Loi du 20 juillet 2018 portant approbation de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, signée à Istanbul le 11 mai 2011 et modifiant 1) le Code pénal ; 2) le Code de procédure pénale ; 3) la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique ; 4) la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l’immigration.
This preamble states that Luxembourg approves the Council of Europe Convention on preventing and combating violence against women and domestic violence, signed in Istanbul, and notes related amendments to several laws.
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This preamble states that Luxembourg approves the Council of Europe Convention on preventing and combating violence against women and domestic violence, signed in Istanbul, and notes related amendments to several laws. The provision approves the Council of Europe Convention on preventing and combating violence against women and domestic violence. The article adds criminal penalties for genital mutilation of women and for attempts, with heavier sentences in aggravating cases. This provision amends several reference lists in the Code of Criminal Procedure. Si l’expulsion n’est pas accordée par le procureur d’État, la police doit remettre une fiche informative aux personnes cohabitant en famille. Les enfants victimes directes ou indirectes vivant dans le ménage doivent aussi être pris en charge par un service spécialisé.
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Provisions of Loi du 20 juillet 2018 portant approbation de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, signée à Istanbul le 11 mai 2011 et modifiant 1) le Code pénal ; 2) le Code de procédure pénale ; 3) la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique ; 4) la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l’immigration.
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AI-assisted research summary: This preamble states that Luxembourg approves the Council of Europe Convention on preventing and combating violence against women and domestic violence, signed in Istanbul, and notes related amendments to several laws.
Le contenu de la version HTML du Journal officiel luxembourgeois est identique à la version PDF. Loi du 20 juillet 2018 portant approbation de la Convention du Conseil de lâEurope sur la prévention et la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique, signée à Istanbul le 11 mai 2011 et modifiant 1) le Code pénal ; 2) le Code de procédure pénale ; 3) la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique ; 4) la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et lâimmigration. Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Notre Conseil dâÃtat entendu ; De lâassentiment de la Chambre des Députés ; Vu la décision de la Chambre des Députés du 3 juillet 2018 et celle du Conseil dâÃtat du 10 juillet 2018 portant quâil nây a pas lieu à second vote ; Avons ordonné et ordonnons : â
- 1 er Verify source ↗
Art. 1 er .
AI-assisted research summary: The provision approves the Council of Europe Convention on preventing and combating violence against women and domestic violence.
Art. 1 er . Est approuvée la Convention du Conseil de lâEurope sur la prévention et la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique, signée à Istanbul le 11 mai 2011. â - 2 Verify source ↗
Art. 2.
AI-assisted research summary: The article adds criminal penalties for genital mutilation of women and for attempts, with heavier sentences in aggravating cases.
Art. 2. Le Code pénal est modifié comme suit : 1° à lâarticle 454, aux alinéas 1 er et 2 les termes â  « de leur identité de genre » â sont insérés après les mots â  « changement de sexe, » â . 2° Au Livre II, Titre VIII, Chapitre I er , la Section II est complétée par un nouvel article 409 bis , libellé comme suit : â «     Art. 409 bis . (1) Quiconque aura pratiqué, facilité ou favorisé lâexcision, lâinfibulation ou toute autre mutilation de la totalité ou partie des labia majora, labia minora ou clitoris dâune femme, avec ou sans consentement de cette dernière, sera puni dâun emprisonnement de trois à cinq ans et dâune amende de 500 euros à 10 000 euros. (2) La tentative de commettre lâinfraction visée au paragraphe 1 er sera punie dâun emprisonnement de huit jours à un an et dâune amende de 251 euros à 5 000 euros. (3) Si la mutilation des organes génitaux dâune personne de sexe féminin a entraîné une maladie paraissant incurable ou une incapacité permanente de travail personnel, les peines seront la réclusion de cinq à sept ans et une amende de 1 000 euros à 25 000 euros. Si la mutilation des organes génitaux dâune personne de sexe féminin a été commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif de la victime ou par une personne qui a autorité sur elle ou abuse de lâautorité que lui confèrent ses fonctions ou si elle a occasionné la mort, même sans intention de la donner, les peines seront la réclusion de sept à dix ans et une amende de 2 500 euros à 30 000 euros. (4) Lâinfraction prévue au paragraphe 1 er est punie de la réclusion de dix à quinze ans et dâune amende de 1 000 euros à 25 000 euros : 1. si lâinfraction a été commise envers un mineur ; 2. si lâinfraction a été commise envers une personne dont la particulière vulnérabilité, due à sa situation administrative illégale ou précaire, à sa situation sociale précaire, à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de lâauteur ; 3. si lâinfraction a été commise par la menace de recours ou le recours à la force ou dâautres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie. (5) Les infractions visées au paragraphe 4 sont punies de la réclusion de quinze à vingt ans et dâune amende de 3 000 euros à 50 000 euros si elles ont entraîné une maladie paraissant incurable ou une incapacité permanente de travail personnel. Elles sont punies de la réclusion à vie et dâune amende de 5 000 euros à 75 000 euros si lâinfraction a été commise par un ascendant légitime, naturel ou adoptif de la victime, par une personne qui a autorité sur elle ou abuse de lâautorité que lui confèrent ses fonctions, ou si lâinfraction a causé la mort, même sans intention de la donner. â â â â â      » â - 3 Verify source ↗
Art. 3.
AI-assisted research summary: This provision amends several reference lists in the Code of Criminal Procedure.
Art. 3. Le Code de procédure pénale est modifié comme suit : 1° à lâarticle 5-1, la référence aux articles â  « 112-1, 135-1 à 135-6, 135-9 et 135-11 à 135-16, 163, 169, 170, 177, 178, 185, 187-1, 192-1, 192-2, 198, 199, 199 bis , 245 à 252, 310, 310-1, 368 à 384 » â du Code pénal est remplacée par la référence aux articles â  « 112-1, 135-1 à 135-6, 135-9 et 135-11 à 135-16, 162, 164, 165, 166, 178, 179, 198, 199, 199 bis , 245 à 252, 310, 310-1, 348, 368 à 384, 389, 409 bis  » â . 2° à lâarticle 637, au paragraphe 2, la référence aux articles â  « 372 à 377 et aux articles 382-1 et 382-2 » â du Code pénal est remplacée par la référence aux articles â  « 348, 372 à 377, 382-1, 382-2 et 4490 bis , paragraphes 3 à 5 » â . 3° à lâarticle 638, alinéa 2, la référence aux articles â  « 372, 379, 379 bis , 400, 401 bis , 402 ou 405 » â du Code pénal est remplacée par la référence aux articles â  « 372, 379, 379 bis , 389, 400, 401 bis , 402, 405 ou 409 bis , paragraphes 1 er et 2 » â . â - 4 Verify source ↗
Art. 4.
AI-assisted research summary: Si l’expulsion n’est pas accordée par le procureur d’État, la police doit remettre une fiche informative aux personnes cohabitant en famille. Les enfants victimes directes ou indirectes vivant dans le ménage doivent aussi être pris en charge par un service spécialisé.
Art. 4. La loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique est modifiée comme suit : 1° à lâarticle I er est ajouté un paragraphe 7 nouveau qui prend la teneur suivante : â « (7) Au cas où lâexpulsion nâest pas accordée par le procureur dâÃtat, la police remet aux personnes cohabitant dans un cadre familial, une fiche informative sur les services prenant en charge des victimes adultes et mineures et les services prenant en charge des auteurs de violence domestique ainsi que les mesures légales disponibles, dans une langue quâelles comprennent ». â â â â â 2° à lâarticle II, paragraphe 1 er , est inséré après lâalinéa 1 er lâalinéa suivant : â « Tout enfant victime directe ou victime indirecte, vivant dans le ménage doit être pris en charge par un service dâassistance aux victimes de violence domestique, spécialisé dans la prise en charge dâenfants victimes de violences ». â â â â â 3° à lâarticle II, paragraphe 1 er , ancien alinéa 2, devenu lâalinéa 3, les termes â  « y compris les enfants témoins de violence domestique » â sont remplacés par les termes â  « y compris les enfants victimes directes et victimes indirectes de violence domestique,  » â . â - 5 Verify source ↗
Art. 5.
