Règlement grand-ducal du 17 juin 2024 portant établissement du cadre de référence national « Éducation non formelle des enfants et des jeunes ».
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This preamble identifies the regulation and lists the legal basis and consultations used before the Grand-Duc made the text. The national reference framework is made up of five annexes.
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Le contenu de la version HTML du Journal officiel luxembourgeois est identique à la version PDF. Règlement grand-ducal du 17 juin 2024 portant établissement du cadre de référence national « Ãducation non formelle des enfants et des jeunes ». Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau, Vu la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse et notamment son article 31 ; Vu lâavis de la Chambre de commerce ; Le Conseil dâÃtat entendu ; Sur le rapport du Ministre de lâÃducation nationale, de lâEnfance et de la Jeunesse, et après délibération du Gouvernement en conseil ; Arrêtons : â
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Art. 1 er .
AI-assisted research summary: The national reference framework is made up of five annexes.
Art. 1 er . Le cadre de référence national se compose des cinq annexes suivantes : 1° Lâannexe I intitulée « Lignes directrices sur lâéducation non formelle des enfants et des jeunes », dans laquelle figurent : a) les objectifs généraux ; b) les principes pédagogiques fondamentaux selon les différents groupes dââge de la petite enfance, de lââge scolaire et de la jeunesse pour lâaction des services dâéducation et dâaccueil pour enfants, des mini-crèches, des assistants parentaux et des services pour jeunes. 2° Lâannexe II intitulée « Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général et du journal de bord applicables aux services dâéducation et dâaccueil pour enfants et aux mini-crèches ». 3° Lâannexe III intitulée « Lignes directrices sur lâéducation plurilingue dans la petite enfance ». 4° Lâannexe IV intitulée « Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général et du journal de bord applicable aux services pour jeunes ». 5° Lâannexe V intitulée « Lignes directrices pour lâélaboration du projet dâétablissement et du rapport dâactivité pour les assistants parentaux ». â - 2 Verify source ↗
Art. 2.
Art. 2. Le ministre ayant lâÃducation nationale, lâEnfance et la Jeunesse dans ses attributions est chargé de lâexécution du présent règlement qui sera publié au Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg. Le Ministre de lâÃducation nationale, de lâEnfance et de la Jeunesse, Claude Meisch Palais de Luxembourg, le 17 juin 2024. Henri â I.  Annexes SOMMAIRE INTRODUCTION Annexe I « Lignes directrices sur lâéducation non formelle des enfants et des jeunes » A. PARTIE GÃNÃRALE I. ORIENTATION PÃDAGOGIQUE I.1° IMAGE DE LâENFANT/DU JEUNE I.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES I.3° NOTION DE LâÃDUCATION I.4° PRINCIPES ÃDUCATIFS GÃNÃRAUX I.5° CARACTÃRISTIQUES DE LâÃDUCATION NON FORMELLE I.6° LâATTITUDE PÃDAGOGIQUE I.7° ENVIRONNEMENT DE JEU ET DâAPPRENTISSAGE I.7°1 Lâaménagement de lâenvironnement de jeu et dâapprentissage I.7°2 Ãtre à lâextérieur avec les enfants I.7°3 Travail pédagogique ouvert et partiellement ouvert B. PARTIE SPÃCIFIQUE à LâÃGE II. PETITE ENFANCE II.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE II.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES II.3° CONDITIONS-CADRES POUR LES PROCESSUS ÃDUCATIFS DANS LES INSTITUTIONS NON FORMELLES II.4° CHAMPS DâACTION DE LâÃDUCATION NON FORMELLE II.4°1 Ãmotions et relations sociales II.4°2 Valeurs, participation et démocratie II.4°3 Langue, communication et médias II.4°4 Esthétique, créativité et art II.4°5 Mouvement, conscience corporelle et santé II.4°6 Sciences et technique II.4°7 Transitions dans la petite enfance III. ÃGE SCOLAIRE III.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE III.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES III.3° CONDITIONS-CADRES POUR LES PROCESSUS ÃDUCATIFS DANS LES INSTITUTIONS NON FORMELLES III.4° CHAMPS DâACTION DE LâÃDUCATION NON FORMELLE III.4°1 Ãmotions et relations sociales III.4°2 Valeurs, participation et démocratie III.4°3 Langue, communication et médias III.4°4 Créativité, art et esthétique III.4°5 Mouvement, conscience corporelle et santé III.4°6 Sciences et technique III.4°7 Transitions à lââge scolaire IV. JEUNESSE IV.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE IV.2° LE TRAVAIL EN MILIEU OUVERT AVEC LES JEUNES, UN LIEU DE LâÃDUCATION NON FORMELLE IV.2°1 Lieu de rencontre IV.3° RÃLE DES PÃDAGOGUES IV.4° CONDITIONS-CADRES DES PROCESSUS ÃDUCATIFS IV.4°1 Structures et ressources éducatives des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes IV.4°2 Approches et concepts des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes IV.5° CHAMPS DâACTION IV.5°1 Ãmotions, relations sociales IV.5°2 Valeurs, démocratie, participation IV.5°3 Langue, communication, médias IV.5°4 Créativité, art, culture IV.5°5 Mouvement, conscience corporelle, santé IV.5°6 Sciences naturelles, environnement, technique IV.5°7 Transitions IV.6° AUTRES SERVICES POUR JEUNES QUE LES MAISONS DE JEUNES QUI TRAVAILLENT POUR ET AVEC LES JEUNES IV.6°1 Objectif de lâéducation non formelle et du travail avec les jeunes IV.6°2 Le secteur jeunesse et les « services pour jeunes » IV.6°3 Lâattitude du personnel IV.6°4 La compréhension commune de lâéducation non formelle IV.6°5 Offres et domaines dâactions des services pour jeunes V. BIBLIOGRAPHIE V.1° PARTIE GÃNÃRALE / PETITE ENFANCE / ÃGE SCOLAIRE V.2° JEUNESSE Annexe II « Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général et du journal de bord applicables aux services dâéducation et dâaccueil pour enfants et aux mini-crèches » 1° Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général applicable aux services dâéducation et dâaccueil pour enfants et aux mini-crèches 2° Lignes directrices pour lâélaboration dâun journal de bord applicable aux services dâéducation et dâaccueil pour enfants et aux mini-crèches Annexe III « Lignes directrices sur lâéducation plurilingue dans la petite enfance » 1. Comment les enfants acquièrent-ils le langage en grandissant avec plusieurs langues ? 2. Comment les pédagogues peuvent-ils soutenir les enfants dans lâacquisition du langage ? 