Loi du 17 décembre 2021 portant :\n1° approbation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006 ;\n2° modification du Code civil ;\n3° modification du Nouveau Code de procédure civile ;\n4° modification du Code pénal ;\n5° modification du Code de procédure pénale.\n
This provision states that the law approves an international convention and makes related amendments to several codes.
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- Jurisdiction
- Luxembourg
- Instrument
- Act or statute
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- http://data.legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2021/12/17/a920/jo
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- In force
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This provision states that the law approves an international convention and makes related amendments to several codes. This article approves the international convention on protection against enforced disappearances. This article allows adoption revocation in cases where the adoption originated in a forced disappearance, and sets who may ask for it. This article amends the New Code of Civil Procedure by deleting the word “simple” from specified headings and provisions. This article amends the Penal Code to add rules on enforced disappearance and related penalties.
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Legal text
Provisions of Loi du 17 décembre 2021 portant :\n1° approbation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006 ;\n2° modification du Code civil ;\n3° modification du Nouveau Code de procédure civile ;\n4° modification du Code pénal ;\n5° modification du Code de procédure pénale.\n
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AI-assisted research summary: This provision states that the law approves an international convention and makes related amendments to several codes.
Le contenu de la version HTML du Journal officiel luxembourgeois est identique à la version PDF. Loi du 17 décembre 2021 portant : 1° approbation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006 ; 2° modification du Code civil ; 3° modification du Nouveau Code de procédure civile ; 4° modification du Code pénal ; 5° modification du Code de procédure pénale. Nous Henri, Grand Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Notre Conseil dâÃtat entendu ; De lâassentiment de la Chambre des Députés ; Vu la décision de la Chambre des Députés du 2 décembre 2021 et celle du Conseil dâÃtat du 7 décembre 2021 portant quâil nây a pas lieu à second vote ; Avons ordonné et ordonnons : â
- 1 er Verify source ↗
Art. 1 er .
AI-assisted research summary: This article approves the international convention on protection against enforced disappearances.
Art. 1 er . Est approuvée la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006. â - 2 Verify source ↗
Art. 2.
AI-assisted research summary: This article allows adoption revocation in cases where the adoption originated in a forced disappearance, and sets who may ask for it.
Art. 2. Le Code civil est modifié comme suit : 1° à lâarticle 366, entre la première et la deuxième phrase, est inséré un alinéa 2 nouveau libellé comme suit : â «     Elle peut être prononcée dans les cas où lâadoption trouve son origine dans une disparition forcée au sens de lâarticle 442-1 bis  du Code pénal à la demande de lâadoptant ou de lâadopté, des parents de naissance présumés de lâadopté ainsi que par le ministère public. â â â â â      » 2° Au livre Premier, titre VIII, chapitre II, section II, est inséré un article 368-4 nouveau qui prend la teneur suivante : â «     Art. 368-4. Par exception à lâarticle 368-3, la révocation de lâadoption est possible dans les cas où lâadoption trouve son origine dans une disparition forcée au sens de lâarticle 442-1 bis du Code pénal . Elle peut être demandée par lâadopté, lâadoptant, par le ou les parents de naissance présumés de lâadopté ainsi que par le ministère public. Si lâadopté est âgé de plus de quinze ans, il peut personnellement et sans assistance poursuivre la procédure de révocation ou défendre à lâaction. Sâil est âgé de moins de quinze ans, la demande est introduite par ou contre le ministère public. La révocation prononcée par une décision transcrite conformément à lâarticle 1045, paragraphe 4, du Nouveau Code de procédure civile fait cesser rétroactivement tous les effets de lâadoption. Toutefois, les articles 361-1 et 364 du Code civil restent applicables nonobstant la révocation de lâadoption. â â â â â      » â - 3 Verify source ↗
Art. 3.
AI-assisted research summary: This article amends the New Code of Civil Procedure by deleting the word “simple” from specified headings and provisions.
Art. 3. Le Nouveau Code de procédure civile est modifié comme suit : 1° à la deuxième partie, livre I er , titre X, à lâintitulé du Paragraphe III, le terme â  « simple » â est supprimé. 2° Lâarticle 1045 est modifié comme suit : a) Au paragraphe 1 er , première phrase, le terme â  « simple » â est supprimé. b) Au paragraphe 4, le terme â  « simple » â est supprimé. â - 4 Verify source ↗
Art. 4.
AI-assisted research summary: This article amends the Penal Code to add rules on enforced disappearance and related penalties.
Art. 4. Le Code pénal est modifié comme suit : 1° à lâarticle 37, entre les deuxième et troisième tirets, il est inséré un troisième tiret nouveau, ayant la teneur suivante : â « - disparition forcée au sens de lâarticle 442-1 bis  ». â â â â â 2° à lâarticle 70, paragraphe 2, le terme â  « et » â entre les numéros dâarticles â  « 136 bis  » â et â  « 136 ter  » â est remplacé par une virgule et les termes â  « et 442-1 bis  » â sont insérés après le numéro dâarticle â  « 136ter  » â . » 3° Au livre II, titre VIII, est introduit un chapitre IV-1 bis nouveau, intitulé « Des atteintes à la personne constituées par les disparitions forcées » et comprenant les articles 442-1 bis à 442-1 quater nouveaux, libellés comme suit : â «     Art. 442-1 bis . Constitue une disparition forcée lâarrestation, la détention, lâenlèvement ou toute autre forme de privation de liberté dâune personne, dans des conditions la soustrayant à la protection de la loi, par un ou plusieurs agents de lâÃtat ou par une personne ou un groupe de personnes agissant avec lâautorisation, lâappui ou lâacquiescement des autorités de lâÃtat, lorsque ces agissements sont suivis de sa disparition et accompagnés soit du déni de la reconnaissance de la privation de liberté, soit de la dissimulation du sort qui lui a été réservé ou de lâendroit où elle se trouve. La disparition forcée est punie de la réclusion de vingt à trente ans. Art. 442-1 ter . Sans préjudice de lâapplication de lâarticle 67, est puni comme complice dâun crime de disparition forcée mentionné à lâarticle 442-1 bis commis par des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectifs le supérieur qui savait, ou a délibérément négligé de tenir compte dâinformations qui indiquaient clairement que ses subordonnés commettaient ou allaient commettre un crime de disparition forcée et qui nâa pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour en empêcher ou en réprimer lâexécution ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins dâenquête et de poursuites, alors que ce crime était lié à des activités relevant de sa responsabilité et de son contrôle effectifs. Art. 442-1 quater . Si une personne morale a été déclarée pénalement responsable dâune infraction à lâarticle 442-1 bis du Code pénal , la peine de dissolution prévue à lâarticle 38 du Code pénal est obligatoire. â â â â â      » â - 5 Verify source ↗
Art. 5.