Art. 5. La loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et lâimmigration est modifiée comme suit : 1° Lâarticle 40, paragraphe 4 est complété in fine dâun nouvel alinéa libellé comme suit : â «     En cas de perte de son titre de séjour, le ressortissant dâun pays tiers, qui prouve quâil a été victime dâun mariage forcé et quâil a été contraint de quitter le territoire luxembourgeois, bénéficie, pour recouvrer son titre de séjour, dâune procédure simplifiée, dont les conditions sont déterminées par règlement grand-ducal. â â â â â      » 2° Lâarticle 78, paragraphe 3 est complété dâun alinéa 2 libellé comme suit : â «     Lâautorisation de séjour visée à lâalinéa 1 er est accordée à la victime de violence domestique si lâautorisation est nécessaire soit au regard de la situation personnelle de la victime, à savoir sa sécurité, son état de santé, sa situation familiale ou sa situation dans son pays dâorigine, soit si elle sâimpose aux fins de la coopération de la victime avec les autorités compétentes dans le cadre dâune enquête ou dâune procédure pénale. â â â â â      » Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne. Le Ministre de la Justice, Félix Braz Cabasson, le 20 juillet 2018. Henri Doc. parl. 7167 ; sess. ord. 2016-2017 et 2017-2018. 12 Avril, 2011 Convention du Conseil de lâEurope sur la prévention et la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique Préambule Chapitre I â Buts, définitions, égalité et non-discrimination, obligations générales Article 1 â Buts de la Convention Article 2 â Champ dâapplication de la Convention Article 3 â Définitions Article 4 â Droits fondamentaux, égalité et non-discrimination Article 5 â Obligations de lâÃtat et diligence voulue Chapitre II â Politiques intégrées et collecte des données Article 7 â Politiques globales et coordonnées Article 8 â Ressources financières Article 9 â Organisations non gouvernementales et société civile Article 10 â Organe de coordination Article 11 â Collecte des données et recherche Chapitre III â Prévention Article 12 â Obligations générales Article 13 â Sensibilisation Article 14 â Ãducation Article 15 â Formation des professionnels Article 16 â Programmes préventifs dâintervention et de traitement Article 17 â Participation du secteur privé et des médias Chapitre IV â Protection et soutien Article 18 â Obligations générales Article 19 â Information Article 20 â Services de soutien généraux Article 21 â Soutien en matière de plaintes individuelles/collectives Article 22 â Services de soutien spécialisés Article 23 â Refuges Article 24 â Permanences téléphoniques Article 25 â Soutien aux victimes de violence sexuelle Article 26 â Protection et soutien des enfants témoins Article 27 â Signalement Article 28 â Signalement par les professionnels Chapitre V â Droit matériel Article 29 â Procès civil et voies de droit Article 30 â Indemnisation Article 31 â Garde, droit de visite et sécurité Article 32 â Conséquences civiles des mariages forcés Article 33 â Violence psychologique Article 34 â Harcèlement Article 35 â Violence physique Article 36 â Violence sexuelle, y compris le viol Article 37 â Mariages forcés Article 38 â Mutilations génitales féminines Article 39 â Avortement et stérilisation forcés Article 40 â Harcèlement sexuel Article 41 â Aide ou complicité et tentative Article 42 â Justification inacceptable des infractions pénales, y compris les crimes commis au nom du prétendu « honneur » Article 43 â Application des infractions pénales Article 44 â Compétence Article 45 â Sanctions et mesures Article 46 â Circonstances aggravantes Article 47 â Condamnations dans une autre Partie Article 48 â Interdiction des modes alternatifs de résolution des conflits ou des condamnations obligatoires Chapitre VI â Enquêtes, poursuites, droit procédural et mesures de protection Article 49 â Obligations générales Article 50 â Réponse immédiate, prévention et protection Article 51 â Appréciation et gestion des risques Article 52 â Ordonnances dâurgence dâinterdiction Article 53 â Ordonnances dâinjonction ou de protection Article 54 â Enquêtes et preuves Article 55 â Procédures ex parte et ex officio Article 56 â Mesures de protection Article 57 â Aide juridique Article 58 â Prescription Chapitre VII â Migration et asile Article 59 â Statut de résident Article 60 â Demandes dâasile fondées sur le genre Article 61 â Non-refoulement Chapitre VIII â Coopération internationale Article 62 â Principes généraux Article 63 â Mesures relatives aux personnes en danger Article 64 â Information Article 65 â Protection des données Chapitre IX â Mécanisme de suivi Article 66 â Groupe dâexperts sur la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique Article 67 â Comité des Parties Article 68 â Procédure Article 69 â Recommandations générales Article 70 â Participation des parlements au suivi Chapitre X â Relations avec dâautres instruments internationaux Article 71 â Relations avec dâautres instruments internationaux Chapitre XI â Amendements à la Convention Article 72 â Amendements Chapitre XII â Clauses finales Article 73 â Effets de la Convention Article 74 â Règlement de différends Article 75 â Signature et entrée en vigueur Article 76 â Adhésion à la Convention Article 77 â Application territoriale Article 78 â Réserves Article 79 â Validité et examen des réserves Article 80 â Dénonciation Article 81 â Notification Annexe â Privilèges et Immunités (article 66) â Préambule Les Ãtats membres du Conseil de lâEurope et les autres signataires de la présente Convention, Rappelant la Convention de sauvegarde des droits de lâhomme et des libertés fondamentales (STE n° 5, 1950) et ses Protocoles, la Charte sociale européenne (STE n° 35, 1961, révisée en 1996, STE n° 163), la Convention du Conseil de lâEurope sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE n° 197, 2005) et la Convention du Conseil de lâEurope sur la protection des enfants contre lâexploitation et les abus sexuels (STCE n° 201, 2007) ; Rappelant les recommandations suivantes du Comité des Ministres aux Ãtats membres du Conseil de lâEurope : la Recommandation Rec(2002)5 sur la protection des femmes contre la violence, la Recommandation CM/Rec(2007)17 sur les normes et mécanismes dâégalité entre les femmes et les hommes, la Recommandation CM/Rec(2010)10 sur le rôle des femmes et des hommes dans la prévention et la résolution des conflits et la consolidation de la paix, et les autres recommandations pertinentes ; Tenant compte du volume croissant de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de lâhomme qui établit des normes importantes en matière de violence à lâégard des femmes ; Ayant à lâesprit le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966), le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966), la Convention des Nations Unies sur lâélimination de toutes les formes de discrimination à lâégard des femmes (« CEDEF », 1979) et son Protocole facultatif (1999) ainsi que la Recommandation générale n° 19 du Comité de la CEDEF sur la violence à lâégard des femmes, la Convention des Nations Unies relative aux droits de lâenfant (1989) et ses Protocoles facultatifs (2000) et la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (2006) ; Ayant à lâesprit le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (2002) ; Rappelant les principes de base du droit humanitaire international, et en particulier la Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre (1949) et ses Protocoles additionnels I et II (1977) ; Condamnant toutes les formes de violence à lâégard des femmes et de violence domestique ; Reconnaissant que la réalisation de jure et de facto de lâégalité entre les femmes et les hommes est un élément clé dans la prévention de la violence à lâégard des femmes ; Reconnaissant que la violence à lâégard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation ; Reconnaissant que la nature structurelle de la violence à lâégard des femmes est fondée sur le genre, et que la violence à lâégard des femmes est un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de subordination par rapport aux hommes ; Reconnaissant avec une profonde préoccupation que les femmes et les filles sont souvent exposées à des formes graves de violence telles que la violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol, le mariage forcé, les crimes commis au nom du prétendu « honneur » et les mutilations génitales, lesquelles constituent une violation grave des droits humains des femmes et des filles et un obstacle majeur à la réalisation de lâégalité entre les femmes et les hommes ; Reconnaissant les violations constantes des droits de lâhomme en situation de conflits armés affectant la population civile, et en particulier les femmes, sous la forme de viols et de violences sexuelles généralisés ou systématiques et la potentialité dâune augmentation de la violence fondée sur le genre aussi bien pendant quâaprès les conflits ; Reconnaissant que les femmes et les filles sont exposées à un risque plus élevé de violence fondée sur le genre que ne le sont les hommes ; Reconnaissant que la violence domestique affecte les femmes de manière disproportionnée et que les hommes peuvent également être victimes de violence domestique ; Reconnaissant que les enfants sont des victimes de la violence domestique, y compris en tant que témoins de violence au sein de la famille ; Aspirant à créer une Europe libre de violence à lâégard des femmes et de violence domestique, Sont convenus de ce qui suit : â Chapitre I - Buts, définitions, égalité et non-discrimination, obligations générales â Article 1 - Buts de la Convention 1 La présente Convention a pour buts : a de protéger les femmes contre toutes les formes de violence, et de prévenir, poursuivre et éliminer la violence à lâégard des femmes et la violence domestique ; b de contribuer à éliminer toutes les formes de discrimination à lâégard des femmes et de promouvoir lâégalité réelle entre les femmes et les hommes, y compris par lâautonomisation des femmes ; c de concevoir un cadre global, des politiques et des mesures de protection et dâassistance pour toutes les victimes de violence à lâégard des femmes et de violence domestique ; d de promouvoir la coopération internationale en vue dâéliminer la violence à lâégard des femmes et la violence domestique ; e de soutenir et assister les organisations et services répressifs pour coopérer de manière effective afin dâadopter une approche intégrée visant à éliminer la violence à lâégard des femmes et la violence domestique. 2 Afin dâassurer une mise en Åuvre effective de ses dispositions par les Parties, la présente Convention établit un mécanisme de suivi spécifique. â Article 2 -  Champ dâapplication de la Convention 1 La présente Convention sâapplique à toutes les formes de violence à lâégard des femmes, y compris la violence domestique, qui affecte les femmes de manière disproportionnée. 2 Les Parties sont encouragées à appliquer la présente Convention à toutes les victimes de violence domestique. Les Parties portent une attention particulière aux femmes victimes de violence fondée sur le genre dans la mise en Åuvre des dispositions de la présente Convention. 