3. Le partenariat éducatif avec les parents 4. La mise en réseau au niveau local Annexe IV « Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général et du journal de bord applicables aux services de jeunes » 1° Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général applicables aux maisons de jeunes 2° Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général applicables aux services pour jeunes autres que les maisons de jeunes 3° Lignes directrices pour la tenue dâun journal de bord pour maisons de jeunes Annexe V « Lignes directrices pour lâélaboration du projet dâétablissement et du rapport dâactivité par les assistants parentaux » 1° Lignes directrices pour lâélaboration du projet dâétablissement par les assistants parentaux 2° Lignes directrices pour lâélaboration dâun rapport dâactivité par les assistants parentaux â â â INTRODUCTION Le cadre de référence national sur lâéducation non formelle des enfants et des jeunes a introduit en 2016 1 les objectifs pédagogiques fondamentaux de même que les principes et caractéristiques de lâéducation non formelle au Luxembourg. Au centre des réflexions figurait lâenvironnement dâapprentissage à concevoir, câest-à -dire la question de savoir quelles conditions-cadres pédagogiques sont nécessaires pour favoriser au mieux les processus éducatifs et dâassimilation dans les services dâéducation et dâaccueil pour enfants, auprès des assistants parentaux et dans le travail avec les jeunes. Lâéducation est comprise comme un processus actif au quotidien et le concept dâéducation non formelle illustre la façon dont les pédagogues peuvent apporter leur soutien et mettre sur pied des offres orientées vers les besoins éducatifs, les développements et les intérêts des enfants et des jeunes. La tâche dite dâaccompagnement éducatif par les pédagogues se réfère à lâautonomie des processus dâassimilation des enfants : les enfants et les adolescents sont soutenus dans lâexploration du monde et en même temps renforcés dans leur esprit dâinitiative et leur responsabilité. Il est également essentiel que lâéducation non formelle ne soit pas considérée comme une activité individuelle : lâapprentissage se fait dans le cadre dâéchanges réguliers avec dâautres enfants respectivement dâautres jeunes et avec des adultes. Les expériences et les découvertes sont faites ensemble et les points de vue sont partagés. Soutenir les processus dâauto-apprentissage des enfants et des jeunes signifie que les réflexions pédagogiques ne sont pas axées sur la fixation dâobjectifs, mais sur les possibilités et les intérêts des enfants et des jeunes. Câest précisément la perception des potentiels de ces derniers qui constitue une tâche importante des pédagogues dans lâéducation non formelle : la manière dont, en tant que modèles et personnes de références, ils peuvent â par leur attitude, lâorganisation de la journée et la conception de lâoffre â créer un environnement qui procure un sentiment de sécurité et qui en même temps permet un apprentissage autonome. Câest cela qui fait lâobjet du cadre de référence national sur lâéducation non formelle. Depuis lâintroduction du dispositif dâassurance qualité dans lâéducation non formelle, les services dâéducation et dâaccueil pour enfants, les services pour jeunes et les assistants parentaux se réfèrent aux orientations du cadre de référence national sur lâéducation non formelle dans lâélaboration de leurs concepts et dans la mise en Åuvre de ces derniers 2 sans pour autant perdre de vue les circonstances locales et les lignes directrices spécifiques aux gestionnaires. Dans cette version révisée du cadre de référence national certains passages de la première édition ont été légèrement modifiés, dâautres ont été ajoutés dans leur intégralité. Lâélaboration a été accompagnée et suivie par une « commission du cadre de référence » 3 introduite par la loi. La partie générale portant sur « lâorientation pédagogique » (partie I) est à présent complétée par des contributions sur lâimportance de lâauto-évaluation (voir point sous I.2.), sur les droits de lâenfant (chapitre I.4.), sur lâattitude pédagogique fondamentale (chapitre I.6.) et sur lâenvironnement de jeu et dâapprentissage dans lâéducation non formelle (voir chapitre I.7.). Dans les parties spécifiques à lââge « petite enfance » et « âge scolaire » a été ajouté un nouveau champ dâaction qui décrit les différentes transitions dans ces tranches dââge de même que les multiples incitations et possibilités dâapprentissage qui en découlent. La partie « jeunesse » a été simplifiée pour une meilleure lisibilité (chapitres IV.1.-IV.5.7.). Une nouvelle section décrit le cadre de lâéducation non formelle dans les services pour jeunes autres que les maisons de jeunes (chapitre IV.6.). Lâensemble des lignes directrices pour lâélaboration des concepts et des journaux de bord ont été révisées sur la base des expériences acquises dans le cadre du dispositif de lâassurance qualité. Les lignes directrices sur lâéducation plurilingue dans la petite enfance ont été revues par un conseil scientifique sur lâéducation plurilingue et leur présentation a été simplifiée. Le cadre de référence national sur lâéducation non formelle décrit de quelle manière et dans quels domaines les processus éducatifs peuvent être promus et ce faisant, comment les compétences et ressources des enfants et des jeunes peuvent être soutenues dans lâéducation non formelle. Comme dans la première édition du cadre de référence national, lâimage de « lâenfant compétent », doté de capacités et dâintérêts divers dès la naissance, est au premier plan des considérations pédagogiques. De même, pour la « jeunesse », sont considérés comme essentiels à toute réflexion pédagogique les thèmes, potentiels et compétences des jeunes. â Annexe I « Lignes directrices sur lâéducation non formelle des enfants et des jeunes » Cadre de référence national sur lâéducation non-formelle des enfants et des jeunes â A. PARTIE GÃNÃRALE â I. ORIENTATION PÃDAGOGIQUE â I.1° IMAGE DE LâENFANT/DU JEUNE Lâimage quâon a de lâenfant/du jeune détermine lâapproche éducative. Elle forme ainsi le point de départ du choix des méthodes et de lâaménagement de lâenvironnement dâapprentissage dans lâéducation non formelle. Les enfants et les jeunes sont considérés comme des individus uniques qui font partie intégrante des systèmes sociaux, mais aussi comme des citoyens et citoyennes égaux de la société â une perspective qui se reflète également dans la notion dâéducation sous tendant le présent cadre de référence. ⢠Les enfants et les jeunes sont des individus compétents qui ont chacun un parcours (éducatif) unique. Dès leur plus jeune âge, ils apprennent avec chacun de leurs sens. Leur développement est mu par leur curiosité, leur créativité, leur plaisir de jouer et dâapprendre ainsi que par leur quête dâun sens et dâune signification dans le monde. Leur envie dâexploration est révélatrice de leur soif de découvertes et de leur besoin de relever de nouveaux défis. (1) Pour les jeunes, le développement est avant tout synonyme de quête dâune identité propre dans les conditions-cadres de la société. Le potentiel éducatif des enfants et des jeunes