AI-assisted research summary: This article amends the criminal procedure code to add forced disappearance to listed references in several provisions.
Art. 5. Le Code de procédure pénale est modifié comme suit : 1° à lâarticle 3-1, alinéa 1 er , entre les termes â  « ou des articles » â et le terme â  « 444(2) » â sont insérés les termes â  « 442-1 bis , » â 2° à lâarticle 48-7, paragraphe 1 er , le point à la fin du point 14 est remplacé par un point-virgule, et il est ajouté un point 15 nouveau, rédigé comme suit : â «     15. lâinfraction de disparition forcée prévue à lâarticle 442-1 bis du Code pénal . â â â â â      » 3° à lâarticle 637, paragraphe 2, le terme â  « et » â entre les numéros dâarticles 382-2 et 409 bis est remplacé par une virgule et les termes â  « , et 442-1 bis,  » â sont insérés à la suite des termes â  « paragraphes 3 à 5 » â . Mandons et ordonnons que la présente loi soit insérée au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne. Le Ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn La Ministre de la Justice, Sam Tanson Château de Berg, le 17 décembre 2021. Henri Doc. parl. 7374 ; sess. ord. 2017-2018, 2018-2019, 2020-2021 et 2021-2022. â Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006 Préambule Les Ãtats parties à la présente Convention , Considérant que la Charte des Nations Unies impose aux Ãtats lâobligation de promouvoir le respect universel et effectif des droits de lâhomme et des libertés fondamentales, Sâappuyant sur la Déclaration universelle des droits de lâhomme, Rappelant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et les autres instruments internationaux pertinents dans les domaines des droits de lâhomme, du droit humanitaire et du droit pénal international, Rappelant également la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par lâAssemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 47/133 du 18 décembre 1992, Conscients de lâextrême gravité de la disparition forcée, qui constitue un crime et, dans certaines circonstances définies par le droit international, un crime contre lâhumanité, Déterminés à prévenir les disparitions forcées et à lutter contre lâimpunité du crime de disparition forcée, Ayant présents à lâesprit le droit de toute personne de ne pas être soumise à une disparition forcée et le droit des victimes à la justice et à réparation, Affirmant le droit de toute victime de savoir la vérité sur les circonstances dâune disparition forcée et de connaître le sort de la personne disparue, ainsi que le droit à la liberté de recueillir, de recevoir et de diffuser des informations à cette fin, Sont convenus des articles suivants : Première partie Article premier 1. Nul ne sera soumis à une disparition forcée. 2. Aucune circonstance exceptionnelle, quelle quâelle soit, quâil sâagisse de lâétat de guerre ou de menace de guerre, dâinstabilité politique intérieure ou de tout autre état dâexception, ne peut être invoquée pour justifier la disparition forcée. Article 2 Aux fins de la présente Convention, on entend par « disparition forcée » lâarrestation, la détention, lâenlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de lâÃtat ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec lâautorisation, lâappui ou lâacquiescement de lâÃtat, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi. Article 3 Tout Ãtat partie prend les mesures appropriées pour enquêter sur les agissements définis à lâarticle 2, qui sont lâouvre de personnes ou de groupes de personnes agissant sans lâautorisation, lâappui ou lâacquiescement de lâÃtat, et pour traduire les responsables en justice. Article 4 Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour que la disparition forcée constitue une infraction au regard de son droit pénal. Article 5 La pratique généralisée ou systématique de la disparition forcée constitue un crime contre lâhumanité, tel quâil est défini dans le droit international applicable, et entraîne les conséquences prévues par ce droit. Article 6 1. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour tenir pénalement responsable au moins : a) Toute personne qui commet une disparition forcée, lâordonne ou la commandite, tente de la commettre, en est complice ou y participe ; b) Le supérieur qui : i) Savait que des subordonnés placés sous son autorité et son contrôle effectifs commettaient ou allaient commettre un crime de disparition forcée, ou a délibérément négligé de tenir compte dâinformations qui lâindiquaient clairement ; ii) Exerçait sa responsabilité et son contrôle effectifs sur les activités auxquelles le crime de disparition forcée était lié ; et iii) Nâa pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour empêcher ou réprimer la commission dâune disparition forcée ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins dâenquête et de poursuites ; c) Lâalinéa b ci-dessus est sans préjudice des normes pertinentes plus élevées de responsabilité applicables en droit international à un chef militaire ou à une personne faisant effectivement fonction de chef militaire. 2. Aucun ordre ou instruction émanant dâune autorité publique, civile, militaire ou autre, ne peut être invoqué pour justifier un crime de disparition forcée. Article 7 1. Tout Ãtat partie rend le crime de disparition forcée passible de peines appropriées qui prennent en compte son extrême gravité. 2. Tout Ãtat partie peut prévoir : a) Des circonstances atténuantes, notamment en faveur de ceux qui, impliqués dans la commission dâune disparition forcée, auront contribué efficacement à la récupération en vie de la personne disparue ou auront permis dâélucider des cas de disparition forcée ou dâidentifier les auteurs dâune disparition forcée ; b) Sans préjudice dâautres procédures pénales, des circonstances aggravantes, notamment en cas de décès de la personne disparue, ou pour ceux qui se sont rendus coupables de la disparition forcée de femmes enceintes, de mineurs, de personnes handicapées ou dâautres personnes particulièrement vulnérables. Article 8 Sans préjudice de lâarticle 5, 1. Tout Ãtat partie qui applique un régime de prescription à la disparition forcée prend les mesures nécessaires pour que le délai de prescription de lâaction pénale : a) Soit de longue durée et proportionné à lâextrême gravité de ce crime ; b) Commence à courir lorsque cesse le crime de disparition forcée, compte tenu de son caractère continu. 2. Tout Ãtat partie garantit le droit des victimes de disparition forcée à un recours effectif pendant le délai de prescription. Article 9 1. