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent article, la demande ne peut être rejetée. LâÃtat contractant dont la législation prévoit lâoctroi de sa nationalité sur demande conformément à lâalinéa b du présent paragraphe peut également accorder sa nationalité de plein droit à lââge et dans les conditions fixés par sa loi. 2. LâÃtat contractant peut subordonner lâacquisition de sa nationalité en vertu de lâalinéa b du paragraphe 1er du présent article à une ou plusieurs des conditions suivantes : a) que la demande soit souscrite pendant une période fixée par lâÃtat contractant, période commençant au plus tard à lââge de dix-huit ans et ne pouvant se terminer avant vingt-et-un ans, étant entendu toutefois que lâintéressé doit disposer dâau moins une année pour souscrire sa demande personnellement et sans habilitation ; b) que lâintéressé ait résidé habituellement sur le territoire de lâÃtat contractant, sans toutefois que la durée de résidence fixée par ce dernier puisse excéder dix ans au total, dont cinq ans au plus précédant immédiatement le dépôt de la demande ; c) que lâintéressé nâait pas été déclaré coupable dâune infraction contre la sécurité nationale ou quâil nâait pas été condamné à une peine dâemprisonnement dâau moins cinq années pour fait criminel ; d) que lâintéressé nâait pas acquis à la naissance ou postérieurement une nationalité. 3. Nonobstant les dispositions de lâalinéa b du paragraphe 1er et le paragraphe 2 du présent article, lâenfant légitime qui est né sur le territoire dâun Ãtat contractant et dont la mère possède la nationalité de cet Ãtat acquiert cette nationalité à la naissance si, autrement, il serait apatride. 4. Tout Ãtat contractant accorde sa nationalité à lâindividu qui, autrement, serait apatride et dont, au moment de la naissance, le père ou la mère possédait la nationalité dudit Ãtat si, ayant dépassé lââge fixé pour la présentation de sa demande ou ne remplissant pas les conditions de résidence imposées, cet individu nâa pu acquérir la nationalité de lâÃtat contractant sur le territoire duquel il est né. Si les parents nâavaient pas la même nationalité au moment de la naissance, la législation de lâÃtat contractant dont la nationalité est sollicitée détermine si lâenfant suit la condition du père ou celle de la mère. Si la nationalité est accordée sur demande, cette dernière sera introduite, selon les modalités prévues par la législation de lâÃtat en cause, auprès de lâautorité compétente par lâintéressé ou en son nom. Sous réserve des dispositions du paragraphe 5 du présent article, cette demande ne peut être rejetée. 5. LâÃtat contractant peut subordonner lâoctroi de sa nationalité en vertu du paragraphe 4 du présent article aux conditions suivantes ou à lâune dâelles : a) que la demande soit souscrite avant que lâintéressé ait atteint un âge fixé par lâÃtat contractant en cause, cet âge ne pouvant être inférieur à vingt-trois ans ; b) que lâintéressé ait résidé habituellement sur le territoire de lâÃtat contractant en cause pendant une période donnée précédant immédiatement la présentation de la demande, période fixée par cet Ãtat et dont la durée exigible ne peut toutefois dépasser trois ans ; c) que lâintéressé nâait pas acquis à la naissance ou postérieurement une nationalité. â â ARTICLE 2 Lâenfant trouvé sur le territoire dâun Ãtat contractant est, jusquâà preuve du contraire, réputé né sur ce territoire de parents possédant la nationalité de cet Ãtat. ARTICLE 3 Aux fins de déterminer les obligations des Ãtats contractants, dans le cadre de la présente Convention, la naissance à bord dâun navire ou dâun aéronef sera réputée survenue sur le territoire de lâÃtat dont le navire bat pavillon ou dans lequel lâaéronef est immatriculé. ARTICLE 4 1. Tout Ãtat contractant accorde sa nationalité à lâindividu qui, autrement, serait apatride et nâest pas né sur le territoire dâun Ãtat contractant, si, au moment de la naissance, le père ou la mère possédait la nationalité du premier de ces Ãtats. Si, à ce moment, les parents nâavaient pas la même nationalité, la législation de cet Ãtat détermine si lâenfant suit la condition du père ou celle de la mère. La nationalité attribuée en vertu du présent paragraphe est accordée : a) de plein droit, à la naissance, ou b) sur demande souscrite, suivant les modalités prévues par la législation de lâÃtat en cause auprès de lâautorité compétente par lâintéressé ou en son nom ; sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent article, la demande ne peut être rejetée. 2. LâÃtat contractant peut subordonner lâacquisition de sa nationalité en vertu du paragraphe 1er du présent article aux conditions suivantes ou à lâune dâelles : a) que la demande soit souscrite avant que lâintéressé ait atteint un âge fixé par lâÃtat contractant en cause, cet âge ne pouvant être inférieur à 23 ans ; b) que lâintéressé ait résidé habituellement sur le territoire de lâÃtat contractant en cause pendant une période donnée précédant immédiatement la présentation de la demande, période fixée par cet Ãtat et dont la durée exigible ne peut toutefois dépasser trois ans ; c) que lâintéressé nâait pas été déclaré coupable dâune infraction contre la sécurité nationale ; d) que lâintéressé nâait pas acquis à la naissance ou postérieurement une nationalité. ARTICLE 5 1. Si la législation dâun Ãtat contractant prévoit la perte de la nationalité par suite dâun changement dâétat tel que mariage, dissolution du mariage, légitimation, reconnaissance ou adoption, cette perte doit être subordonnée à la possession ou à lâacquisition de la nationalité dâun autre Ãtat. 2. Si, conformément à la législation dâun Ãtat contractant, un enfant naturel perd la nationalité de cet Ãtat à la suite dâune reconnaissance de filiation, la possibilité lui sera offerte de la recouvrer par une demande souscrite auprès de lâautorité compétente, demande qui ne pourra être soumise à des conditions plus rigoureuses que celles prévues au paragraphe 2 de lâarticle premier de la présente Convention. ARTICLE 6 Si la législation dâun Ãtat contractant prévoit que le fait pour un individu de perdre sa nationalité ou dâen être privé entraîne la perte de cette nationalité pour le conjoint ou les enfants, cette perte sera subordonnée à la possession ou à lâacquisition par ces derniers dâune autre nationalité. ARTICLE 7 1. â a) Si la législation dâun Ãtat contractant prévoit la répudiation, celle-ci nâentraîne pour un individu la perte de sa nationalité que sâil en possède ou en acquiert une autre ; b) La disposition de lâalinéa a du présent paragraphe ne sâappliquera pas lorsquâelle apparaîtra inconciliable avec les principes énoncés aux articles 13 et 14 de la Déclaration universelle des droits de lâhomme approuvée le 10 décembre 1948 par lâAssemblée générale des Nations unies. 2. Un individu possédant la nationalité dâun Ãtat contractant et qui sollicite la naturalisation dans un pays étranger ne perd sa nationalité que sâil acquiert ou a reçu lâassurance dâacquérir la nationalité de ce pays. 3. Sous réserve des dispositions des paragraphes 4 et 5 du présent article, nul ne peut perdre sa nationalité, sâil doit de ce fait devenir apatride, parce quâil quitte le pays dont il possède la nationalité, réside à lâétranger, ne se fait pas immatriculer ou pour toute autre raison analogue. 4. La perte de la nationalité qui affecte un individu naturalisé peut être motivée par la résidence à lâétranger pendant une période dont la durée, fixée par lâÃtat contractant, ne peut être inférieure à sept années consécutives si lâintéressé ne déclare pas aux autorités compétentes son intention de conserver sa nationalité. 5. En ce qui concerne les individus nés hors du territoire de lâÃtat contractant dont ils possèdent la nationalité, la conservation de cette nationalité au-delà dâune date postérieure dâun an à leur majorité peut être subordonnée par la législation de lâÃtat contractant à des conditions de résidence à cette date sur le territoire de cet Ãtat ou dâimmatriculation auprès de lâautorité compétente. 6. à lâexception des cas prévus au présent article, un individu ne peut perdre la nationalité dâun Ãtat contractant sâil doit de ce fait devenir apatride, alors même que cette perte ne serait pas expressément exclue par toute autre disposition de la présente Convention. ARTICLE 8 1. Les Ãtats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride. 2. Nonobstant la disposition du premier paragraphe du présent article, un individu peut être privé de la nationalité dâun Ãtat contractant : a) dans les cas où, en vertu des paragraphes 4 et 5 de lâarticle 7, il est permis de prescrire la perte de la nationalité ; b) sâil a obtenu cette nationalité au moyen dâune fausse déclaration ou de tout autre acte frauduleux. 3. Nonobstant la disposition du paragraphe 1er du présent article, un Ãtat contractant peut conserver la faculté de priver un individu de sa nationalité, sâil procède, au moment de la signature, de la ratification ou de lâadhésion, à une déclaration à cet effet spécifiant un ou plusieurs motifs, prévus à sa législation nationale à cette date et entrant dans les catégories suivantes : a) si un individu, dans des conditions impliquant de sa part un manque de loyalisme envers lâÃtat contractant : i) a, au mépris dâune interdiction expresse de cet Ãtat, apporté ou continué dâapporter son concours à un autre Ãtat, ou reçu ou continué de recevoir dâun autre Ãtat des émoluments ; ou ii) a eu un comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de lâÃtat ; b) si un individu a prêté serment dâallégeance, ou a fait une déclaration formelle dâallégeance à un autre Ãtat, ou a manifesté de façon non douteuse par son comportement sa détermination de répudier son allégeance envers lâÃtat contractant. 4. Un Ãtat contractant ne fera usage de la faculté de priver un individu de sa nationalité dans les conditions définies aux paragraphes 2 et 3 du présent article que conformément à la loi, laquelle comportera la possibilité pour lâintéressé de faire valoir tous ses moyens de défense devant une juridiction ou un autre organisme indépendant. ARTICLE 9 Les Ãtats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu ou groupe dâindividus pour des raisons dâordre racial, ethnique, religieux ou politique. â ARTICLE 10 1. Tout traité conclu entre Ãtats contractants portant cession dâun territoire doit contenir des dispositions ayant pour effet de garantir que nul ne deviendra apatride du fait de la cession. Les Ãtats contractants feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que tout traité ainsi conclu avec un Ãtat qui nâest pas partie à la présente Convention contienne des dispositions à cet effet. 2. En lâabsence de dispositions sur ce point, lâÃtat contractant auquel un territoire est cédé ou qui acquiert autrement un territoire accorde sa nationalité aux individus qui sans cela deviendraient apatrides du fait de la cession ou de lâacquisition. ARTICLE 11 Les Ãtats contractants sâengagent à promouvoir la création, dans le cadre de lâOrganisation des Nations unies, dès que possible après le dépôt du sixième instrument de ratification ou dâadhésion, dâun organisme auquel les personnes se croyant en droit de bénéficier de la présente Convention pourront recourir pour examiner leur demande et pour obtenir son assistance dans lâintroduction de la demande auprès de lâautorité compétente. ARTICLE 12 1. Le paragraphe 1er de lâarticle premier ou lâarticle 4 de la présente Convention sâappliqueront, pour les Ãtats contractants qui nâaccordent pas leur nationalité de plein droit à la naissance, aux individus nés tant avant quâaprès lâentrée en vigueur de la Convention. 2. Le paragraphe 4 de lâarticle premier de la présente Convention sâappliquera aux individus nés tant avant quâaprès lâentrée en vigueur de la Convention. 3. Lâarticle 2 de la présente Convention ne sâappliquera quâaux enfants trouvés après lâentrée en vigueur de la Convention. ARTICLE 13 Les dispositions de la présente Convention ne font pas obstacle à lâapplication des dispositions plus favorables à la réduction des cas dâapatridie contenues ou qui seraient introduites ultérieurement soit dans la législation de tout Ãtat contractant, soit dans tout traité, convention ou accord entre deux ou plusieurs Ãtats contractants. ARTICLE 14 Tout différend entre les Parties contractantes relatif à lâinterprétation ou à lâapplication de la Convention qui ne peut être réglé par dâautres moyens sera porté devant la Cour internationale de Justice à la demande de lâune des parties au différend. â ARTICLE 15 1. La présente Convention sâappliquera à tous les territoires non autonomes, sous tutelle, coloniaux et autres territoires non métropolitains dont un Ãtat contractant assure les relations internationales ; lâÃtat contractant intéressé devra, sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent article, au moment de la signature, de la ratification ou de lâadhésion, indiquer le territoire ou les territoires non métropolitains auxquels la présente Convention sâappliquera ipso facto à la suite de cette signature, de cette ratification ou de cette adhésion. 2. Si, en matière de nationalité, un territoire non métropolitain nâest pas considéré comme formant un tout avec le territoire métropolitain, ou si le consentement préalable dâun territoire non métropolitain est nécessaire, en vertu des lois ou pratiques constitutionnelles de lâÃtat contractant ou du territoire non métropolitain, pour que la Convention sâapplique à ce territoire, ledit Ãtat contractant devra sâefforcer dâobtenir, dans le délai de douze mois à compter de la date à laquelle il aura signé la Convention, le consentement nécessaire du territoire non métropolitain et, lorsque ce consentement aura été obtenu, lâÃtat contractant devra le notifier au secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies. Dès la date de la réception de cette notification par le Secrétaire général, la Convention sâappliquera au territoire ou aux territoires indiqués par celle-ci. 3. à lâexpiration du délai de douze mois mentionné au paragraphe 2 du présent article, les Ãtats contractants intéressés informeront le secrétaire général des résultats des consultations avec les territoires non métropolitains dont ils assurent les relations internationales et dont le consentement pour lâapplication de la présente Convention nâaurait pas été donné. ARTICLE 16 1. La présente Convention sera ouverte à la signature au Siège de lâOrganisation des Nations unies du 30 août 1961 au 31 mai 1962. 2. La présente Convention sera ouverte à la signature : a) de tous les Ãtats membres de lâOrganisation des Nations unies ; b) de tout autre Ãtat invité à la Conférence des Nations unies sur lâélimination ou la réduction des cas dâapatridie dans lâavenir ; c) de tout autre Ãtat auquel lâAssemblée générale des Nations unies aura adressé une invitation à signer ou à adhérer. 3. La présente Convention sera ratifiée et les instruments de ratification seront déposés auprès du secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies. 4. Les Ãtats visés au paragraphe 2 du présent article pourront adhérer à la présente Convention. Lâadhésion se fera par le dépôt dâun instrument dâadhésion auprès du secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies. ARTICLE 17 1. Au moment de la signature, de la ratification ou de lâadhésion, tout Ãtat peut formuler des réserves aux articles 11, 14 et 15. 2. Il ne peut être fait dâautre réserve à la présente Convention. ARTICLE 18 1. La présente Convention entrera en vigueur deux ans après la date du dépôt du sixième instrument de ratification ou dâadhésion. 2. Pour tout Ãtat qui ratifiera la présente Convention ou y adhérera après le dépôt du sixième instrument de ratification ou dâadhésion, la Convention entrera en vigueur le quatre-vingt-dixième jour après le dépôt par cet Ãtat de son instrument de ratification ou dâadhésion ou à la date dâentrée en vigueur de la Convention, conformément aux dispositions du paragraphe premier du présent article, si cette dernière date est la plus éloignée. ARTICLE 19 1. Tout Ãtat contractant peut dénoncer la présente Convention à tout moment par notification écrite, adressée au secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies. La dénonciation prend effet, à lâégard de lâÃtat contractant intéressé, un an après la date à laquelle le secrétaire général en a reçu notification. 2. Dans le cas où, conformément aux dispositions de lâarticle 15, la présente Convention aura été rendue applicable à un territoire non métropolitain dâun Ãtat contractant, ce dernier pourra, avec le consentement du territoire en question, notifier par la suite à tout moment au secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies que la Convention est dénoncée à lâégard de ce territoire. La dénonciation prendra effet un an après la date où la notification sera parvenue au secrétaire général, lequel informera tous les autres Ãtats contractants de cette notification et de la date où il lâaura reçue. ARTICLE 20 1. Le secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies notifiera à tous les Ãtats membres de lâOrganisation des Nations unies et aux Ãtats non membres mentionnés à lâarticle 16 : a) les signatures, les ratifications et les adhésions prévues à lâarticle 16 ; b) les réserves formulées conformément à lâarticle 17 ; c) la date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur en exécution de lâarticle 18 ; d) Les dénonciations prévues à lâarticle 19. 2. Le secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies devra, au plus tard après le dépôt du sixième instrument de ratification ou dâadhésion, signaler à lâattention de lâAssemblée générale la question de la création, conformément à lâarticle 11, de lâorganisme qui y est mentionné. ARTICLE 21 La présente Convention sera enregistrée par le secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies à la date de son entrée en vigueur. EN FOI DE QUOI les plénipotentiaires soussignés ont signé la présente Convention. FAIT à New York, le trente août mil neuf cent soixante et un, en un seul exemplaire dont les textes anglais, chinois, espagnol, français et russe font également foi, qui sera déposé aux archives de lâOrganisation des Nations unies et dont des copies certifiées conformes seront transmises par le secrétaire général de lâOrganisation des Nations unies à tous les Ãtats membres de lâOrganisation ainsi quâaux Ãtats non membres visés à lâarticle 16 de la présente Convention. * â CONVENTION EUROPEENNE SUR LA NATIONALITE â PREAMBULE Les Ãtats membres du Conseil de lâEurope et les autres Ãtats signataires de cette Convention, Considérant que le but du Conseil de lâEurope est de réaliser une union plus étroite entre ses membres ; Considérant les nombreux instruments internationaux concernant la nationalité, la pluralité de nationalités et lâapatridie ; Reconnaissant quâen matière de nationalité, tant les intérêts légitimes des Ãtats que ceux des individus doivent être pris en compte ; Désirant promouvoir le développement progressif des principes juridiques concernant la nationalité, ainsi que leur adoption en droit interne et désirant éviter, dans la mesure du possible, les cas dâapatridie ; Désirant éviter la discrimination dans les matières relatives à la nationalité ; Conscients du droit au respect de la vie familiale tel quâil est contenu à lâarticle 8 de la Convention de sauvegarde des Droits de lâHomme et des Libertés fondamentales ; Notant que les Ãtats ont des positions différentes sur la question de pluralité de nationalités et reconnaissant que chaque Ãtat est libre de décider des conséquences qui découlent, dans son droit interne, de lâacquisition ou de la possession dâune autre nationalité par lâun de ses ressortissants ; Convenant quâil est souhaitable de trouver des solutions appropriées aux conséquences de la pluralité de nationalités, notamment en ce qui concerne les droits et devoirs des ressortissants possédant plusieurs nationalités ; Considérant quâil est souhaitable pour un individu possédant la nationalité de deux ou plusieurs Ãtats Parties de nâavoir à remplir ses obligations militaires quâà lâégard dâune seule de ces Parties ; Constatant la nécessité de promouvoir la coopération internationale entre les autorités nationales responsables des questions de nationalité, SONT CONVENUS de ce qui suit : Chapitre I - Questions générales ARTICLE 1 Objet de la Convention Cette Convention établit des principes et des règles en matière de nationalité des personnes physiques et des règles déterminant les obligations militaires en cas de pluralité de nationalités, auxquels le droit interne des Ãtats Parties doit se conformer. ARTICLE 2 Définitions Au sens de cette Convention, a. « nationalité » désigne le lien juridique entre une personne et un Ãtat et nâindique pas lâorigine ethnique de la personne ; b. « pluralité de nationalités » désigne la possession simultanée de deux nationalités ou plus par la même personne ; c. « enfant » désigne toute personne âgée de moins de 18 ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu du droit qui lui est applicable ; d. « droit interne » désigne tous les types de disposition énoncés dans le cadre du système juridique national, notamment la constitution, les législations, les réglementations, les décrets, la jurisprudence, les règles coutumières et la pratique ainsi que les règles découlant des instruments internationaux contraignants. Chapitre II - Principes généraux concernant la nationalité ARTICLE 3 Compétence de lâÃtat 1. Il appartient à chaque Ãtat de déterminer par sa législation quels sont ses ressortissants. 2. Cette législation doit être admise par les autres Ãtats, pourvu quâelle soit en accord avec les conventions internationales applicables, le droit international coutumier et les principes de droit généralement reconnus en matière de nationalité. ARTICLE 4 Principes Les règles sur la nationalité de chaque Ãtat Partie doivent être fondées sur les principes suivants : a. chaque individu a droit à une nationalité ; b. lâapatridie doit être évitée ; c. nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité ; d. ni le mariage, ni la dissolution du mariage entre un ressortissant dâun Ãtat Partie et un étranger, ni le changement de nationalité de lâun des conjoints pendant le mariage ne peuvent avoir dâeffet de plein droit sur la nationalité de lâautre conjoint. ARTICLE 5 Non-discrimination 1. Les règles dâun Ãtat Partie relatives à la nationalité ne doivent pas contenir de distinction ou inclure des pratiques constituant une discrimination fondée sur le sexe, la religion, la race, la couleur ou lâorigine nationale ou ethnique. 2. Chaque Ãtat Partie doit être guidé par le principe de la non-discrimination entre ses ressortissants, quâils soient ressortissants à la naissance ou aient acquis sa nationalité ultérieurement. Chapitre III - Règles relatives à la nationalité ARTICLE 6 Acquisition de la nationalité 1. Chaque Ãtat Partie doit prévoir dans son droit interne lâacquisition de plein droit de sa nationalité par les personnes suivantes : a. les enfants dont lâun des parents possède, au moment de la naissance de ces enfants, la nationalité de cet Ãtat Partie, sous réserve des exceptions qui peuvent être prévues en droit interne pour les enfants nés à lâétranger. à lâégard des enfants dont la filiation est établie par reconnaissance, par décision judiciaire ou par une procédure similaire, chaque Ãtat Partie peut prévoir que lâenfant acquière sa nationalité selon la procédure déterminée par son droit interne ; b. les nouveau-nés trouvés sur son territoire qui, autrement, seraient apatrides. 