se base, en interaction avec leurs ressources et conditions-cadres sociales, sur leurs intérêts et talents individuels, leurs idées et leurs théories intuitives. (2) En acquérant de plus en plus de compétences, ils diversifient leur répertoire de formes dâexpression symboliques, telles que la/les langue(s), la créativité ou la musique. En outre, à lâadolescence, les valeurs des jeunes se consolident et ils prennent de plus en plus dâautonomie et de responsabilité, un processus qui leur permet dâexprimer leur personnalité unique de diverses manières et dâengager un dialogue avec les autres. Le bien-être des enfants et des jeunes dépend de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ; ceux-ci couvrent tant les besoins physiologiques â tels que lâalimentation, le calme et le mouvement â quâune sensation de sécurité et de protection. La possibilité de la réalisation de soi acquiert de plus en plus dâimportance. (3) La quête dâappartenance, dâéchange et de participation est tout aussi essentielle que le désir dâautonomie et dâindépendance. ⢠Les enfants et les jeunes sont des êtres sociaux et culturels, qui apprennent avec les autres et des autres en interagissant avec eux. En tant que « co-constructeurs du savoir, de lâidentité, de la culture et des valeurs », (4) ils contribuent activement à la conception tant de leurs propres processus éducatifs que de la culture dâapprentissage au sein des institutions non formelles. Dans le cadre de ce processus de co-construction, 4 les enfants et les jeunes sont des partenaires égaux des adultes, qui profitent de leurs expériences et compétences individuelles. Ils génèrent un savoir et façonnent leur identité par leurs interactions et leur participation à différents contextes qui ont une importance pour eux sur le plan culturel. (5) Les enfants et les jeunes étendent leur répertoire de rôles en participant activement à différents systèmes, tels que la famille ou les institutions de lâéducation formelle et non formelle. Ils sâintègrent dans des processus relevant de la dynamique de groupe et trouvent leur place au sein du groupe de pairs. ⢠Les enfants et les jeunes sont des membres égaux de la société et jouissent de leurs propres droits. Ceux-ci portent notamment sur la liberté dâexpression, lâinformation, la santé et la sécurité, le repos, les loisirs et le jeu, ainsi que lâéducation. (6) à cet égard, lâéducation sâentend comme un épanouissement complet de la personnalité, du talent et des aptitudes intellectuelles et physiques de lâenfant ou du jeune. (7) Lâenfance et la jeunesse sont des phases autonomes de la vie, qui occupent une place significative au sein dâune société. Câest pour cette raison que les enfants et les jeunes ont à leur disposition des structures de qualité, adaptées à leur âge et à leur développement, qui leur permettent de participer et dâassumer des responsabilités. â I.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES Les pédagogues occupent une position centrale au niveau de lâaccompagnement du parcours éducatif des enfants et des jeunes. Leur rôle est étroitement lié à lâimage de lâenfant ou du jeune ainsi quâà la notion dâéducation dans des schémas non formels. Ce sont dans une large mesure les compétences personnelles et professionnelles des pédagogues qui détermineront si et dans quelle mesure les potentiels de chaque enfant ou jeune pourront sâépanouir au sein des institutions de lâéducation non formelle. Pour accompagner les enfants et les jeunes de manière compétente, les pédagogues doivent notamment faire preuve dâune réflexion continue sur leur propre parcours (éducatif) (8) et sur lâéducation en général, mais aussi avoir envie dâapprendre tout au long de leur vie et de poursuivre leur développement personnel. Il est fondamental que les pédagogues aient conscience du rôle important de modèle qui leur revient, pour les enfants surtout, mais aussi pour les jeunes. Une attention particulière sera portée à la manière réfléchie dont les pédagogues géreront le multilinguisme sur le terrain. ⢠Les pédagogues sont dâimportantes personnes de référence pour les enfants et les jeunes. Ils montrent à ces derniers quâils les respectent et leur font confiance et veillent à leur bien-être. La sérénité et le sens de lâhumour sont deux qualités fondamentales qui permettent de créer une atmosphère positive et qui favorisent le sentiment dâappartenance, la créativité, lâimagination et la motivation. (9) Les pédagogues accompagnent les processus de développement et dâéducation des enfants et des jeunes en témoignant de lâempathie et de la sensibilité pour leurs besoins et intérêts, tout en tenant compte des particularités propres à chaque catégorie dââge. Ils focalisent toutefois aussi leur attention sur le groupe dans son ensemble et sur sa dynamique, afin dâéquilibrer au mieux les besoins individuels et les exigences spécifiques au groupe. (10) Ils mettent en place des processus de négociation, surtout mais pas uniquement pour les jeunes, et établissent des conditions-cadres structurelles dâapprentissage tout en leur laissant leur espace de liberté. ⢠Les pédagogues sont les partenaires du processus de co-construction, ils explorent le savoir et la culture avec les enfants et les jeunes par le biais dâéchanges et de coopération. (11) Les situations quotidiennes sont perçues comme une occasion dâapprendre qui peut être utilisée pour étendre les compétences des enfants et des jeunes. (12) Dans le sens dâune pédagogie inclusive, ils exploitent leurs observations régulières et leurs notes pour mettre sur pied des programmes dâapprentissage et de jeu ouverts adaptés à lâenvironnement de vie et aux intérêts des enfants et des jeunes. La prise en considération et lâexploitation conscientes des différences individuelles au sein du groupe offrent également un potentiel éducatif considérable pour lâensemble des parties prenantes. Lâéducation non formelle a également pour mission de prendre en compte et dâexploiter au niveau pédagogique les différents acquis et compétences linguistiques des enfants et des jeunes. Les processus éducatifs de qualité favorisent lâaction propre, lâautonomie et lâefficacité personnelle et offrent diverses possibilités de participation. Le fait dâoffrir suffisamment de temps et dâespace à lâaction autonome permet aux enfants et aux jeunes dâapprendre à leur propre rythme. ⢠Les pédagogues coopèrent avec toutes les personnes et institutions impliquées dans le domaine de lâéducation. En font notamment partie, au niveau de lâéducation non formelle, les familles des enfants et des jeunes, le personnel qualifié externe ainsi que lâécole ou les autres institutions (éducatives) locales. Lâobjectif premier de cette coopération est lâaménagement en commun de champs dâaction favorisant lâapprentissage et le développement et au sein desquels les enfants et les jeunes peuvent sâépanouir. Cette coopération et les échanges avec les parents sont particulièrement importants pour lâenfant lors de transitions. 