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour établir sa compétence aux fins de connaître dâun crime de disparition forcée : a) Quand lâinfraction a été commise sur tout territoire sous sa juridiction ou à bord dâaéronefs ou de navires immatriculés dans cet Ãtat ; b) Quand lâauteur présumé de lâinfraction est lâun de ses ressortissants ; c) Quand la personne disparue est lâun de ses ressortissants et que cet Ãtat partie le juge approprié. 2. Tout Ãtat partie prend également les mesures nécessaires pour établir sa compétence aux fins de connaître dâun crime de disparition forcée quand lâauteur présumé de lâinfraction se trouve sur tout territoire sous sa juridiction, sauf si ledit Ãtat lâextrade, ou le remet à un autre Ãtat conformément à ses obligations internationales ou à une juridiction pénale internationale dont il a reconnu la compétence. 3. La présente Convention nâécarte aucune compétence pénale supplémentaire exercée conformément aux lois nationales. Article 10 1. Sâil estime que les circonstances le justifient, après avoir examiné les renseignements dont il dispose, tout Ãtat partie sur le territoire duquel se trouve une personne soupçonnée dâavoir commis un crime de disparition forcée assure la détention de cette personne ou prend toutes autres mesures juridiques nécessaires pour sâassurer de sa présence. Cette détention et ces mesures doivent être conformes à la législation dudit Ãtat partie ; elles ne peuvent être maintenues que pendant le délai nécessaire pour sâassurer de sa présence lors des procédures pénales, de remise ou dâextradition. 2. LâÃtat partie qui a pris les mesures visées au paragraphe 1 du présent article procède immédiatement à une enquête préliminaire ou à des investigations en vue dâétablir les faits. Il informe les Ãtats parties visés au paragraphe 1 de lâarticle 9 des mesures quâil a prises en application du paragraphe 1 du présent article, notamment la détention et les circonstances qui la justifient, et des conclusions de son enquête préliminaire ou de ses investigations, en leur indiquant sâil entend exercer sa compétence. 3. Toute personne détenue en application du paragraphe 1 du présent article peut communiquer immédiatement avec le plus proche représentant qualifié de lâÃtat dont elle a la nationalité ou, sâil sâagit dâune personne apatride, avec le représentant de lâÃtat où elle réside habituellement. Article 11 1. LâÃtat partie sur le territoire sous la juridiction duquel lâauteur présumé dâun crime de disparition forcée est découvert, sâil nâextrade pas ce dernier, ou ne le remet pas à un autre Ãtat conformément à ses obligations internationales ou à une juridiction pénale internationale dont il a reconnu la compétence, soumet lâaffaire à ses autorités compétentes pour lâexercice de lâaction pénale. 2. Ces autorités prennent leur décision dans les mêmes conditions que pour toute infraction de droit commun de caractère grave en vertu du droit de cet Ãtat partie. Dans les cas visés au paragraphe 2 de lâarticle 9, les règles de preuve qui sâappliquent aux poursuites et à la condamnation ne sont en aucune façon moins rigoureuses que celles qui sâappliquent dans les cas visés au paragraphe 1 dudit article. 3. Toute personne poursuivie en relation avec un crime de disparition forcée bénéficie de la garantie dâun traitement équitable à tous les stades de la procédure. Toute personne jugée pour un crime de disparition forcée bénéficie dâun procès équitable devant une cour ou un tribunal compétent, indépendant et impartial, établi par la loi. Article 12 1. Tout Ãtat partie assure à quiconque alléguant quâune personne a été victime dâune disparition forcée le droit de dénoncer les faits devant les autorités compétentes, lesquelles examinent rapidement et impartialement lâallégation et, le cas échéant, procèdent sans délai à une enquête approfondie et impartiale. Des mesures appropriées sont prises, le cas échéant, pour assurer la protection du plaignant, des témoins, des proches de la personne disparue et de leurs défenseurs ainsi que de ceux qui participent à lâenquête contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite. 2. Lorsquâil existe des motifs raisonnables de croire quâune personne a été victime dâune disparition forcée, les autorités visées au paragraphe 1 du présent article ouvrent une enquête, même si aucune plainte nâa été officiellement déposée. 3. Tout Ãtat partie veille à ce que les autorités visées au paragraphe 1 du présent article : a) Disposent des pouvoirs et des ressources nécessaires pour mener lâenquête à bien, y compris lâaccès à la documentation et à dâautres informations pertinentes pour leur enquête ; b) Aient accès, si nécessaire avec lâautorisation préalable dâune juridiction qui statue le plus rapidement possible, à tout lieu de détention et à tout autre lieu où il y a des motifs raisonnables de croire que la personne disparue est présente. 4. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour prévenir et sanctionner les actes qui entravent le déroulement de lâenquête. Il sâassure notamment que les personnes soupçonnées dâavoir commis un crime de disparition forcée ne sont pas en mesure dâinfluer sur le cours de lâenquête par des pressions ou des actes dâintimidation ou de représailles exercés sur le plaignant, les témoins, les proches de la personne disparue et leurs défenseurs ainsi que sur ceux qui participent à lâenquête. Article 13 1. Pour les besoins de lâextradition entre Ãtats parties, le crime de disparition forcée nâest pas considéré comme une infraction politique, une infraction connexe à une infraction politique ou une infraction inspirée par des mobiles politiques. En conséquence, une demande dâextradition fondée sur une telle infraction ne peut être refusée pour ce seul motif. 2. Le crime de disparition forcée est de plein droit compris au nombre des infractions donnant lieu à extradition dans tout traité dâextradition conclu entre des Ãtats parties avant lâentrée en vigueur de la présente Convention. 3. Les Ãtats parties sâengagent à inclure le crime de disparition forcée au nombre des infractions qui justifient lâextradition dans tout traité dâextradition à conclure par la suite entre eux. 4. Tout Ãtat partie qui assujettit lâextradition à lâexistence dâun traité peut, sâil reçoit une demande dâextradition dâun autre Ãtat partie auquel il nâest pas lié par un traité, considérer la présente Convention comme la base juridique de lâextradition en ce qui concerne lâinfraction de disparition forcée. 5. Les Ãtat parties qui nâassujettissent pas lâextradition à lâexistence dâun traité reconnaissent le crime de disparition forcée comme susceptible dâextradition entre eux. 6. Lâextradition est, dans tous les cas, subordonnée aux conditions prévues par le droit de lâÃtat partie requis ou par les traités dâextradition applicables, y compris, notamment, aux conditions concernant la peine minimale requise pour extrader et aux motifs pour lesquels lâÃtat partie requis peut refuser lâextradition ou lâassujettir à certaines conditions. 