2. Chaque Ãtat Partie doit prévoir dans son droit interne lâacquisition de sa nationalité par les enfants nés sur son territoire qui nâacquièrent pas à la naissance une autre nationalité. Cette nationalité sera accordée : a. de plein droit à la naissance ; ou b. par la suite, aux enfants qui sont restés apatrides, sur demande souscrite, suivant les modalités prévues par le droit interne de lâÃtat Partie, auprès de lâautorité compétente, par lâenfant concerné ou en son nom. Cette demande peut être subordonnée à la résidence légale et habituelle sur son territoire pendant une période qui précède immédiatement le dépôt de la demande, ne dépassant pas cinq années. 3. Chaque Ãtat Partie doit prévoir dans son droit interne, pour les personnes qui résident légalement et habituellement sur son territoire, la possibilité dâune naturalisation. Il ne doit pas prévoir, parmi les conditions de naturalisation, une période de résidence dépassant dix ans avant le dépôt de la demande. 4. Chaque Ãtat Partie doit faciliter dans son droit interne lâacquisition de sa nationalité par les personnes suivantes : a. conjoints de ses ressortissants ; b. enfants dâun de ses ressortissants, qui font lâobjet de lâexception prévue à lâarticle 6, paragraphe 1, alinéa a ; c. enfants dont un parent acquiert ou a acquis sa nationalité ; d. enfants adoptés par un de ses ressortissants ; e. personnes nées sur son territoire et y résidant légalement et habituellement ; f. personnes qui résident sur son territoire légalement et habituellement pendant une période commençant avant lââge de 18 ans, période à déterminer par le droit interne de lâÃtat Partie concerné ; g. apatrides et réfugiés reconnus qui résident légalement et habituellement sur son territoire. ARTICLE 7 Perte de la nationalité de plein droit ou à lâinitiative dâun Ãtat Partie 1. Un Ãtat Partie ne peut prévoir dans son droit interne la perte de sa nationalité de plein droit ou à son initiative, sauf dans les cas suivants : a. acquisition volontaire dâune autre nationalité ; b. acquisition de la nationalité de lâÃtat Partie à la suite dâune conduite frauduleuse, par fausse information ou par dissimulation dâun fait pertinent de la part du requérant ; c. engagement volontaire dans des forces militaires étrangères ; d. comportement portant un préjudice grave aux intérêts essentiels de lâÃtat Partie ; e. absence de tout lien effectif entre lâÃtat Partie et un ressortissant qui réside habituellement à lâétranger ; f. lorsquâil est établi, pendant la minorité dâun enfant, que les conditions prévues par le droit interne ayant entraîné lâacquisition de plein droit de la nationalité de lâÃtat Partie ne sont plus remplies ; g. adoption dâun enfant lorsque celui-ci acquiert ou possède la nationalité étrangère de lâun ou de ses deux parents adoptifs. 2. Un Ãtat Partie peut prévoir la perte de sa nationalité par les enfants dont les parents perdent sa nationalité, à lâexception des cas couverts par les alinéas c et d du paragraphe 1. Cependant, les enfants ne perdent pas leur nationalité si lâun au moins de leurs parents conserve cette nationalité. 3. Un Ãtat Partie ne peut prévoir dans son droit interne la perte de sa nationalité en vertu des paragraphes 1 et 2 de cet article si la personne concernée devient ainsi apatride, à lâexception des cas mentionnés au paragraphe 1, alinéa b, de cet article. ARTICLE 8 Perte de la nationalité à lâinitiative de lâindividu 1. Chaque Ãtat Partie doit permettre la renonciation à sa nationalité, à condition que les personnes concernées ne deviennent pas apatrides. 2. Cependant, un Ãtat Partie peut prévoir dans son droit interne que seuls les ressortissants qui résident habituellement à lâétranger peuvent renoncer à sa nationalité. ARTICLE 9 Réintégration dans la nationalité Chaque Ãtat Partie facilitera, pour les cas et dans les conditions prévues par son droit interne, la réintégration dans sa nationalité des personnes qui la possédaient et qui résident légalement et habituellement sur son territoire. Chapitre IV - Procédures concernant la nationalité ARTICLE 10 Traitement des demandes Chaque Ãtat Partie doit faire en sorte de traiter dans un délai raisonnable les demandes concernant lâacquisition, la conservation, la perte de sa nationalité, la réintégration dans sa nationalité ou la délivrance dâune attestation de nationalité. ARTICLE 11 Décisions Chaque Ãtat Partie doit faire en sorte que les décisions concernant lâacquisition, la conservation, la perte de sa nationalité, la réintégration dans sa nationalité ou la délivrance dâune attestation de nationalité soient motivées par écrit. ARTICLE 12 Droit à un recours Chaque Ãtat Partie doit faire en sorte que les décisions concernant lâacquisition, la conservation, la perte de sa nationalité, la réintégration dans sa nationalité ou la délivrance dâune attestation de nationalité puissent faire lâobjet dâun recours administratif ou judiciaire conformément à son droit interne. ARTICLE 13 Frais administratifs 1. Chaque Ãtat Partie doit faire en sorte que les frais administratifs occasionnés par lâacquisition, la conservation, la perte de sa nationalité, la réintégration dans sa nationalité ou la délivrance dâune attestation de nationalité soient raisonnables. 2. Chaque Ãtat Partie doit faire en sorte que les frais administratifs occasionnés par un recours administratif ou judiciaire ne constituent pas un empêchement pour les demandeurs. Chapitre V - Pluralité de nationalités ARTICLE 14 Cas de pluralité de nationalités de plein droit 1. Un Ãtat Partie doit permettre : a. aux enfants ayant acquis automatiquement à la naissance des nationalités différentes de garder ces nationalités ; b. à ses ressortissants dâavoir une autre nationalité lorsque cette autre nationalité est acquise automatiquement par mariage. 2. La conservation des nationalités mentionnées au paragraphe 1 est subordonnée aux dispositions pertinentes de lâarticle 7 de la Convention. ARTICLE 15 Autres cas possibles de pluralité de nationalités Les dispositions de la Convention ne limitent pas le droit de chaque Ãtat Partie de déterminer dans son droit interne si : a. ses ressortissants qui acquièrent ou possèdent la nationalité dâun autre Ãtat gardent ou perdent la nationalité de cet Ãtat Partie ; b. lâacquisition ou la conservation de sa nationalité est subordonnée à la renonciation ou la perte dâune autre nationalité. ARTICLE 16 Conservation de la nationalité précédente Un Ãtat Partie ne doit pas faire de la renonciation ou de la perte dâune autre nationalité une condition pour lâacquisition ou le maintien de sa nationalité lorsque cette renonciation ou cette perte nâest pas possible ou ne peut être raisonnablement exigée. ARTICLE 17 Droits et devoirs relatifs à la pluralité de nationalités 1. Les ressortissants dâun Ãtat Partie possédant une autre nationalité doivent avoir, sur le territoire de cet Ãtat Partie dans lequel ils résident, les mêmes droits et devoirs que les autres ressortissants de cet Ãtat Partie. 2. Les dispositions du présent chapitre ne portent pas atteinte : a. aux règles de droit international relatives à la protection diplomatique ou consulaire quâun Ãtat Partie accorde à lâun de ses ressortissants possédant simultanément une autre nationalité ; b. à lâapplication des règles de droit international privé de chaque Ãtat Partie en cas de pluralité de nationalités. Chapitre VI - Succession dâÃtats et nationalité ARTICLE 18 Principes 1. Sâagissant des questions de nationalité en cas de succession dâÃtats, chaque Ãtat Partie concerné doit respecter les principes de la prééminence du droit, les règles en matière de droits de lâhomme et les principes qui figurent aux articles 4 et 5 de cette Convention et au paragraphe 2 de cet article, notamment pour éviter lâapatridie. 2. En se prononçant sur lâoctroi ou la conservation de la nationalité en cas de succession dâÃtats, chaque Ãtat Partie concerné doit tenir compte notamment : a. du lien véritable et effectif entre la personne concernée et lâÃtat ; b. de la résidence habituelle de la personne concernée au moment de la succession dâÃtats ; c. de la volonté de la personne concernée ; d. de lâorigine territoriale de la personne concernée. 3. Lorsque lâacquisition de la nationalité est subordonnée à la perte dâune nationalité étrangère, les dispositions de lâarticle 16 de cette Convention sont applicables. ARTICLE 19 Règlement par accord international En cas de succession dâÃtats, les Ãtats Parties concernés doivent sâefforcer de régler les questions relatives à la nationalité par accord entre eux et, le cas échéant, dans leurs relations avec dâautres Ãtats concernés. De tels accords doivent respecter les principes et les règles contenus ou évoqués dans le présent chapitre. ARTICLE 20 Principes concernant les non-ressortissants 1. Chaque Ãtat Partie doit respecter les principes suivants : a. les ressortissants dâun Ãtat prédécesseur résidant habituellement sur le territoire dont la souveraineté est transmise à un Ãtat successeur, dont ils nâont pas acquis la nationalité, doivent avoir le droit de rester dans cet Ãtat ; b. les personnes mentionnées au paragraphe a doivent bénéficier de lâégalité de traitement avec les ressortissants de lâÃtat successeur en ce qui concerne les droits sociaux et économiques. 2. Chaque Ãtat Partie peut exclure les personnes visées par le paragraphe 1 des emplois de lâadministration publique en tant quâinvesti de lâexercice de la puissance publique. Chapitre VII - Obligations militaires en cas de pluralité de nationalités ARTICLE 21 Modalités dâexécution des obligations militaires 1. Tout individu qui possède la nationalité de deux ou plusieurs Ãtats Parties nâest tenu de remplir ses obligations militaires quâà lâégard dâun seul de ces Ãtats Parties. 2. Des accords spéciaux entre les Ãtats Parties intéressés pourront déterminer les modalités dâapplication de la disposition prévue au paragraphe 1. 3. à défaut dâaccords spéciaux conclus ou à conclure, les dispositions suivantes sont applicables à des individus possédant la nationalité de deux ou plusieurs Ãtats Parties : a. les individus seront soumis aux obligations militaires de lâÃtat Partie sur le territoire duquel ils résident habituellement. Néanmoins, ces individus auront la faculté jusquâà lââge de 19 ans de se soumettre aux obligations militaires dans lâun quelconque des Ãtats Parties dont ils possèdent également la nationalité sous forme dâengagement volontaire pour une durée totale et effective au moins égale à celle du service militaire actif dans lâautre Ãtat Partie ; b. les individus qui ont leur résidence habituelle sur le territoire dâun Ãtat Partie dont ils ne sont pas ressortissants ou dâun Ãtat non contractant auront la faculté de choisir parmi les Ãtats Parties dont ils possèdent la nationalité celui dans lequel ils désirent accomplir leurs obligations militaires ; c. les individus qui, conformément aux règles prévues aux paragraphes a et b, auront satisfait à leurs obligations militaires à lâégard dâun Ãtat Partie, dans les conditions prévues par la législation de cet Ãtat Partie, seront considérés comme ayant satisfait aux obligations militaires à lâégard de lâÃtat Partie ou des Ãtats Parties dont ils sont également ressortissants ; d. les individus qui, antérieurement à lâentrée en vigueur de cette Convention entre les Ãtats Parties dont ils possèdent la nationalité, ont satisfait dans lâun quelconque de ces Ãtats Parties aux obligations militaires prévues par la législation de celui-ci, seront considérés comme ayant satisfait à ces mêmes obligations dans lâÃtat Partie ou les Ãtats Parties dont ils sont également ressortissants ; e. lorsque les individus ont accompli leur service militaire actif dans lâun des Ãtats Parties dont ils possèdent la nationalité, en conformité avec le paragraphe a, et quâils transfèrent ultérieurement leur résidence habituelle sur le territoire de lâautre Ãtat Partie dont ils possèdent la nationalité, ils ne pourront être soumis, sâil y a lieu, aux obligations militaires de réserve que dans ce dernier Ãtat Partie ; f. lâapplication des dispositions du présent article nâaffecte en rien la nationalité des individus ; g. en cas de mobilisation dans lâun des Ãtats Parties, les obligations découlant des dispositions du présent article ne sont pas applicables en ce qui concerne cet Ãtat Partie. ARTICLE 22 Dispense ou exemption des obligations militaires ou du service civil de remplacement à défaut dâaccords spéciaux conclus ou à conclure, les dispositions suivantes sont également applicables à des individus possédant la nationalité de deux ou plusieurs Ãtats Parties : a. lâarticle 21, paragraphe 3, alinéa c, de cette Convention sâapplique aux individus qui ont été exemptés de leurs obligations militaires ou ont accompli en remplacement un service civil ; b. seront considérés comme ayant satisfait à leurs obligations militaires les individus ressortissants dâun Ãtat Partie qui ne prévoit pas de service militaire obligatoire, sâils ont leur résidence habituelle sur le territoire de cet Ãtat Partie. Toutefois, ils pourront nâêtre considérés comme ayant satisfait à leurs obligations militaires à lâégard de lâÃtat Partie ou des Ãtats Parties dont ils sont également ressortissants et où un service militaire est prévu que si cette résidence habituelle a duré jusquâà un certain âge que chaque Ãtat Partie concerné indiquera au moment de la signature ou lors du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation ou dâadhésion ; c. seront aussi considérés comme ayant satisfait à leurs obligations militaires les individus ressortissants dâun Ãtat Partie qui ne prévoit pas de service militaire obligatoire, sâils se sont engagés volontairement dans les forces militaires de cet Ãtat Partie pour une durée totale et effective au moins égale au service militaire actif de lâÃtat Partie ou des Ãtats Parties dont ils possèdent également la nationalité, et ceci quel que soit le lieu de leur résidence habituelle. Chapitre VIII - Coopération entre les Ãtats Parties ARTICLE 23 Coopération entre les Ãtats Parties 1. En vue de faciliter la coopération entre les Ãtats Parties, leurs autorités compétentes doivent : a. communiquer au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope des renseignements sur leur droit interne relatif à la nationalité, incluant les situations dâapatridie et de pluralité de nationalités, et sur les développements intervenus dans lâapplication de la Convention ; b. se communiquer mutuellement sur demande des renseignements concernant le droit interne sur la nationalité et sur les développements intervenus dans lâapplication de la Convention. 2. Les Ãtats Parties doivent coopérer entre eux et avec les autres Ãtats membres du Conseil de lâEurope dans le cadre de lâorgane intergouvernemental approprié du Conseil de lâEurope afin de régler tous les problèmes pertinents et de promouvoir le développement progressif des principes et de la pratique juridiques concernant la nationalité et les questions y afférentes. ARTICLE 24 Ãchange dâinformations Chaque Ãtat Partie peut, à tout moment, déclarer quâil sâengage à informer un autre Ãtat Partie qui avait fait la même déclaration, de lâacquisition volontaire de sa nationalité par des ressortissants de lâautre Ãtat Partie, sous réserve des lois applicables concernant la protection des données. Une telle déclaration peut indiquer les conditions dans lesquelles lâÃtat Partie fournira de telles informations. La déclaration peut être retirée à tout moment. Chapitre IX - Application de la Convention ARTICLE 25 Déclarations concernant lâapplication de la Convention 1. Chaque Ãtat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, déclarer quâil exclura le chapitre VII de lâapplication de cette Convention. 2. Les dispositions du chapitre VII sont applicables seulement dans le cadre des relations entre les Ãtats Parties vis-à -vis desquels il est entré en vigueur. 3. Chaque Ãtat Partie peut, à tout autre moment par la suite, notifier au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope quâil appliquera les dispositions du chapitre VII exclu au moment de la signature ou dans son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion. Cette notification prendra effet à la date de sa réception. ARTICLE 26 Effets de la Convention 1. Les dispositions de cette Convention ne portent pas atteinte aux dispositions de droit interne et des instruments internationaux contraignants qui sont ou entreront en vigueur, en vertu desquels des droits supplémentaires sont ou seraient accordés aux individus dans le domaine de la nationalité. 2. Cette Convention ne porte pas préjudice à lâapplication : a. de la Convention sur la réduction des cas de pluralité de nationalités et sur les obligations militaires en cas de pluralité de nationalités de 1963 et de ses protocoles ; b. dâautres instruments internationaux contraignants dans la mesure où ces instruments sont compatibles avec cette Convention, dans les relations entre les Ãtats Parties liés par ces instruments. Chapitre X - Clauses finales ARTICLE 27 Signature et entrée en vigueur 1. Cette Convention est ouverte à la signature des Ãtats membres du Conseil de lâEurope et des Ãtats non membres qui ont participé à son élaboration. Ces Ãtats peuvent exprimer leur consentement à être liés par : a. signature sans réserve de ratification, dâacceptation ou dâapprobation ; ou b. signature, sous réserve de ratification, dâacceptation ou dâapprobation, suivie de ratification, dâacceptation ou dâapprobation. Les instruments de ratification, dâacceptation ou dâapprobation seront déposés près le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 2. Cette Convention entrera en vigueur, pour tous les Ãtats ayant exprimé leur consentement à être liés par cette Convention, le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date à laquelle trois Ãtats membres du Conseil de lâEurope auront exprimé leur consentement à être liés par cette Convention conformément aux dispositions du paragraphe précédent. 3. Pour tout Ãtat qui exprimera ultérieurement son consentement à être lié par cette Convention, celle-ci entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de la signature ou du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation ou dâapprobation. ARTICLE 28 Adhésion 1. Après lâentrée en vigueur de cette Convention, le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope pourra inviter tout Ãtat non membre du Conseil de lâEurope qui nâa pas participé à son élaboration à adhérer à cette Convention. 2. Pour tout Ãtat adhérent, cette Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date du dépôt de lâinstrument dâadhésion près le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. ARTICLE 29 Réserves 1. Aucune réserve ne peut être formulée vis-à -vis de toute disposition contenue dans les chapitres I, II et VI de cette Convention. Tout Ãtat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, formuler une ou plusieurs réserves vis-à -vis dâautres dispositions de la Convention pourvu quâelles soient compatibles avec lâobjet et le but de cette Convention. 2. Tout Ãtat qui formule une ou plusieurs réserves doit notifier au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope le contenu pertinent de son droit interne ou toute information pertinente. 3. Un Ãtat qui a formulé une ou plusieurs réserves en vertu du paragraphe 1 examinera leur retrait en tout ou en partie dès que les circonstances le permettront. Ce retrait est effectué en adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. Le retrait prendra effet à la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. 4. Un Ãtat qui étend lâapplication de cette Convention à un territoire désigné par une déclaration prévue en application du paragraphe 2 de lâarticle 30 peut, pour le territoire concerné, formuler une ou plusieurs réserves, conformément aux dispositions des paragraphes précédents. 5. Un Ãtat Partie qui a formulé des réserves vis-à -vis de toute disposition du chapitre VII de cette Convention ne peut prétendre à lâapplication de cette disposition par un autre Ãtat Partie que dans la mesure où il lâa lui-même acceptée. ARTICLE 30 Application territoriale 1. Tout Ãtat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, désigner le ou les territoires auxquels sâappliquera cette Convention. 2. Tout Ãtat peut, à tout autre moment par la suite, par une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, étendre lâapplication de cette Convention à tout autre territoire désigné dans la déclaration et dont il assure les relations internationales ou pour lequel il est habilité à stipuler. La Convention entrera en vigueur à lâégard de ce territoire le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la déclaration par le Secrétaire Général. 3. Toute déclaration faite en vertu des deux paragraphes précédents pourra être retirée, en ce qui concerne tout territoire désigné dans cette déclaration, par notification adressée au Secrétaire Général. Le retrait prendra effet le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. ARTICLE 31 Dénonciation 1. Tout Ãtat Partie peut, à tout moment, dénoncer la totalité de la Convention ou uniquement le chapitre VII en adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 2. La dénonciation prendra effet le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. ARTICLE 32 Notifications par le Secrétaire Général Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope notifiera aux Ãtats membres du Conseil, à tout Signataire, à toute Partie et à tout autre Ãtat ayant adhéré à cette Convention : a. toute signature ; b. le dépôt de tout instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion ; c. toute date dâentrée en vigueur de cette Convention conformément à ses articles 27 et 28 ; d. toute réserve et tout retrait de réserve formulés conformément aux dispositions de lâarticle 29 de cette Convention ; e. toute notification ou déclaration formulée conformément aux dispositions des articles 23, 24, 25, 27, 28, 29, 30 et 31 de cette Convention ; f. tout autre acte, notification ou communication ayant trait à cette Convention. EN FOI DE QUOI, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Convention. FAIT à Strasbourg, le 6 novembre 1997, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de lâEurope. Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Ãtats membres du Conseil de lâEurope, aux Ãtats non membres qui ont participé à lâélaboration de cette Convention et à tout Ãtat invité à adhérer à cette Convention. * RAPPORT EXPLICATIF I. Introduction a. Historique 1. Le Conseil de lâEurope 1 sâoccupe depuis plus de trente ans de questions relatives à la nationalité 2 . En 1963, la Convention sur la réduction des cas de pluralité de nationalités et sur les obligations militaires en cas de pluralité de nationalités (STE n° 43, ci-après « la Convention de 1963 ») a été ouverte à la signature. Depuis lors, cependant, on reconnaît de plus en plus que de nombreux problèmes concernant la nationalité, notamment ceux relatifs à la pluralité de nationalités, nâont pas été suffisamment pris en considération par cette convention. Certains de ces problèmes ont fait lâobjet de protocoles ouverts à la signature en 1977 3 . En 1993, le deuxième Protocole portant modification de la Convention (STE n° 149) a été ouvert à la signature. â â 2. En 1977, le Comité des Ministres a adopté deux résolutions ayant trait, respectivement, à la nationalité des conjoints de nationalités différentes et à la nationalité des enfants nés dans le mariage (les Résolutions (77) 12 et 13). La première résolution recommandait aux gouvernements des Ãtats membres de prendre des mesures afin que les conjoints étrangers de leurs ressortissants puissent acquérir leur nationalité dans des conditions plus favorables que celles qui sont, en règle générale, imposées aux étrangers et dâéliminer les distinctions entre les maris étrangers et les épouses étrangères en ce qui concernait lâacquisition de leur nationalité. La seconde résolution recommandait aux gouvernements dâaccorder leur nationalité aux enfants issus dans le mariage, ou de leur faciliter lâacquisition de cette nationalité, si lâun des parents possédait la nationalité en question. â 3. LâAssemblée parlementaire a aussi adopté un certain nombre de recommandations concernant la nationalité, invitant en particulier les Ãtats membres à faciliter la naturalisation des réfugiés établis sur leur sol. En 1988, elle a adopté la Recommandation 1081 (1988) relative aux problèmes de nationalité dans les mariages mixtes. LâAssemblée y indiquait quâil était souhaitable que chacun des conjoints, dans un mariage mixte, puisse acquérir la nationalité de lâautre sans perdre sa nationalité dâorigine ; en outre, les enfants nés de mariages mixtes devraient également être autorisés à acquérir et à conserver la nationalité de leurs deux parents. 4. En décembre 1992, le Comité dâexperts sur la pluralité de nationalités (CJ-PL), rebaptisé par la suite Comité dâexperts sur la nationalité (CJ-NA), proposa la rédaction dâune étude de faisabilité concernant une convention nouvelle et exhaustive sur les questions de nationalité qui contiendrait des réponses modernes, adaptées à lâensemble des Ãtats européens. à partir de cette étude de faisabilité, le CJ-NA a commencé a élaborer un projet de texte en novembre 1993 4 . Le groupe de travail du CJ-NA sâest réuni neuf fois entre mars 1994 et novembre 1996 et le CJ-NA sâest réuni cinq fois entre novembre 1993 et juillet 1996 afin de préparer le projet de convention. à partir de février 1995, le projet de texte de la Convention européenne sur la nationalité, révisé par le CJ-NA, a été publié pour informer tous les intéressés et leur donner lâoccasion de formuler des commentaires. 5. à la suite de ces travaux et des consultations menées avec lâAssemblée parlementaire, le Comité directeur pour les droits de lâhomme (CDDH), le Comité européen sur les migrations (CDMG), le Comité ad hoc des conseillers juridiques sur le droit international public (CAHDI) et le Comité dâexperts sur le droit de la famille (CJ-FA), la version définitive du projet de Convention a été établie par le Comité européen de coopération juridique (CDCJ) le 29 novembre 1996 et adoptée par le Comité des Ministres le 14 mai 1997. La Convention sera ouverte à la signature le 6 novembre 1997. b. La Convention de 1963 et les développement ultérieurs en Europe 6. Le chapitre I de la Convention de 1963 est fondé sur lâidée, alors largement admise par de nombreux Ãtats dâEurope de lâOuest, que la pluralité de nationalités était peu souhaitable et devait, autant que possible, être évitée. Lâarticle 1 de cette convention dispose, en particulier, que les ressortissants qui acquièrent, à la suite dâune manifestation expresse de volonté, une autre nationalité perdent leur nationalité antérieure ; ils ne peuvent être autorisés à la conserver que si une réserve a été formulée. 7. Néanmoins, la Convention de 1963 reconnaît quâil existe des cas de pluralité de nationalités, notamment lorsquâune deuxième nationalité dâun Ãtat Partie a été acquise automatiquement ou lorsquâun Ãtat, qui nâest pas Partie au chapitre I de la convention, admet la pluralité de nationalités dans dâautres cas. Câest pourquoi le chapitre 2, qui peut être accepté par un Ãtat Partie même sâil nâa pas accepté le chapitre I, contient des dispositions relatives aux obligations militaires en cas de pluralité de nationalités afin que les personnes ayant plusieurs nationalités ne soient pas contraintes dâaccomplir leurs obligations militaires dans plus dâun Ãtat Partie. 8. En raison du nombre de faits nouveaux intervenus en Europe depuis 1963 et qui sont mentionnés ci-après, le Conseil de lâEurope a décidé de reconsidérer lâapplication stricte du principe qui vise à éviter la pluralité de nationalités : les migrations liées à lâemploi entre Ãtats européens, entraînant la présence dâimportantes populations immigrées, la nécessité dâintégrer les résidents permanents, le nombre croissant de mariages entre personnes de nationalités différentes et la liberté de circulation entre les Ãtats membres de lâUnion européenne. En outre, en application du principe de lâégalité des sexes, lorsque deux conjoints nâont pas la même nationalité, chacun devrait être autorisé à acquérir la nationalité de lâautre dans les mêmes conditions et les deux conjoints devraient avoir la possibilité de transmettre leur nationalité à leurs enfants. Le deuxième Protocole portant modification de la Convention de 1963 autorise donc la pluralité de nationalités dans les trois cas supplémentaires suivants : les migrants de la deuxième génération, les conjoints de mariages mixtes et les enfants de ces derniers. 9. En ce qui concerne les personnes qui acquièrent volontairement une autre nationalité, la question de savoir si elles sont autorisées à conserver leur nationalité antérieure dépend de la situation particulière de chaque Ãtat. Dans certains Ãtats, surtout lorsque de nombreuses personnes souhaitent acquérir ou ont acquis leur nationalité, on peut considérer que la conservation dâune autre nationalité pourrait faire obstacle à la parfaite intégration de ces personnes. En revanche, dâautres Ãtats peuvent estimer préférable de faciliter lâacquisition de leur nationalité en permettant aux intéressés de conserver leur nationalité dâorigine et de favoriser, par là même, leur intégration dans le pays dâaccueil (par exemple, pour permettre à ces personnes de conserver la nationalité dâautres membres de leur famille ou pour faciliter leur retour dans leur pays dâorigine si elles le souhaitent). 10. En conséquence, les Ãtats devraient rester libres de tenir compte de leur situation particulière pour déterminer dans quelle mesure ils autorisent la pluralité de nationalités (voir le préambule de cette Convention européenne sur la nationalité). c. La nécessité dâune convention exhaustive relative à la nationalité 11. Depuis la conclusion, en 1930, de la Convention de La Haye concernant certaines questions relatives aux conflits de lois sur la nationalité, le nombre dâinstruments internationaux contenant des dispositions relatives à la nationalité a considérablement augmenté 5 . Il est donc nécessaire de faire dans un texte unique la synthèse des idées nouvelles quâa fait apparaître lâévolution du droit interne et du droit international. Câest ainsi que lâarticle 14 de la présente Convention permet la pluralité de nationalités dans le cas des personnes mariées de nationalités différentes et dans le cas de leurs enfants. En outre, certaines dispositions insérées dans cette Convention ont pour but de favoriser le développement progressif du droit international en matière de nationalité, par exemple le chapitre VI sur la succession dâÃtats et la nationalité. 12. Tandis que la Convention de 1963 ne traitait que de la pluralité de nationalités, cette convention aborde tous les aspects importants de la nationalité, à lâexception des questions de conflits de lois : principes, acquisition, conservation, perte, réintégration, droits procéduraux, pluralité de nationalités, nationalité dans le contexte dâune succession dâÃtats, obligations militaires et coopération entre Ãtats Parties. Le titre « Convention européenne sur la nationalité » reflète donc ce fait. Cette convention ne modifie pas la Convention de 1963 et nâest pas incompatible avec elle. En conséquence, les deux conventions peuvent coexister. Compte tenu de lâimportance de cette question, lâarticle 26 de la nouvelle convention confirme expressément cette compatibilité (voir aussi plus loin le commentaire relatif à lâarticle 26). 13. Le domaine le plus important quâil nâa pas été possible dâinclure dans la Convention est celui des conflits de lois issus de la pluralité de nationalités. Cependant, un nombre croissant dâÃtats emploient la notion de « résidence habituelle » (voir aussi la Résolution (72) 1 relative à lâunification des concepts juridiques de « domicile » et de « résidence ») plutôt que celle de nationalité comme facteur de rattachement en droit international privé. Cela supprime un certain nombre de problèmes qui peuvent surgir au sujet des personnes qui possèdent plusieurs nationalités. à cet égard, il convient de souligner que la notion de « résidence habituelle », telle quâelle est employée dans la Convention, sâapplique généralement aux personnes qui résident régulièrement et effectivement dans un endroit déterminé. 14. Les problèmes apparus à la suite des changements démocratiques qui ont eu lieu en Europe centrale et orientale depuis 1989 ont encore souligné la nécessité dâune nouvelle convention sur la nationalité. Pratiquement toutes ces nouvelles démocraties ont dû élaborer des lois nouvelles en matière de nationalité et de statut des étrangers. Lâexistence dâune convention exhaustive du Conseil de lâEurope constitue une norme importante dans ce domaine. Cela est particulièrement vrai dans le cas de la dissolution dâun Ãtat. Câest pourquoi cette Convention traite de questions importantes telles que la prévention de lâapatridie et les droits des personnes qui résident habituellement sur les territoires concernés. 15. Cette Convention, en particulier ses articles 4 à 6, 10 à 13 et 18 à 20 relatifs à lâacquisition de la nationalité et aux non-ressortissants, facilitera la mise en oeuvre de la Convention-cadre de 1995 du Conseil de lâEurope pour la protection des minorités nationales. La Convention-cadre a pour but de préciser les principes juridiques que les Ãtats sâengagent à respecter pour assurer la protection des minorités nationales. Par exemple, lâarticle 4, paragraphe 1 de la Convention-cadre interdit toute discrimination fondée sur lâappartenance à une minorité nationale et cette interdiction est renforcée par lâarticle 5 et lâarticle 20, paragraphe 1, de cette Convention. De plus, les principes prévus par certains accords des Nations Unies, tels que la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie et lâarticle 7 de la Convention de 1989 relative aux droits de lâenfant, seront renforcés par cette Convention, notamment par ses articles 4 à 7 et 18. d. La pertinence de la Convention de sauvegarde des Droits de lâHomme et des Libertés fondamentales 16. La Convention de sauvegarde des Droits de lâHomme et des Libertés fondamentales (ci-après « la CEDH ») sâapplique à toute personne relevant de la juridiction des Ãtats qui y sont parties. La CEDH reconnaît expressément quâil faut tenir compte à la fois des intérêts légitimes des Ãtats et de ceux des particuliers. La référence aux intérêts « légitimes » vise à préciser que, dans le contexte de la CEDH et de ses protocoles, seuls les intérêts juridiquement protégés par la loi doivent être pris en considération. Bien que la CEDH et ses protocoles ne contiennent, hormis lâarticle 3 du Protocole n° 4 (interdiction dâexpulser ses ressortissants), aucune disposition qui se réfère directement à des questions de nationalité, certaines dispositions peuvent sâappliquer aussi à des questions liées à la nationalité 6 . Parmi les plus importantes, on peut citer : - lâarticle 3 (interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants), - lâarticle 6 (droit à un procès équitable et public), - lâarticle 8 (droit au respect de la vie familiale), - lâarticle 14 (absence de discrimination), et - lâarticle 4 du Protocole n° 4 (interdiction des expulsions collectives dâétrangers). 17. Les personnes qui ont leur vie de famille dans un certain pays, par exemple si elles y habitent depuis de nombreuses années avec leur famille, même si elles nâont pas pu obtenir la nationalité de ce pays, peuvent avoir le droit dây rester si elles peuvent démontrer quâelles ont droit au respect de la vie familiale conformément à lâarticle 8 de la CEDH 7 . Ce droit est particulièrement important lorsquâà la suite dâune succession dâÃtats un grand nombre de personnes nâont pas acquis la nationalité de lâÃtat dans lequel elles résident. 18. En ce qui concerne lâinterdiction des traitements inhumains ou dégradants (article 3 de la CEDH), des actes qui diminuent le statut, la position ou la réputation dâun ressortissant ou dâun étranger et qui visent à discréditer ou à humilier peuvent constituer une violation de lâarticle 3. 19. Lâarticle 3 du Protocole n° 4 à la CEDH prévoit le droit pour les nationaux dâentrer sur le territoire de lâÃtat dont ils sont les ressortissants et de ne pas en être expulsés. En outre, lâarticle 4 du même protocole interdit les expulsions collectives dâétrangers. II. Commentaires relatifs aux articles de la Convention Chapitre I - Questions générales ARTICLE 1 Objet de la Convention 20. Lâarticle 1 traite de lâobjet de la Convention, qui établit en matière de nationalité des principes généraux (voir notamment les articles 4 et 18) et des règles spécifiques, y compris des dispositions régissant les obligations militaires en cas de pluralité de nationalité (voir en particulier les chapitres III et VII) auxquelles le droit interne des Ãtats Parties doit se conformer. La dernière partie de cette disposition, qui impose au droit interne une obligation de conformité, sert à indiquer que les principes et les règles énoncés dans cette Convention ne sont pas dâapplication immédiate et que, par conséquent, en les transposant dans leur droit interne, les Ãtats peuvent tenir compte de leur situation particulière. 21. Lâarticle 1 indique que la Convention sâapplique uniquement aux personnes physiques (particuliers). ARTICLE 2 Définitions 22. Le concept de nationalité a été examiné par la Cour internationale de justice dans lâarrêt Nottebohm. La Cour y a défini la nationalité comme étant « un lien juridique ayant pour fondement un fait social dâattachement, une solidarité effective dâexistence, dâintérêts et de sentiments, jointe à une réciprocité de droits et de devoirs » (arrêt Nottebohm, rapports de la CIJ 1955, p. 23). 23. La « nationalité » est définie à lâarticle 2 de la Convention comme étant le lien juridique qui existe entre une personne et un Ãtat, et elle nâindique pas lâorigine ethnique de la personne. Elle désigne donc une relation juridique spécifique entre une personne et un Ãtat, relation qui est reconnue par cet Ãtat. Ainsi quâon lâa déjà indiqué dans la note relative au paragraphe 1 du présent rapport explicatif, en ce qui concerne les effets de la Convention, les termes « nationalité » et « citoyenneté » sont synonymes. 24. Dans tout le texte de la Convention, pour traduire en français le terme « nationals », le mot « ressortissants » a été préféré à « nationaux ». Aux fins de la Convention, le terme « ressortissant » désigne uniquement les personnes qui ont la nationalité de lâÃtat Partie et non pas les personnes qui relèvent de la juridiction dudit Ãtat. 25. La « pluralité de nationalités » désigne à la fois la double nationalité et la possession de plus de deux nationalités. 26. La définition du terme « enfant » est fondée sur lâarticle premier de la Convention des Nations Unies de 1989 relative aux droits de lâenfant. La mention du droit applicable à lâenfant signifie que le droit à appliquer peut comprendre les règles de droit international privé. 27. Le « droit interne » est défini comme désignant tous les types de dispositions du système juridique national. Lâexpression « les règles découlant des instruments internationaux contraignants » vise soit les règles qui découlent dâinstruments directement applicables, soit les règles qui ont été transposées à partir dâinstruments internationaux contraignants. Chapitre II - Principes généraux concernant la nationalité ARTICLE 3 Compétence de lâÃtat 28. Les questions de nationalité sont généralement considérées comme relevant de la compétence nationale de chaque Ãtat 8 ; tel est le principe directeur consacré par lâarticle premier de la Convention de La Haye de 1930 concernant certaines questions relatives aux conflits de lois sur la nationalité et rappelé à lâarticle 3 de la présente Convention ; selon lequel « il appartient à chaque Ãtat de déterminer par sa législation quels sont ses ressortissants ». Ces deux articles disposent en outre que « cette législation doit être admise par les autres Ãtats, pourvu quâelle soit en accord avec les conventions internationales applicables, le droit international coutumier et les principes de droit généralement reconnus en matière de nationalité ». 29. Avec le développement de la branche du droit relative aux droits de lâhomme depuis la seconde guerre mondiale, il est de plus en plus largement admis que le pouvoir discrétionnaire dont disposent les Ãtats en la matière doit aussi tenir compte des droits fondamentaux des individus 9 (voir aussi commentaires concernant les articles 4 et 5). ARTICLE 4 Principes 30. Le titre et la phrase introductive de lâarticle 4 reconnaissent quâil existe en matière de nationalité certains principes généraux sur lesquels doivent être fondées les règles plus détaillées concernant lâacquisition, la conservation, la perte et lâattestation de nationalité ainsi que la réintégration dans la nationalité. Les mots « doivent être fondées » ont été choisis pour indiquer lâobligation de considérer les principes internationaux suivants comme le fondement des dispositions nationales en matière de nationalité. Paragraphe a 31. Le droit de tout individu à une nationalité a été affirmé pour la première fois à lâarticle 15 de la Déclaration universelle des droits de lâhomme. Lâarticle 7 de la Convention des Nations Unies de 1989 relative aux droits de lâenfant donne en outre à tout enfant le droit à une nationalité. 32. Le principe du droit à une nationalité est inscrit dans la Convention parce quâil sert dâinspiration aux dispositions de fond qui le suivent dans la Convention, notamment celles qui concernent la nécessité dâéviter lâapatridie. Ce droit peut être considéré comme une formulation positive de lâobligation dâéviter lâapatridie et il est ainsi étroitement lié au paragraphe b du même article. Si lâexistence du droit à une nationalité est effectivement reconnue, le droit à une certaine nationalité est déterminé par les règles relatives à la nationalité en vigueur dans chaque Ãtat Partie, conformément à lâarticle 3 de la Convention, selon lequel il appartient aux Ãtats de déterminer quels sont leurs ressortissants 10 . Paragraphe b 33. Lâobligation dâéviter lâapatridie fait maintenant partie du droit international coutumier ; la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie établit des règles pour sa mise en oeuvre. En ce qui concerne la définition de lâapatridie, il est fait référence à lâarticle premier de la Convention de 1954 relative au statut des apatrides, qui dispose que « lâon entend par âapatride�? une personne qui nâest considérée comme son ressortissant par aucun Ãtat en application de sa législation ». Ainsi, seuls les « apatrides de droit » sont visés et non les « apatrides de fait ». Ces dispositions ne sâappliquent aux réfugiés que dans la mesure où ils sont aussi considérés comme des apatrides de droit. 34. Ce paragraphe a pour objectif de protéger le droit à une nationalité en prévenant lâapatridie. Quand un individu devient apatride, il peut perdre certains droits et même éventuellement devenir un réfugié. Cette Convention contient de nombreuses dispositions qui visent à empêcher lâapparition de lâapatridie. Il convient de noter que le paragraphe 3 de lâarticle 7 relatif à la perte de la nationalité, sous réserve dâune seule exception limitée, et le paragraphe 1 de lâarticle 8 (ne pas permettre à ses ressortissants de renoncer à leur nationalité sâils risquent de devenir apatrides) subordonnent cette perte à la condition que lâintéressé ne devienne pas apatride. De plus, lâarticle 6 paragraphe 4.g et lâarticle 18 du chapitre VI sur la succession dâÃtats visent aussi à éviter lâapatridie. Paragraphe c 35. Ce paragraphe est repris de lâarticle 15 paragraphe 2 de la Déclaration universelle des droits de lâhomme. Il offre une garantie générale particulièrement pertinente pour lâarticle 7 de cette Convention qui concerne la perte de la nationalité de plein droit ou à lâinitiative dâun Ãtat partie. 36. Plusieurs indications peuvent être données en ce qui concerne la prévention des privations arbitraires de nationalité. Ces indications ont trait à la fois aux motifs de fond de la privation et aux garanties procédurales. En ce qui concerne les motifs de fond, la privation doit en général être prévisible, proportionnée et prévue par la loi. Si elle repose sur lâun des motifs énoncés au paragraphe 1 de lâarticle 5, elle est contraire à ce paragraphe. Le retrait de la nationalité pour raisons politiques serait considéré comme arbitraire. Plus précisément, lâarticle 7 de la Convention énumère de manière exhaustive les motifs de privation. Lorsquâune privation risque de conduire à lâapatridie, lâinterdiction qui figure au paragraphe b de cet article et au paragraphe 3 de lâarticle 7 sâapplique. Selon ce paragraphe, la seule exception concerne lâacquisition de la nationalité à la suite du comportement répréhensible de lâintéressé (voir paragraphe 3 de lâarticle 7). 37. En ce qui concerne les garanties procédurales, il convient de se reporter au chapitre IV, où il est précisé en particulier que les décisions concernant nationalité doivent être motivées par écrit et doivent pouvoir faire lâobjet dâun recours administratif ou judiciaire. Paragraphe d 38. Ce paragraphe étend les dispositions de lâarticle premier de la Convention de 1957 sur la nationalité de la femme mariée aux conjoints en général pour tenir compte du principe de lâégalité entre la femme et lâhomme (voir aussi le paragraphe 1 de lâarticle 5). ARTICLE 5 Non-discrimination Paragraphe 1 39. Cette disposition tient compte de lâarticle 14 de la CEDH, qui emploie en anglais le terme « discrimination », et de lâarticle 2 de la Déclaration universelle des droits de lâhomme qui emploie en français comme en anglais le terme « distinction ». 40. En tout état de cause, la nature même de lâattribution de la nationalité oblige les Ãtats à fixer certains critères pour déterminer quels sont leurs ressortissants. Ces critères pourraient aboutir, dans certains cas, à un traitement plus favorable dans le domaine de la nationalité. Parmi les exemples courants de motifs justifiés de traitement différentiel ou préférentiel, on peut citer lâobligation de connaître la langue nationale pour être naturalisé et lâacquisition facilitée de la nationalité en raison de la filiation ou du lieu de naissance. La Convention elle-même prévoit, à son article 6, paragraphe 4, une acquisition facilitée de la nationalité dans certains cas. 41. Les Ãtats Parties peuvent accorder un traitement plus favorable aux ressortissants de certains autres Ãtats. Par exemple, un Ãtat membre de lâUnion européenne peut demander une durée de résidence habituelle plus courte pour la naturalisation des ressortissants dâautres Ãtats de lâUnion européenne que celle quâil exige en règle générale. Cela constituerait un traitement préférentiel fondé sur la nationalité et non pas une discrimination fondée sur lâorigine nationale. 