5 (13) Pour les jeunes, câest lâouverture à lâespace social, aux autres institutions pour jeunes et aux associations qui se trouve à lâavant-plan. Une collaboration de qualité requiert la présence de structures fiables et se caractérise par un intérêt mutuel. Il est souhaitable que les institutions impliquées discutent ouvertement de leur notion dâéducation et quâelles élaborent une culture dâapprentissage commune. (14) ⢠Les pédagogues réalisent de manière régulière des réflexions sur leurs actions pédagogiques. Les offres éducatives et les méthodes de travail doivent en permanence être reconsidérées et remises en question sous un angle professionnel, tant au niveau individuel quâau niveau de lâéquipe. Le travail professionnel dans lâéducation non formelle requiert une volonté dâapprendre tout au long de la vie et de se développer au niveau professionnel. Il doit être prévu un cadre approprié permettant une remise en question de lâattitude pédagogique, des valeurs personnelles qui guident les interventions pédagogiques, des comportements spécifiques à la profession et de la pratique professionnelle. Au premier plan de cette ouverture aux influences extérieures et à lâautocritique doivent toujours être placés le bien-être et le développement sain de lâenfant. Les décisions et réflexions pédagogiques doivent être abordées au sein de lâéquipe pédagogique à lâaide de procédures dâauto-évaluation structurées. â I.3° NOTION DE LâÃDUCATION Par éducation sâentend la confrontation active et dynamique dâun individu à  lui-même  et à  son environnement. Lâéducation doit répondre à trois exigences : (15) ⢠lâautodétermination, ⢠la participation au développement social et ⢠la prise de responsabilités. 6 Lâéducation sâacquiert dâune part au moyen de processus dâapprentissage formels qui se déroulent au sein dâinstitutions éducatives comme lâécole et qui aboutissent à des diplômes et des qualifications reconnus. Dâautre part, lâéducation englobe également des processus non formels et informels qui peuvent aussi bien avoir lieu dans la vie quotidienne quâau sein dâinstitutions. Ãducation non formelle Par éducation non formelle sâentend toute forme dâéducation organisée suivie sur une base volontaire et revêtant un caractère dâoffre. Elle renvoie au travail éducatif organisé en dehors du système scolaire formel, qui sâadresse à un public cible bien défini et qui poursuit des objectifs éducatifs spécifiques. Quant aux objectifs, la durée et les outils dâapprentissage, lâéducation non formelle fonctionne de manière systématique. Toutefois, les objectifs, les contenus et les méthodes sont en grande partie aménagés par les participants eux-mêmes. (16) Les institutions éducatives non formelles ont la chance de pouvoir offrir aux enfants et aux jeunes la possibilité de jouer, de sâamuser et de se détendre tout en leur proposant des espaces libres où intégrer leurs intérêts propres. (17) Tout comme pour les processus éducatifs formels, les adultes de référence et les pairs jouent un rôle essentiel dans le processus de co-construction. Les institutions de lâéducation non formelle attachent une importance particulière à la transmission de « compétences sociales et personnelles ainsi quâà la promotion et au renforcement de lâimplication dans les processus politiques et sociétaux ». (18) Les schémas non formels peuvent également servir dâorgane de communication entre la famille, lâécole et lâunivers des enfants et des jeunes. (19) Ils permettent par ailleurs de promouvoir le multilinguisme sans que celui-ci soit lié à des objectifs didactiques prédéfinis et offrent aux enfants et aux jeunes lâespace dont ils ont besoin pour acquérir par eux-mêmes et approfondir leurs compétences linguistiques individuelles. Ãducation informelle Lâéducation informelle est non planifiée et ne suit pas de cadre défini. Elle se fait au quotidien, que ce soit au sein de la famille, du groupe de pairs ou via différents médias. Les individus concernés la perçoivent rarement comme une extension de leurs connaissances et de leurs capacités. (20) Les processus éducatifs non formels et informels prennent de plus en plus dâimportance au niveau de lâorganisation de la vie des enfants et des jeunes. (21) Ãducation intégrale Ãducation ne signifie pas seulement acquisition de connaissances. Elle est le fruit de processus dâassimilation basés sur la co-construction et se manifeste dans le développement de compétences individuelles qui permettent de relever de nouveaux défis. Lâéducation contribue à responsabiliser (22) lâindividu et le rend apte à gérer sa vie de manière autonome ainsi quâà exploiter les possibilités dâauto-apprentissage. (23) « Dans ce sens, lâéducation représente pour tous les enfants la principale ressource pour affronter leur vie quotidienne et façonner leur avenir ». (24) Au sens de lâéducation intégrale, il est important que les processus éducatifs qui se déroulent pendant la journée au sein de schémas formels, non formels et informels se réfèrent les uns aux autres. Les enfants et les jeunes peuvent ainsi étendre et approfondir leurs intérêts individuels de manière volontaire et autonome. Les connaissances nouvellement acquises ne peuvent être comprises quâen sâappuyant sur des expériences personnelles (25) et, ainsi, devenir davantage pertinentes pour le développement de la personnalité et des compétences propres. Les processus éducatifs sâentendent comme des processus dâinteraction entre lâindividu et lâenvironnement, qui sâétendent tout au long de la vie. Lâindividu modifie son environnement, qui, à son tour, agit différemment sur lui. (26) Il est ici question du positionnement central de lâêtre humain au sein du processus dâassimilation du monde, ainsi que de lâintégration des expériences propres et de la réflexion sur celles-ci au regard de lâévolution de lâimage que lâon a du monde et de soi-même. (27) Jouer et apprendre, des processus éducatifs de premier plan La capacité dâassimiler le monde par le jeu et lâapprentissage constitue le fondement de lâéducation. Jouer et apprendre sont des processus indissociables lâun de lâautre, surtout pour les enfants. Lâimportance des processus dâapprentissage dans les institutions de lâéducation non formelle Les processus dâapprentissage modifient et élargissent le répertoire de comportements. Lâapprentissage permet aux enfants et aux jeunes de répondre de mieux en mieux aux exigences changeantes de leur environnement. (28) Lâindividu, avec ses expériences spécifiques et ses acquis bien définis, est au cÅur de