7. Aucune disposition de la présente Convention ne doit être interprétée comme faisant obligation à lâÃtat partie requis dâextrader sâil y a de sérieuses raisons de penser que la demande a été présentée aux fins de poursuivre ou de punir une personne en raison de son sexe, de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son origine ethnique, de ses opinions politiques ou de son appartenance à un certain groupe social, ou que donner suite à cette demande causerait un préjudice à cette personne pour lâune quelconque de ces raisons. Article 14 1. Les Ãtats parties sâaccordent lâentraide judiciaire la plus large possible dans toute procédure pénale relative à un crime de disparition forcée, y compris en ce qui concerne la communication de tous les éléments de preuve dont ils disposent et qui sont nécessaires aux fins de la procédure. 2. Cette entraide judiciaire est subordonnée aux conditions prévues par le droit interne de lâÃtat partie requis ou par les traités dâentraide judiciaire applicables, y compris, notamment, concernant les motifs pour lesquels lâÃtat partie requis peut refuser dâaccorder lâentraide judiciaire ou la soumettre à des conditions. Article 15 Les Ãtats parties coopèrent entre eux et sâaccordent lâentraide la plus large possible pour porter assistance aux victimes de disparition forcée ainsi que dans la recherche, la localisation et la libération des personnes disparues et, en cas de décès, dans lâexhumation, lâidentification des personnes disparues et la restitution de leurs restes. Article 16 1. Aucun Ãtat partie nâexpulse, ne refoule, ne remet ni nâextrade une personne vers un autre Ãtat sâil y a des motifs sérieux de croire quâelle risque dâêtre victime dâune disparition forcée. 2. Pour déterminer sâil y a de tels motifs, les autorités compétentes tiennent compte de toutes les considérations pertinentes, y compris, le cas échéant, de lâexistence, dans lâÃtat concerné, dâun ensemble de violations systématiques graves, flagrantes ou massives des droits de lâhomme ou de violations graves du droit international humanitaire. Article 17 1. Nul ne sera détenu en secret. 2. Sans préjudice des autres obligations internationales de lâÃtat partie en matière de privation de liberté, tout Ãtat partie, dans sa législation : a) Détermine les conditions dans lesquelles les ordres de privation de liberté peuvent être donnés ; b) Désigne les autorités habilitées à ordonner des privations de liberté ; c) Garantit que toute personne privée de liberté sera placée uniquement dans des lieux de privation de liberté officiellement reconnus et contrôlés ; d) Garantit que toute personne privée de liberté sera autorisée à communiquer avec sa famille, son conseil ou toute autre personne de son choix, et à recevoir leur visite, sous la seule réserve des conditions établies par la loi, et, sâil sâagit dâun étranger, à communiquer avec ses autorités consulaires, conformément au droit international applicable ; e) Garantit lâaccès aux lieux de privation de liberté de toute autorité et institution compétentes habilitées par la loi, si nécessaire avec lâautorisation préalable dâune autorité judiciaire ; f) Garantit à toute personne privée de liberté et, en cas de soupçon de disparition forcée, la personne privée de liberté se trouvant dans lâincapacité de lâexercer elle-même, à toute personne ayant un intérêt légitime, par exemple les proches de la personne privée de liberté, leurs représentants ou leurs avocats, en toutes circonstances, le droit dâintroduire un recours devant un tribunal afin que celui-ci statue à bref délai sur la légalité de la privation de liberté et ordonne la libération si cette privation de liberté est illégale. 3. Tout Ãtat partie sâassure de lâétablissement et de la tenue à jour dâun ou de plusieurs registres officiels et/ou dossiers officiels des personnes privées de liberté, qui sont, sur demande, rapidement mis à la disposition de toute autorité judiciaire ou de toute autre autorité ou institution compétente habilitée par la législation de lâÃtat partie concerné ou par tout instrument juridique international pertinent auquel lâÃtat concerné est partie. Parmi les informations figurent au moins : a) Lâidentité de la personne privée de liberté ; b) La date, lâheure et lâendroit où la personne a été privée de liberté et lâautorité qui a procédé à la privation de liberté ; c) Lâautorité ayant décidé la privation de liberté et les motifs de la privation de liberté ; d) Lâautorité contrôlant la privation de liberté ; e) Le lieu de privation de liberté, la date et lâheure de lâadmission dans le lieu de privation de liberté et lâautorité responsable du lieu de privation de liberté ; f) Les éléments relatifs à lâétat de santé de la personne privée de liberté ; g) En cas de décès pendant la privation de liberté, les circonstances et les causes du décès et la destination des restes de la personne décédée ; h) La date et lâheure de la libération ou du transfert vers un autre lieu de détention, la destination et lâautorité chargée du transfert. Article 18 1. Sous réserve des articles 19 et 20, tout Ãtat partie garantit à toute personne ayant un intérêt légitime pour cette information, par exemple les proches de la personne privée de liberté, leurs représentants ou leurs avocats, un accès au moins aux informations suivantes : a) Lâautorité ayant décidé la privation de liberté ; b) La date, lâheure et le lieu de la privation de liberté et de lâadmission dans le lieu de privation de liberté ; c) Lâautorité contrôlant la privation de liberté ; d) Le lieu où se trouve la personne privée de liberté, y compris, en cas de transfert vers un autre lieu de privation de liberté, la destination et lâautorité responsable du transfert ; e) La date, lâheure et le lieu de libération ; f) Les éléments relatifs à lâétat de santé de la personne privée de liberté ; g) En cas de décès pendant la privation de liberté, les circonstances et causes du décès et la destination des restes de la personne décédée. 2. Des mesures appropriées sont prises, le cas échéant, pour assurer la protection des personnes visées au paragraphe 1 du présent article, ainsi que de celles qui participent à lâenquête, contre tout mauvais traitement, toute intimidation ou toute sanction en raison de la recherche dâinformations concernant une personne privée de liberté. Article 19 1. Les informations personnelles, y compris les données médicales ou génétiques, qui sont collectées et/ou transmises dans le cadre de la recherche dâune personne disparue ne peuvent pas être utilisées ou mises à disposition à dâautres fins que celle de la recherche de la personne disparue. Cela est sans préjudice de lâutilisation de ces informations dans des procédures pénales concernant un crime de disparition forcée et de lâexercice du droit dâobtenir réparation. 