3 La présente Convention sâapplique en temps de paix et en situation de conflit armé. â Article 3 -  Définitions Aux fins de la présente Convention : a le terme « violence à lâégard des femmes » doit être compris comme une violation des droits de lâhomme et une forme de discrimination à lâégard des femmes, et désigne tous les actes de violence fondés sur le genre qui entraînent, ou sont susceptibles dâentraîner pour les femmes, des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique, y compris la menace de se livrer à de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée ; b le terme « violence domestique » désigne tous les actes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui surviennent au sein de la famille ou du foyer ou entre des anciens ou actuels conjoints ou partenaires, indépendamment du fait que lâauteur de lâinfraction partage ou a partagé le même domicile que la victime ; c le terme « genre » désigne les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, quâune société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes ; d le terme « violence à lâégard des femmes fondée sur le genre » désigne toute violence faite à lâégard dâune femme parce quâelle est une femme ou affectant les femmes de manière disproportionnée ; e le terme « victime » désigne toute personne physique qui est soumise aux comportements spécifiés aux points a et b ; f le terme « femme » inclut les filles de moins de 18 ans. â Article 4 -  Droits fondamentaux, égalité et non-discrimination 1 Les Parties prennent les mesures législatives et autres nécessaires pour promouvoir et protéger le droit de chacun, en particulier des femmes, de vivre à lâabri de la violence aussi bien dans la sphère publique que dans la sphère privée. 2 Les Parties condamnent toutes les formes de discrimination à lâégard des femmes et prennent, sans retard, les mesures législatives et autres nécessaires pour la prévenir, en particulier : - en inscrivant dans leurs constitutions nationales ou toute autre disposition législative appropriée, le principe de lâégalité entre les femmes et les hommes, et en assurant lâapplication effective dudit principe ; - en interdisant la discrimination à lâégard des femmes, y compris le cas échéant par le recours à des sanctions ; - en abrogeant toutes les lois et pratiques qui discriminent les femmes. 3 La mise en Åuvre des dispositions de la présente Convention par les Parties, en particulier les mesures visant à protéger les droits des victimes, doit être assurée sans discrimination aucune, fondée notamment sur le sexe, le genre, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toute autre opinion, lâorigine nationale ou sociale, lâappartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, lâorientation sexuelle, lâidentité de genre, lââge, lâétat de santé, le handicap, le statut marital, le statut de migrant ou de réfugié, ou toute autre situation. 4 Les mesures spécifiques qui sont nécessaires pour prévenir et protéger les femmes contre la violence fondée sur le genre ne sont pas considérées comme discriminatoires en vertu de la présente Convention. â Article 5  - Obligations de lâÃtat et diligence voulue 1 Les Parties sâabstiennent de commettre tout acte de violence à lâégard des femmes et sâassurent que les autorités, les fonctionnaires, les agents et les institutions étatiques, ainsi que les autres acteurs qui agissent au nom de lâÃtat se comportent conformément à cette obligation. 2 Les Parties prennent les mesures législatives et autres nécessaires pour agir avec la diligence voulue afin de prévenir, enquêter sur, punir, et accorder une réparation pour les actes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention commis par des acteurs non étatiques. â Article 6 -  Politiques sensibles au genre Les Parties sâengagent à inclure une perspective de genre dans la mise en Åuvre et lâévaluation de lâimpact des dispositions de la présente Convention et à promouvoir et mettre en Åuvre de manière effective des politiques dâégalité entre les femmes et les hommes, et dâautonomisation des femmes. â Chapitre II - Politiques intégrées et collecte des données â Article 7 -  Politiques globales et coordonnées 1 Les Parties prennent les mesures législatives et autres nécessaires pour adopter et mettre en Åuvre des politiques nationales effectives, globales et coordonnées, incluant toutes les mesures pertinentes pour prévenir et combattre toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention, et offrir une réponse globale à la violence à lâégard des femmes. 2 Les Parties veillent à ce que les politiques mentionnées au paragraphe 1 placent les droits de la victime au centre de toutes les mesures et soient mises en Åuvre par le biais dâune coopération effective entre toutes les agences, institutions et organisations pertinentes. 3 Les mesures prises conformément au présent article doivent impliquer, le cas échéant, tous les acteurs pertinents tels que les agences gouvernementales, les parlements et les autorités nationales, régionales et locales, les institutions nationales des droits de lâhomme et les organisations de la société civile. â Article 8  -  Ressources financières Les Parties allouent des ressources financières et humaines appropriées pour la mise en Åuvre adéquate des politiques intégrées, mesures et programmes visant à prévenir et combattre toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention, y compris ceux réalisés par les organisations non gouvernementales et la société civile. â Article 9 -  Organisations non gouvernementales et société civile Les Parties reconnaissent, encouragent et soutiennent, à tous les niveaux, le travail des organisations non gouvernementales pertinentes et de la société civile qui sont actives dans la lutte contre la violence à lâégard des femmes et établissent une coopération effective avec ces organisations. â Article 10 -  Organe de coordination 1 Les Parties désignent ou établissent un ou plusieurs organes officiels responsables pour la coordination, la mise en Åuvre, le suivi et lâévaluation des politiques et des mesures prises afin de prévenir et combattre toutes les formes de violence couvertes par la présente Convention. Ces organes coordonnent la collecte des données mentionnées à lâarticle 11, analysent et en diffusent les résultats. 2 Les Parties veillent à ce que les organes désignés ou établis conformément au présent article reçoivent des informations de nature générale portant sur les mesures prises conformément au chapitre VIII. 3 Les Parties veillent à ce que les organes désignés ou établis conformément au présent article aient la capacité de communiquer directement et dâencourager des relations avec leurs homologues dans les autres Parties. â Article 11 -  Collecte des données et recherche 1 Aux fins de la mise en Åuvre de la présente Convention, les Parties sâengagent : a à collecter les données statistiques désagrégées pertinentes, à intervalle régulier, sur les affaires relatives à toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention ; b à soutenir la recherche dans les domaines relatifs à toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention, afin dâétudier leurs causes profondes et leurs effets, leur fréquence et les taux de condamnation, ainsi que lâefficacité des mesures prises pour mettre en Åuvre la présente Convention. 2 Les Parties sâefforcent dâeffectuer des enquêtes basées sur la population, à intervalle régulier, afin dâévaluer lâétendue et les tendances de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention. 3 Les Parties fournissent les informations collectées conformément au présent article au groupe dâexperts, mentionné à lâarticle 66 de la présente Convention, afin de stimuler la coopération internationale et de permettre une comparaison internationale. 4 Les Parties veillent à ce que les informations collectées conformément au présent article soient mises à la disposition du public. â Chapitre III - Prévention â Article 12  -  Obligations générales 1 Les Parties prennent les mesures nécessaires pour promouvoir les changements dans les modes de comportement socioculturels des femmes et des hommes en vue dâéradiquer les préjugés, les coutumes, les traditions et toute autre pratique fondés sur lâidée de lâinfériorité des femmes ou sur un rôle stéréotypé des femmes et des hommes. 2 Les Parties prennent les mesures législatives et autres nécessaires afin de prévenir toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention par toute personne physique ou morale. 3 Toutes les mesures prises conformément au présent chapitre tiennent compte et traitent des besoins spécifiques des personnes rendues vulnérables du fait de circonstances particulières, et placent les droits de lâhomme de toutes les victimes en leur centre. 4 Les Parties prennent les mesures nécessaires afin dâencourager tous les membres de la société, en particulier les hommes et les garçons, à contribuer activement à la prévention de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention. 5 Les Parties veillent à ce que la culture, la coutume, la religion, la tradition ou le prétendu « honneur » ne soient pas considérés comme justifiant des actes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention. 6 Les Parties prennent les mesures nécessaires pour promouvoir des programmes et des activités visant lâautonomisation des femmes. â Article 13  -  Sensibilisation 1 Les Parties promeuvent ou conduisent, régulièrement et à tous les niveaux, des campagnes ou des programmes de sensibilisation y compris en coopération avec les institutions nationales des droits de lâhomme et les organes compétents en matière dâégalité, la société civile et les organisations non gouvernementales, notamment les organisations de femmes, le cas échéant, pour accroître la prise de conscience et la compréhension par le grand public des différentes manifestations de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention et leurs conséquences sur les enfants, et de la nécessité de les prévenir. 2 Les Parties assurent une large diffusion parmi le grand public dâinformations sur les mesures disponibles pour prévenir les actes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention. â Article 14 -  Ãducation 1 Les Parties entreprennent, le cas échéant, les actions nécessaires pour inclure dans les programmes dâétude officiels et à tous les niveaux dâenseignement du matériel dâenseignement sur des sujets tels que lâégalité entre les femmes et les hommes, les rôles non stéréotypés des genres, le respect mutuel, la résolution non violente des conflits dans les relations interpersonnelles, la violence à lâégard des femmes fondée sur le genre, et le droit à lâintégrité personnelle, adapté au stade de développement des apprenants. 2 Les Parties entreprennent les actions nécessaires pour promouvoir les principes mentionnés au paragraphe 1 dans les structures éducatives informelles ainsi que dans les structures sportives, culturelles et de loisirs, et les médias. â Article 15 -  Formation des professionnels 1 Les Parties dispensent ou renforcent la formation adéquate des professionnels pertinents ayant affaire aux victimes ou aux auteurs de tous les actes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention, sur la prévention et la détection de cette violence, lâégalité entre les femmes et les hommes, les besoins et les droits des victimes, ainsi que sur la manière de prévenir la victimisation secondaire. 2 Les Parties encouragent lâinclusion dans la formation mentionnée au paragraphe 1, dâune formation sur la coopération coordonnée interinstitutionnelle afin de permettre une gestion globale et adéquate des orientations dans les affaires de violence couverte par le champ dâapplication de la présente Convention. â Article 16 -  Programmes préventifs dâintervention et de traitement 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir ou soutenir des programmes visant à apprendre aux auteurs de violence domestique à adopter un comportement non violent dans les relations interpersonnelles en vue de prévenir de nouvelles violences et de changer les schémas comportementaux violents. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir ou soutenir des programmes de traitement destinés à prévenir la récidive des auteurs dâinfractions, en particulier des auteurs dâinfractions à caractère sexuel. 