tous les processus dâapprentissage. La réussite des processus dâapprentissage dépend donc de ses conditions, pistes et objectifs dâapprentissage personnels. Lâindividualisation et la différenciation, la participation et lâorientation sur le processus sont autant de mécanismes qui permettent dâengranger des expériences dâapprentissage qui sont significatives pour eux et viennent sâajouter aux connaissances et compétences déjà acquises. Lâapprentissage est aussi un processus social. Lâexpérience et lâexploration en commun aident considérablement à acquérir une compréhension approfondie des choses et à assimiler de nouvelles compétences, non seulement dans lâinteraction entre les adultes et les enfants/jeunes, mais surtout au sein du groupe de pairs. (29) Les enfants et les jeunes apprennent avec les autres et des autres en interagissant avec leur environnement. Dans les schémas de co-construction, ils sâinvestissent pleinement et poursuivent activement leurs intérêts. Lâapprentissage peut se faire de différentes manières : en expérimentant, en questionnant et en explorant, en jouant, en apprenant sur un modèle, en essayant et en se trompant, par le biais du hasard, en réfléchissant, en sâexerçant et en reproduisant, en testant ses limites, etc. Les institutions de lâéducation non formelle offrent la possibilité dâengranger des expériences diversifiées, sans aucune contrainte en termes dâobjectif ou de temps, et dâexpérimenter différentes pistes dâapprentissage. Lâimportance du jeu dans les institutions de lâéducation non formelle Les processus de jeu représentent à tout âge une source dâexpérience indispensable à tous les niveaux du développement de la personnalité. Le jeu est une forme dâapprentissage fondamentale qui est active, riche en découvertes et structurante et qui génère un nouvel apprentissage lors de son exécution. (30) La capacité à jouer est innée chez chaque être humain et procure un sentiment jouissif. Elle permet aux enfants dâappréhender réellement leur environnement avec tous leurs sens et dâapprendre de nouvelles choses. Un jeu diversifié permet aux enfants dâacquérir des connaissances et de les structurer de manière autonome. Les jeux de rôle permettent dâutiliser, de tester et dâexercer les langues en fonction de la situation et de la personne. Pour les jeunes, jouer signifie se positionner par rapport aux autres, sâessayer à différents rôles et se lancer dans des activités expérimentales. Le jeu leur permet de tester la vie dâadulte de façon ludique et dâen retirer leurs propres expériences. Il est fondamental que les schémas non formels intègrent des formes de jeu libre. Celui-ci stimule de façon optimale la motivation, lâacquisition de compétences socio-communicatives et la pensée divergente des enfants et des jeunes. (31) Par ailleurs, dans les institutions non formelles, le jeu a également une fonction psycho-hygiénique, dans le sens quâil permet aux enfants et aux jeunes de se détendre après lâécole et dâévacuer leur stress. Les processus de jeu répétitifs permettent aux enfants et aux jeunes dâaffiner sans cesse leur compréhension du monde. (32) Les compétences, fondement de la capacité à  juger et à  agir Les compétences allient le savoir au savoir-faire et représentent ainsi le fondement dâune action réussie et responsable. (33) Plus un individu approfondira sa capacité à juger et à agir, plus il adoptera un comportement flexible et approprié dans des situations quotidiennes, mais aussi face aux défis de la vie en société. (34) Les compétences sont le fruit de la mise en réseau des capacités intellectuelles, des acquis spécifiques à un domaine, des aptitudes et routines, de la motivation à agir et des valeurs personnelles. (35) Câest la combinaison de tous ces facteurs qui permettra de mettre les acquis en Åuvre de façon responsable et appropriée à la situation. Le travail éducatif orienté vers les compétences en appelle aux ressources des enfants et des jeunes et leur ouvre diverses expériences dâapprentissage. Les compétences se développent à travers lâapprentissage autonome, généré par les interactions entre lâindividu et son environnement. Un lien étroit entre les différents environnements dâapprentissage est indispensable au développement continu de ces compétences, au-delà de toute institution éducative. Les compétences acquises par les enfants et les jeunes sont les suivantes : la compétence individuelle, la compétence sociale, la compétence technique et la compétence méthodologique. (36) Ces quatre types de compétences sont interdépendants et étroitement liés les uns aux autres. ⢠La compétence individuelle se fonde sur la confiance en soi, lâesprit dâinitiative et une image positive de soi. Elle couvre la capacité et la volonté dâapprofondir et dâépanouir ses talents et son potentiel. (37) Les enfants et les jeunes dotés dâune haute compétence individuelle se fient à leurs capacités et peuvent évaluer de manière réaliste les défis auxquels ils font face. Câest sur cette base que se développe la résilience 7 qui permet aux enfants et aux jeunes de rester aptes, même dans des situations difficiles. (38) Parmi les autres compétences individuelles figurent lâinitiative de nouer des contacts, la prise de responsabilité et les stratégies de résolution des difficultés. ⢠La compétence sociale englobe la capacité à juger et à agir dans diverses situations sociales. Elle se fonde sur la capacité et la volonté dâaller à la rencontre dâautres personnes de manière empathique et responsable. Le comportement des enfants et jeunes socialement compétents est basé sur les relations et guidé par des valeurs. Ils font preuve, par exemple, dâune capacité à coopérer et à communiquer, dâune capacité à travailler en équipe et à gérer les conflits ainsi que dâune compréhension des notions de démocratie et dâinterculturalité. Ces aptitudes sâappuient sur la capacité à se confronter de manière constructive aux règles et aux normes ainsi quâà leur définition, déterminée dans une large mesure par les compétences linguistiques. ⢠Par compétence technique sâentend la capacité à juger et à agir dans différents champs dâaction. Cette compétence repose sur lâassimilation de termes et concepts pertinents qui peuvent être réutilisés de manière autonome et approfondie. Les enfants et jeunes disposant de compétences techniques manipulent activement les différents matériaux et se prêtent à des formes variables dâexpérimentation et dâexploration. Plus la compétence technique sâaccroît, plus les enfants et les jeunes parviennent à développer des stratégies â y compris créatives â pour résoudre les problèmes et prendre leurs propres décisions. ⢠La compétence méthodologique est étroitement liée à la compétence technique et peut uniquement être assimilée