42. Il a donc été nécessaire dâenvisager différemment, en ce qui concerne le traitement, les distinctions qui ne sont pas équivalentes à une discrimination et les distinctions qui constitueraient une discrimination interdite dans le domaine de la nationalité. 43. Les termes « origine nationale ou ethnique » sont repris de lâarticle premier de la Convention de 1966 sur lâélimination de toutes les formes de discrimination raciale et dâune partie de lâarticle 14 de la CEDH. Ils visent aussi lâorigine religieuse. Lâ« origine sociale » nâa pas été incluse parmi les motifs car sa signification a été jugée trop vague. Ãtant donné que certains des différents motifs de distinction/discrimination énumérés à lâarticle 14 de la Convention européenne des Droits de lâHomme ont été considérés comme ne constituant pas une discrimination dans le domaine de la nationalité, ils ont été exclus des motifs de discrimination énoncés au paragraphe 1 de lâarticle 5. En outre, on a fait remarquer que, dans la mesure où la Convention européenne des Droits de lâHomme nâétait pas destinée à sâappliquer aux questions de nationalité, tous les motifs de distinction/discrimination énoncés à lâarticle 14 étaient pertinents uniquement pour les droits et libertés reconnus par cette convention. 44. La liste du paragraphe 1 contient donc les éléments clés des discriminations interdites en matière de nationalité et elle vise à assurer lâégalité devant la loi. En outre, la Convention contient de nombreuses dispositions destinées à empêcher lâexercice arbitraire de pouvoirs (par exemple, les articles 4.c, 11 et 12) pouvant aussi donner lieu à des discriminations. Paragraphe 2 45. Les termes « doit être guidé parâ¦Â » indiquent une déclaration dâintention et non pas une règle impérative à suivre dans tous les cas. 46. Ce paragraphe vise à éliminer lâapplication discriminatoire des règles relatives à la nationalité entre les ressortissants dès la naissance et les autres ressortissants, y compris les personnes naturalisées. Lâarticle 7, paragraphe 1.b, de la Convention prévoit une exception à ce principe directeur dans le cas des personnes naturalisées qui ont acquis leur nationalité par un comportement répréhensible. Chapitre III - Règles relatives à la nationalité ARTICLE 6 Acquisition de la nationalité Paragraphe 1 47. En vertu de lâalinéa a de ce paragraphe, chaque Ãtat Partie reconnaît dans son droit interne que les enfants nés de lâun de ses ressortissants acquièrent automatiquement la nationalité de cet Ãtat Partie, sous réserve de la possibilité de prévoir des exceptions dans le cas des enfants nés hors du territoire. Quand la filiation dépend de la reconnaissance, dâune décision judiciaire ou dâune procédure similaire, alors la nationalité peut être acquise selon le droit interne de lâÃtat Partie. 48. Le terme « nouveau-nés trouvés » à lâalinéa b vise les nouveau-nés trouvés après avoir été abandonnés sur le territoire dâun Ãtat qui nâont aucune filiation ni nationalité connue et qui seraient apatrides si lâon nâappliquait pas ce principe. Celui-ci est repris de lâarticle 2 de la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. Lâobligation dâoctroyer la nationalité est aussi satisfaite si, en lâabsence de preuve contraire, le nouveau-né est considéré de plein droit comme lâenfant dâun ressortissant et donc comme un ressortissant. Paragraphe 2 49. Le paragraphe 2 vise les enfants nés sur le territoire dâun Ãtat Partie qui nâacquièrent pas à la naissance la nationalité dâun autre Ãtat et il prévoit lâapplication en droit interne du principe énoncé à lâarticle 4, paragraphe b, selon lequel lâapatridie doit être évitée. Le libellé de ce paragraphe sâinspire de lâarticle 1 de la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. Il convient de se référer aussi à lâarticle 7 de la Convention de 1989 relative aux droits de lâenfant. 50. Les enfants visés au paragraphe 2 doivent se voir accorder la nationalité soit à la naissance de plein droit soit ultérieurement sur demande. Lorsque la nationalité nâest pas acquise à la naissance, il faut prévoir pour lâenfant concerné la possibilité de présenter une demande dâacquisition de la nationalité selon la procédure prévue par le droit interne, sous réserve de lâapplication de lâune des conditions énoncées ou des deux. Aucun délai nâest indiqué comme condition parce que cette disposition sâapplique uniquement aux enfants et quâil est donc implicite, conformément à la définition du terme « enfant » à lâarticle 2, que cette faculté se prescrit à lââge de 18 ans. La nationalité doit être accordée à tous les enfants qui réunissent les conditions précisées à lâalinéa b. La mention dâune période de résidence légale et habituelle ne dépassant pas cinq années signifie que cette résidence constitue une situation de fait qui doit être effective et conforme aux dispositions concernant le séjour des étrangers dans lâÃtat en question. Paragraphe 3 51. Ce paragraphe stipule que le droit interne doit contenir des dispositions rendant possible la naturalisation des étrangers qui résident légalement et habituellement sur le territoire dâun Ãtat Partie. La Convention fixe une durée de résidence maximale susceptible dâêtre exigée pour une naturalisation (dix ans avant le dépôt de la demande) ; elle correspond à une norme commune, la plupart des pays dâEurope exigeant entre cinq et dix ans de résidence. Un Ãtat Partie peut, en outre, subordonner la naturalisation à dâautres conditions justifiables, notamment en ce qui concerne lâintégration. Paragraphe 4 52. Lâacquisition facilitée de la nationalité doit être prévue pour toutes les personnes qui appartiennent à chacune des catégories énumérées aux alinéas a à g. Cela sâapplique non seulement à la naturalisation mais aussi à dâautres formes dâacquisition telles que lâacquisition de plein droit 11 . Pour respecter ce paragraphe, il suffit à un Ãtat Partie dâinstaurer des conditions plus favorables pour lâacquisition de la nationalité pour les personnes appartenant à chacune des catégories énumérées dans les alinéas. à titre dâexemples, on peut citer la réduction de la durée de résidence requise, des exigences moins rigoureuses en matière de connaissance de la langue, une procédure plus simple, des frais de procédure moins élevés. Les Ãtats Parties continuent dâavoir toute discrétion pour décider dâaccorder ou non leur nationalité à ces candidats. Lorsque les conditions requises de manière générale sont déjà très favorables (par exemple, une courte durée de résidence pour tous les candidats à la naturalisation), les Ãtats concernés ne sont pas tenus de prévoir des mesures supplémentaires. â 53. En ce qui concerne les conjoints mentionnés à lâalinéa a, il est rappelé que, dès 1977, la Résolution (77) 12 du Comité des Ministres du Conseil de lâEurope sur la nationalité des conjoints de nationalités différentes recommandait quâun traitement plus favorable soit réservé à un conjoint étranger afin de faciliter lâacquisition de la nationalité de lâautre conjoint. 54. Lâexpression « enfants adoptés » à lâalinéa d vise les adoptions réalisées en vertu du droit interne dâun Ãtat Partie ainsi que les adoptions effectuées à lâétranger et reconnues par le droit interne de cet Ãtat Partie. Il est fait référence, dans ce contexte, à lâarticle 11 de la Convention européenne de 1967 en matière dâadoption des enfants (STE n° 58), qui exige que les Parties à ladite Convention facilitent lâacquisition de leur nationalité par les enfants adoptés par leurs ressortissants. 55. Les alinéas e et f concernent les demandes présentées essentiellement par des migrants de la deuxième et de la troisième génération. Ils sont mieux à même de sâintégrer à la société de lâÃtat hôte, car ils ont passé tout ou partie de leur enfance sur le territoire de cet Ãtat et ils devraient donc se voir accorder des facilités pour acquérir la nationalité (voir à cet égard le Deuxième Protocole portant modification de la Convention de 1963). Un Ãtat Partie peut imposer un délai pour les demandes dâacquisition facilitée de la nationalité. 56. Lâexpression « réfugiés reconnus » qui figure à lâalinéa g inclut, mais de manière non limitative, les réfugiés reconnus en vertu de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et de son Protocole de 1967. Les Ãtats Parties sont libres dâinclure dans cette catégorie dâautres sortes de réfugiés. Lâarticle 34 de la Convention de 1951 fait référence de manière analogue à la naturalisation facilitée des réfugiés reconnus. 57. Les personnes qui sont délibérément devenues apatrides, en méconnaissant les principes de la Convention (par exemple, les personnes originaires dâun Ãtat dont le droit interne, contrairement à lâarticle 8 de cette Convention, permet de renoncer à sa nationalité sans en avoir préalablement acquis une autre) nâont pas droit à lâacquisition facilitée de la nationalité. ARTICLE 7 Perte de la nationalité de plein droit ou à lâinitiative dâun Ãtat Partie 58. Lâarticle 7 consiste en une liste exhaustive de cas dans lesquels la nationalité peut être perdue automatiquement en application de la loi (de plein droit) ou à lâinitiative dâun Ãtat Partie. Dans ces cas limités, et sous certaines conditions, un Ãtat Partie peut retirer sa nationalité. La disposition est formulée de manière négative afin de souligner le fait quâil ne peut y avoir perte de la nationalité de manière automatique ou à lâinitiative dâun Ãtat Partie que si cela concerne lâun des cas prévus par cet article. En tout état de cause, un Ãtat Partie peut permettre aux intéressés de conserver sa nationalité même en pareil cas. Lâarticle 7 ne se réfère pas au cas dans lesquels il y a eu des erreurs administratives, qui ne sont pas considérés comme constituant des cas de perte de nationalité dans le pays en question. Paragraphe 1 Alinéa a 59. Cet alinéa permet aux Ãtats Parties de prévoir la perte de leur nationalité en cas dâacquisition volontaire dâune autre nationalité. Le mot « volontaire » indique que lâintéressé a acquis cette nationalité de son plein gré et non pas de manière automatique (de plein droit). 60. Alors quâen vertu de lâarticle premier de la Convention de 1963 les Ãtats Parties ayant accepté le chapitre I de celle-ci sont tenus de prévoir la perte de la nationalité en cas dâacquisition volontaire dâune autre nationalité, le présent alinéa donne le choix aux Ãtats Parties. Alinéa b 61. La conduite frauduleuse, la fausse information ou la dissimulation dâun fait pertinent doivent être le résultat dâun acte ou omission délibéré(e) de la part du demandeur, acte ou omission qui a constitué un facteur important dans lâacquisition de la nationalité. Par exemple, si une personne acquiert la nationalité de lâÃtat Partie à la condition de renoncer ensuite à sa nationalité dâorigine et si elle sâabstient volontairement de le faire, lâÃtat Partie est en droit de prévoir la perte de sa nationalité. De plus, aux fins de la Convention, « la dissimulation dâun fait pertinent » signifie la dissimulation dâune condition pertinente qui empêche lâacquisition de la nationalité par la personne concernée (par exemple, la bigamie). « Pertinent » dans ce contexte se réfère aux faits (par exemple, la dissimulation dâune autre nationalité, la dissimulation dâune détention pour un crime grave) qui, sâils avaient été connus avant dâaccorder la nationalité, auraient conduit à la décision de ne pas accorder cette nationalité. 62. Cet alinéa est libellé de manière à sâappliquer aussi à lâacquisition de nationalité par des moyens frauduleux (informations erronées ou incomplètes ou autres actes dolosifs, notamment à lâaide de certificats non authentiques ou faux), les menaces, la corruption et tous autres agissements malhonnêtes analogues. 63. Si lâacquisition de la nationalité résulte du comportement répréhensible visé à lâalinéa b, les Ãtats sont libres soit de retirer la nationalité (perte), soit de considérer que lâintéressé nâa jamais acquis leur nationalité (acquisition nulle et non avenue). Alinéa c 64. Cet alinéa vise lâengagement volontaire dans des forces militaires étrangères, que celles-ci fassent ou non partie des forces armées dâun Ãtat étranger. Ne sont pas considérées comme ayant servi dans des forces militaires étrangères les personnes qui, avant dâacquérir la nationalité, étaient engagées dans les forces militaires dâun pays dont elles étaient ressortissantes. 65. En tout état de cause, la participation à des forces multilatérales au nom de lâÃtat dont lâintéressé est ressortissant ne saurait être considérée comme un engagement dans des forces militaires étrangères. En outre, le service militaire volontaire dans un autre pays, conformément à une convention bilatérale ou multilatérale, nâest pas non plus visé par cette disposition. 66. Il convient de noter que ce paragraphe fait référence à lâengagement volontaire des personnes dans des forces militaires étrangères en tant que soldats professionnels. Cette situation est différente de celle contenue dans le paragraphe 3.a de lâarticle 21, où les personnes peuvent choisir entre des obligations militaires des différents Ãtats dont elles possèdent la nationalité. De plus, du fait que ce paragraphe ne contient pas (ainsi que lâensemble de la Convention) des dispositions directement applicables, les Ãtats, lorsque ils légifèrent sur la question, doivent déterminer les conditions dans lesquelles la disposition sâapplique. Alinéa d 67. Lâexpression « comportement portant un préjudice grave aux intérêts essentiels de lâÃtat Partie » est reprise de lâarticle 8, paragraphe 3(a)(ii), de la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. Un tel comportement comprend notamment la trahison et les autres activités menées contre les intérêts essentiels de lâÃtat concerné (par exemple, le travail pour des services secrets étrangers) mais il ne comprend pas les infractions pénales à caractère général, quelle que puisse être leur gravité. 68. De plus, la Convention de 1961 stipule que le comportement portant un préjudice grave aux intérêts essentiels de lâÃtat peut constituer une raison pour la privation de la nationalité, seulement si câest une raison de privation existant en droit interne de lâÃtat concerné et, au moment de la signature, ratification ou adhésion, lâÃtat indique quâil la conservera. Alinéa e 69. Cette disposition est conçue principalement pour permettre à un Ãtat qui le souhaite dâempêcher ses ressortissants qui vivent habituellement à lâétranger de conserver sa nationalité de génération en génération. Une telle perte nâest cependant possible que dans les cas des personnes qui possèdent une autre nationalité. â 70. Aux fins de cet article, lâexpression « absence de tout lien effectif » sâapplique seulement aux doubles ressortissants qui résident habituellement à lâétranger. De plus cette disposition sâapplique en particulier lorsquâil nâexiste pas un lien effectif et véritable entre la personne et lâÃtat, du fait que cette personne ou sa famille ont résidé habituellement à lâétranger depuis des générations. Il est présumé que lâÃtat concerné aura pris toutes les mesures raisonnables pour faire en sorte que cette information soit communiquée aux intéressés. 71. La preuve de lâabsence de tout lien effectif peut résulter notamment du défaut dâaccomplissement de lâune des démarches suivantes auprès des autorités compétentes de lâÃtat Partie concerné : i. Immatriculation, ii. Demande de documents dâidentité ou de voyage, iii. Déclaration exprimant le désir de conserver la nationalité de lâÃtat Partie. 72. Lâalinéa e doit aussi être interprété à la lumière des éléments suivants : - la définition de la nationalité comme étant le lien juridique entre une personne et un Ãtat (article 2, paragraphe a) ; - lâinterdiction de la privation arbitraire de nationalité (article 4, paragraphe c) ; - la possibilité dâempêcher les enfants nés en dehors du territoire dâacquérir de plein droit la nationalité de lâun des parents (article 6, paragraphe 1.a), et - le droit à un recours administratif ou judiciaire (article 12). Alinéa f 73. Cet alinéa vise les cas dans lesquels le changement dâétat civil dâun enfant entraînerait la perte des conditions requises pour la possession de la nationalité. Par exemple, dans certains pays, si un enfant a acquis une nationalité en raison des liens qui existent avec sa mère ou son père et si lâon découvre ultérieurement quâil ne sâagit pas de sa vraie mère ou de son vrai père, la nationalité peut être retirée à lâenfant, à condition quâil ne devienne pas apatride. Il appartient au droit interne de chaque Ãtat Partie de déterminer lâeffet juridique dâune telle perte, câest-à -dire si elle est effective à compter de la date du retrait ( ex nunc ) ou si lâacquisition est réputée nâavoir jamais eu lieu ( ex tunc ). Alinéa g 74. Dans les cas où les enfants acquièrent ou possèdent déjà la nationalité des parents adoptifs, la nationalité dâorigine peut être retirée. Cela est conforme à lâarticle 11, paragraphe 2, de la Convention européenne en matière dâadoption des enfants (STE n° 58) qui dispose que « la perte de nationalité qui pourrait résulter de lâadoption est subordonnée à la possession ou à lâacquisition dâune autre nationalité ». Paragraphe 2 75. Dans les cas visés à lâarticle 7, paragraphe 1, sous réserve des dispositions du paragraphe 3 relatif à lâapatridie, un Ãtat Partie peut prévoir que les enfants, y compris les enfants adoptés, suivent leurs parents en ce qui concerne la perte de la nationalité. Il y a toutefois deux exceptions : lorsque les parents perdent leur nationalité en vertu des alinéas c ou d de lâarticle 7, les enfants ne suivent pas la situation de leurs parents car le comportement reproché aux parents ne doit pas porter préjudice aux enfants. Il est en outre prévu expressément quâun enfant ne perd pas sa nationalité si lâun au moins de ses parents conserve cette nationalité. En appliquant ce paragraphe, les Ãtats Parties devraient en tout état de cause se laisser guider par lâintérêt de lâenfant. Paragraphe 3 76. Le paragraphe 3 contient une restriction générale applicable à tous les paragraphes précédents car il ne permet la perte de la nationalité dans aucun des cas visés par lâarticle 7 si cela rend lâintéressé apatride ; il constitue donc une application spécifique du principe général énoncé à lâarticle 4, paragraphe b. Certains pays exigent que lâon renonce à sa nationalité actuelle pour acquérir la nouvelle ; une telle exigence est compatible avec le paragraphe 3 de lâarticle 7. On peut aussi se référer à cet égard au paragraphe 1 de lâarticle 8. 77. Lâalinéa b du paragraphe 1 vise le seul cas dans lequel lâapatridie est exceptionnellement tolérée pour les adultes ou les enfants. Lâinterdiction de lâapatridie va donc plus loin que celle prévue à lâarticle 8 de la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. ARTICLE 8 Perte de la nationalité à lâinitiative de lâindividu 78. La volonté de lâindividu est un facteur pertinent pour la permanence du lien juridique avec lâÃtat qui caractérise la nationalité ; par conséquent, les Ãtats Parties doivent inclure, dans leur droit interne, des dispositions permettant de renoncer à leur nationalité à condition que leurs ressortissants ne deviennent pas apatrides. La renonciation doit être interprétée au sens le plus large, y compris notamment les demandes de renonciation soumises à lâagrément des autorités compétentes. 79. Des problèmes peuvent surgir lorsque lâon permet ou demande à des personnes de renoncer à leur nationalité avant quâelles nâaient acquis la nationalité dâun autre Ãtat. Lorsque lâacquisition de la nationalité est subordonnée à certaines conditions qui nâont pas été réunies et que les intéressés nâont pas acquis la nouvelle nationalité, lâÃtat de leur nationalité antérieure doit les réintégrer dans cette nationalité ou considérer quâils ne lâont jamais perdue, afin quâils ne deviennent pas apatrides. 80. Les frais administratifs éventuels occasionnés par une telle renonciation ne doivent pas être déraisonnables (voir le paragraphe 1 de lâarticle 13 de la Convention). 81. Le paragraphe 2 de lâarticle 8 permet aux Ãtats de limiter le droit de renoncer à la nationalité, prévu au paragraphe 1, aux ressortissants qui ont leur résidence habituelle à lâétranger. Lâarticle 8 ne permet pas de sâopposer à la renonciation à la nationalité simplement parce que des personnes qui résident habituellement dans un autre Ãtat ont encore des obligations militaires dans le pays dâorigine ou parce quâune procédure civile ou pénale est engagée contre une personne dans ce pays. Quâelles soient civiles ou pénales, les procédures nâont rien à voir avec la nationalité et elles peuvent suivre leur cours normal même si lâintéressé renonce à sa nationalité dâorigine. ARTICLE 9 Réintégration dans la nationalité 82. Sur le fondement de lâarticle 9, les Ãtats Parties doivent faciliter dans leur ordre juridique interne la réintégration dans la nationalité, dâune part, des personnes qui ont renoncé à leur nationalité en vertu de lâarticle 8 et, dâautre part, de celles qui ont perdu leur nationalité en vertu de lâarticle 7. Lâarticle 9 ne prévoit toutefois pas un droit à la réintégration. Il suffit, selon cet article, que les Ãtats Parties facilitent la réintégration à certaines catégories dâanciens ressortissants. La question de savoir si un Ãtat Partie satisfait aux exigences en matière de facilités de réintégration doit être examinée à la lumière de toutes les circonstances pertinentes, notamment de lâexistence de conditions très favorables pour lâacquisition de la nationalité. Chapitre IV - Procédures concernant la nationalité 83. Le chapitre IV concerne les procédures relatives à lâacquisition, à la conservation et à la perte de la nationalité ainsi quâà la réintégration dans la nationalité et à la délivrance dâune attestation de nationalité. Lâexpression « délivrance dâune attestation » désigne nâimporte quelle sorte de preuve de la nationalité de la manière et de la forme décidées par le droit interne de chaque Ãtat Partie. 