2. La collecte, le traitement, lâutilisation et la conservation dâinformations personnelles, y compris les données médicales ou génétiques, ne doivent pas transgresser ou avoir pour effet de transgresser les droits de lâhomme, les libertés fondamentales et la dignité de la personne humaine. Article 20 1. Seulement dans le cas où une personne est sous la protection de la loi et où la privation de liberté est sous contrôle judiciaire, le droit aux informations prévues à lâarticle 18 peut être limité à titre exceptionnel, dans la stricte mesure où la situation lâexige et où la loi le prévoit, et si la transmission des informations porte atteinte à la vie privée ou à la sécurité de la personne ou entrave le bon déroulement dâune enquête criminelle ou pour dâautres raisons équivalentes prévues par la loi, et conformément au droit international applicable et aux objectifs de la présente Convention. En aucun cas, ces restrictions au droit aux informations prévues à lâarticle 18 ne peuvent être admises si elles constituent un comportement défini à lâarticle 2 ou une violation du paragraphe 1 de lâarticle 17. 2. Sans préjudice de lâexamen de la légalité de la privation de liberté dâune personne, lâÃtat partie garantit aux personnes visées au paragraphe 1 de lâarticle 18 le droit à un recours judiciaire prompt et effectif pour obtenir à bref délai les informations visées dans ce paragraphe. Ce droit à un recours ne peut être suspendu ou limité en aucune circonstance Article 21 Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour que la remise en liberté dâune personne se déroule selon des modalités qui permettent de vérifier avec certitude quâelle a été effectivement libérée. Tout Ãtat partie prend également les mesures nécessaires pour assurer lâintégrité physique et le plein exercice de ses droits à toute personne au moment de sa remise en liberté, sans préjudice des obligations auxquelles elle peut être assujettie en vertu de la loi nationale. Article 22 Sans préjudice de lâarticle 6, tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour prévenir et sanctionner les agissements suivants : a) Lâentrave ou lâobstruction aux recours visés à lâalinéa f du paragraphe 2 de lâarticle 17 et au paragraphe 2 de lâarticle 20 ; b) Le manquement à lâobligation dâenregistrement de toute privation de liberté, ainsi que lâenregistrement de toute information dont lâagent responsable du registre officiel connaissait ou aurait dû connaître lâinexactitude ; c) Le refus de fournir des informations sur une privation de liberté ou la fourniture dâinformations inexactes, alors même que les conditions légales pour fournir ces informations sont réunies. Article 23 1. Tout Ãtat partie veille à ce que la formation du personnel militaire ou civil chargé de lâapplication des lois, du personnel médical, des agents de la fonction publique et des autres personnes qui peuvent intervenir dans la garde ou le traitement de toute personne privée de liberté puisse inclure lâenseignement et lâinformation nécessaires concernant les dispositions pertinentes de la présente Convention, en vue de : a) Prévenir lâimplication de ces agents dans des disparitions forcées ; b) Souligner lâimportance de la prévention et des enquêtes en matière de disparition forcée ; c) Veiller à ce que lâurgence de la résolution des cas de disparition forcée soit reconnue. 2. Tout Ãtat partie veille à ce que soient interdits les ordres ou instructions prescrivant, autorisant ou encourageant une disparition forcée. Tout Ãtat partie garantit quâune personne refusant de se conformer à un tel ordre ne sera pas sanctionnée. 3. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour que les personnes visées au paragraphe 1 du présent article qui ont des raisons de penser quâune disparition forcée sâest produite ou est projetée signalent le cas à leurs supérieurs et, au besoin, aux autorités ou instances de contrôle ou de recours compétentes. Article 24 1. Aux fins de la présente Convention, on entend par « victime » la personne disparue et toute personne physique ayant subi un préjudice direct du fait dâune disparition forcée. 2. Toute victime a le droit de savoir la vérité sur les circonstances de la disparition forcée, le déroulement et les résultats de lâenquête et le sort de la personne disparue. Tout Ãtat partie prend les mesures appropriées à cet égard. 3. Tout Ãtat partie prend toutes les mesures appropriées pour la recherche, la localisation et la libération des personnes disparues et, en cas de décès, pour la localisation, le respect et la restitution de leurs restes. 4. Tout Ãtat partie garantit, dans son système juridique, à la victime dâune disparition forcée le droit dâobtenir réparation et dâêtre indemnisée rapidement, équitablement et de manière adéquate. 5. Le droit dâobtenir réparation visé au paragraphe 4 du présent article couvre les dommages matériels et moraux ainsi que, le cas échéant, dâautres formes de réparation telles que : a) La restitution ; b) La réadaptation ; c) La satisfaction, y compris le rétablissement de la dignité et de la réputation ; d) Des garanties de non-répétition. 6. Sans préjudice de lâobligation de poursuivre lâenquête jusquâà lâélucidation du sort de la personne disparue, tout Ãtat partie prend les dispositions appropriées concernant la situation légale des personnes disparues dont le sort nâest pas élucidé et de leurs proches, notamment dans des domaines tels que la protection sociale, les questions financières, le droit de la famille et les droits de propriété. 7. Tout Ãtat partie garantit le droit de former des organisations et des associations ayant pour objet de contribuer à lâétablissement des circonstances de disparitions forcées et du sort des personnes disparues ainsi quâà lâassistance aux victimes de disparition forcée, et de participer librement à de telles organisations ou associations. Article 25 1. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour prévenir et réprimer pénalement : a) La soustraction dâenfants soumis à une disparition forcée ou dont le père, la mère ou le représentant légal sont soumis à une disparition forcée, ou dâenfants nés pendant la captivité de leur mère soumise à une disparition forcée ; b) La falsification, la dissimulation ou la destruction de documents attestant la véritable identité des enfants visés à lâalinéa a ci-dessus. 