à lâaide de contenus concrets. Ainsi, pour chaque champ dâaction, des techniques et méthodes de travail spécifiques ou des stratégies dâassimilation et dâapprentissage sont considérées comme efficaces et utiles. En général, les compétences méthodologiques englobent la capacité à résoudre les problèmes, la capacité de réflexion, la pensée en réseau et en particulier les compétences relatives aux méthodes dâapprentissage. Ces dernières se basent sur la réflexion relative aux contenus dâapprentissage et aux processus dâapprentissage propres. Lâindividu prend ainsi conscience du fait « quâil apprend, de ce quâil apprend et de comment il lâapprend ». (39) La capacité croissante à planifier, exécuter et évaluer des processus dâapprentissage ad hoc favorise lâapprentissage tout au long de la vie. On attirera par ailleurs lâattention sur la méta-compétence , qui désigne la capacité à évaluer le stade de développement de ses compétences propres et la nécessité de les développer encore. (40) La méta-compétence se développe à mesure que la capacité de réflexion se renforce. Le fait de donner régulièrement aux enfants et aux jeunes lâoccasion de réfléchir aux conséquences de leurs actes fait naître chez eux la capacité à sâautoévaluer de manière réaliste. Ils sont ainsi mieux à même de relever les défis auxquels ils font face, par exemple les différentes transitions au sein du système éducatif. Ils comprennent immédiatement sâils peuvent gérer une situation dâeux-mêmes ou sâils ont besoin de lâaide dâautres personnes, ou encore sâils peuvent déjà y arriver maintenant ou sâils nây parviendront quâaprès avoir renforcé leurs compétences. La capacité à gérer les défis et à les relever avec succès contribue au développement dâune image positive de soi et, ainsi, à une plus grande efficacité personnelle et capacité dâaction. La compétence démocratique illustre bien lâinteraction complexe entre les différents types de compétences. Elle sâappuie sur des compétences techniques liées aux processus sociétaux et politiques. (41) Les compétences individuelles et sociales, telles que la capacité à adopter une autre perspective, à gérer les conflits et à participer, permettent également dâutiliser les possibilités dâimplication. En sa qualité de compétence méthodologique, lâanalyse sociologique constitue par ailleurs une condition essentielle à la prise de décisions démocratiques. Les bases du développement de la compétence démocratique sont jetées dès la petite enfance. â I.4° PRINCIPES ÃDUCATIFS GÃNÃRAUX Lâaménagement de programmes dâapprentissage dans les institutions éducatives pour les enfants et les jeunes obéit à des principes éducatifs généraux qui sont en adéquation avec lâimage de lâenfant/du jeune ainsi quâavec la notion dâéducation sous-tendant le présent cadre de référence : Individualisation et différenciation Chaque enfant/jeune est unique en termes de personnalité, de contexte socio-culturel, de besoins et potentiels dâapprentissage et de rythme de développement. Lâindividualisation signifie que les programmes dâapprentissage et les processus éducatifs sont aménagés en fonction des caractéristiques de la personnalité et des compétences de chaque enfant/jeune. à travers une observation continue et systématique, un dialogue et une écoute attentive, les pédagogues peuvent découvrir les intérêts des enfants et jeunes et sâen inspirer dans leur travail éducatif différencié. (42) La diversification des méthodes et des formes dâapprentissage, un équipement vaste et adapté au développement, doté dâoutils éducatifs et de matériel de jeu ainsi quâun espace suffisant et aménageable de manière flexible constituent des aspects essentiels de la différenciation. Diversité La diversité dâune société pluraliste se reflète dans ses institutions éducatives. La diversité signifie que chaque personne est unique et quâelle se distingue des autres tant par des caractéristiques immuables telles que le sexe, lâethnie ou les capacités physiques que par des caractéristiques variables, telles que la religion, le statut social, la/les langue(s) ou lâéducation. (43) Cette diversité joue un rôle précieux en pédagogie, en ce quâelle constitue une ressource fondamentale qui vient enrichir les processus éducatifs. Au sein dâune société multilingue, la diversité linguistique revêt une importance particulière. La pédagogie de la diversité vise à favoriser lâégalité et lâéquilibre des chances tout en préservant les différences individuelles, à « supporter les ambivalences et à développer la coopération en dépit des différences initiales. » (44) La remise en question permanente par les pédagogues de leurs propres pensées et actions sâinscrit par conséquent pleinement dans une pédagogie de la diversité. Ils doivent se confronter consciemment à leurs propres préjugés en étant conscients de lâinfluence considérable que leurs valeurs et normes exercent notamment sur les jeunes enfants. (45) Inclusion Lâinclusion part du postulat que tous les êtres humains, avec leurs différences individuelles, leurs besoins particuliers et leurs talents propres, sont des êtres « normaux ». Le fondement de la pensée inclusive est de faire en sorte que les enfants et les jeunes perçoivent la diversité et sachent lâapprécier. (46) Une pédagogie inclusive crée un environnement dâapprentissage qui tient compte des besoins et dispositions de chacun en matière dâapprentissage et qui permet à chaque enfant ou jeune de développer son potentiel. Cela signifie pouvoir réagir aux différences entre les enfants et jeunes en concevant des programmes dâapprentissage et des offres pédagogiques qui les incitent à sâinvestir avec leurs expériences et compétences individuelles. « Une pédagogie de lâinclusion ne pourra réussir que si elle reconnaît véritablement lâindividualité et les besoins de lâensemble des apprenants. » (47) Multilinguisme Le multilinguisme est une réalité sociale au Luxembourg, et une ressource importante pour la société. Avec les trois langues officielles du pays et le grand nombre de citoyens qui parlent encore une autre langue à la maison, il est tout naturel que le multilinguisme intègre pleinement la vie quotidienne et professionnelle. Cette « écologie multilingue » (48) est à la fois une chance et un défi pour le système éducatif. Au Luxembourg, il est primordial de maîtriser plusieurs langues pour mener à bien son parcours éducatif. Lâutilisation consciente et permanente du multilinguisme est donc un aspect essentiel de lâéducation intégrale. Dâaprès les résultats de diverses recherches internationales, les langues familiales jouent un rôle essentiel dans lâacquisition dâautres langues. (49) En faisant preuve de considération pour les langues familiales des enfants et des jeunes et en les sollicitant