3 En prenant les mesures mentionnées aux paragraphes 1 et 2, les Parties veillent à ce que la sécurité, le soutien et les droits de lâhomme des victimes soient une priorité et que, le cas échéant, ces programmes soient établis et mis en Åuvre en étroite coordination avec les services spécialisés dans le soutien aux victimes. â Article 17 -  Participation du secteur privé et des médias 1 Les Parties encouragent le secteur privé, le secteur des technologies de lâinformation et de la communication et les médias, dans le respect de la liberté dâexpression et de leur 14 indépendance, à participer à lâélaboration et à la mise en Åuvre des politiques, ainsi quâà mettre en place des lignes directrices et des normes dâautorégulation pour prévenir la violence à lâégard des femmes et renforcer le respect de leur dignité. 2 Les Parties développent et promeuvent, en coopération avec les acteurs du secteur privé, les capacités des enfants, parents et éducateurs à faire face à un environnement des technologies de lâinformation et de la communication qui donne accès à des contenus dégradants à caractère sexuel ou violent qui peuvent être nuisibles. â Chapitre IV - Protection et soutien â Article 18 -  Obligations générales 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour protéger toutes les victimes contre tout nouvel acte de violence. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires, conformément à leur droit interne, pour veiller à ce quâil existe des mécanismes adéquats pour mettre en Åuvre une coopération effective entre toutes les agences étatiques pertinentes, y compris les autorités judiciaires, les procureurs, les services répressifs, les autorités locales et régionales, ainsi que les organisations non gouvernementales et les autres organisations ou entités pertinentes pour la protection et le soutien des victimes et des témoins de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention, y compris en se référant aux services de soutien généraux et spécialisés visés aux articles 20 et 22 de la présente Convention. 3 Les Parties veillent à ce que les mesures prises conformément à ce chapitre : - soient fondées sur une compréhension fondée sur le genre de la violence à lâégard des femmes et de la violence domestique, et se concentrent sur les droits de lâhomme et la sécurité de la victime ; - soient fondées sur une approche intégrée qui prenne en considération la relation entre les victimes, les auteurs des infractions, les enfants et leur environnement social plus large ; - visent à éviter la victimisation secondaire ; - visent lâautonomisation et lâindépendance économique des femmes victimes de violence ; - permettent, le cas échéant, la mise en place dâun ensemble de services de protection et de soutien dans les mêmes locaux ; - répondent aux besoins spécifiques des personnes vulnérables, y compris les enfants victimes, et leur soient accessibles. 4 La fourniture de services ne doit pas dépendre de la volonté des victimes dâengager des poursuites ou de témoigner contre tout auteur dâinfraction. 5 Les Parties prennent les mesures adéquates pour garantir une protection consulaire ou autre, et un soutien à leurs ressortissants et aux autres victimes ayant droit à cette protection conformément à leurs obligations découlant du droit international. â Article 19  -  Information Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes reçoivent une information adéquate et en temps opportun sur les services de soutien et les mesures légales disponibles, dans une langue quâelles comprennent. â Article 20  -  Services de soutien généraux 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes aient accès à des services facilitant leur rétablissement. Ces mesures devraient inclure, si nécessaire, des services tels que le conseil juridique et psychologique, lâassistance financière, les services de logement, lâéducation, la formation et lâassistance en matière de recherche dâemploi. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes aient accès à des services de santé et des services sociaux, que les services disposent des ressources adéquates et que les professionnels soient formés afin de fournir une assistance aux victimes et de les orienter vers les services adéquats. â Article 21  - Soutien en matière de plaintes individuelles/collectives Les Parties veillent à ce que les victimes bénéficient dâinformations sur les mécanismes régionaux et internationaux de plaintes individuelles/collectives applicables et de lâaccès à ces mécanismes. Les Parties promeuvent la mise à disposition dâun soutien sensible et avisé aux victimes dans la présentation de leurs plaintes. â Article 22 -  Services de soutien spécialisés 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour fournir ou aménager, selon une répartition géographique adéquate, des services de soutien spécialisés immédiats, à court et à long terme, à toute victime ayant fait lâobjet de tout acte de violence couvert par le champ dâapplication de la présente Convention. 2 Les Parties fournissent ou aménagent des services de soutien spécialisés pour toutes les femmes victimes de violence et leurs enfants. â Article 23  -  Refuges Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour permettre la mise en place de refuges appropriés, facilement accessibles et en nombre suffisant, afin dâoffrir des logements sûrs pour les victimes, en particulier les femmes et leurs enfants, et pour les aider de manière proactive. â Article 24 -  Permanences téléphoniques Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour mettre en place à lâéchelle nationale des permanences téléphoniques gratuites, accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour fournir aux personnes qui appellent, de manière confidentielle ou dans le respect de leur anonymat, des conseils concernant toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention. â Article 25  -  Soutien aux victimes de violence sexuelle Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour permettre la mise en place de centres dâaide dâurgence pour les victimes de viols et de violences sexuelles, appropriés, facilement accessibles et en nombre suffisant, afin de leur dispenser un examen médical et médico-légal, un soutien lié au traumatisme et des conseils. â Article 26  -  Protection et soutien des enfants témoins 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que, dans lâoffre des services de protection et de soutien aux victimes, les droits et les besoins des enfants témoins de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention soient dûment pris en compte. 2 Les mesures prises conformément au présent article incluent les conseils psychosociaux adaptés à lââge des enfants témoins de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention et tiennent dûment compte de lâintérêt supérieur de lâenfant. â Article 27  -  Signalement Les Parties prennent les mesures nécessaires pour encourager toute personne témoin de la commission de tout acte de violence couvert par le champ dâapplication de la présente Convention, ou qui a de sérieuses raisons de croire quâun tel acte pourrait être commis ou que des nouveaux actes de violence sont à craindre, à les signaler aux organisations ou autorités compétentes. â Article 28 -  Signalement par les professionnels Les Parties prennent les mesures nécessaires pour que les règles de confidentialité imposées par leur droit interne à certains professionnels ne constituent pas un obstacle à la possibilité, dans les conditions appropriées, dâadresser un signalement aux organisations ou autorités compétentes sâils ont de sérieuses raisons de croire quâun acte grave de violence couvert par le champ dâapplication de la présente Convention a été commis et que de nouveaux actes graves de violence sont à craindre. â Chapitre V - Droit matériel â Article 29  -  Procès civil et voies de droit 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour fournir aux victimes des recours civils adéquats à lâencontre de lâauteur de lâinfraction. 2 Conformément aux principes généraux du droit international, les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour fournir aux victimes des réparations civiles adéquates à lâencontre des autorités étatiques ayant manqué à leur devoir de prendre des mesures de prévention ou de protection nécessaires dans la limite de leurs pouvoirs. â Article 30  -  Indemnisation 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes aient le droit de demander une indemnisation de la part des auteurs de toute infraction établie conformément à la présente Convention. 2 Une indemnisation adéquate par Ãtat devrait être octroyée à ceux qui ont subi des atteintes graves à lâintégrité corporelle ou à la santé, dans la mesure où le préjudice nâest pas couvert par dâautres sources, notamment par lâauteur de lâinfraction, par les assurances ou par les services sociaux et médicaux financés par lâÃtat. Cela nâempêche pas les Parties de demander à lâauteur de lâinfraction le remboursement de lâindemnisation octroyée, à condition que la sécurité de la victime soit dûment prise en compte. 3 Les mesures prises conformément au paragraphe 2 doivent garantir lâoctroi de lâindemnisation dans un délai raisonnable. â Article 31  -  Garde, droit de visite et sécurité 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que, lors de la détermination des droits de garde et de visite concernant les enfants, les incidents de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention soient pris en compte. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que lâexercice de tout droit de visite ou de garde ne compromette pas les droits et la sécurité de la victime ou des enfants. â Article 32  -  Conséquences civiles des mariages forcés Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les mariages contractés en ayant recours à la force puissent être annulables, annulés ou dissous sans faire peser sur la victime une charge financière ou administrative excessive. â Article 33  - Violence psychologique Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale le fait, lorsquâil est commis intentionnellement, de porter gravement atteinte à lâintégrité psychologique dâune personne par la contrainte ou les menaces. â Article 34  -  Harcèlement Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale le fait, lorsquâil est commis intentionnellement, dâadopter, à plusieurs reprises, un comportement menaçant dirigé envers une autre personne, conduisant celle-ci à craindre pour sa sécurité. â Article 35  -  Violence physique Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale le fait, lorsquâil est commis intentionnellement, de commettre des actes de violence physique à lâégard dâune autre personne. â Article 36  -  Violence sexuelle, y compris le viol 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale, lorsquâils sont commis intentionnellement : a la pénétration vaginale, anale ou orale non consentie, à caractère sexuel, du corps dâautrui avec toute partie du corps ou avec un objet ; b les autres actes à caractère sexuel non consentis sur autrui ; c le fait de contraindre autrui à se livrer à des actes à caractère sexuel non consentis avec un tiers. 2 Le consentement doit être donné volontairement comme résultat de la volonté libre de la personne considérée dans le contexte des circonstances environnantes. 3 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les dispositions du paragraphe 1 sâappliquent également à des actes commis contre les anciens ou actuels conjoints ou partenaires, conformément à leur droit interne. â Article 37  -  Mariages forcés 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale le fait, lorsquâil est commis intentionnellement, de forcer un adulte ou un enfant à contracter un mariage. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infraction pénale le fait, lorsquâil est commis intentionnellement, de tromper un adulte ou un enfant afin de lâemmener sur le territoire dâune Partie ou dâun Ãtat autre que celui où il réside avec lâintention de le forcer à contracter un mariage. â Article 38  -  Mutilations génitales féminines Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infractions pénales, lorsquâils sont commis intentionnellement : a lâexcision, lâinfibulation ou toute autre mutilation de la totalité ou partie des labia majora, labia minora ou clitoris dâune femme ; b le fait de contraindre une femme à subir tout acte énuméré au point a ou de lui fournir les moyens à cette fin ; c le fait dâinciter ou de contraindre une fille à subir tout acte énuméré au point a ou de lui fournir les moyens à cette fin. â Article 39  -  Avortement et stérilisation forcés Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infractions pénales, lorsquâils sont commis intentionnellement : a le fait de pratiquer un avortement chez une femme sans son accord préalable et éclairé ; b le fait de pratiquer une intervention chirurgicale qui a pour objet ou pour effet de mettre fin à la capacité dâune femme de se reproduire naturellement sans son accord préalable et éclairé ou sans sa compréhension de la procédure. â Article 40  -  Harcèlement sexuel Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que toute forme de comportement non désiré, verbal, non-verbal ou physique, à caractère sexuel, ayant pour objet ou pour effet de violer la dignité dâune personne, en particulier lorsque ce comportement crée un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant, soit soumise à des sanctions pénales ou autres sanctions légales. â Article 41  -  Aide ou complicité et tentative 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infractions pénales, lorsquâelles sont commises intentionnellement, lâaide ou la complicité dans la commission des infractions établies conformément aux articles 33, 34, 35, 36, 37, 38.a et 39 de la présente Convention. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour ériger en infractions pénales, lorsquâelles sont commises intentionnellement, les tentatives de commission des infractions établies conformément aux articles 35, 36, 37, 38.a et 39 de la présente Convention. â Article 42  -  Justification inacceptable des infractions pénales, y compris les crimes commis au nom du prétendu « honneur » 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour sâassurer que, dans les procédures pénales diligentées à la suite de la commission de lâun des actes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention, la culture, la coutume, la religion, la tradition ou le prétendu « honneur » ne soient pas considérés comme justifiant de tels actes. Cela couvre, en particulier, les allégations selon lesquelles la victime aurait transgressé des normes ou coutumes culturelles, religieuses, sociales ou traditionnelles relatives à un comportement approprié. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que lâincitation faite par toute personne à un enfant de commettre tout acte mentionné au paragraphe 1 ne diminue pas la responsabilité pénale de cette personne pour les actes commis. â Article 43  -  Application des infractions pénales Les infractions établies conformément à la présente Convention sâappliquent indépendamment de la nature de la relation entre la victime et lâauteur de lâinfraction. â Article 44  -  Compétence 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir leur compétence à lâégard de toute infraction établie conformément à la présente Convention, lorsque lâinfraction est commise : a sur leur territoire ; ou b à bord dâun navire battant leur pavillon ; ou c à bord dâun aéronef immatriculé selon leurs lois internes ; ou d par un de leurs ressortissants ; ou e par une personne ayant sa résidence habituelle sur leur territoire. 2 Les Parties sâefforcent de prendre les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir leur compétence à lâégard de toute infraction établie conformément à la présente Convention, lorsque lâinfraction est commise contre lâun de leurs ressortissants ou contre une personne ayant sa résidence habituelle sur leur territoire. 3 Pour la poursuite des infractions établies conformément aux articles 36, 37, 38 et 39 de la présente Convention, les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que lâétablissement de leur compétence ne soit pas subordonné à la condition que les faits soient également incriminés sur le territoire où ils ont été commis. 4 Pour la poursuite des infractions établies conformément aux articles 36, 37, 38 et 39 de la présente Convention, les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que lâétablissement de leur compétence au titre des points d et e du paragraphe 1 ne soit pas subordonné à la condition que la poursuite soit précédée dâune plainte de la victime ou dâune dénonciation de lâÃtat du lieu où lâinfraction a été commise. 5 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour établir leur compétence à lâégard de toute infraction établie conformément à la présente Convention, dans les cas où lâauteur présumé est présent sur leur territoire et ne peut être extradé vers une autre Partie uniquement en raison de sa nationalité. 6 Lorsque plusieurs Parties revendiquent leur compétence à lâégard dâune infraction présumée établie conformément à la présente Convention, les Parties concernées se concertent, le cas échéant, afin de déterminer la mieux à même dâexercer les poursuites. 7 Sans préjudice des règles générales de droit international, la présente Convention nâexclut aucune compétence pénale exercée par une Partie conformément à son droit interne. â Article 45  -  Sanctions et mesures 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les infractions établies conformément à la présente Convention soient passibles de sanctions effectives, proportionnées et dissuasives, au regard de leur gravité. Celles-ci incluent, le cas échéant, des peines privatives de liberté pouvant donner lieu à lâextradition. 2 Les Parties peuvent adopter dâautres mesures à lâégard des auteurs dâinfractions, telles que : - le suivi ou la surveillance de la personne condamnée ; - la déchéance des droits parentaux si lâintérêt supérieur de lâenfant, qui peut inclure la sécurité de la victime, ne peut être garanti dâaucune autre façon. â Article 46  -  Circonstances aggravantes Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires afin que les circonstances suivantes, pour autant quâelles ne relèvent pas déjà des éléments constitutifs de lâinfraction, puissent, conformément aux dispositions pertinentes de leur droit interne, être prises en compte en tant que circonstances aggravantes lors de la détermination des peines relatives aux infractions établies conformément à la présente Convention : a lâinfraction a été commise à lâencontre dâun ancien ou actuel conjoint ou partenaire, conformément au droit interne, par un membre de la famille, une personne cohabitant avec la victime, ou une personne ayant abusé de son autorité ; b lâinfraction, ou les infractions apparentées, ont été commises de manière répétée ; c lâinfraction a été commise à lâencontre dâune personne rendue vulnérable du fait de circonstances particulières ; d lâinfraction a été commise à lâencontre ou en présence dâun enfant ; e lâinfraction a été commise par deux ou plusieurs personnes agissant ensemble ; f lâinfraction a été précédée ou accompagnée dâune violence dâune extrême gravité ; g lâinfraction a été commise avec lâutilisation ou la menace dâune arme ; h lâinfraction a entraîné de graves dommages physiques ou psychologiques pour la victime ; i lâauteur a été condamné antérieurement pour des faits de nature similaire. â Article 47  -  Condamnations dans une autre Partie Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour prévoir la possibilité de prendre en compte, dans le cadre de lâappréciation de la peine, les condamnations définitives prononcées dans une autre Partie pour les infractions établies conformément à la présente Convention. â Article 48  -  Interdiction des modes alternatifs de résolution des conflits ou des condamnations obligatoires 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour interdire les modes alternatifs de résolution des conflits obligatoires, y compris la médiation et la conciliation, en ce qui concerne toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que, si le paiement dâune amende est ordonné, la capacité de lâauteur de lâinfraction à faire face aux obligations financières quâil a envers la victime soit dûment prise en compte. â Chapitre VI - Enquêtes, poursuites, droit procédural et mesures de protection â Article 49  -  Obligations générales 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les enquêtes et les procédures judiciaires relatives à toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention soient traitées sans retard injustifié tout en prenant en considération les droits de la victime à toutes les étapes des procédures pénales. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires, conformément aux principes fondamentaux des droits de lâhomme et en prenant en considération la compréhension de la violence fondée sur le genre, pour garantir une enquête et une poursuite effectives des infractions établies conformément à la présente Convention. â Article 50  -  Réponse immédiate, prévention et protection 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les services répressifs responsables répondent rapidement et de manière appropriée à toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention en offrant une protection adéquate et immédiate aux victimes. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les services répressifs responsables engagent rapidement et de manière appropriée la prévention et la protection contre toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention, y compris lâemploi de mesures opérationnelles préventives et la collecte des preuves. â Article 51  -  Appréciation et gestion des risques 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour quâune appréciation du risque de létalité, de la gravité de la situation et du risque de réitération de la violence soit faite par toutes les autorités pertinentes afin de gérer le risque et garantir, si nécessaire, une sécurité et un soutien coordonnés. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que lâappréciation mentionnée au paragraphe 1 prenne dûment en compte, à tous les stades de lâenquête et de lâapplication des mesures de protection, le fait que lâauteur dâactes de violence couverts par le champ dâapplication de la présente Convention possède ou ait accès à des armes à feu. â Article 52  -  Ordonnances dâurgence dâinterdiction Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les autorités compétentes se voient reconnaître le pouvoir dâordonner, dans des situations de danger immédiat, à lâauteur de violence domestique de quitter la résidence de la victime ou de la personne en danger pour une période de temps suffisante et dâinterdire à lâauteur dâentrer dans le domicile de la victime ou de la personne en danger ou de la contacter. Les mesures prises conformément au présent article doivent donner la priorité à la sécurité des victimes ou des personnes en danger. â Article 53  -  Ordonnances dâinjonction ou de protection 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que des ordonnances dâinjonction ou de protection appropriées soient disponibles pour les victimes de toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les ordonnances dâinjonction ou de protection mentionnées au paragraphe 1 soient : - disponibles pour une protection immédiate et sans charge financière ou administrative excessive pesant sur la victime ; - émises pour une période spécifiée, ou jusquâà modification ou révocation ; - le cas échéant, émises ex parte avec effet immédiat ; - disponibles indépendamment ou cumulativement à dâautres procédures judiciaires ; - autorisées à être introduites dans les procédures judiciaires subséquentes. 