2. Tout Ãtat partie prend les mesures nécessaires pour rechercher et identifier les enfants visés à lâalinéa a du paragraphe 1 du présent article et les rendre à leur famille dâorigine, conformément aux procédures légales et aux accords internationaux applicables. 3. Les Ãtats parties se prêtent mutuellement assistance dans la recherche et lâidentification des enfants visés à lâalinéa a du paragraphe 1 du présent article ainsi que la détermination du lieu où ils se trouvent. 4. Compte tenu de la nécessité de préserver lâintérêt supérieur des enfants visés à lâalinéa a du paragraphe 1 du présent article et leur droit à préserver et à voir rétablie leur identité, y compris leur nationalité, leur nom et leurs liens familiaux reconnus par la loi, dans les Ãtats parties qui reconnaissent le système dâadoption ou dâautres formes de placement dâenfants, des procédures légales doivent exister, qui visent à réviser la procédure dâadoption ou de placement dâenfants et, le cas échéant, à annuler toute adoption ou placement dâenfants qui trouve son origine dans une disparition forcée. 5. En toutes circonstances, et en particulier pour tout ce qui a trait au présent article, lâintérêt supérieur de lâenfant est une considération primordiale, et lâenfant qui est capable de discernement a le droit dâexprimer librement son opinion, laquelle est dûment prise en compte eu égard à son âge et à son degré de maturité. Deuxième partie Article 26 1. Pour la mise en Åuvre des dispositions de la présente Convention, il est institué un Comité des disparitions forcées (ci-après dénommé « le Comité »), composé de dix experts de haute moralité, possédant une compétence reconnue dans le domaine des droits de lâhomme, indépendants, siégeant à titre personnel et agissant en toute impartialité. Les membres du Comité seront élus par les Ãtats parties selon une répartition géographique équitable. Il sera tenu compte de lâintérêt que présente la participation aux travaux du Comité de personnes ayant une expérience juridique pertinente et dâune répartition équilibrée entre hommes et femmes au sein du Comité. 2. Lâélection se fait au scrutin secret sur une liste de candidats désignés par les Ãtats parties parmi leurs ressortissants, au cours de réunions biennales des Ãtats parties convoquées à cet effet par le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies. à ces réunions, où le quorum est constitué par les deux tiers des Ãtats parties, sont élus membres du Comité les candidats qui obtiennent le plus grand nombre de voix et la majorité absolue des votes des représentants des Ãtats parties présents et votants. 3. La première élection aura lieu au plus tard six mois après la date dâentrée en vigueur de la présente Convention. Quatre mois avant la date de chaque élection, le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies envoie une lettre aux Ãtats parties pour les inviter à présenter des candidatures dans un délai de trois mois. Le Secrétaire général dresse la liste alphabétique des candidats ainsi désignés, indiquant, pour chaque candidat, lâÃtat partie qui le présente. Il communique cette liste à tous les Ãtats parties. 4. Les membres du Comité sont élus pour quatre ans. Ils sont rééligibles une fois. Toutefois, le mandat de cinq des membres élus lors de la première élection prend fin au bout de deux ans ; immédiatement après la première élection, les noms de ces cinq personnes sont tirés au sort par le président de la réunion visée au paragraphe 2 du présent article. 5. Si un membre du Comité décède, se démet de ses fonctions ou nâest plus en mesure pour quelque autre raison de sâacquitter de ses attributions au Comité, lâÃtat partie qui lâa désigné nomme, dans le respect des critères prévus au paragraphe 1 du présent article, un autre candidat parmi ses ressortissants pour siéger au Comité pour la partie du mandat restant à courir, sous réserve de lâapprobation de la majorité des Ãtats parties. Cette approbation est considérée comme acquise à moins que la moitié des Ãtats parties ou davantage nâémettent une opinion défavorable dans un délai de six semaines à compter du moment où ils ont été informés par le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies de la nomination proposée. 6. Le Comité établit son règlement intérieur. 7. Le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies met à la disposition du Comité le personnel et les moyens matériels qui lui sont nécessaires pour sâacquitter efficacement de ses fonctions. Le Secrétaire général convoque les membres du Comité pour la première réunion. 8. Les membres du Comité ont droit aux facilités, privilèges et immunités reconnus aux experts en mission pour lâOrganisation des Nations Unies, tels quâils sont énoncés dans les sections pertinentes de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies. 9. Tout Ãtat partie sâengage à coopérer avec le Comité et à assister ses membres dans lâexercice de leur mandat, dans la limite des fonctions du Comité quâil a acceptées. Article 27 Une conférence des Ãtats parties se réunira au plus tôt quatre ans et au plus tard six ans après lâentrée en vigueur de la présente Convention pour évaluer le fonctionnement du Comité et décider, selon les modalités prévues au paragraphe 2 de lâarticle 44, sâil y a lieu de confier à une autre instance - sans exclure aucune éventualité - le suivi de la présente Convention avec les attributions définies aux articles 28 à 36. Article 28 1. Dans le cadre des compétences que lui confère la présente Convention, le Comité coopère avec tous les organes, bureaux, institutions spécialisées et fonds appropriés des Nations Unies, les comités conventionnels institués par des instruments internationaux, les procédures spéciales des Nations Unies, les organisations ou institutions régionales intergouvernementales concernées, ainsi quâavec toutes les institutions, agences et bureaux nationaux pertinents qui travaillent à la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. 2. Dans le cadre de ses fonctions, le Comité consulte dâautres comités conventionnels institués par les instruments de droits de lâhomme pertinents, en particulier le Comité des droits de lâhomme institué par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en vue dâassurer la cohérence de leurs observations et recommandations respectives. Article 29 1. Tout Ãtat partie présente au Comité, par lâentremise du Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies, un rapport sur les mesures quâil a prises pour donner effet à ses obligations au titre de la présente Convention, dans un délai de deux ans à compter de lâentrée en vigueur de la Convention pour lâÃtat partie concerné. 