volontairement, les pédagogues renforcent le développement de la personnalité et de lâidentité de ces derniers, ce qui offre à chacun dâentre eux, quâelle(s) que soi(en)t sa/ses langue(s) familiale(s), un atout sur le plan éducatif. Les pédagogues qui reconnaissent le multilinguisme comme un principe éducatif transversal placent les enfants et les jeunes au centre de lâintérêt et sâadaptent à leurs besoins. En tant que modèles, ils donnent aux enfants et aux jeunes une autonomie dans le choix de la langue et augmentent ainsi leur participation. Cela contribue également à lâinclusion de tous les enfants et de tous les jeunes. (50) En outre, une éducation multilingue réunit les conditions essentielles à lâacquisition de compétences interculturelles, telles que lâempathie, la capacité à modifier sa perspective ainsi que le dépassement de lâethnocentrisme. (51) Elle favorise par ailleurs les compétences translinguistiques (par exemple les transferts dâune langue à lâautre) ainsi que les compétences métalinguistiques et cognitives, (52) qui enrichissent la capacité générale à sâexprimer et le parcours éducatif dâun individu. Le concept ouvert et holistique des institutions de lâéducation non formelle, en particulier, offre à tous les enfants et jeunes la possibilité dâapprendre et de vivre le multilinguisme en permanence. Ainsi, un lien est immédiatement fait avec la pratique du multilinguisme dans toutes les autres situations du quotidien des enfants et des jeunes et au sein de leur famille. Les droits de lâenfant Il a déjà été souligné dans la section « Image de lâenfant » (chapitre I.1.), que le présent cadre de référence et donc les réflexions sur lâéducation non formelle se réfèrent à la Convention internationale des droits de lâenfant. 8 Il existe plusieurs liens directs entre lâéducation non formelle et la Convention relative aux droits de lâenfant. Les adultes ont le devoir et la responsabilité de mettre en Åuvre ces droits de lâenfant. Outre cette condition dâ« adultes responsables », les droits de lâenfant ont comme principes lâuniversalité (tous les enfants sont égaux en ce qui concerne leurs droits) et lâindivisibilité (tous les droits ont la même importance et sont interdépendants). (53) La Convention contient une multitude de droits qui peuvent être différenciés selon les droits de protection, de prestation et de participation (les trois « P », en anglais : protection, provision, participation). Sans prétendre à lâexhaustivité, ci-dessous certaines dispositions qui concernent directement lâéducation non formelle : ⢠Aucun enfant ne peut être désavantagé en raison de son origine nationale, ethnique ou sociale, de sa langue ou de sa religion. (Article 2) ⢠Lâenfant a le droit, dans toute question ou procédure le concernant, dâexprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en considération. (Article 12) ⢠Tout enfant a le droit dâêtre protégé contre toute forme de violence physique, mentale ou morale, maltraitance ou négligence. (Article 19) ⢠Tout enfant a droit au repos, aux loisirs, au jeu et à la récréation. (Article 31) Les établissements dâéducation et dâaccueil ont pour base conceptuelle la mise en Åuvre des droits de lâenfant et le bien-être de lâenfant. Pour le travail au quotidien de lâéducation non formelle, les objectifs suivants peuvent être mis en avant : ⢠Les enfants apprennent quâils ont des droits et connaissent leurs droits. ⢠Les enfants font lâexpérience de « vivre ces droits », câest-à -dire les enfants ont de nombreuses occasions de réaliser par exemple leurs droits de participation et apprennent que le fait dâavoir des propres droits signifie, tant pour les adultes que pour eux-mêmes, quâil existe des règles régissant les relations humaines. (54) Une pédagogie orientée vers les besoins des enfants et axée sur « lâenfant compétent » met lâaccent sur la réalisation des droits de lâenfant, tant en termes de conditions-cadres que dâactivités pédagogiques. Des normes telles que la primauté du bien-être de lâenfant, une participation adaptée à lââge, le droit au jeu et une pédagogie inclusive, tenant compte des préjugés sont fortement ancrées dans la vie pédagogique quotidienne et leur mise en Åuvre fait toujours lâobjet de réflexions pédagogiques. â I.5° CARACTÃRISTIQUES DE LâÃDUCATION NON FORMELLE Lâéducation non formelle se distingue par certaines caractéristiques qui sâorientent à lâimage de lâenfant/du jeune ainsi quâà la notion dâéducation sous-tendant le présent cadre de référence. En sus des principes éducatifs généraux, ces caractéristiques guident également la mise en place de lâensemble des programmes dâapprentissage tout au long de la journée, et ce afin dâaider les enfants et les jeunes à exprimer leurs intérêts et à se confronter activement à leur environnement. Base volontaire La participation aux activités et projets des institutions de lâéducation non formelle se fait sur une base volontaire. Si pour les jeunes enfants, ce sont les parents qui décident dâaccepter ou non lâoffre, cet aspect revêt davantage dâimportance pour les adolescents, car câest essentiellement à eux que revient cette décision. Cela accroîtra leur motivation intrinsèque et leur volonté de participation. Ouverture En fonction de la composition du groupe, de lâéquipe, des circonstances locales et des réflexions conceptuelles, câest la structure ou le gestionnaire responsable dâune institution non formelle qui décide de la mise en Åuvre concrète des objectifs pédagogiques. Lâouverture à lâégard des enfants et des jeunes et de leurs besoins donne naissance à une multitude de modèles conceptuels de base. En sus de cette ouverture en matière dâobjectifs et de méthodologie, lâouverture comme principe de travail signifie que les crèches, maisons relais ou maisons de jeunes sâouvrent vers lâextérieur, câest-à -dire quâelles cherchent à échanger avec les autres organisations et institutions, « impliquent les personnes issues de lâenvironnement de lâinstitution dans le travail pédagogique et permettent aux enfants dâexplorer leur environnement ». (55) Participation La co-responsabilité et la co-décision sont tant des objectifs du travail avec les enfants et les jeunes que des principes méthodologiques fondamentaux. On peut établir une distinction entre les différents degrés de participation (56) (la participation sporadique, la participation réelle ou lâautodétermination), mais également entre les différents modèles de participation (formes parlementaires, par exemple le parlement des enfants et des jeunes, formes ouvertes, par exemple les forums de discussion, et formes de participation orientées vers le projet). Même si le choix des formes de participation dépend des enfants et des jeunes ainsi que des intérêts, besoins et conditions sur place, le