3 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que la violation des ordonnances dâinjonction ou de protection émises conformément au paragraphe 1 fasse lâobjet de sanctions pénales, ou dâautres sanctions légales, effectives, proportionnées et dissuasives. â Article 54  -  Enquêtes et preuves Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que, dans toute procédure civile ou pénale, les preuves relatives aux antécédents sexuels et à la conduite de la victime ne soient recevables que lorsque cela est pertinent et nécessaire. â Article 55  -  Procédures ex parte  et ex officio 1 Les Parties veillent à ce que les enquêtes ou les poursuites dâinfractions établies conformément aux articles 35, 36, 37, 38 et 39 de la présente Convention ne dépendent pas entièrement dâune dénonciation ou dâune plainte de la victime lorsque lâinfraction a été commise, en partie ou en totalité, sur leur territoire, et à ce que la procédure puisse se poursuivre même si la victime se rétracte ou retire sa plainte. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour garantir, conformément aux conditions prévues par leur droit interne, la possibilité pour les organisations gouvernementales et non gouvernementales et les conseillers spécialisés dans la violence domestique, dâassister et/ou de soutenir les victimes, sur demande de leur part, au cours des enquêtes et des procédures judiciaires relatives aux infractions établies conformément à la présente Convention. â Article 56  -  Mesures de protection 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour protéger les droits et les intérêts des victimes, y compris leurs besoins spécifiques en tant que témoins, à tous les stades des enquêtes et des procédures judiciaires, en particulier : a en veillant à ce quâelles soient, ainsi que leurs familles et les témoins à charge, à lâabri des risques dâintimidation, de représailles et de nouvelle victimisation ; b en veillant à ce que les victimes soient informées, au moins dans les cas où les victimes et la famille pourraient être en danger, lorsque lâauteur de lâinfraction sâévade ou est libéré temporairement ou définitivement ; c en les tenant informées, selon les conditions prévues par leur droit interne, de leurs droits et des services à leur disposition, et des suites données à leur plainte, des chefs dâaccusation retenus, du déroulement général de lâenquête ou de la procédure, et de leur rôle au sein de celle-ci ainsi que de la décision rendue ; d en donnant aux victimes, conformément aux règles de procédure de leur droit interne, la possibilité dâêtre entendues, de fournir des éléments de preuve et de présenter leurs vues, besoins et préoccupations, directement ou par le recours à un intermédiaire, et que ceux-ci soient examinés ; e en fournissant aux victimes une assistance appropriée pour que leurs droits et intérêts soient dûment présentés et pris en compte ; f en veillant à ce que des mesures pour protéger la vie privée et lâimage de la victime puissent être prises ; g en veillant, lorsque cela est possible, à ce que les contacts entre les victimes et les auteurs dâinfractions à lâintérieur des tribunaux et des locaux des services répressifs soient évités ; h en fournissant aux victimes des interprètes indépendants et compétents, lorsque les victimes sont parties aux procédures ou lorsquâelles fournissent des éléments de preuve ; i en permettant aux victimes de témoigner en salle dâaudience, conformément aux règles prévues par leur droit interne, sans être présentes, ou du moins sans que lâauteur présumé de lâinfraction ne soit présent, notamment par le recours aux technologies de communication appropriées, si elles sont disponibles. 2 Un enfant victime et témoin de violence à lâégard des femmes et de violence domestique doit, le cas échéant, se voir accorder des mesures de protection spécifiques prenant en compte lâintérêt supérieur de lâenfant. â Article 57  -  Aide juridique Les Parties veillent à ce que les victimes aient droit à une assistance juridique et à une aide juridique gratuite selon les conditions prévues par leur droit interne. â Article 58  -  Prescription Les Parties prennent les mesures législatives et autres nécessaires pour que le délai de prescription pour engager toute poursuite du chef des infractions établies conformément aux articles 36, 37, 38 et 39 de la présente Convention, continue de courir pour une durée suffisante et proportionnelle à la gravité de lâinfraction en question, afin de permettre la mise en Åuvre efficace des poursuites, après que la victime a atteint lââge de la majorité. â Chapitre VII - Migration et asile â Article 59  -  Statut de résident 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour garantir que les victimes, dont le statut de résident dépend de celui de leur conjoint ou de leur partenaire, conformément à leur droit interne, se voient accorder, sur demande, dans lâéventualité de la dissolution du mariage ou de la relation, en cas de situations particulièrement difficiles, un permis de résidence autonome, indépendamment de la durée du mariage ou de la relation. Les conditions relatives à lâoctroi et à la durée du permis de résidence autonome sont établies conformément au droit interne. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes puissent obtenir la suspension des procédures dâexpulsion initiées du fait que leur statut de résident dépend de celui de leur conjoint ou de leur partenaire, conformément à leur droit interne, pour leur permettre de demander un permis de résidence autonome. 3 Les Parties délivrent un permis de résidence renouvelable aux victimes, dans lâune ou les deux situations suivantes : a lorsque lâautorité compétente considère que leur séjour est nécessaire au regard de leur situation personnelle ; b lorsque lâautorité compétente considère que leur séjour est nécessaire aux fins de leur coopération avec les autorités compétentes dans le cadre dâune enquête ou de procédures pénales. 4 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes de mariages forcés amenées dans un autre pays aux fins de ce mariage, et qui perdent en conséquence leur statut de résident dans le pays où elles résident habituellement, puissent récupérer ce statut. â Article 60  -  Demandes dâasile fondées sur le genre 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que la violence à lâégard des femmes fondée sur le genre puisse être reconnue comme une forme de persécution au sens de lâarticle 1, A (2), de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et comme une forme de préjudice grave donnant lieu à une protection complémentaire/subsidiaire. 2 Les Parties veillent à ce quâune interprétation sensible au genre soit appliquée à chacun des motifs de la Convention et à ce que les demandeurs dâasile se voient octroyer le statut de réfugié dans les cas où il a été établi que la crainte de persécution est fondée sur lâun ou plusieurs de ces motifs, conformément aux instruments pertinents applicables. 3 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour développer des procédures dâaccueil sensibles au genre et des services de soutien pour les demandeurs dâasile, ainsi que des lignes directrices fondées sur le genre et des procédures dâasile sensibles au genre, y compris pour lâoctroi du statut de réfugié et pour la demande de protection internationale. â Article 61  -  Non-refoulement 1 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour respecter le principe de non-refoulement, conformément aux obligations existantes découlant du droit international. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes de violence à lâégard des femmes nécessitant une protection, indépendamment de leur statut ou lieu de résidence, ne puissent en aucune circonstance être refoulées vers un pays où leur vie serait en péril ou dans lequel elles pourraient être victimes de torture ou de peines ou traitements inhumains ou dégradants. â Chapitre VIII - Coopération internationale â Article 62  -  Principes généraux 1 Les Parties coopèrent, conformément aux dispositions de la présente Convention, et en application des instruments internationaux et régionaux pertinents, relatifs à la coopération en matière civile et pénale, des arrangements reposant sur des législations uniformes ou réciproques et de leur droit interne, dans la mesure la plus large possible, aux fins : a de prévenir, combattre, et poursuivre toutes les formes de violence couvertes par le champ dâapplication de la présente Convention ; b de protéger et assister les victimes ; c de mener des enquêtes ou des procédures concernant les infractions établies conformément à la présente Convention ; d dâappliquer les jugements civils et pénaux pertinents rendus par les autorités judiciaires des Parties, y compris les ordonnances de protection. 2 Les Parties prennent les mesures législatives ou autres nécessaires pour que les victimes dâune infraction établie conformément à la présente Convention et commise sur le territoire dâune Partie autre que celui sur lequel elles résident puissent porter plainte auprès des autorités compétentes de leur Ãtat de résidence. 3 Si une Partie qui subordonne lâentraide judiciaire en matière pénale, lâextradition ou lâexécution de jugements civils ou pénaux prononcés par une autre Partie à la présente Convention à lâexistence dâun traité reçoit une demande concernant cette coopération en matière judiciaire dâune Partie avec laquelle elle nâa pas conclu pareil traité, elle peut considérer la présente Convention comme la base légale de lâentraide judiciaire en matière pénale, de lâextradition ou de lâexécution de jugements civils ou pénaux prononcés par une autre Partie à la présente Convention à lâégard des infractions établies conformément à la présente Convention. 4 Les Parties sâefforcent dâintégrer, le cas échéant, la prévention et la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique dans les programmes dâassistance au développement conduits au profit dâÃtats tiers, y compris la conclusion dâaccords bilatéraux et multilatéraux avec des Ãtats tiers dans le but de faciliter la protection des victimes, conformément à lâarticle 18, paragraphe 5. â Article 63  -  Mesures relatives aux personnes en danger Lorsquâune Partie a, sur la base dâinformations à sa disposition, de sérieuses raisons de penser quâune personne risque dâêtre soumise de manière immédiate à lâun des actes de violence visés par les articles 36, 37, 38 et 39 de la présente Convention sur le territoire dâune autre Partie, la Partie disposant de lâinformation est encouragée à la transmettre sans délai à lâautre Partie dans le but dâassurer que les mesures de protection appropriées soient prises. Cette information doit contenir, le cas échéant, des indications sur des dispositions de protection existantes établies au bénéfice de la personne en danger. â Article 64  -  Information 1 La Partie requise doit rapidement informer la Partie requérante du résultat final de lâaction exercée conformément au présent chapitre. La Partie requise doit également informer rapidement la Partie requérante de toutes les circonstances qui rendent impossible lâexécution de lâaction envisagée ou qui sont susceptibles de la retarder de manière significative. 