84. Le Traité instituant la Communauté économique européenne ne contient aucune disposition régissant lâacquisition ou la perte de la nationalité car câest en principe aux Ãtats membres quâil incombe de se prononcer sur ces questions. Toutefois, étant donné que la possession de la nationalité dâun Ãtat membre est une condition nécessaire à lâapplication des dispositions spécifiques relatives à la liberté de circulation et, de manière générale, à la jouissance des droits qui découlent de la citoyenneté de lâunion (articles 8.a. à 8.e. Traité de lâUnion européenne), la réglementation communautaire oblige les Ãtats membres à fournir à leurs ressortissants une preuve de leur nationalité en délivrant ou en renouvelant une carte dâidentité ou un passeport en cours de validité indiquant expressément la nationalité du titulaire 12 . ARTICLE 10 Traitement des demandes 85. Toutes les demandes concernant lâacquisition, la conservation ou la perte de la nationalité, ou la réintégration dans la nationalité, ou la délivrance dâune attestation de nationalité, doivent être traitées dans un délai raisonnable. Le caractère raisonnable du délai nécessaire au traitement dâune demande sâapprécie à la lumière de toutes les circonstances pertinentes. Par exemple, lorsque des ressortissants de lâÃtat prédécesseur, qui nâont pas acquis la nationalité de lâÃtat dans lequel ils résident, sont tenus de demander la nationalité, leur demande doit être traitée très rapidement en raison de lâurgence de la question. En tout état de cause, dans lâattente de lâissue de leur demande, la plupart de ces personnes ont normalement le droit de rester dans le pays en raison de leur droit au respect de leur vie familiale reconnu par lâarticle 8 de la CEDH. ARTICLE 11 Décisions 86. Toutes les décisions relatives à la nationalité, et non pas seulement celles qui font suite à une demande, doivent être motivées par écrit. Il faut au minimum communiquer les motifs juridiques et factuels. Cependant le simple enregistrement de cas dâacquisition et de perte ex lege de la nationalité ne nécessite pas que les raisons soient données par écrit. En ce qui concerne les décisions qui relèvent de la sûreté nationale, seul un minimum dâinformations doit être fourni. Pour les décisions conformes aux souhaits ou aux intérêts de lâindividu, par exemple lorsquâune demande est accueillie favorablement, une simple notification ou la délivrance du document pertinent suffisent. On a remarqué que le droit interne de certains Ãtats nâétait pas conforme à cette disposition parce que les décisions concernant la nationalité sont prises par le parlement. ARTICLE 12 Droit à un recours 87. En outre, toutes les décisions doivent pouvoir faire lâobjet dâun recours administratif ou judiciaire. En vertu de cette disposition, les intéressés doivent jouir dâun droit de recours à lâencontre des décisions relatives à la nationalité. Les aspects procéduraux de lâexercice de ce droit sont confiés au droit interne de chaque Ãtat Partie. On a estimé quâil nây avait pas lieu de prévoir, dans cette Convention, une exception lorsque les décisions relatives aux naturalisations sont prises par le parlement et ne sont pas susceptibles de recours, comme câest le cas dans certains Ãtats. La reconnaissance générale du droit à un recours a en effet été considérée comme revêtant une importance cruciale. â 88. Le droit de révision nâexclut pas, néanmoins, les dispositions nationales selon lesquelles les décisions prises par les autorités étatiques les plus hautes dans certaines affaires spéciales ne puissent être sujettes à un recours devant lâautorité supérieure, si les décisions sont ouvertes à dâautres formes de révision, administratives ou légales, en conformité avec le droit interne. 89. La CEDH ne contient aucune disposition concernant lâaide judiciaire en matière civile, mais le droit à un procès équitable prévu à lâarticle 6, paragraphe 1, peut parfois obliger lâÃtat à fournir lâassistance dâun avocat lorsque cela se révèle indispensable, par exemple en raison de la complexité dâune affaire (voir à cet égard lâarrêt Airey , 9 octobre 1979, CEDH, Série A, n° 32). ARTICLE 13 Frais administratifs 90. Cet article vise tous les frais occasionnés par la procédure de demande dâacquisition, de conservation, de perte, de réintégration et dâattestation de nationalité. Parmi ces frais, il peut y avoir, par exemple, ceux qui sont nécessaires pour obtenir un formulaire de demande, le traitement de la demande et une décision. 91. Lâobjectif général du paragraphe 1 est de faire en sorte que le montant des frais administratifs liés à lâacquisition, à la conservation ou à la perte de la nationalité, ou à la réintégration dans la nationalité, ou à la délivrance dâune attestation de nationalité ne soit pas déraisonnable. Le caractère déraisonnable ou non des frais administratifs sâapprécie à la lumière de toutes les circonstances pertinentes, par exemple en tenant compte du salaire mensuel moyen dans lâÃtat Partie en question, ou des frais administratifs réels. Le paiement de frais administratifs ne doit pas être un instrument servant à empêcher des personnes dâacquérir, de conserver ou de perdre une nationalité ou dâêtre réintégrées dans une nationalité, par exemple lorsque celle-ci a été perdue à la suite dâune succession dâÃtats. 92. Les mots « ne constituent pas un empêchement » qui figurent au paragraphe 2, alors que le paragraphe 1 emploie lâexpression « soient raisonnables », ont été choisis à dessein pour indiquer que les Ãtats Parties ont une obligation plus lourde lorsquâil sâagit du montant des frais afférents à un recours administratif ou judiciaire. 93. Bien que les frais de justice ne soient pas visés par cet article, il conviendrait de prendre acte, à cet égard, des normes mentionnées dans lâarrêt rendu par la Cour européenne des Droits de lâHomme dans lâaffaire Airey en ce qui concerne les frais de justice. Il convient aussi de se référer à la Recommandation n° R (81) 7 du Conseil de lâEurope sur les moyens de faciliter lâaccès à la justice, notamment sur le Principe D relatif au coût de la justice, qui stipule que « lâintroduction de lâinstance ne peut être subordonnée au versement par une partie pour le compte de lâÃtat dâaucune somme dâun montant déraisonnable eu égard à lâaffaire en instance ». Chapitre V - Pluralité de nationalités ARTICLE 14 Cas de pluralité de nationalités de plein droit 94. Lâarticle 14 oblige les Ãtats Parties à permettre la pluralité de nationalités dans deux cas qui sont normalement admis même par les Ãtats qui tiennent à éviter la pluralité de nationalités. En effet, ils se produisent automatiquement du fait de lâapplication concurrente du droit de deux Ãtats ou plus. Plus particulièrement, la disposition de lâarticle 14.1.a trouve son origine dans le fait quâen cas de mariage entre ressortissants dâÃtats différents il faut appliquer le principe de lâégalité des conjoints en ce qui concerne la transmission de leurs nationalités respectives à leurs enfants. En outre, le chapitre I de la Convention de 1963, qui tend à réduire les cas de pluralité de nationalités, nâexclut pas ces deux cas de pluralité de nationalités. 95. Le paragraphe 1.a. vise les « enfants » et, par conséquent, conformément à la définition de ce terme à lâarticle 2, paragraphe c., il ne sâapplique que jusquâà lââge de 18 ans. à partir de la majorité, les parties pertinentes de lâarticle 7, notamment le paragraphe 1.e. relatif à la perte de la nationalité en raison de lâabsence de tout lien effectif entre lâÃtat Partie et des personnes qui résident à lâétranger, restent applicables. ARTICLE 15 Autres cas possibles de pluralité de nationalités 96. Lâarticle 15 indique expressément que la Convention ne limite pas la faculté quâont les Ãtats Parties de permettre la pluralité de nationalités. Cet article précise clairement que les Ãtats qui le souhaitent sont libres dâautoriser dâautres cas de pluralité de nationalités. 97. La nouvelle Convention est neutre en ce qui concerne lâopportunité de la pluralité de nationalités. Alors que le chapitre I de la Convention de 1963 était destiné à éviter la pluralité de nationalités, lâarticle 15 de cette Convention traduit le fait que la pluralité de nationalités est acceptée par un certain nombre dâÃtats en Europe tandis que dâautres Ãtats européens tendent à lâexclure. 98. En tout état de cause, un Ãtat nâa la possibilité de permettre la pluralité de nationalités que sous réserve des éventuelles obligations internationales contraignantes qui sây opposent. En particulier, les Ãtats qui sont liés par le chapitre I de la Convention de 1963 ne peuvent, en ce qui concerne leurs ressortissants respectifs, autoriser quâun nombre restreint de cas de pluralité de nationalités (voir aussi partie I ci-dessus pour plus de détails). ARTICLE 16 Conservation de la nationalité précédente 99. Cette disposition vise à faire en sorte quâune personne ne soit pas empêchée dâobtenir ou de conserver une nationalité parce quâil ne lui est pas possible ou quâil lui est difficile de perdre une autre nationalité. Lâexistence de conditions déraisonnables, de fait ou de droit, doit être évaluée, cas par cas, par les autorités nationales de lâÃtat Partie dont lâintéressé souhaite acquérir la nationalité. Par exemple, on ne saurait généralement attendre des réfugiés quâils rentrent dans leur pays dâorigine ou quâils sâadressent à leur représentation diplomatique ou consulaire pour renoncer à leur nationalité ou pour être autorisés à y renoncer. 100. Ãtant donné que cet article est particulièrement important en cas de succession dâÃtats, lâarticle 18 se réfère expressément à lâarticle 16. ARTICLE 17 Droits et devoirs relatifs à la pluralité de nationalités 101. Le paragraphe 1 énonce le principe fondamental selon lequel les personnes qui possèdent plusieurs nationalités jouissent, sur le territoire de lâÃtat Partie dans lequel elles résident, de lâégalité de traitement avec les personnes qui nâont quâune seule nationalité, par exemple en ce qui concerne le droit de vote, lâacquisition de biens ou les obligations militaires. Ces droits et devoirs peuvent toutefois être modifiés par des accords internationaux dans certaines circonstances (par exemple, voir le chapitre VII, relatif aux obligations militaires). 102. Le paragraphe 2.a concerne la protection diplomatique et consulaire. La règle générale de droit international en matière de protection diplomatique est énoncée à lâarticle 4 de la Convention de La Haye de 1930 qui dispose quâ« un Ãtat ne peut exercer sa protection diplomatique au profit dâun de ses nationaux à lâencontre dâun Ãtat dont celui-ci est aussi le national ». Toutefois, en raison des faits nouveaux intervenus dans ce domaine du droit international public depuis 1930, un Ãtat Partie peut, dans des cas particuliers exceptionnels et tout en respectant les règles de droit international, offrir son assistance ou sa protection diplomatique ou consulaire à lâun de ses ressortissant qui possède simultanément une autre nationalité, par exemple dans certains cas dâenlèvement dâenfant. Il faut tenir compte du fait quâun Ãtat membre de lâUnion européenne peut offrir son assistance diplomatique ou consulaire à un ressortissant dâun autre Ãtat de lâUnion européenne lorsque cet autre Ãtat nâest pas représenté sur le territoire dâun pays tiers. 103. Le paragraphe 2.b concerne lâapplication des règles de droit international privé de chaque Ãtat Partie en cas de pluralité de nationalités. La Convention nâa aucune incidence sur lâapplication de ces règles. Chapitre VI - Succession dâÃtats et nationalité 104. Ce chapitre traite des questions de nationalité qui se posent à lâoccasion dâune succession dâÃtats suivant la définition quâen donnent les règles générales de droit international public. La Convention de Vienne sur la succession dâÃtats en matière de traités définit la « succession dâÃtats » comme la substitution dâun Ãtat à un autre dans la responsabilité des relations internationales dâun territoire. Les dispositions qui concernent la succession dâÃtats et la nationalité sont fondées sur la pratique générale internationale en vigueur et contiennent des principes généraux. Elles permettent aux Ãtats de se prononcer sur la manière dont il convient dâappliquer ces dispositions dans leur droit interne. 105. Bien que ces dispositions ne sâappliquent pas directement à des personnes, elles sont destinées à faire en sorte que, dans la mesure du possible, les personnes qui habitent dans une région ne se retrouvent pas dans une situation défavorable du simple fait de changements territoriaux. 106. Ces principes sâappliquent aux Ãtats Parties, quâils soient des Ãtats successeurs ou des Ãtats prédécesseurs. Toutefois, en raison de la nature de ces principes, le chapitre sâapplique surtout aux Ãtats successeurs. 107. Il sâagit avant tout, mais pas uniquement, dâéviter lâapatridie, ainsi que le souligne le paragraphe 1 de lâarticle 18, aussi lâaccent est-il mis sur lâoctroi et la conservation de la nationalité. Ce chapitre a pour objet de renforcer les dispositions conventionnelles existantes qui visent à éviter lâapatridie, tel lâarticle 10 de la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. ARTICLE 18 Principes 108. Lâarticle 18 donne les grandes lignes des principes spécifiques que les Ãtats Parties sâengagent à respecter pour toutes les questions de nationalité qui se posent dans le cadre de la succession dâÃtats. En outre, les autres chapitres de la Convention sâappliquent aussi de manière générale aux cas de succession dâÃtats. Cet article doit être envisagé à la lumière du droit international qui présume que la population suit le changement de souveraineté sur le territoire en matière de nationalité. Paragraphe 1 109. Ce paragraphe énumère les principes généraux applicables qui font partie de la vocation démocratique du Conseil de lâEurope, à savoir faire respecter les principes de la prééminence du droit et les règles en matière de droits de lâhomme. à cet égard, il faut prendre en compte le Statut du Conseil de lâEurope, en particulier son article 3, qui dispose que « tout membre du Conseil de lâEurope reconnaît le principe de la prééminence du droit et le principe en vertu duquel toute personne placée sous sa juridiction doit jouir des droits de lâhomme et des libertés fondamentales », les dispositions de la Convention européenne des Droits de lâHomme et de ses protocoles, ainsi que la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de lâHomme. 110. La pertinence de la notion de « prééminence du droit » dans le domaine du droit de la nationalité doit être envisagée dans la perspective des traditions constitutionnelles et juridiques de chaque Ãtat. Néanmoins, quelques critères fondamentaux font partie de cette notion. Il sâagit, par exemple, des suivants : - les décisions doivent être rigoureusement fondées sur la loi ; - la loi doit être interprétée de manière à protéger les droits et libertés des citoyens (et non pas uniquement de manière à protéger les intérêts de lâÃtat) ; - lâÃtat doit maintenir une certaine proportionnalité dans les mesures qui touchent les individus, notamment si ces mesures sont des sanctions ou si elles ont une incidence sur des droits individuels ; - la loi doit être prévisible et chaque personne doit pouvoir prévoir les conséquences juridiques de ses actes ; en conséquence, il ne doit pas y avoir de vide juridique ; - la loi doit être interprétée dans lâesprit dans lequel elle a été rédigée. 111. On peut trouver encore dâautres orientations en ce qui concerne la « prééminence du droit » dans les divers instruments juridiques que le Conseil de lâEurope a adoptés dans le domaine de lâefficacité et de lâéquité de la justice civile 13 et la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de lâHomme, notamment en ce qui concerne le droit à un procès équitable énoncé à lâarticle 6, paragraphe 1 de la CEDH 14 . Enfin, le paragraphe 1 rappelle les principes énoncés aux articles 4 et 5 de cette Convention et au paragraphe 2 du présent article. Tous les principes mentionnés au paragraphe 1 ont une importance de portée générale, mais le souci primordial est dâéviter lâapatridie. Paragraphe 2 â 112. Le paragraphe 2 met lâaccent sur les facteurs dont doivent tenir compte les Ãtats Parties concernés par une succession dâÃtats lorsquâils décident de lâoctroi ou de la conservation de leur nationalité. Il ne formule pas une règle détaillée mais établit des principes. Chacun des facteurs doit être soupesé à la lumière des circonstances particulières de chaque cas. â 113. Lâexpression « lien véritable et effectif » qui figure à lâalinéa a a été employée pour la première fois par la Cour internationale de justice dans lâaffaire Nottebohm . Elle désigne un « lien substantiel » de lâintéressé avec lâÃtat. Le lien juridique de nationalité doit donc concorder avec le lien effectif avec lâÃtat. 114. En ce qui concerne lâalinéa b, on entend par résidence habituelle de la personne concernée au moment de la succession dâÃtats la résidence habituelle sur le territoire qui fait lâobjet de la succession dâÃtat ou sur le territoire de lâÃtat prédécesseur. Si cet alinéa nâexige pas une « résidence légale », câest parce quâil existe une présomption selon laquelle tous les individus qui étaient des ressortissants immédiatement avant la succession dâÃtats étaient des résidents en situation régulière. 115. En ce qui concerne lâalinéa c, il faut tenir compte de la volonté de la personne concernée. Cela pourrait impliquer, par exemple, que lâon donne à lâintéressé un droit dâoption ou que lâon évite de lui imposer une nationalité contre son gré. 116. En ce qui concerne lâexpression « origine territoriale » employée à lâalinéa d, elle ne vise ni lâorigine ethnique ni lâorigine sociale dâune personne mais plutôt le lieu où elle est née, le lieu où ses parents et grands-parents sont nés ou une éventuelle nationalité intérieure. Cette notion est donc analogue aux critères employés pour déterminer lâacquisition de la nationalité en application des principes du jus soli et du jus sanguinis . Paragraphe 3 117. Le paragraphe 3 dispose que, lorsquâun Ãtat successeur subordonne lâacquisition de sa nationalité à la perte dâune nationalité étrangère, lâarticle 16 de la Convention sâapplique, câest-à -dire quâune telle perte nâest pas requise lorsquâelle nâest pas possible ou lorsquâelle ne peut pas être raisonnablement exigée. Ce paragraphe est particulièrement important dans les Ãtats qui, en principe, nâadmettent pas la pluralité de nationalités dans certains cas. ARTICLE 19 Règlement par accord international 118. Lâarticle 19 préconise pour les questions relatives à la nationalité des solutions convenues entre les Ãtats successeurs et oblige les Ãtats à veiller à ce que de tels accords respectent les principes et les règles contenus ou évoqués au chapitre VI de la Convention. ARTICLE 20 Principes concernant les non-ressortissants 119. Cet article concerne les droits des résidents permanents sur le territoire de lâÃtat successeur qui étaient des ressortissants de lâÃtat prédécesseur et qui nâont pas acquis la nationalité de lâÃtat successeur à la suite de la succession dâÃtats. Il vise donc les personnes qui ont présenté une demande et attendent une décision parce que leur demande est en cours de traitement. Il vise aussi les personnes dont la demande a été rejetée ainsi que celles qui nâont pas présenté de demande. 120. Pour pouvoir se prévaloir de lâarticle 20, les « non-ressortissants » doivent satisfaire à chacune des conditions ci-après : i) ils étaient ressortissants de lâÃtat prédécesseur et nâont pas acquis la nationalité de lâÃtat successeur ; ii) ils avaient leur résidence habituelle sur le territoire de lâÃtat successeur au moment de la succession dâÃtats ; iii) ils résident encore sur le territoire de lâÃtat successeur. 121. Ãtant donné que cet article concerne les droits sociaux et économiques, il est destiné à garantir que les Ãtats Parties mettent les non-ressortissants en mesure de mener la même vie quotidienne quâavant la succession dâÃtats. Parmi les exemples les plus importants de droits économiques et sociaux, il faut mentionner le droit à lâemploi et la liberté de circulation. On peut trouver des indications supplémentaires à cet égard dans les dispositions de la Convention européenne dâétablissement (STE n° 19) et de la Charte sociale européenne (STE n° 35). Les Ãtats Parties peuvent accorder des droits supplémentaires, par exemple des droits politiques au niveau local. 122. Une condition préalable indispensable à lâexercice des droits économiques et sociaux, câest le droit, énoncé au paragraphe 1, de rester sur le territoire de lâÃtat successeur. Ce droit est parfois décrit aussi comme étant un droit de résidence ou de séjour ou la liberté dâétablissement. Il convient de rappeler que les intéressés ont normalement droit à une vie de famille en vertu de lâarticle 8 de la CEDH, et que, lorsque cet article sâapplique, ils ne peuvent pas être expulsés même sâils ne sont pas considérés comme des ressortissants 15 . 123. Le principe de lâégalité de traitement avec les ressortissants en ce qui concerne les droits économiques et sociaux admet une exception qui est énoncée au paragraphe 2 de cet article. En vertu de ce paragraphe, un Ãtat partie peut exclure les non-ressortissants des emplois de lâadministration publique en tant quâinvestie de lâexercice de la puissance publique. Cette formule est tirée dâun arrêt de la Cour européenne de justice ( Commission des Communautés européennes contre le Royaume de Belgique , 26 mai 1982, affaire 149/79) 16 . Cette exception ne vise que les emplois dans des activités spécifiques de la fonction publique dans la mesure où les emplois en question supposent lâexercice de la puissance publique et la responsabilité de la préservation des intérêts généraux de lâÃtat. Dans ces circonstances exceptionnelles, la possession de la nationalité est admise comme condition préalable indispensable en raison du caractère particulièrement sensible de ce secteur de lâemploi. Chapitre VII - Obligations militaires en cas de pluralité de nationalités 124. Ãtant donné quâelles ont été acceptées de manière générale, les règles énoncées au chapitre II de la Convention de 1963 ont été reprises, sans aucune modification de fond, dans cette Convention (article 21), de même que les dispositions du Protocole de 1977 portant modification de la Convention de 1963 qui concernent le service civil de remplacement et lâexemption des obligations militaires (article 22). 125. La seule exception concerne lâexpression « ordinary residence  » employée en anglais dans la Convention de 1963, et le Protocole de 1977, qui a été remplacée par lâexpression plus courante « habitual residence  » employée dans les autres chapitres de cette Convention. Lâintention nâest nullement de changer le concept mais plutôt de sâaligner sur la notion française de « résidence habituelle » employée tant dans la Convention de 1963 que dans cette Convention et dans dâautres instruments récents. 126. Les Ãtats Parties qui adhèrent à tout ou partie du chapitre VII sont encouragés à envisager aussi de ratifier le chapitre II de la Convention de 1963 afin que les personnes qui ont plusieurs nationalités et qui sont ressortissantes dâÃtats qui nâont accepté que le chapitre II de la Convention de 1963 puissent aussi bénéficier des principes communs à ces chapitres. ARTICLE 21 Modalités dâexécution des obligations militaires 127. La règle la plus importante énoncée à lâarticle 21, paragraphe 1, est celle selon laquelle tout individu qui possède la nationalité de deux ou plusieurs Ãtats Parties nâest tenu de remplir ses obligations militaires quâà lâégard dâun seul de ces Ãtats Parties. Normalement, cette Partie est celle où lâintéressé a sa résidence habituelle. Lâintéressé a néanmoins la faculté de se soumettre aux obligations militaires à lâégard dâune autre Partie dont il possède également la nationalité. ARTICLE 22 Dispense ou exemption des obligations militaires ou du service civil de remplacement 128. Lâarticle 22, paragraphe a, dispose que les individus qui ont été dispensés ou exemptés de leurs obligations militaires ou qui ont accompli en remplacement un service civil à lâégard de lâune des Parties sont considérés comme ayant satisfait aux obligations militaires à lâégard dâune autre Partie dont ils sont également ressortissants. En outre, selon le paragraphe b, si des individus ont leur résidence habituelle dans un Ãtat Partie dont ils sont les ressortissants et qui ne prévoit pas de service militaire obligatoire, ils sont considérés comme ayant satisfait à leurs obligations militaires à lâégard dâun autre Ãtat Partie dont ils sont ressortissants et qui, lui, prévoit un service militaire obligatoire. Chapitre VIII - Coopération entre les Ãtats Parties ARTICLE 23 Coopération entre les Ãtats Parties 129. Le paragraphe 1, alinéa a, de lâarticle 23 exige des autorités compétentes quâelles communiquent au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope des renseignements sur les questions de nationalité incluant les situations dâapatridie et de pluralité de nationalités, et sur les faits nouveaux intervenus dans lâapplication de la Convention. Le Secrétaire Général transmettra ensuite tous les renseignements pertinents à tous les Ãtats Parties. En fait, de nombreux renseignements ont déjà été reçus et se trouvent au Centre européen de documentation sur la nationalité (EURODOC) qui centralise les informations et la documentation en matière de nationalité pour la quasi-totalité des Ãtats européens. Le centre est aussi responsable de la publication du Bulletin européen sur la nationalité qui donne un aperçu synthétique des lois sur la nationalité des Ãtats susvisés. 