2. Le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies met le rapport à la disposition de tous les Ãtats parties. 3. Chaque rapport est étudié par le Comité, qui peut faire les commentaires, observations ou recommandations quâil estime appropriés. LâÃtat partie concerné reçoit communication des commentaires, observations ou recommandations, auxquels il peut répondre, de sa propre initiative ou à la demande du Comité. 4. Le Comité peut aussi demander aux Ãtats parties des renseignements complémentaires sur la mise en application de la présente Convention. Article 30 1. Le Comité peut être saisi, en urgence, par les proches dâune personne disparue, leurs représentants légaux, leurs avocats ou toute personne mandatée par eux, ainsi que toute autre personne ayant un intérêt légitime, dâune demande visant à chercher et retrouver une personne disparue. 2. Si le Comité estime que la demande dâaction en urgence présentée en vertu du paragraphe 1 du présent article : a) Nâest pas manifestement dépourvue de fondement, b) Ne constitue pas un abus du droit de présenter de telles demandes, c) A été préalablement et dûment présentée aux organes compétents de lâÃtat partie concerné, tels que les autorités habilitées à procéder à des investigations, quand une telle possibilité existe, d) Nâest pas incompatible avec les dispositions de la présente Convention, et e) Nâest pas déjà en cours dâexamen devant une autre instance internationale dâenquête ou de règlement de même nature, il demande à lâÃtat partie concerné de lui fournir, dans un délai quâil fixe, des renseignements sur la situation de la personne recherchée. 3. Au vu de lâinformation fournie par lâÃtat partie concerné conformément au paragraphe 2 du présent article, le Comité peut transmettre des recommandations à lâÃtat partie incluant une requête lui demandant de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris conservatoires, pour localiser et protéger la personne recherchée conformément à la présente Convention et dâinformer le Comité, dans un délai déterminé, des mesures quâil prend, en tenant compte de lâurgence de la situation. Le Comité informe la personne ayant soumis la demande dâaction urgente de ses recommandations et des informations qui lui ont été transmises par lâÃtat partie lorsque celles-ci sont disponibles. 4. Le Comité poursuit ses efforts pour travailler avec lâÃtat partie concerné tant que le sort de la personne recherchée nâest pas élucidé. Il tient le requérant informé. Article 31 1. Tout Ãtat partie peut déclarer, au moment de la ratification de la présente Convention ou ultérieurement, quâil reconnaît la compétence du Comité pour recevoir et examiner des communications présentées par des personnes ou pour le compte de personnes relevant de sa juridiction qui se plaignent dâêtre victimes dâune violation, par cet Ãtat partie, des dispositions de la présente Convention. Le Comité ne reçoit aucune communication intéressant un Ãtat partie qui nâa pas fait une telle déclaration. 2. Le Comité déclare irrecevable toute communication si : a) Elle est anonyme ; b) Elle constitue un abus du droit de présenter de telles communications ou est incompatible avec les dispositions de la présente Convention ; c) Elle est en cours dâexamen devant une autre instance internationale dâenquête ou de règlement de même nature ; ou si d) Tous les recours internes efficaces disponibles nâont pas été épuisés. Cette règle ne sâapplique pas si les procédures de recours excèdent des délais raisonnables. 3. Si le Comité considère que la communication répond aux conditions requises au paragraphe 2 du présent article, il transmet la communication à lâÃtat partie concerné, lui demandant de fournir, dans le délai quâil fixe, ses observations ou commentaires. 4. Après réception dâune communication, et avant de prendre une décision sur le fond, le Comité peut à tout moment soumettre à lâurgente attention de lâÃtat partie concerné une demande tendant à ce quâil prenne les mesures conservatoires nécessaires pour éviter quâun dommage irréparable ne soit causé aux victimes de la violation présumée. Lâexercice, par le Comité, de cette faculté ne préjuge pas de la recevabilité ou de lâexamen au fond de la communication. 5. Le Comité tient ses séances à huis clos lorsquâil examine les communications prévues au présent article. Il informe lâauteur de la communication des réponses fournies par lâÃtat partie concerné. Lorsque le Comité décide de finaliser la procédure, il fait part de ses constatations à lâÃtat partie et à lâauteur de la communication. Article 32 Tout Ãtat partie à la présente Convention peut déclarer, à tout moment, quâil reconnaît la compétence du Comité pour recevoir et examiner des communications par lesquelles un Ãtat partie prétend quâun autre Ãtat partie ne sâacquitte pas de ses obligations au titre de la présente Convention. Le Comité ne reçoit aucune communication concernant un Ãtat partie qui nâa pas fait une telle déclaration, ni aucune communication émanant dâun Ãtat partie qui nâa pas fait une telle déclaration. Article 33 1. Si le Comité est informé, par des renseignements crédibles, quâun Ãtat partie porte gravement atteinte aux dispositions de la présente Convention, il peut, après consultation de lâÃtat partie concerné, demander à un ou plusieurs de ses membres dâeffectuer une visite et de lâinformer sans retard. 2. Le Comité informe par écrit lâÃtat partie concerné de son intention de procéder à une visite, indiquant la composition de la délégation et lâobjet de la visite. LâÃtat partie donne sa réponse dans un délai raisonnable. 3. Sur demande motivée de lâÃtat partie, le Comité peut décider de différer ou dâannuler sa visite. 4. Si lâÃtat partie donne son accord à la visite, le Comité et lâÃtat partie concerné coopèrent pour définir les modalités de la visite, et lâÃtat partie fournit au Comité toutes les facilités nécessaires à lâaccomplissement de cette visite. 5. à la suite de la visite, le Comité communique à lâÃtat partie concerné ses observations et recommandations. Article 34 Si le Comité reçoit des informations qui lui semblent contenir des indications fondées selon lesquelles la disparition forcée est pratiquée de manière généralisée ou systématique sur le territoire relevant de la juridiction dâun Ãtat partie, et après avoir recherché auprès de lâÃtat partie concerné toute information pertinente sur cette situation, il peut porter la question, en urgence, à lâattention de lâAssemblée générale des Nations Unies, par lâintermédiaire du Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies. Article 35 1. Le Comité nâest compétent quâà lâégard des disparitions forcées ayant débuté postérieurement à lâentrée en vigueur de la présente Convention. 