2 Une Partie peut, dans la limite des règles de son droit interne, sans demande préalable, transférer à une autre Partie les informations obtenues dans le cadre de ses propres investigations lorsquâelle considère que la divulgation de telles informations pourrait aider la Partie qui les reçoit à prévenir les infractions pénales établies conformément à la présente Convention, ou à entamer ou poursuivre les investigations ou les procédures relatives à de telles infractions pénales, ou quâelle pourrait aboutir à une demande de coopération formulée par cette Partie conformément au présent chapitre. 3 La Partie qui reçoit toute information conformément au paragraphe 2 doit la communiquer à ses autorités compétentes de manière à ce que des procédures puissent être engagées si elles sont considérées comme étant appropriées, ou que cette information puisse être prise en compte dans les procédures civiles et pénales pertinentes. â Article 65  -  Protection des données Les données personnelles sont conservées et utilisées conformément aux obligations contractées par les Parties à la Convention pour la protection des personnes à lâégard du traitement automatisé des données à caractère personnel (STE n° 108). â Chapitre IX - Mécanisme de suivi â Article 66  -  Groupe dâexperts sur la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique 1 Le Groupe dâexperts sur la lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique (ci-après dénommé « GREVIO ») est chargé de veiller à la mise en Åuvre de la présente Convention par les Parties. 2 Le GREVIO est composé de 10 membres au minimum et de 15 membres au maximum, en tenant compte dâune participation équilibrée entre les femmes et les hommes, et dâune participation géographiquement équilibrée, ainsi que dâune expertise multidisciplinaire. Ses membres sont élus par le Comité des Parties parmi des candidats désignés par les Parties, pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois, et choisis parmi des ressortissants des Parties. 3 Lâélection initiale de 10 membres est organisée dans un délai dâun an suivant la date dâentrée en vigueur de la présente Convention. Lâélection de 5 membres additionnels est organisée après la vingt-cinquième ratification ou adhésion. 4 Lâélection des membres du GREVIO se fonde sur les principes suivants : a ils sont choisis selon une procédure transparente parmi des personnalités de haute moralité connues pour leur compétence en matière de droits de lâhomme, dâégalité entre les femmes et les hommes, de violence à lâégard des femmes et de violence domestique ou dâassistance et protection des victimes, ou ayant une expérience professionnelle reconnue dans les domaines couverts par la présente Convention ; b le GREVIO ne peut comprendre plus dâun ressortissant du même Ãtat ; c ils devraient représenter les principaux systèmes juridiques ; d ils devraient représenter les acteurs et instances pertinents dans le domaine de la violence à lâégard des femmes et la violence domestique ; e ils siègent à titre individuel, sont indépendants et impartiaux dans lâexercice de leurs mandats et se rendent disponibles pour remplir leurs fonctions de manière effective. 5 La procédure dâélection des membres du GREVIO est fixée par le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope, après consultation et assentiment unanime des Parties, dans un délai de six mois à compter de lâentrée en vigueur de la présente Convention. 6 Le GREVIO adopte son propre règlement intérieur. 7 Les membres du GREVIO et les autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans les pays tel quâétabli dans lâarticle 68, paragraphes 9 et 14, bénéficient des privilèges et immunités prévus par lâannexe à la présente Convention. â Article 67  -  Comité des Parties 1 Le Comité des Parties est composé des représentants des Parties à la Convention. 2 Le Comité des Parties est convoqué par le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. Sa première réunion doit se tenir dans un délai dâun an suivant lâentrée en vigueur de la présente Convention afin dâélire les membres du GREVIO. Il se réunira par la suite à la demande dâun tiers des Parties, du Président du Comité des Parties ou du Secrétaire Général. 3 Le Comité des Parties adopte son propre règlement intérieur. â Article 68  -  Procédure 1 Les Parties présentent au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, sur la base dâun questionnaire préparé par le GREVIO, un rapport sur les mesures dâordre législatif et autres donnant effet aux dispositions de la présente Convention, pour examen par le GREVIO. 2 Le GREVIO examine le rapport soumis conformément au paragraphe 1 avec les représentants de la Partie concernée. 3 La procédure dâévaluation ultérieure est divisée en cycles dont la durée est déterminée par le GREVIO. Au début de chaque cycle, le GREVIO sélectionne les dispositions particulières sur lesquelles va porter la procédure dâévaluation et envoie un questionnaire. 4 Le GREVIO détermine les moyens appropriés pour procéder à cette évaluation. Il peut, en particulier, adopter un questionnaire pour chacun des cycles qui sert de base à lâévaluation de la mise en Åuvre par les Parties. Ce questionnaire est adressé à toutes les Parties. Les Parties répondent à ce questionnaire ainsi quâà toute autre demande dâinformation du GREVIO. 5 Le GREVIO peut recevoir des informations concernant la mise en Åuvre de la Convention des organisations non gouvernementales et de la société civile, ainsi que des institutions nationales de protection des droits de lâhomme. 6 Le GREVIO prend dûment en considération les informations existantes disponibles dans dâautres instruments et organisations régionaux et internationaux dans les domaines entrant dans le champ dâapplication de la présente Convention. 7 Lorsquâil adopte le questionnaire pour chaque cycle dâévaluation, le GREVIO prend dûment en considération la collecte des données et les recherches existantes dans les Parties, telles que mentionnées à lâarticle 11 de la présente Convention. 8 Le GREVIO peut recevoir des informations relatives à la mise en Åuvre de la Convention de la part du Commissaire aux droits de lâhomme du Conseil de lâEurope, de lâAssemblée parlementaire et dâautres organes spécialisés pertinents du Conseil de lâEurope ainsi que ceux établis par dâautres instruments internationaux. Les plaintes présentées devant ces organes et les suites qui leur sont données seront mises à la disposition du GREVIO. 9 Le GREVIO peut organiser, de manière subsidiaire, en coopération avec les autorités nationales et avec lâassistance dâexperts nationaux indépendants, des visites dans les pays concernés, si les informations reçues sont insuffisantes ou dans les cas prévus au paragraphe 14. Lors de ces visites, le GREVIO peut se faire assister par des spécialistes dans des domaines spécifiques. 10 Le GREVIO établit un projet de rapport contenant ses analyses concernant la mise en Åuvre des dispositions sur lesquelles porte la procédure dâévaluation, ainsi que ses suggestions et propositions relatives à la manière dont la Partie concernée peut traiter les problèmes identifiés. Le projet de rapport est transmis pour commentaire à la Partie faisant lâobjet de lâévaluation. Ses commentaires sont pris en compte par le GREVIO lorsquâil adopte son rapport. 11 Sur la base de toutes les informations reçues et des commentaires des Parties, le GREVIO adopte son rapport et ses conclusions concernant les mesures prises par la Partie concernée pour mettre en Åuvre les dispositions de la présente Convention. Ce rapport et les conclusions sont envoyés à la Partie concernée et au Comité des Parties. Le rapport et les conclusions du GREVIO sont rendus publics dès leur adoption, avec les commentaires éventuels de la Partie concernée. 12 Sans préjudice de la procédure prévue aux paragraphes 1 à 8, le Comité des Parties peut adopter, sur la base du rapport et des conclusions du GREVIO, des recommandations adressées à cette Partie (a) concernant les mesures à prendre pour mettre en Åuvre les conclusions du GREVIO, si nécessaire en fixant une date pour la soumission dâinformations sur leur mise en Åuvre, et (b) ayant pour objectif de promouvoir la coopération avec cette Partie afin de mettre en Åuvre la présente Convention de manière satisfaisante. 13 Si le GREVIO reçoit des informations fiables indiquant une situation dans laquelle des problèmes nécessitent une attention immédiate afin de prévenir ou de limiter lâampleur ou le nombre de violations graves de la Convention, il peut demander la soumission urgente dâun rapport spécial relatif aux mesures prises pour prévenir un type de violence grave, répandu ou récurrent à lâégard des femmes. 14 Le GREVIO peut, en tenant compte des informations soumises par la Partie concernée ainsi que de toute autre information fiable disponible, désigner un ou plusieurs de ses membres pour conduire une enquête et présenter de manière urgente un rapport au GREVIO. Lorsque cela est nécessaire et avec lâaccord de la Partie, lâenquête peut comprendre une visite sur son territoire. 15 Après avoir examiné les conclusions relatives à lâenquête mentionnée au paragraphe 14, le GREVIO transmet ces conclusions à la Partie concernée et, le cas échéant, au Comité des Parties et au Comité des Ministres du Conseil de lâEurope avec tout autre commentaire et recommandation. â Article 69  -  Recommandations générales Le GREVIO peut adopter, le cas échéant, des recommandations générales sur la mise en Åuvre de la présente Convention. â Article 70  -  Participation des parlements au suivi 1 Les parlements nationaux sont invités à participer au suivi des mesures prises pour la mise en Åuvre de la présente Convention. 2 Les Parties soumettent les rapports du GREVIO à leurs parlements nationaux. 3 LâAssemblée parlementaire du Conseil de lâEurope est invitée à faire le bilan, de manière régulière, de la mise en Åuvre de la présente Convention. â Chapitre X - Relations avec dâautres instruments internationaux â Article 71  -  Relations avec dâautres instruments internationaux 1 La présente Convention ne porte pas atteinte aux obligations découlant dâautres instruments internationaux auxquels les Parties à la présente Convention sont Parties ou le deviendront, et qui contiennent des dispositions relatives aux matières régies par la présente Convention. 2 Les Parties à la présente Convention peuvent conclure entre elles des accords bilatéraux ou multilatéraux relatifs aux questions réglées par la présente Convention, aux fins de compléter ou de renforcer les dispositions de celle-ci ou pour faciliter lâapplication des principes quâelle consacre. â Chapitre XI - Amendements à la Convention â Article 72  -  Amendements 1 Tout amendement à la présente Convention proposé par une Partie devra être communiqué au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope et être transmis par ce dernier aux Ãtats membres du Conseil de lâEurope, à tout signataire, à toute Partie, à lâUnion européenne, à tout Ãtat ayant été invité à signer la présente Convention conformément aux dispositions de lâarticle 75 et à tout Ãtat invité à adhérer à la présente Convention, conformément aux dispositions de lâarticle 76. 2 Le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope examine lâamendement proposé et, après consultation des Parties à la Convention qui ne sont pas membres du Conseil de lâEurope, peut adopter lâamendement à la majorité prévue à lâarticle 20.d du Statut du Conseil de lâEurope. 3 Le texte de tout amendement adopté par le Comité des Ministres conformément au paragraphe 2 sera communiqué aux Parties, en vue de son acceptation. 