130. En outre, conformément à lâalinéa b, les Ãtats Parties se communiquent mutuellement sur demande des renseignements concernant la nationalité et les faits nouveaux intervenus dans lâapplication de la convention. 131. Le paragraphe 2 de cet article impose aux Ãtats lâobligation de coopérer dans le cadre de lâorgane intergouvernemental approprié du Conseil. En fait, le Comité dâexperts sur la nationalité (CJ-NA), qui a été chargé de lâélaboration de cette Convention, est lâorgane spécialisé du Conseil compétent dans ce domaine, organe au sein duquel presque tous les Ãtats européens sont représentés en qualité de membre ou dâobservateur. Le but de cette coopération est de régler tous les problèmes pertinents et de promouvoir des règles de bonne conduite et le développement progressif de principes juridiques concernant la nationalité et les questions y afférentes. ARTICLE 24 Ãchange dâinformations 132. Lâarticle 24 traite de lâéchange dâinformations concernant lâacquisition volontaire de la nationalité dâun Ãtat Partie par des ressortissants dâun autre Ãtat Partie. De telles informations sont particulièrement importantes pour les Ãtats qui ont pour politique dâéviter la pluralité de nationalités. Les Parties à la Convention ne sont nullement tenues de communiquer de telles informations mais elles peuvent, à tout moment, déclarer quâelles en ont lâintention. 133. Une fois que cette déclaration a été effectuée, plusieurs conditions doivent être réunies avant que les informations ne soient fournies. En premier lieu, les informations sont fournies sous condition de réciprocité, câest-à -dire à lâégard des Ãtats Parties qui ont fait la même déclaration. En second lieu, les conditions précisées dans la déclaration faite par lâÃtat Partie qui donne les informations doivent être réunies. En troisième lieu, les lois applicables concernant la protection des données de lâÃtat qui fournit les informations doivent être respectées. La deuxième et la troisième condition peuvent viser notamment les législations internes concernant le traitement automatisé des données à caractère personnel et la protection des particuliers en ce qui concerne leur vie privée et les droits de lâhomme. La déclaration reste valable tant quâelle nâa pas été retirée. Cet article nâempêche pas lâÃtat Partie qui reçoit les informations de demander dâautres renseignements. Dans ce cas, lâÃtat qui fournit les informations a toute latitude pour se prononcer sur cette demande. 134. Le Protocole additionnel à la Convention de 1963 (STE n° 96) et la Convention de 1964 concernant lâéchange dâinformations en matière dâacquisition de nationalité (Convention n° 8 de la Commission internationale de lâétat civil) ont été pris en considération dans ce contexte. Le Protocole additionnel et la Convention de 1964 prévoient des mécanismes de communication entre les Parties lorsque des ressortissants dâune Partie acquièrent la nationalité dâune autre Partie. Le Protocole additionnel prévoit à cet effet une fiche, dont le modèle est annexé, qui doit être remplie et transmise dans un délai qui ne saurait être supérieur à six mois à compter de la date à laquelle lâacquisition de la nationalité est devenue effective. La Convention de 1964 contient aussi un modèle de document en quatre langues à transmettre directement dans le délai de trois mois à compter de la date à laquelle lâacquisition de la nationalité prend effet. Toutefois, étant donné que ces instruments nâont pas été largement employés ni appliqués, une disposition concernant la possibilité dâéchanger des informations a été incluse dans cette Convention. Chapitre IX - Application de la Convention ARTICLE 25 Déclarations concernant lâapplication de la Convention 135. Ãtant donné que le chapitre VII nâest pas forcément pertinent pour certains Ãtats (par exemple, lorsquâil nâest pas jugé souhaitable de faire usage de telles dispositions), les Ãtats ont la possibilité de faire une déclaration excluant lâapplication de ce chapitre qui a été repris du chapitre II de la Convention de 1963. Il est implicite que les Ãtats Parties qui ne se prévalent pas de la possibilité de faire la déclaration visée au présent paragraphe acceptent dâappliquer la Convention dans sa totalité, hormis des réserves admissibles. 136. Pour les Ãtats qui acceptent le chapitre VII, celui-ci nâest applicable, en vertu du principe de la réciprocité, que dans le cadre des relations avec les autres Ãtats Parties qui ont aussi accepté le chapitre VII. ARTICLE 26 Effets de cette Convention 137. Le paragraphe 1 préserve les dispositions du droit interne et des instruments internationaux contraignants qui accordent des droits supplémentaires aux individus dans le domaine de la nationalité ; la Convention ne saurait être interprétée comme restreignant ces droits. Lâexpression « droits supplémentaires » vise la possibilité de placer un individu dans une situation plus favorable que celle prévue par la Convention, par exemple en vertu des règles dâun Ãtat Partie relatives à lâacquisition de sa nationalité. 138. Le paragraphe 2 indique que cette convention ne remplace pas la Convention de 1963 ni ses protocoles dans les relations entre les Ãtats Parties à ces instruments. Les Ãtats peuvent choisir dâêtre parties à tous ces instruments. 139. Quoique la Convention de 1963 et cette Convention soient compatibles, leurs effets peuvent être différents selon le droit interne de lâÃtat en question, surtout en ce qui concerne la pluralité de nationalités. Ainsi, un Ãtat dont le droit interne admet la pluralité de nationalités dans dâautres cas que ceux prévus par lâarticle 14 de cette Convention et la Convention de 1963 pourrait ne pas souhaiter être lié par le chapitre I de la Convention de 1963, mais il serait en mesure dâaccepter cette Convention. Chapitre X - Clauses finales ARTICLE 27 Signature et entrée en vigueur 140. La Convention entrera en vigueur le premier jour du mois suivant lâexpiration dâun délai de trois mois après la date à laquelle trois Ãtats membres du Conseil de lâEurope auront exprimé leur consentement à être liés par elle. Eu égard à lâimportance de cette Convention pour de nombreux Ãtats, son entrée en vigueur ne saurait être retardée par lâexigence dâun nombre élevé de ratifications. En tout état de cause, le nombre de ratifications nécessaire est conforme aux usages pour les traités du Conseil de lâEurope. 141. La Convention est aussi ouverte à la signature dâÃtats non membres du Conseil de lâEurope qui ont participé à son élaboration. Ces Ãtats sont lâArménie, lâAzerbaïdjan, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la Géorgie, le Saint-Siège, le Kirghizistan et les Ãtats-Unis dâAmérique. ARTICLE 28 Adhésion 142. Ãtant donné quâil est important de permettre à un grand nombre dâÃtats de devenir Parties à la Convention, notamment lorsquâil existe un besoin de coopération entre eux, la convention est aussi ouverte à lâadhésion des Ãtats non membres, qui ne figurent pas sur la liste donnée ci-dessus dans le cadre du commentaire relatif à lâarticle 27, après lâentrée en vigueur de la Convention conformément à la procédure énoncée à lâarticle 28. ARTICLE 29 Réserves 143. Aucune réserve ne peut être formulée à lâégard des chapitres fondamentaux de la Convention, qui sont les chapitres I, II et VI. Dâautres réserves sont admises dans la mesure où elles sont compatibles avec lâobjet et le but de la Convention, conformément à lâarticle 19.c de la Convention de Vienne sur le droit des traités. 144. En ce qui concerne lâobjet de la Convention, il est fait référence à lâarticle 1 de celle-ci. Quant au but de la convention, il inclut notamment : la prévention de lâapatridie, la garantie de procédures équitables en matière de nationalité, la possibilité pour les personnes ayant un lien véritable avec un Ãtat Partie dâacquérir sa nationalité, la limitation de la perte de la nationalité uniquement aux cas justifiés et lâassurance pour les personnes possédant plusieurs nationalités de nâavoir à remplir leurs obligations militaires quâà lâégard dâun seul Ãtat. Le préambule de la Convention donne des indications supplémentaires. 145. Ãtant donné que les réserves ne sont pas généralement souhaitables, les Ãtats Parties qui souhaitent formuler une réserve sont soumis à deux obligations : notifier au Secrétaire Général le contenu pertinent de leur droit interne ou toute autre information pertinente ; et envisager son retrait total ou partiel dès que les circonstances le permettent. ARTICLE 30 Application territoriale 146. Cette disposition sâapplique essentiellement aux territoires dâoutre-mer car il serait contraire à la philosophie de la Convention quâun Ãtat Partie exclue de lâapplication de cet instrument des parties de son territoire métropolitain. ARTICLE 31 Dénonciation 147. Cet article permet à un Ãtat Partie à la Convention de dénoncer soit la totalité de la Convention, soit le chapitre VII de celle-ci (voir article 25). ARTICLE 32 Notifications par le Secrétaire Général 148. Conformément à cet article, le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, dépositaire de la Convention, enverra aux autres Ãtats des informations concernant les mesures prises par des Ãtats relativement à la Convention. * Notes : (1) Ãtats membres du Conseil de lâEurope en septembre 1997 : Albanie, Andorre, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldova, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Fédération de Russie, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, « lâex-République yougoslave de Macédoine », Turquie, Ukraine et Royaume-Uni. (2) La plupart des pays dâEurope centrale et orientale emploient le terme « citoyenneté », qui a la même signification que le terme « nationalité » employé dans la Convention européenne sur la nationalité et par la plupart des Ãtats dâEurope occidentale. (3) Voir le Protocole portant modification de la Convention (STE n° 95) et le Protocole additionnel à la Convention (STE n° 96). (4) Le CJ-NA était présidé à lâorigine par M. G. Kojanec (Italie), auquel a succédé M. U. Hack (Autriche). Le groupe de travail était présidé à lâorigine par M. Hack, auquel a succédé M. R. Schaerer (Suisse). Tous les Ãtats membres du Conseil de lâEurope sont représentés au sein du CJ-NA. LâArménie, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, le Saint-Siège, le Kirghizistan, la Commission internationale de lâétat civil (CIEC), lâOrganisation internationale pour les migrations (OIM), la Conférence de La Haye de droit international privé et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) siègent au Comité en qualité dâobservateurs. Un représentant de la Commission des Communautés européennes a aussi participé à ces travaux. (5) Parmi les autres accords les plus importants, on peut citer la Déclaration universelle des droits de lâhomme de 1948, la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la Convention de 1954 sur le statut des personnes apatrides, la Convention de 1957 sur la nationalité des femmes mariées, la Convention de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie, les protocoles facultatifs concernant lâacquisition de la nationalité à la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et à la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires, la Convention de 1964 de la Commission internationale de lâétat civil concernant lâéchange dâinformations en matière dâacquisition de nationalités, la Convention internationale de 1966 sur lâélimination de toutes les formes de discrimination raciale, le Pacte international de 1966 relatif aux droits civils et politiques, la Convention européenne de 1967 en matière dâadoption des enfants, la Convention américaine de 1969 relative aux droits de lâhomme, la Convention de 1973 de la Commission internationale de lâétat civil tendant à réduire le nombre de cas dâapatridie, la Convention de 1979 sur lâélimination de toutes les formes de discrimination à lâégard des femmes et la Convention de 1989 relative aux droits de lâenfant. (6) Les arrêts suivants de la Cour européenne des Droits de lâHomme sont des plus significatifs à cet égard : Abdulaziz, Cabales et Balkandali, 28 mai 1985, vol. 94 ; Berrehab, 21 juin 1988, vol. 138 ; Moustaquim, 18 février 1991, vol. 193 ; Cruz Varas, 20 mars 1991, vol. 201 ; Beldjoudi, 26 mars 1992, vol. 234-A ; Nasri, 13 juillet 1995, vol. 324 ; Gül, 19 février 1996 ; Boughanemi, 24 avril 1996 (Recueil des arrêts et décisions 1996-II). Voir aussi lâavis important de la Commission européenne des Droits de lâHomme dans lâaffaire des Asiatiques dâAfrique de lâEst, 14 décembre 1993, publiée dans HRLJ (1994), vol. 15, p. 215. (7) En vertu du paragraphe 2 de lâarticle 8, il ne peut y avoir ingérence dans lâexercice de ce droit que par une autorité publique pour prévenir des infractions pénales, pour protéger la santé ou la morale ou pour protéger les droits et libertés dâautrui, et seulement si cette ingérence constitue une mesure nécessaire dans une société démocratique (voir lâaffaire Boughanemi citée à la note précédente). (8) Voir Décrets de nationalité de Tunis et du Maroc, Rapports CPJI (1923), Série B, n° 4. (9) Voir en particulier la Cour interaméricaine des droits de lâhomme, qui, dans un avis consultatif de 1984, a affirmé que le droit à la nationalité était un droit inhérent à lâhomme, reconnu par le droit international, et que les pouvoirs des Ãtats en matière de nationalité étaient circonscrits par lâobligation qui leur incombe dâassurer pleinement la protection des droits de lâhomme (Re Amendments to the Naturalisation Provisions of the Constitution of Costa Rica [à propos de la réforme des dispositions de la Constitution du Costa Rica en matière de naturalisation], oc-4/84 HRLJ (1984), vol. 5, p. 161). (10) Pour une étude de lâexistence et du contenu précis du droit à la nationalité, voir Chan, The right to a nationality as a human right, 12 HRLJ 1 (1991). (11) Voir aussi le chapitre VI ci-dessous sur la succession dâÃtats et la nationalité. (12) Voir article 2, paragraphe 2, de la Directive du Conseil 68/360 â Travailleurs : « Les Ãtats membres délivrent ou renouvellent à ces ressortissants, conformément à leur législation, une carte dâidentité ou un passeport précisant notamment leur nationalité. » Cette règle est aussi applicable mutatis mutandis aux étudiants (Directive du Conseil 93/96) ; aux travailleurs salariés et non salariés ayant cessé leur activité professionnelle (Directive du Conseil 90/365) ; aux prestataires de service ou aux travailleurs indépendants (Directive du Conseil 73/148) ; aux personnes qui jouissent du droit de résidence (Directive du Conseil 90/364). (13) Au nombre de ces instruments figurent notamment la Recommandation n° R (94) 12 sur lâindépendance, lâefficacité et le rôle des juges et la Recommandation n° R (95) 5 sur lâinstauration de systèmes et procédures de recours en matière civile et commerciale et sur lâamélioration de leur fonctionnement. Voir les publications du Conseil de lâEurope relatives à lâefficacité et à lâéquité de la justice. (14) Voir, en particulier, les arrêts Ringeisen, 16 juillet 1971, vol. 13 ; Golder, 21 février 1975, vol. 18 ; Airey, 9 octobre 1979, vol. 32 et Albert et Lecompte, 10 février 1982, vol. 58. (15) Les arrêts suivants de la Cour européenne des Droits de lâHomme sont des plus pertinents à cet égard ; Berrehab, 21 juin 1988, vol. 138 ; Moustaquim, 18 février 1991, vol. 193 ; Beldjoudi, 26 mars 1992, vol. 234-A ; Nasri, 13 juillet 1995, vol. 324 ; Gül, 19 février 1996 (Recueil des arrêts et décisions 1996-II). (16) Voir aussi les jugements de la Cour de justice des Communautés européennes : Commission des Communautés européennes c/ Luxembourg, C-473/93, 2 juillet 1996 ; Commission des Communautés européennes c/ Belgique, C-173/94, 2 juillet 1996 ; Commission des Communautés européennes c/ Grèce, C-290/94, 2 juillet 1996. Dans ces cas, la Cour européenne de justice a affirmé quâun manquement à la limitation de lâexigence de la nationalité pour lâaccès aux emplois de fonctionnaire et dâemployé public comportant une participation à lâexercice de la puissance publique est contraire aux dispositions relatives à la libre circulation des travailleurs à lâintérieur de la Communauté. * Convention du Conseil de lâEurope sur la prévention des cas dâapatridie en relation avec la succession dâÃtats â PREAMBULE Les Ãtats membres du Conseil de lâEurope et les autres Ãtats signataires de la présente Convention, Considérant que la prévention de lâapatridie est lâune des préoccupations majeures de la communauté internationale dans le domaine de la nationalité ; Notant que la succession dâÃtats demeure une raison majeure de cas dâapatridie ; Reconnaissant que la Convention européenne sur la nationalité (STE n° 166), ouverte à la signature à Strasbourg le 6 novembre 1997, ne comporte que des principes généraux et non des règles spécifiques sur la nationalité en cas de succession dâÃtats ; Ayant à lâesprit que, sâagissant des cas dâapatridie en relation avec la succession dâÃtats, dâautres instruments internationaux soit nâont pas un caractère contraignant soit ne règlent pas certaines questions importantes ; Convaincus, pour les raisons mentionnées ci-dessus, de la nécessité dâun instrument international général sur la succession dâÃtats et la prévention de lâapatridie qui sâinspire des principes de la Convention européenne sur la nationalité pour son interprétation et son application ; Tenant compte de la Recommandation n° R (99) 18 du Comité des Ministres sur la prévention et la réduction des cas dâapatridie, ainsi que de lâexpérience pratique accumulée ces dernières années, concernant la succession dâÃtats et lâapatridie ; Prenant en compte dâautres instruments internationaux contraignants, à savoir les Conventions des Nations Unies relative au statut des apatrides et sur la réduction des cas dâapatridie, et les Conventions de Vienne sur la succession dâÃtats en matière de traités et sur la succession dâÃtats en matière de biens, archives et dettes dâÃtat ; Prenant également en compte le projet dâarticles sur la nationalité des personnes physiques en relation avec la succession dâÃtats, préparé par la Commission du droit international des Nations Unies, figurant à lâannexe de la Résolution 55/153 de 2001 de lâAssemblée générale des Nations Unies ainsi que la Déclaration de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise) relative aux incidences de la succession dâÃtats en matière de nationalité des personnes physiques ; Sâappuyant, sans y porter préjudice, sur les principes généraux énoncés dans les instruments internationaux et les documents susvisés, en ajoutant des règles spécifiques qui sâappliquent à la situation particulière de lâapatridie en relation avec la succession dâÃtats ; Afin de donner effet aux dispositions de la Convention européenne sur la nationalité selon lesquelles chaque individu a droit à une nationalité et selon lesquelles les principes de la prééminence du droit et des droits de lâhomme, y compris lâinterdiction de la privation arbitraire de la nationalité et le principe de non-discrimination, doivent être respectés pour éviter lâapatridie, Sont convenus de ce qui suit : ARTICLE 1 Définitions Aux termes de la présente Convention : a. lâexpression « succession dâÃtats » désigne la substitution dâun Ãtat à un autre dans la responsabilité des relations internationales dâun territoire ; b. lâexpression « Ãtat concerné » désigne lâÃtat prédécesseur ou lâÃtat successeur, selon le cas ; c. lâexpression « apatridie » désigne la situation dâune personne qui nâest considérée comme son ressortissant par aucun Ãtat en application de son droit interne ; d. lâexpression « résidant habituellement » désigne une résidence stable de facto ; e. lâexpression « personne concernée » désigne tout individu qui, au moment de la succession dâÃtats, possédait la nationalité de lâÃtat prédécesseur et qui est ou deviendrait apatride par suite de la succession dâÃtats. ARTICLE 2 Droit à une nationalité Tout individu qui, au moment de la succession dâÃtats, possédait la nationalité de lâÃtat prédécesseur et qui est ou deviendrait apatride par suite de la succession dâÃtats a droit à la nationalité de lâun des Ãtats concernés, conformément aux articles suivants. ARTICLE 3 Prévention de lâapatridie LâÃtat concerné prend toutes les mesures appropriées pour empêcher que les personnes qui, au moment de la succession dâÃtats, ont la nationalité de lâÃtat prédécesseur ne deviennent apatrides par suite de la succession. ARTICLE 4 Non-discrimination Lorsquâils appliquent la présente Convention, les Ãtats concernés ne font aucune discrimination à lâencontre de quelque personne concernée ni pour quelque raison que ce soit fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. ARTICLE 5 Responsabilité de lâÃtat successeur 1. LâÃtat successeur accorde sa nationalité aux personnes qui, au moment de la succession dâÃtats, possédaient la nationalité de lâÃtat prédécesseur, et qui sont ou deviendraient apatrides par suite de la succession dâÃtats si, à ce moment-là : a. elles résident habituellement sur le territoire devenu territoire de lâÃtat successeur, ou b. elles ne résident habituellement dans aucun des Ãtats concernés mais ont un lien de rattachement avec lâÃtat successeur. 2. Au sens du paragraphe 1, alinéa b, un « lien de rattachement » inclut notamment : a. un lien juridique avec une unité territoriale dâun Ãtat prédécesseur devenue territoire de lâÃtat successeur ; b. naissance sur le territoire devenu territoire de lâÃtat successeur ; c. une dernière résidence habituelle sur le territoire de lâÃtat prédécesseur devenu territoire de lâÃtat successeur. ARTICLE 6 Responsabilité de lâÃtat prédécesseur Un Ãtat prédécesseur ne retire pas sa nationalité à ceux de ses ressortissants qui nâont pas acquis la nationalité dâun Ãtat successeur et qui, sinon, deviendraient apatrides par suite de la succession dâÃtats. ARTICLE 7 Respect de la volonté exprimée de la personne concernée Un Ãtat successeur ne refuse pas dâaccorder sa nationalité selon lâarticle 5, paragraphe 1, alinéa b, quand cette nationalité correspond à la volonté exprimée par la personne concernée au motif que la personne peut acquérir la nationalité dâun autre Ãtat concerné sur la base dâun lien de rattachement avec cet Ãtat. ARTICLE 8 Régime de la preuve 1. Un Ãtat successeur nâapplique pas ses conditions de preuve normalement imposées pour lâoctroi de sa nationalité dans le cas des personnes qui sont ou qui deviendraient apatrides par suite de la succession dâÃtats et lorsquâil est déraisonnable pour ces personnes de satisfaire aux conditions normalement imposées. 