2. Si un Ãtat devient partie à la présente Convention après lâentrée en vigueur de celle-ci, ses obligations vis-à -vis du Comité ne concernent que les disparitions forcées ayant débuté postérieurement à lâentrée en vigueur de la présente Convention à son égard. Article 36 1. Le Comité présente aux Ãtats parties et à lâAssemblée générale des Nations Unies un rapport annuel sur les activités quâil aura entreprises en application de la présente Convention. 2. La publication, dans le rapport annuel, dâune observation concernant un Ãtat partie doit être préalablement annoncée audit Ãtat partie, qui dispose dâun délai raisonnable de réponse et pourra demander la publication de ses propres commentaires ou observations dans le rapport. Troisième partie Article 37 Aucune des dispositions de la présente Convention ne porte atteinte aux dispositions plus favorables à la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées qui peuvent figurer : a) Dans la législation dâun Ãtat partie ; ou b) Dans le droit international en vigueur pour cet Ãtat. Article 38 1. La présente Convention est ouverte à la signature de tout Ãtat Membre de lâOrganisation des Nations Unies. 2. La présente Convention est soumise à la ratification de tout Ãtat Membre de lâOrganisation des Nations Unies. Les instruments de ratification seront déposés auprès du Secrétaire général de lâOrganisation. 3. La présente Convention est ouverte à lâadhésion de tout Ãtat Membre de lâOrganisation des Nations Unies. Lâadhésion se fera par le dépôt dâun instrument dâadhésion auprès du Secrétaire général de lâOrganisation. Article 39 1. La présente Convention entrera en vigueur le trentième jour après la date du dépôt auprès du Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies du vingtième instrument de ratification ou dâadhésion. 2. Pour tout Ãtat qui ratifiera la présente Convention ou y adhérera après le dépôt du vingtième instrument de ratification ou dâadhésion, la présente Convention entrera en vigueur le trentième jour après la date du dépôt par cet Ãtat de son instrument de ratification ou dâadhésion. Article 40 Le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies notifiera à tous les Ãtats Membres de lâOrganisation et à tous les Ãtats qui auront signé la présente Convention ou y auront adhéré : a) Les signatures, les ratifications et les adhésions reçues en application de lâarticle 38 ; b) La date dâentrée en vigueur de la présente Convention en application de lâarticle 39. Article 41 Les dispositions de la présente Convention sâappliquent, sans limitation ni exception aucune, à toutes les unités constitutives des Ãtats fédéraux. Article 42 1. Tout différend entre deux ou plusieurs Ãtats parties concernant lâinterprétation ou lâapplication de la présente Convention qui nâest pas réglé par voie de négociation ou au moyen des procédures expressément prévues par la présente Convention est soumis à lâarbitrage, à la demande de lâun dâentre eux. Si, dans les six mois qui suivent la date de la demande dâarbitrage, les parties ne parviennent pas à se mettre dâaccord sur lâorganisation de lâarbitrage, lâune quelconque dâentre elles peut soumettre le différend à la Cour internationale de Justice, en déposant une requête conformément au Statut de la Cour. 2. Tout Ãtat partie pourra, au moment où il signera la présente Convention, la ratifiera ou y adhérera, déclarer quâil ne se considère pas lié par les dispositions du paragraphe 1 du présent article. Les autres Ãtats parties ne seront pas liés par lesdites dispositions envers un Ãtat partie qui aura formulé une telle déclaration. 3. Tout Ãtat partie qui aura formulé une déclaration conformément aux dispositions du paragraphe 2 du présent article pourra à tout moment retirer cette déclaration par une notification adressée au Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies. Article 43 La présente Convention est sans préjudice des dispositions du droit international humanitaire, y compris les obligations des Hautes Parties contractantes aux quatre Conventions de Genève du 12 août 1949 et aux deux Protocoles additionnels du 8 juin 1977 sây rapportant, ou de la possibilité quâa tout Ãtat dâautoriser le Comité international de la Croix-Rouge à visiter les lieux de détention dans les cas non prévus par le droit international humanitaire. Article 44 1. Tout Ãtat partie à la présente Convention peut proposer un amendement et déposer sa proposition auprès du Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies. Le Secrétaire général communique la proposition dâamendement aux Ãtats parties à la présente Convention en leur demandant de lui faire savoir sâils sont favorables à lâorganisation dâune conférence dâÃtats parties en vue de lâexamen de la proposition et de sa mise aux voix. Si, dans les quatre mois qui suivent la date dâune telle communication, le tiers au moins des Ãtats parties se prononce en faveur de la tenue de ladite conférence, le Secrétaire général organise la conférence sous les auspices de lâOrganisation des Nations Unies. 2. Tout amendement adopté à la majorité des deux tiers des Ãtats parties présents et votants à la conférence est soumis par le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies à lâacceptation de tous les Ãtats parties. 3. Un amendement adopté selon les dispositions du paragraphe 1 du présent article entre en vigueur lorsque les deux tiers des Ãtats parties à la présente Convention lâont accepté, conformément à la procédure prévue par leurs constitutions respectives. 4. Lorsque les amendements entrent en vigueur, ils ont force obligatoire pour les Ãtats parties qui les ont acceptés, les autres Ãtats parties demeurant liés par les dispositions de la présente Convention et par tout amendement antérieur quâils auraient accepté. Article 45 1. La présente Convention, dont les textes anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe font également foi, sera déposée auprès du Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies. 2. Le Secrétaire général de lâOrganisation des Nations Unies fera tenir une copie certifiée conforme de la présente Convention à tous les Ãtats visés à lâarticle 38.
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Loi du 17 décembre 2021 portant :\n1° approbation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, faite à New York, le 20 décembre 2006 ;\n2° modification du Code civil ;\n3° modification du Nouveau Code de procédure civile ;\n4° modification du Code pénal ;\n5° modification du Code de procédure pénale.\n
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