4 Tout amendement adopté conformément au paragraphe 2 entrera en vigueur le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période dâun mois après la date à laquelle toutes les Parties auront informé le Secrétaire Général de leur acceptation. â Chapitre XII - Clauses finales â Article 73  -  Effets de la Convention Les dispositions de la présente Convention ne portent pas atteinte aux dispositions du droit interne et dâautres instruments internationaux contraignants déjà en vigueur ou pouvant entrer en vigueur, et en application desquels des droits plus favorables sont ou seraient reconnus aux personnes en matière de prévention et de lutte contre la violence à lâégard des femmes et la violence domestique. â Article 74  -  Règlement de différends 1 Les Parties à tout litige qui surgit au sujet de lâapplication ou de lâinterprétation des dispositions de la présente Convention devront en rechercher la solution, avant tout par voie 35 de négociation, de conciliation, dâarbitrage, ou par tout autre mode de règlement pacifique accepté dâun commun accord par elles. 2 Le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope pourra établir des procédures de règlement qui pourraient être utilisées par les Parties à un litige, si elles y consentent. â Article 75  -  Signature et entrée en vigueur 1 La présente Convention est ouverte à la signature des Ãtats membres du Conseil de lâEurope, des Ãtats non membres ayant participé à son élaboration ainsi que de lâUnion européenne. 2 La présente Convention est soumise à ratification, acceptation ou approbation. Les instruments de ratification, dâacceptation ou dâapprobation sont déposés près le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 3 La présente Convention entrera en vigueur le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date à laquelle 10 signataires, dont au moins 8 Ãtats membres du Conseil de lâEurope, auront exprimé leur consentement à être liés par la Convention, conformément aux dispositions du paragraphe 2. 4 Si un Ãtat visé au paragraphe 1 ou lâUnion européenne exprime ultérieurement son consentement à être lié par la Convention, cette dernière entrera en vigueur, à son égard, le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date du dépôt de lâinstrument de ratification, dâacceptation ou dâapprobation. â Article 76  -  Adhésion à la Convention 1 Après lâentrée en vigueur de la présente Convention, le Comité des Ministres du Conseil de lâEurope pourra, après consultation des Parties à la présente Convention et en avoir obtenu lâassentiment unanime, inviter tout Ãtat non membre du Conseil de lâEurope nâayant pas participé à lâélaboration de la Convention à adhérer à la présente Convention par une décision prise à la majorité prévue à lâarticle 20.d du Statut du Conseil de lâEurope, et à lâunanimité des voix des représentants des Ãtats contractants ayant le droit de siéger au Comité des Ministres. 2 Pour tout Ãtat adhérent, la Convention entrera en vigueur le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date du dépôt de lâinstrument dâadhésion près le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. â Article 77  -  Application territoriale 1 Tout Ãtat ou lâUnion européenne peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, désigner le ou les territoires auxquels sâappliquera la présente Convention. 2 Toute Partie peut, à tout autre moment par la suite, par une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, étendre lâapplication de la présente Convention à tout autre territoire désigné dans cette déclaration dont elle assure les relations internationales ou au nom duquel elle est autorisée à prendre des engagements. La Convention entrera en vigueur à lâégard de ce territoire le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la déclaration par le Secrétaire Général. 3 Toute déclaration faite en vertu des deux paragraphes précédents pourra, à lâégard de tout territoire désigné dans cette déclaration, être retirée par notification adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. Ce retrait prendra effet le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. â Article 78  -  Réserves 1 Aucune réserve nâest admise à lâégard des dispositions de la présente Convention, à lâexception de celles prévues aux paragraphes 2 et 3. 2 Tout Ãtat ou lâUnion européenne peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, dans une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, préciser quâil se réserve le droit de ne pas appliquer, ou de nâappliquer que dans des cas ou conditions spécifiques, les dispositions établies à : - l'article 30, paragraphe 2 ; - l'article 44, paragraphes 1.e, 3 et 4 ; - l'article 55, paragraphe 1 en ce qui concerne lâarticle 35 à lâégard des infractions mineures ; - l'article 58 en ce qui concerne les articles 37, 38 et 39 ; - l'article 59. 3 Tout Ãtat ou lâUnion européenne peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion, dans une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, préciser quâil se réserve le droit de prévoir des sanctions non pénales, au lieu de sanctions pénales, pour les comportements mentionnés aux articles 33 et 34. 4 Toute Partie peut retirer en tout ou en partie une réserve au moyen dâune déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. Cette déclaration prendra effet à la date de sa réception par le Secrétaire Général. â Article 79  -  Validité et examen des réserves 1 Les réserves prévues à lâarticle 78, paragraphes 2 et 3, sont valables cinq ans à compter du premier jour de lâentrée en vigueur de la Convention pour la Partie concernée. Toutefois, ces réserves peuvent être renouvelées pour des périodes de la même durée. 2 Dix-huit mois avant lâexpiration de la réserve, le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope informe la Partie concernée de cette expiration. Trois mois avant la date dâexpiration, la Partie notifie au Secrétaire Général son intention de maintenir, de modifier ou de retirer la réserve. Dans le cas contraire, le Secrétaire Général informe cette Partie que sa réserve est automatiquement prolongée pour une période de six mois. Si la Partie concernée ne notifie pas sa décision de maintenir ou modifier ses réserves avant lâexpiration de cette période, la ou les réserves tombent. 3 Lorsquâune Partie formule une réserve conformément à lâarticle 78, paragraphes 2 et 3, elle fournit, avant son renouvellement ou sur demande, des explications au GREVIO quant aux motifs justifiant son maintien. â Article 80  -  Dénonciation 1 Toute Partie peut, à tout moment, dénoncer la présente Convention en adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de lâEurope. 2 Cette dénonciation prendra effet le premier jour du mois suivant lâexpiration dâune période de trois mois après la date de réception de la notification par le Secrétaire Général. â Article 81  -  Notification Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope notifiera aux Ãtats membres du Conseil de lâEurope, aux Ãtats non membres du Conseil de lâEurope ayant participé à lâélaboration de la présente Convention, à tout signataire, à toute Partie, à lâUnion européenne, et à tout Ãtat invité à adhérer à la présente Convention : a toute signature ; b le dépôt de tout instrument de ratification, dâacceptation, dâapprobation ou dâadhésion ; c toute date dâentrée en vigueur de la présente Convention, conformément aux articles 75 et 76 ; d tout amendement adopté conformément à lâarticle 72, ainsi que la date dâentrée en vigueur dudit amendement ; e toute réserve et tout retrait de réserve faits en application de lâarticle 78 ; f toute dénonciation faite en vertu des dispositions de lâarticle 80 ; g tout autre acte, notification ou communication ayant trait à la présente Convention. En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Convention. Fait à [Istanbul], le [11 mai 2011], en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de lâEurope. Le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Ãtats membres du Conseil de lâEurope, aux Ãtats non membres ayant participé à lâélaboration de la présente Convention, à lâUnion européenne et à tout Ãtat invité à adhérer à la présente Convention. Annexe - Privilèges et Immunités (article 66) 1 La présente annexe sâapplique aux membres du GREVIO mentionnés à lâarticle 66 de la Convention ainsi quâaux autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays. Aux fins de la présente annexe, lâexpression « autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays » comprend les experts nationaux indépendants et les spécialistes visés à lâarticle 68, paragraphe 9, de la Convention, les agents du Conseil de lâEurope et les interprètes employés par le Conseil de lâEurope qui accompagnent le GREVIO lors de ses visites dans le pays. 2 Les membres du GREVIO et les autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays bénéficient des privilèges et immunités mentionnées ci-après dans lâexercice de leurs fonctions liées à la préparation et à la mise en Åuvre des visites ainsi quâaux suites données à celles-ci et aux voyages liés à ces fonctions : a immunité dâarrestation ou de détention et de saisie de leurs bagages personnels et, en ce qui concerne les actes accomplis par eux en leur qualité officielle, y compris leurs paroles et écrits, immunité de toute juridiction ; b exemption à lâégard de toutes mesures restrictives relatives à leur liberté de mouvement : sortie de et entrée dans leur pays de résidence et entrée dans le et sortie du pays dans lequel ils exercent leurs fonctions, ainsi quâà lâégard de toutes les formalités dâenregistrement des étrangers, dans les pays visités ou traversés par eux dans lâexercice de leurs fonctions. 3 Au cours des voyages accomplis dans lâexercice de leurs fonctions, les membres du GREVIO et les autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays se voient accorder, en matière de douane et de contrôle des changes, les mêmes facilités que celles reconnues aux représentants de gouvernements étrangers en mission officielle temporaire. 4 Les documents relatifs à lâévaluation de la mise en Åuvre de la Convention transportés par les membres du GREVIO et les autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays, sont inviolables dans la mesure où ils concernent lâactivité du GREVIO. Aucune mesure dâinterception ou de censure ne peut sâappliquer à la correspondance officielle du GREVIO ou aux communications officielles des membres du GREVIO et des autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays. 5 En vue dâassurer aux membres du GREVIO et aux autres membres des délégations chargées dâeffectuer les visites dans le pays une complète liberté de parole et une complète indépendance dans lâaccomplissement de leurs fonctions, lâimmunité de juridiction en ce qui concerne les paroles ou les écrits ou les actes émanant dâeux dans lâaccomplissement de leurs fonctions continuera à leur être accordée même après que le mandat de ces personnes aura pris fin. 6 Les privilèges et immunités sont accordés aux personnes mentionnées au paragraphe 1 de la présente annexe, non pour leur bénéfice personnel, mais dans le but dâassurer en toute indépendance lâexercice de leurs fonctions dans lâintérêt du GREVIO. La levée des immunités accordées aux personnes mentionnées au paragraphe 1 de la présente annexe est effectuée par le Secrétaire Général du Conseil de lâEurope, dans tous les cas où, à son avis, lâimmunité empêcherait que justice soit faite et où lâimmunité peut être levée sans nuire aux intérêts du GREVIO.
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Loi du 20 juillet 2018 portant approbation de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, signée à Istanbul le 11 mai 2011 et modifiant 1) le Code pénal ; 2) le Code de procédure pénale ; 3) la loi modifiée du 8 septembre 2003 sur la violence domestique ; 4) la loi modifiée du 29 août 2008 sur la libre circulation des personnes et l’immigration.
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