2. Avant de lui accorder sa nationalité, un Ãtat successeur nâexige pas dâune personne qui résidait habituellement sur son territoire au moment de la succession dâÃtats et qui est devenue ou deviendrait apatride par suite de cette succession dâÃtats, quâelle prouve quâelle nâa pas acquis une autre nationalité. ARTICLE 9 Acquisition de la nationalité facilitée pour les apatrides Un Ãtat concerné facilite lâacquisition de sa nationalité par les personnes résidant légalement et habituellement sur son territoire qui, en dépit des articles 5 et 6, deviennent apatrides du fait de la succession dâÃtats. ARTICLE 10 Prévention de lâapatridie à la naissance Un Ãtat concerné accorde sa nationalité dès la naissance à lâenfant né à la suite dâune succession dâÃtats sur son propre territoire dâun parent qui, au moment de la succession dâÃtats, possédait la nationalité dâun Ãtat prédécesseur si, faute dâagir ainsi, lâenfant serait apatride. ARTICLE 11 Information des personnes concernées Les Ãtats concernés prennent toutes les mesures nécessaires pour garantir que les personnes concernées seront suffisamment informées des règles et procédures relatives à lâacquisition de leur nationalité. ARTICLE 12 Garanties procédurales Lorsquâil applique la présente Convention, lâÃtat concerné doit faire en sorte que dans le cadre des procédures concernant la nationalité : a. les demandes pertinentes soient traitées dans un délai raisonnable ; b. les décisions pertinentes soient motivées par écrit et puissent faire l'objet d'un recours administratif ou judiciaire conformément à son droit interne ; c. les frais administratifs soient raisonnables et ne constituent pas un empêchement pour les demandeurs. ARTICLE 13 Règlement au moyen dâun accord international Les Ãtats concernés sâefforcent de régler, le cas échéant par un accord international, les questions liées à la nationalité, spécialement en vue dâéviter lâapatridie. â ARTICLE 14 Coopération internationale 1. Afin dâadopter des mesures appropriées tendant à éviter lâapatridie consécutive à une succession dâÃtats, les Ãtats concernés coopèrent, notamment en fournissant des informations sur lâapplication de leur droit interne en la matière. 2. Dans le même but que celui mentionné au paragraphe 1, les Ãtats concernés coopèrent aussi : a. avec le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et, b. le cas échéant, avec dâautres Ãtats et organisations internationales. ARTICLE 15 Application de la présente Convention 1. La présente Convention sâapplique à lâégard dâune succession dâÃtats qui sâest produite postérieurement à son entrée en vigueur. 2. Un Ãtat concerné peut cependant déclarer par notification adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, au moment où il exprime son consentement à être lié par la présente Convention ou à tout moment ultérieur, quâil appliquera également les dispositions de la présente Convention à une succession dâÃtats survenue antérieurement à lâentrée en vigueur de la présente Convention. 3. Si plusieurs Ãtats concernés font une déclaration, comme indiqué au paragraphe 2, à lâégard de la même succession dâÃtats, la présente Convention sâappliquera entre les Ãtats ayant fait cette déclaration. ARTICLE 16 Effets de la présente Convention 1. Les dispositions de cette Convention ne portent pas atteinte aux dispositions de droit interne et des instruments internationaux contraignants qui sont ou entreront en vigueur, en vertu desquels des droits supplémentaires sont ou seraient accordés aux individus dans le cadre de la prévention des cas dâapatridie. 2. La présente Convention ne porte pas préjudice à lâapplication : a. de la Convention européenne sur la nationalité, en particulier du chapitre VI portant sur la succession dâÃtats et la nationalité ; b. dâautres instruments internationaux contraignants dans la mesure où ces instruments sont compatibles avec la présente Convention, dans les relations entre les Ãtats Parties liés par ces instruments. ARTICLE 17 Règlement des différends Tout différend portant sur lâinterprétation ou lâapplication de la présente Convention sera réglé principalement au moyen de négociations. ARTICLE 18 Signature et entrée en vigueur 1. La présente Convention est ouverte à la signature des Ãtats membres du Conseil de lâEurope et des Ãtats non membres qui ont participé à son élaboration. Ces Ãtats peuvent exprimer leur consentement à être liés par : a. signature sans réserve de ratification, dâacceptation ou dâapprobation ; ou b. signature, sous réserve de ratification, dâacceptation ou dâapprobation, suivie de ratification, dâacceptation ou dâapprobation. Les instruments de ratification, dâacceptation ou dâapprobation seront déposés auprès du Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 2. La présente Convention entrera en vigueur, pour tous les Ãtats ayant exprimé leur consentement à être liés par cette Convention, le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date à laquelle trois Ãtats membres du Conseil de lâEurope auront exprimé leur consentement à être liés par cette Convention conformément aux dispositions du paragraphe précédent. 3. Pour tout Ãtat qui exprimera ultérieurement son consentement à être lié par la présente Convention, celle-ci entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de la signature ou du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation ou dâapprobation. ARTICLE 19 Adhésion 1. Après lâentrée en vigueur de la présente Convention, le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope pourra inviter tout Ãtat non membre du Conseil de lâEurope qui nâa pas participé à son élaboration à adhérer à cette Convention. 2. Pour tout Ãtat adhérent, la présente Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date du dépôt de lâinstrument dâadhésion auprès du Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. ARTICLE 20 Réserves 1. Aucune réserve nâest admise à lâégard de la présente Convention sauf en ce qui concerne les dispositions de lâarticle 7, de lâarticle 8, paragraphe 2, de lâarticle 12 et de lâarticle 14, paragraphe 2, alinéa b. 2. Toute réserve faite par un Ãtat en vertu du paragraphe 1 sera formulée au moment de la signature ou du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion. 3. Tout Ãtat peut retirer en tout ou en partie une réserve formulée par lui conformément au paragraphe 1 au moyen dâune déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope et qui prendra effet à la date de sa réception. ARTICLE 21 Dénonciation 1. Tout Ãtat Partie peut, à tout moment, dénoncer la présente Convention au moyen dâune notification adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 2. La dénonciation prendra effet le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. ARTICLE 22 Notifications Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope notifiera aux Ãtats membres du Conseil de lâEurope, à tout Signataire, à toute Partie et à tout autre Ãtat ayant adhéré à la présente Convention : a. toute signature ; b. le dépôt de tout instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion ; c. toute date dâentrée en vigueur de la présente Convention conformément à ses articles 18 et 19 ; d. toute réserve et tout retrait de réserve formulés conformément aux dispositions de lâarticle 20 de la présente Convention ; e. toute notification ou déclaration formulée conformément aux dispositions des articles 15 et 21 de la présente Convention ; f. tout autre acte, notification ou communication ayant trait à la présente Convention. En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Convention. Fait à Strasbourg, le 19 mai 2006, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de lâEurope. Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Ãtats membres du Conseil de lâEurope, aux Ãtats non membres ayant participé à lâélaboration de la présente Convention et à tout Ãtat invité à adhérer à la Convention. * â RAPPORT EXPLICATIF â Introduction 1. L'une des préoccupations majeures de la communauté internationale est la prévention de lâapatridie. Le droit coutumier international veut que les Ãtats soient tenus, quand ils définissent qui sont leurs ressortissants, d'éviter les cas d'apatridie. Les règles d'application de cette obligation sont contenues dans la Convention des Nations Unies de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie. 2. La prévention de l'apatridie est étroitement liée au droit de la personne à une nationalité 1 , étant donné que la non réalisation de ce droit conduit à l'apatridie. La Convention européenne sur la nationalité se réfère, dans son article 4, à ces deux principes généraux du droit international. 3. Lâexpérience a démontré que, notamment de par la succession dâÃtats, un grand nombre de personnes risquent de perdre leur nationalité sans obtenir une autre nationalité et de devenir ainsi apatrides. Le chapitre VI de la Convention européenne sur la nationalité, sur « la succession dâÃtats et la nationalité », énonce quelques principes généraux relatifs à la nationalité que les Ãtats doivent respecter en cas de succession d'Ãtats. 4. La présente Convention s'appuie sur le chapitre VI de la Convention européenne sur la nationalité pour élaborer des règles plus détaillées que devront appliquer les Ãtats dans le contexte de la succession dâÃtats en vue de prévenir, ou tout du moins de réduire autant que possible, les cas dâapatridie émanant de telles situations. Il va sans dire que, conformément à lâarticle 34 de la Convention de Vienne sur le droit des traités, la Convention ne peut créer dâobligations juridiques que pour les Ãtats qui y sont Parties. 5. Malgré le lien étroit entre la Convention européenne sur la nationalité et la présente Convention (voir le préambule de la Convention), qui rappelle les principaux principes contenus dans la Convention européenne sur la nationalité particulièrement pertinents dans le contexte de la succession d'Ãtats, il convient de souligner que la portée de la présente Convention se limite à la prévention de l'apatridie résultant d'une succession d'Ãtats. Cette Convention ne vise donc pas à établir des normes devant être appliquées par les Ãtats pour l'attribution de leur nationalité dans ce contexte â de telles normes figurent déjà au Chapitre VI de la Convention européenne sur la nationalité, en particulier à l'article 18. Par conséquent, les principes et règles énoncés dans la Convention nâaffectent en rien les droits et obligations dérivés de la Convention européenne sur la nationalité. ARTICLE 1 Définitions 6. La Convention donne à la « succession d'Ãtats » le même sens que d'autres instruments internationaux, comme les deux conventions de Vienne, lâune sur la succession d'Ãtats en matière de traités (1978) et lâautre sur la succession d'Ãtats en matière de biens, archives et dettes d'Ãtat (1983), et le projet d'articles sur la nationalité des personnes physiques en relation avec la succession d'Ãtats, élaboré par la Commission du droit international des Nations Unies en 1999 (projets d'Articles de la CDI). Ces instruments disposent qu'ils s'appliquent uniquement aux effets d'une succession d'Ãtats se produisant conformément au droit international et, notamment, conformément aux principes de ce droit international incorporés dans la Charte des Nations Unies. 7. La « succession d'Ãtats » peut résulter de divers types d'événements tels le transfert de territoire d'un Ãtat à un autre, l'unification d'Ãtats, la dissolution d'un Ãtat et la scission d'une ou de plusieurs parties du territoire. L'expression est utilisée pour décrire toute substitution d'un Ãtat par un autre dans la responsabilité des relations internationales dâun territoire. Cependant, les Ãtats ont la faculté d'appliquer également, par analogie, les dispositions incluses dans la Convention pour des situations qu'ils ne reconnaissent pas, sur la base de la définition formulée, comme succession d'Ãtats. 8. L'expression « Ãtat concerné » couvre « lâÃtat prédécesseur » qui fait référence à lâÃtat qui a été substitué à la suite de la succession dâÃtats, ainsi que « lâÃtat successeur » qui fait référence à lâÃtat qui a substitué un autre Ãtat à la suite de la succession dâÃtats. Ces définitions des Ãtats prédécesseur et successeur sont issues des deux Conventions de Vienne sur la succession d'Ãtats mentionnées ci-dessus et ont été reprises dans les projets d'Articles de la CDI. Lâexpression « Ãtat concerné » couvre toute situation où il y a à la fois un Ãtat prédécesseur et un Ãtat successeur, et où il y a plus d'un Ãtat de chaque catégorie. Toutefois, il n'y a pas toujours nécessairement un Ãtat ou plus de chaque catégorie. LâÃtat prédécesseur ou les Ãtats prédécesseurs peuvent avoir disparu après la succession d'Ãtats, auquel cas l'expression ne fait référence qu'à un ou plusieurs Ãtats successeurs. 9. La définition de l'« apatridie » se base sur la définition dâune « personne apatride » donnée par l'article 1 de la Convention des Nations Unies de 1954 relative au statut des apatrides, mais avec une légère modification consistant à ajouter que par « législation », il faut entendre « droit interne », qui inclut tous les types de dispositions du système juridique national, comme le spécifie l'article 2.d de la Convention européenne sur la nationalité. La définition, en termes dâobligation juridiquement contraignante pour les Ãtats concernés, est donc limitée aux « apatrides de droit », même si l'Acte final de la Convention des Nations Unies de 1961 sur la réduction des cas dâapatridie recommande que les personnes « apatrides de fait » soient, autant que possible, traitées comme des « apatrides de droit » pour leur permettre d'acquérir une nationalité effective. La situation d'apatridie nâest pertinente dans la mise en oeuvre de la Convention que si elle nâest survenue ou surviendra suite à la succession d'Ãtats en question. La Convention ne couvre pas les personnes qui étaient déjà apatrides au moment de la succession dâÃtats, ou celles qui sont devenues apatrides après, et non suite à , une succession dâÃtats. 10. La référence à « résidant habituellement » est basée sur un concept harmonisé au niveau international de cette expression, telle qu'employée dans les Conventions de La Haye sur le droit international privé et la Résolution (72) 1 du Conseil de lâEurope relative à l'unification des concepts juridiques de « domicile » et de « résidence » aux fins de naturalisation. L'expression se réfère à une situation de fait et n'implique aucune connotation juridique ou formelle. â 11. La définition de « personnes concernées » est basée sur celle figurant dans les projets d'articles de la CDI et inclut tous les individus qui sont déjà devenus apatrides ou qui le deviendraient suite à une succession dâÃtats parce quâils nâont pas acquis ou nâacquériront pas la nationalité de lâÃtat successeur et parce quâils ont perdu ou perdront la nationalité de lâÃtat prédécesseur. ARTICLE 2 Droit à une nationalité 12. Le droit à une nationalité est un droit fondamental reconnu par lâarticle 15 de la Déclaration universelle des Droits de lâHomme. Ce droit est un des principes fondamentaux de la Convention européenne sur la nationalité. Il nây a aucune raison pour que des personnes qui avaient la nationalité de lâÃtat prédécesseur se retrouvent subitement dépourvues de nationalité suite à une succession dâÃtats. Elles devraient dès lors être protégées par les principes de la prééminence du droit et les règles des droits de lâhomme, à savoir les principes énoncés dans la Convention européenne sur la nationalité et son chapitre VI relatif à la succession dâÃtats et la nationalité. ARTICLE 3 Prévention de lâapatridie 13. L'article énonce le principe général d'après lequel les Ãtats concernés prennent toutes les mesures nécessaires pour prévenir les cas d'apatridie résultant d'une succession d'Ãtats. Ces mesures à prendre pourraient inclure lâélaboration de traités internationaux sur la prévention de l'apatridie et l'application de ce principe dans leur droit interne. D'autres mesures peuvent également être envisagées. Les formalités nécessaires pour donner effet aux règles énoncées en droit interne, telles que le paiement des frais et l'application d'autres procédures administratives ou judiciaires, ne devraient pas empêcher une personne qui deviendrait apatride suite à une succession d'Ãtats dâacquérir une nationalité. 14. En tant que principe général du droit international, et à quelques exceptions près (telles que les cas de fraude), la perte de la nationalité, dès lors que les lois sur la nationalité la prévoit, doit être subordonnée à la condition que la personne ne devienne pas apatride de ce fait. Cette obligation est dâautant plus évidente en cas de succession. 15. Le principe énoncé à lâarticle 3 indique le cadre général sur lequel reposent dâautres obligations plus spécifiques. Lâélimination de lâapatridie est le résultat auquel doit aboutir lâapplication de lâensemble des principes et règles figurant dans la Convention, notamment par le biais dâune action coordonnée des Ãtats concernés dans le cadre dâun règlement au moyen dâun accord international et dâune coopération internationale (cf. paragraphes 47-55 ci-dessous). 16. Les Ãtats peuvent, sâils le souhaitent, appliquer également les dispositions de la Convention aux personnes apatrides de fait. Cela ne constitue pas une obligation juridique, mais une possibilité. Une succession dâÃtats peut bien créer des situations dâapatridie de fait où les personnes ont la nationalité de lâun des Ãtats concernés mais ne sont pas en mesure de bénéficier de la protection de cet Ãtat. ARTICLE 4 Non-discrimination 17. Le principe de non-discrimination, basé sur lâarticle 14 de la Convention de sauvegarde des Droits de lâHomme et des Libertés fondamentales et sur le Protocole n° 12 à ladite Convention, joue un rôle fondamental dans la prévention des cas dâapatridie liée à la succession dâÃtats. ARTICLE 5 Responsabilité de lâÃtat successeur Paragraphe 1 18. La responsabilité de lâÃtat successeur sâapplique à deux groupes de personnes : a. celles qui ont leur résidence habituelle sur son territoire au moment de la succession d'Ãtats, et b. celles qui ont un lien de rattachement avec cet Ãtat. La responsabilité de l'Ãtat successeur est limitée aux anciens ressortissants de l'Ãtat prédécesseur qui sont devenus ou deviendraient apatrides suite à la succession d'Ãtats en question. Elle ne couvre donc pas les personnes qui étaient déjà apatrides dans l'Ãtat prédécesseur. Le droit à une nationalité de ces personnes peut en revanche être couvert par lâarticle 6, paragraphe 4.g de la Convention européenne sur la nationalité. 19. Il convient de noter que la Convention ne précise aucunement de quelle manière particulière les Ãtats devraient attribuer leur nationalité, puisque cela relève du droit interne des Ãtats concernés. Ainsi, lâÃtat peut accorder sa nationalité soit sur la base dâun acte volontaire de la personne concernée soit automatiquement de plein droit. Alinéa a 20. LâÃtat successeur doit appliquer le critère de « résidant habituellement » aux personnes qui résident sur son territoire au moment de la succession d'Ãtats. Le principe reflète le postulat du droit international selon lequel la population dâun territoire suit le changement de souveraineté sur ce territoire en matière de nationalité. Cette obligation découle aussi logiquement du fait quâun Ãtat successeur nouvellement établi a besoin dâune population. 21. Ce critère de « résidant habituellement » s'applique à plusieurs situations relevant de la succession d'Ãtats. En premier lieu, il concerne la situation de transfert de territoire d'un Ãtat à un autre et celle de scission d'une ou de plusieurs parties du territoire de l'Ãtat prédécesseur à /dâun ou plusieurs nouveaux Ãtats. Dans ces cas, l'Ãtat successeur doit accorder sa nationalité aux personnes qui étaient ressortissantes de l'Ãtat prédécesseur et sont résidants habituellement dans lâÃtat successeur. En second lieu, « résidant habituellement » a trait à la situation de dissolution d'un Ãtat dans laquelle l'Ãtat prédécesseur cesse d'exister, ainsi quâà la situation dâunification dâÃtats dans laquelle deux ou plusieurs Ãtats sâunissent et forment ainsi un Ãtat successeur. L'Ãtat successeur doit accorder sa nationalité aux personnes qui résidaient habituellement sur son territoire au moment de la succession d'Ãtats et qui ont perdu leur nationalité à la suite de la dissolution de l'Ãtat prédécesseur ou de par lâunification dâÃtats. Alinéa b 22. Le deuxième groupe de personnes envers qui lâÃtat successeur a le devoir dâoctroyer sa nationalité concerne les personnes qui ne résident pas habituellement sur le territoire de lâÃtat successeur au moment de la succession d'Ãtats. Cela peut être dû au fait que, bien que présentes sur le territoire de lâÃtat successeur, elles ne sont pas considérées comme ayant satisfait au critère de « résidant habituellement » ou, parce quâau moment de la succession dâÃtats, elles résidaient hors du territoire de lâÃtat prédécesseur et, par conséquent, ne résidaient pas habituellement sur le territoire d'aucun des Ãtats concernés. LâÃtat successeur doit octroyer sa nationalité à ces personnes dès lors quâun lien de rattachement existe les reliant à cet Ãtat. 23. La disposition est en particulier pertinente dans les situations où lâÃtat prédécesseur a cessé dâexister et où les personnes qui possédaient sa nationalité lâont, par conséquent, automatiquement perdue au moment de la succession dâÃtats et sont devenus apatrides. La disposition peut également être pertinente lorsque lâÃtat prédécesseur continue dâexister mais nâa pas adhéré à la Convention et quâil a retiré sa nationalité à une personne. Paragraphe 2 24. Trois exemples de « lien de rattachement » sont présentés dans le paragraphe 2. Ceux-ci couvrent la grande majorité des cas. Toutefois, la liste n'est pas exhaustive et les Ãtats peuvent aller plus loin. Ils peuvent également prendre en considération d'autres facteurs tels que : un séjour antérieur, de longue durée, sur son territoire ; la filiation (par une ou plusieurs générations) à lâégard dâune personne couverte par cet article ; ou le mariage avec une personne couverte par cet article (cf. l'« origine territoriale » dâune personne, mentionnée à l'article 18, paragraphe 2.d de la Convention européenne sur la nationalité). 25. Lâexemple cité à lâarticle 5, paragraphe 2.a nâest pertinent que dans le cas où un lien juridique existe entre lâunité constitutive de l'Ãtat prédécesseur et la personne concernée au regard du droit interne de cet Ãtat. Cela était le cas, par exemple, dans les Ãtats fédéraux (« citoyenneté interne »). Lâexpression « lien juridique » pourrait également inclure une autre sorte de lien juridique entre une partie spécifique du territoire dâun Ãtat prédécesseur (province, région, etc.) et une personne concernée. ARTICLE 6 Responsabilité de lâÃtat prédécesseur 26. La responsabilité de lâÃtat prédécesseur ne sâapplique quâà lâégard des personnes qui nâont pas acquis la nationalité dâun Ãtat successeur. Dans de pareils cas, lâÃtat prédécesseur est tenu de ne pas retirer sa nationalité aux personnes qui risquent de devenir apatrides suite à la succession dâÃtats. 27. L'article n'établit pas de distinction entre les cas où l'acquisition de la nationalité résulte d'un acte volontaire (naturalisation) et ceux où elle a été automatiquement accordée par l'Ãtat (de plein droit). Le simple fait que la personne n'ait pas acquis la nationalité d'un Ãtat successeur engage la responsabilité de lâÃtat prédécesseur. 28. La règle selon laquelle un Ãtat prédécesseur, pour prévenir l'apatridie suite à une succession dâÃtats, ne doit pas retirer sa nationalité à des personnes qui n'ont pas acquis celle d'un autre Ãtat équivaut à lâarticle 7, paragraphe 3 de la Convention européenne sur la nationalité. Toutefois, lorsque la personne a acquis la nationalité d'un autre Ãtat, quâil soit lâÃtat successeur ou un Ãtat tiers, l'Ãtat prédécesseur a la liberté de retirer sa nationalité, mais seulement conformément à ses obligations relevant du droit international. 29. La disposition ne s'applique quâaux situations dans lesquelles l'Ãtat prédécesseur continue dâexister après la succession d'Ãtats, comme câest le cas après le transfert et la scission d'une ou de plusieurs parties du territoire. Toutefois, lorsque l'Ãtat prédécesseur a disparu ou n'est pas Partie à la Convention, seul lâarticle antérieur concernant la responsabilité de l'Ãtat successeur sâapplique. ARTICLE 7 Respect de la volonté exprimée de la personne concernée 30. La disposition sâapplique exclusivement aux situations où une personne a un lien de rattachement avec plus dâun Ãtat successeur (article 5, paragraphe 1.b) ; en pareil cas, si la personne exprime sa volonté dâacquérir la nationalité de l'un de ces Ãtats, celui-ci ne peut lui refuser sa nationalité au motif qu'elle peut acquérir la nationalité d'un autre Ãtat successeur. Cet article revêt un intérêt particulier dans les cas où différents membres d'une famille pourraient avoir un lien de rattachement avec plusieurs Ãtats successeurs, et où le respect de la volonté exprimée de la personne concernée peut préserver l'unité de la famille. 31. La volonté d'une personne dâacquérir la nationalité dâun Ãtat en particulier s'exprime habituellement par la présentation d'une demande d'acquisition de la nationalité de cet Ãtat. Pour les enfants qui nâont pas encore atteint lââge de la majorité, ainsi que pour les personnes qui nâont pas la capacité juridique, la volonté peut être exprimée par leur représentant légal. Si lâenfant a lââge de discernement, sa libre volonté doit être prise en compte conformément au principe de lâintérêt supérieur de lâenfant comme stipulé dans la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. ARTICLE 8 Régime de la preuve Paragraphe 1 32. La disposition tient compte du cas dans lequel, en raison de circonstances particulières pouvant survenir lors d'une succession d'Ãtats, il est impossible ou très difficile pour une personne de répondre aux exigences habituelles en matière de preuve pour remplir les conditions d'acquisition de la nationalité. 33. Dans certains cas, la personne pourrait se trouver dans lâimpossibilité de produire la preuve documentaire complète de son ascendance si, par exemple, les archives de l'état civil ont été détruites, ou de produire la preuve documentaire de son lieu de résidence si celui-ci n'avait pas été enregistré. La disposition prévoit le cas où il serait objectivement possible pour une personne dâapporter des preuves mais où il serait déraisonnable dâexiger par exemple dâune personne quâelle accomplisse certains actes qui pourraient mettre sa vie ou sa santé en danger. 34. Les circonstances qui rendent difficile la production de preuves pour répondre aux exigences fixées ne sont pas nécessairement toujours liées directement à la succession dâÃtats. Cette difficulté peut résulter dâun événement survenu avant ou après la succession dâÃtats, par exemple lorsque, sous le régime de lâÃtat prédécesseur, un registre a été détruit ou des documents essentiels nâont pas été délivrés à un groupe de population en particulier. 35. Dans les cas susmentionnés, il doit être suffisant dâavoir une forte probabilité de preuve ou un témoignage indépendant pour que les conditions nécessaires à l'acquisition de la nationalité d'un Ãtat successeur soient remplies. Paragraphe 2 36. La disposition ne sâapplique que dans le cas de succession dâÃtats où lâÃtat prédécesseur a disparu et où toutes les personnes possédant la nationalité de lâÃtat prédécesseur ont perdu automatiquement cette nationalité du fait de la disparition de cet Ãtat. Si, en pareil cas, le nouvel Ãtat successeur adopte une politique de prévention et de réduction des cas de pluralité de nationalités, il pourrait exiger de la personne dâapporter la preuve quâelle nâa pas acquise une autre nationalité ou quâelle est apatride. Il est souvent impossible pour les personnes de satisfaire à lâexigence dâapporter la preuve quâelles ne possèdent pas une autre nationalité ou quâelles sont apatrides car la coopération dâautres Ãtats est alors nécessaire. Ce peut être le cas en particulier pour les réfugiés apatrides. Lorsquâil existe un risque pour la personne concernée de devenir apatride suite à une succession dâÃtats, lâÃtat successeur nâexige pas la preuve de la non acquisition dâune autre nationalité ou de lâapatridie avant dâoctroyer sa nationalité. Cette règle est fondée sur lâidée prédominante que la prévention de lâapatridie est dâintérêt primordial pour la communauté internationale alors que lâacceptation ou le refus de la pluralité de nationalités appartient aux Ãtats concernés. 37. Lâarticle 8 nâempêche pas un Ãtat qui souhaite réduire le nombre de cas de pluralité de nationalités de coopérer avec dâautres Ãtats et dâéchanger des informations concernant lâacquisition et la perte de la nationalité (cf. article 14). La disposition sur la non reconnaissance d'une autre nationalité, énoncée dans la Convention de La Haye de 1930 concernant certaines questions relatives au conflit des lois sur la nationalité, ainsi que lâéventuelle perte automatique de la nationalité en cas d'acquisition volontaire d'une autre nationalité, telle quâénoncée à lâarticle 7, paragraphe 1.a de la Convention européenne sur la nationalité, peuvent s'avérer utiles pour éviter les cas de pluralité de nationalités. Enfin, un Ãtat peut demander à la personne de déclarer par écrit quâelle nâa pas acquis une autre nationalité, ce qui lâautorisera à annuler son octroi de nationalité si, ultérieurement, une fausse déclaration de la personne est mise à jour. ARTICLE 9 Acquisition de la nationalité facilitée pour les apatrides 38. Lâarticle vise à combler toute lacune qui subsisterait après l'application des articles 5 et 6, soit parce que l'Ãtat prédécesseur n'est pas Partie à la Convention, soit parce que du fait de sa disparition, toutes les personnes qui possédaient sa nationalité sont automatiquement devenues apatrides. Si, par la suite, ces personnes ne parviennent pas à remplir les conditions dâacquisition de la nationalité dâun Ãtat successeur, elles resteront apatrides. En pareils cas, il est important que lâÃtat successeur prévoit des conditions dâacquisition de sa nationalité plus favorables pour les apatrides résidant légalement et habituellement sur son territoire. Toutefois, la disposition n'a pas dâincidence sur les pouvoirs dâappréciation des Ãtats quant à l'octroi de nationalité à de tels apatrides. 39. L'article prend également en considération le cas de la dissolution d'un Ãtat où la date de la succession dâÃtats peut ne pas être la même pour tous les Ãtats successeurs, par exemple en raison de positions divergentes quant à la date de disparition de l'Ãtat prédécesseur. Les Ãtats successeurs peuvent également choisir de considérer un autre moment que celui de la succession d'Ãtats en tant que critère décisif pour l'acquisition de leur nationalité, par exemple la résidence sur leur territoire au moment d'un autre événement particulier (tel que le jour de l'adoption de la Constitution ou de l'entrée en vigueur de la loi sur la nationalité). 40. La succession d'Ãtats est souvent un processus d'une certaine durée. Durant cette période, des personnes peuvent changer de résidence, en quittant un Ãtat avant la date décisive de l'acquisition de la nationalité de cet Ãtat pour établir leur résidence dans un autre Ãtat après la date décisive de lâacquisition de la nationalité de ce dernier Ãtat, si bien qu'elles ne remplissent pas la condition, fixée à l'article 5.a, de la résidence habituelle dans nâimporte lequel des Ãtats successeurs et risquent de rester apatrides. 41. Toutefois, la disposition n'est pas censée s'appliquer lorsque le changement de résidence d'une personne a pour cause des motifs purement spéculatifs qui pourraient typiquement se produire lorsque la date de la succession d'Ãtats est établie précisément. L'affaire Nottebohm 2 a montré qu'un tel changement spéculatif de résidence est considéré comme un abus des lois sur la nationalité car il ne se fonde pas sur l'existence d'un véritable lien avec l'Ãtat en question. ARTICLE 10 Prévention de lâapatridie à la naissance 42. à la lumière de l'article 7 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant de 1989, dont le paragraphe 1 dispose quâun enfant est enregistré dès sa naissance et qu'il a notamment le droit d'acquérir une nationalité, et dont le paragraphe 2 énonce l'obligation pour les Ãtats de veiller à la mise en oeuvre de ces droits, en particulier dans les cas où, faute de cela, l'enfant se retrouve apatride, la Convention accorde une attention particulière à la prévention des risques dâapatridie chez les enfants à la suite d'une succession d'Ãtats. Un enfant doit acquérir, par conséquent, à la naissance la nationalité dâun Ãtat successeur sur la base du principe du droit du sol si, né dâun parent qui était précédemment un ressortissant de lâÃtat prédécesseur au moment de la succession dâÃtats, il risque de devenir apatride. Dans ce cas, lâacquisition de la nationalité dâun Ãtat successeur par lâenfant est indépendante de lâacquisition de la nationalité de cet Ãtat successeur également par le parent. La disposition vise à éviter aux enfants de devenir apatrides suite à lâapatridie de leurs parents. 43. Dans la pratique, un enfant ne pourrait pas toujours se voir octroyer la nationalité immédiatement dès sa naissance. Toutefois, la disposition pose pour principe que lâenfant a le droit dâacquérir de plein droit la nationalité à la naissance sâil remplit la condition énoncée dans lâarticle. ARTICLE 11 Information des personnes concernées 44. Un Ãtat concerné doit prendre toutes les mesures nécessaires pour que les personnes concernées soient informées à temps des règles et des procédures relatives à l'acquisition de sa nationalité. Lâhabituelle promulgation de la loi au journal officiel est, dans la plupart des cas, insuffisante. Les Ãtats sont normalement tenus de prendre des mesures supplémentaires pour veiller à ce que les informations parviennent à toutes les personnes concernées, notamment en ayant recours aux médias ou à l'Internet, ou avec lâaide d'organisations non gouvernementales si nécessaire. Toutefois, le choix des mesures les plus appropriées est laissé à l'appréciation des Ãtats concernés dans la mesure où la diffusion des informations est ouverte et transparente. Une personne concernée devrait entre autres recevoir des informations sur l'endroit où déposer une demande d'acquisition de la nationalité et sur lâautorité à laquelle elle peut s'adresser pour obtenir des informations complémentaires. 45. à la lumière de l'article précédent, il convient de souligner que les Ãtats devraient fournir suffisamment d'informations sur le droit de tous les enfants nés sur leur territoire d'être enregistrés à la naissance, dès lors que l'absence de certificat de naissance peut avoir de graves conséquences pour les enfants non enregistrés, y compris l'apatridie (cf. Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant). ARTICLE 12 Garanties procédurales 46. Considérant que certains Ãtats parties à cette Convention peuvent ne pas être liés par la Convention européenne sur la nationalité, lâarticle 12 reproduit le contenu de son chapitre IV « Procédures concernant la nationalité ». En conséquence, les paragraphes pertinents (83-93) du rapport explicatif de la Convention européenne sur la nationalité sâappliquent également à lâarticle 12 de la présente Convention. ARTICLE 13 Règlement au moyen d'un accord international 47. L'article est favorable au règlement des questions relatives à la nationalité au moyen dâun accord entre les Ãtats concernés, notamment afin de prévenir les cas d'apatridie qui se posent suite à une succession d'Ãtats. 48. La Convention ayant pour seul but dâéviter lâapatridie suite à une succession d'Ãtats, il ne se soucie pas de savoir quelle serait la nationalité la plus pertinente pour une personne dâacquérir en fonction de ses liens prédominants et effectifs avec un Ãtat. Par conséquent, les Ãtats concernés pourraient convenir dâune solution plus appropriée aux questions relatives à la nationalité au moyen d'accords bilatéraux. ARTICLE 14 Coopération internationale 49. La Convention reconnaît que la coopération entre Ãtats est un moyen important d'éviter les cas d'apatridie suite à une succession d'Ãtats. Lâobjectif principal dâune telle coopération est de coordonner les politiques nationales (et dans la mesure du possible, les législations) dans ce domaine, sur la base des principes qui ont été admis. En effet, cette coopération est dâune importance capitale étant donné que lâapatridie résulte souvent des différences dans les lois nationales relatives à la nationalité et de lâeffet combiné de ces lois. Paragraphe 1 50. La coopération entre les Ãtats concernés inclut lâéchange dâinformations sur le fonctionnement de leur « droit interne » ce qui, comme le précise lâarticle 2.d de la Convention européenne sur la nationalité, englobe tous les types de dispositions du système juridique national. Lâéchange dâinformations est particulièrement important dans la détermination du statut dâapatride dâune personne. 51. La disposition est particulièrement importante dans les cas où un Ãtat successeur poursuit une politique de nationalité unique et souhaite sâassurer, avant dâoctroyer sa nationalité, que la personne concernée nâa pas la nationalité dâun autre Ãtat successeur, et où la preuve ne peut en être apportée que par la coopération entre deux ou plusieurs Ãtats. à cet égard, il convient de se référer également au Protocole additionnel à la Convention de 1963 sur la réduction des cas de pluralité de nationalités et sur les obligations militaires en cas de pluralité de nationalités (STE n° 96) et à la Convention de 1964 sur l'échange d'informations en matière d'acquisition de nationalité (Convention n° 8 de la Commission Internationale de l'Ãtat Civil). Paragraphe 2 52. La disposition indique que la coopération doit au minimum intervenir avec le Conseil de l'Europe et avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ces deux organisations coopèrent déjà dans le cadre d'un Mémorandum dâentente qu'elles ont conclu pour des actions conjointes dans des domaines d'intérêt commun. 53. Au sein du Conseil de l'Europe, la coopération pour les questions relatives à la nationalité, y compris les affaires d'apatridie, intervient au niveau du Comité européen de coopération juridique (CDCJ) qui agit en tant qu'organe intergouvernemental pour la coopération entre les Ãtats membres du Conseil de lâEurope en vertu de lâarticle 23 de la Convention européenne sur la nationalité. Câétait au comité subordonné du CDCJ â le Comité dâexperts sur la nationalité (CJ-NA), qui a réunit des représentants de la quasi-totalité des Ãtats européens, quâils soient membres ou observateurs, quâa été confiée la préparation de la Convention en tant que suivi à son élaboration de la Convention européenne sur la nationalité et de la Recommandation sur la prévention et la réduction des cas dâapatridie, adoptée par le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe en 1999. Le CJ-NA a bénéficié, dans la préparation de ces instruments, du concours de représentants dâautres organisations internationales concernées par la nationalité et la prévention de lâapatridie, et en particulier du HCR. 54. Dans certains cas, il pourrait être insuffisant de limiter la coopération aux seules Parties contractantes et aux Ãtats membres du Conseil de lâEurope. En pareils cas, la coopération devrait être étendue à dâautres Ãtats européens, voire même à des Ãtats non européens. 55. La coopération peut également être étendue à d'autres organisations internationales, et peut par exemple inclure le Fonds des Nations Unies pour lâEnfance lorsquâil sâagit de prévenir l'apatridie des enfants, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de lâHomme qui sâintéresse à cette question dans certains pays, ainsi quâà d'autres organisations internationales qui ont un mandat spécifique en la matière dans certaines régions. La question de savoir quelles organisations internationales inclure dépendra de la situation particulière. Les Ãtats concernés sont libres dâétendre cette coopération également aux organisations non gouvernementales. ARTICLE 15 Application de la présente Convention Paragraphe 1 56. Conformément à la règle générale du droit international, la Convention sâapplique uniquement aux cas de succession dâÃtats intervenant après son entrée en vigueur. Paragraphe 2 57. Un Ãtat Partie peut néanmoins souhaiter appliquer les dispositions de la Convention à des cas de succession dâÃtats qui sont intervenus avant son entrée en vigueur. Si cet Ãtat fait une déclaration en ce sens conformément à la Convention de Vienne sur le droit des traités, il sâengage par là même unilatéralement à appliquer rétroactivement les dispositions de la Convention. LâÃtat devra, toutefois, préciser à quels cas de succession dâÃtats il appliquera rétroactivement la Convention. La possibilité dâappliquer rétroactivement la Convention concerne en particulier les Ãtats qui nâétaient pas Parties à la Convention au moment de la succession dâÃtats. Tel sera le cas par exemple lorsquâil y a unification dâÃtats où plusieurs Ãtats fusionnent en un seul, ou bien lorsquâun Ãtat a absorbé un ou plusieurs Ãtats. Paragraphe 3 58. Si deux ou plusieurs Ãtats touchés par la même succession dâÃtats font des déclarations relatives à lâapplication rétroactive de la Convention, celles-ci produiront un effet de réciprocité entre eux. Une telle situation peut typiquement se produire en cas de scission dâun Ãtat en un ou plusieurs Ãtats successeurs, que lâÃtat prédécesseur continue dâexister ou ait disparu. Pour quâun effet de réciprocité sâexerce sur deux ou plusieurs Ãtats, les déclarations doivent se rapporter à un cas précis de succession dâÃtats impliquant ces deux ou tous ces Ãtats. Le champ dâapplication rétroactive de la Convention sera ainsi étendu dès que dâautres Ãtats lâaccepteront en faisant une déclaration en ce sens, et peut finalement sâappliquer à lâensemble du territoire touché par un cas particulier de succession dâÃtats. ARTICLE 16 Effets de la présente Convention 59. Le paragraphe 1 préserve les dispositions du droit interne et des instruments internationaux contraignants qui accordent aux individus une protection supplémentaire contre l'apatridie ; cette Convention ne saurait être interprété de manière à restreindre une telle protection. L'expression « des droits supplémentaires » vise la possibilité de placer un individu dans une situation plus favorable que celle prévue par la Convention, par exemple en vertu des règles d'un Ãtat Partie relatives à l'acquisition de sa nationalité. 60. Le paragraphe 2 indique que cette Convention ne remplace pas le Chapitre VI de la Convention européenne sur la nationalité relatif à la succession d'Ãtats et à la nationalité dans la relation entre les Ãtats Parties à ces instruments. Les Ãtats peuvent opter et sont en fait encouragés à devenir Parties à ces deux instruments. ARTICLE 17 Règlement de différends 61. En cas de différend portant sur l'interprétation ou l'application des dispositions énoncées dans cette Convention, les Ãtats Parties sâefforceront de résoudre le désaccord ou le problème, en premier lieu, au moyen de négociations. Ce rapport explicatif aidera à l'interprétation et à l'application de la Convention. ARTICLE 18 Signature et entrée en vigueur 62. La Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit lâexpiration dâune période de trois mois après la date à laquelle trois Ãtats membres du Conseil de lâEurope auront exprimé leur consentement à être liés par elle. 63. La Convention est également ouverte à la signature dâÃtats non membres du Conseil de lâEurope qui ont participé à son élaboration. Ces Ãtats sont le Bélarus, le Canada, le Saint-Siège, le Japon et le Kirghizistan. ARTICLE 19 Adhésion 64. Ãtant donné quâil est important de permettre à un grand nombre dâÃtats de devenir Parties, notamment lorsquâil existe un besoin de coopération entre eux, la Convention est également ouverte à lâadhésion dâÃtats non membres qui nâapparaissent pas sur la liste figurant au commentaire de lâarticle 17, après son entrée en vigueur selon la procédure énoncée dans cet article. ARTICLE 20 Réserves 65. à quelques exceptions près, les dispositions de la Convention ne peuvent pas faire l'objet de réserves. Elles ne sont possibles qu'à l'égard des dispositions suivantes: lâarticle 7, lâarticle 8, paragraphe 2, lâarticle 12 et lâarticle 14, paragraphe 2.b. 66. Lâobjet de la Convention est dâétablir des principes et des règles que devront respecter les Ãtats concernés par une succession dâÃtats en matière dâacquisition et de conservation de leur nationalité par les personnes qui avaient la nationalité de lâÃtat prédécesseur au moment de la succession dâÃtats et qui risquent de devenir apatrides suite à cette succession. Le but de la Convention est dâéliminer, ou tout au moins de réduire autant que possible, lâapatridie résultant dâune succession dâÃtats. De plus amples indications sont contenues dans le préambule de la Convention. 67. Ãtant donné que, de manière générale, les réserves ne sont pas souhaitables, les Ãtats Parties qui désireraient en formuler devraient envisager de retirer, entièrement ou partiellement, les réserves dès que les circonstances le permettront. Ils sont également invités à notifier au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope les dispositions correspondantes de leur droit interne ou toute autre information pertinente. ARTICLE 21 Dénonciation 68. Cet article permet à un Ãtat Partie à la Convention de dénoncer celle-ci. ARTICLE 22 Notifications 69. Conformément à cet article, le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, dépositaire de la Convention, enverra aux autres Ãtats des informations concernant les mesures relatives à la Convention prises par des Ãtats. â * Notes : (1) Dans le cadre de cette Convention, les termes « nationalité » et « citoyenneté » sont considérés comme synonymes. (2) Affaire Nottebohm, rapports de la CIJ, 1955, p. 23. *
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Loi du 8 mars 2017 portant approbation de \n1. la Convention sur la réduction des cas d'apatridie, conclue à New York le 30 août 1961 ; \n2. la Convention européenne sur la nationalité, conclue à Strasbourg le 6 novembre 1997 ; \n3. la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention des cas d'apatridie en relation avec la succession d'États, conclue à Strasbourg le 19 mai 2006.
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