principe dâimpliquer les enfants et les jeunes dans le processus de décision et non seulement dans la réalisation demeure une caractéristique fondamentale de lâéducation non formelle. Les enfants et les jeunes sont vus comme des participants à leurs processus éducatifs, au sens de co-constructeurs de celui-ci. La création dâespaces libres, le transfert de responsabilité, la transparence des décisions et le fait de les interroger régulièrement sur leurs envies et leurs propositions génère lâapparition dâune forme quotidienne de participation qui permet aux enfants et aux jeunes de se confronter activement à eux-mêmes, à leurs intérêts et envies et à leur environnement et ainsi, seulement, à un processus éducatif actif. Orientation vers la personne Les méthodes et objectifs de lâéducation non formelle sont déterminés en fonction des enfants et jeunes et adaptés dans la mesure du possible à leurs besoins et intérêts. Cette adaptation peut entraîner divers changements non seulement dans la planification, mais également dans le déroulement de la journée, dans le sens que de nouvelles priorités sont établies. Les processus éducatifs dans le travail avec les enfants et les jeunes se caractérisent en ce quâils « se fondent sur les expériences des enfants et des jeunes eux-mêmes. Ils renvoient de façon plus nette à une pratique réelle, dans le cadre de laquelle les enfants et les jeunes deviennent des coproducteurs décisifs de leur propre parcours éducatif. Ainsi, ils aménagent eux-mêmes leur vie et leurs sujets quotidiens et contribuent également en quelque sorte à écrire le scénario de leur vie ». (57) Toutes sortes dâoccasions et de points dâintérêt sont exploités afin de soutenir les processus éducatifs. La pédagogie de lâéducation non formelle se base sur le quotidien et lâenvironnement des enfants et des jeunes et sâemploie à donner des impulsions éducatives pertinentes tant au niveau de leur parcours que dudit environnement : (58) « Le fait de valoriser les schémas favorisant les processus dâapprentissage moins formalisés, qui contribuent à lâéducation des enfants et des jeunes, vient renforcer le principe selon lequel les intérêts et lâenvironnement des enfants doivent jouer un rôle fondamental dans la planification et/ou lâexécution de ces offres ». (59) Apprentissage par lâexploration Lâaction concrète et lâapprentissage par la recherche sont à lâavant-plan de lâéducation non formelle, devant lâapprentissage de connaissances théoriques. Dâaprès le principe selon lequel « lâéducation est une découverte avec tous les sens », les dimensions affective et pratique de lâapprentissage sont mises en exergue, en plus de la dimension cognitive. On sait que le fait dâappréhender lâenvironnement joue un rôle essentiel dans les processus de traitement des informations des jeunes enfants et quâil est important de solliciter différentes perceptions sensorielles dans le cadre des processus éducatifs. Afin de favoriser un apprentissage complet et exploratoire, lâéducation non formelle a recours à un large éventail dâactivités et de formes de travail, offrant ainsi de manière ciblée des projets et activités répondant aux capacités et aux intérêts les plus divers. Lâobjectif est de donner aux enfants et aux jeunes la possibilité dâessayer et dâexpérimenter dans des domaines qui leur sont peu familiers et ainsi, à travers « lâexpérience de succès insoupçonnés », (60) celle de développer de nouvelles capacités et de la confiance en soi. Lâapprentissage par lâexploration dans lâéducation non formelle signifie quâil existe un espace libre au sein duquel les expériences sont autorisées et les erreurs et fausses pistes bienvenues, car elles font partie du processus dâapprentissage. Orientation vers le processus En règle générale, dans lâéducation non formelle, lâassimilation de connaissances et de capacités nâa pas une fin prédéfinie ; câest plutôt le processus qui prévaut, en fonction de la personnalité de chacun. à cet égard, lâacquisition de compétences ne doit pas être vue comme un produit final : la voie individuelle de lâapprentissage, ainsi que le fait dâassimiler et dâengranger des expériences sont tout aussi importants. Lâouverture des programmes dâapprentissage de lâéducation non formelle permet dâessayer différentes méthodes et de proposer toutes sortes de projets, sans contraintes de temps ou de résultats. Les processus éducatifs sâarticulent autour des intérêts et des capacités des enfants et des jeunes, qui sont impliqués de manière responsable et autonome dans lâapprentissage orienté sur le processus. Ainsi, le résultat du processus éducatif nâest pas anticipé, mais tout lâart de la pédagogie réside dans le fait « dâinciter les enfants et les jeunes à se confronter de manière autonome au monde, sachant que le résultat de cette confrontation est ouvert ». (61) Le processus dâapprentissage et, avec lui, la manière dâexpérimenter, dâexplorer et de questionner des enfants et des jeunes sont volontairement soutenus et encouragés. Apprentissage en partenariat Lâapprentissage non formel utilise de manière ciblée des méthodes de coopération actives et implique des processus relevant de la dynamique de groupe. Les expériences de groupe stimulent les capacités et aptitudes sociales et apportent un réel soutien dans le domaine de la compétence sociale, essentiel pour lâéducation non formelle. Puisquâelle met la priorité sur la coopération et le travail dâéquipe, lâéducation non formelle peut se définir comme le fait dâapprendre des autres et avec les autres. à cet égard, les individus du même âge forment un groupe de référence qui fournit à lâenfant ou au jeune des repères et le guide dans ses questionnements et ses processus de développement. (62) La comparaison des processus dâapprentissage et des résultats obtenus au sein du groupe de pairs est particulièrement utile pour développer la compétence méthodologique. Dans le cadre de lâéducation non formelle, les pédagogues sont non seulement invités à travailler avec le groupe, à accompagner les processus relevant de la dynamique de groupe et à encourager les actions entreprises en commun, mais également à participer activement à différentes activités, à prendre régulièrement position par rapport à des déclarations, des jugements et des actions et à faire preuve dâun engagement actif dans leur rôle dâ« autre parmi les semblables ». (63) Dans le travail avec les jeunes, le fait dâengager des interactions sociales revêt une importance fondamentale : « Le travail avec les jeunes nâest envisageable que dans le cadre dâexpériences de groupe et dâactivités de coopération. Lâéducation non formelle doit créer de multiples situations qui permettent aux jeunes de communiquer et dialoguer... ». (64) Relation et dialogue Dans le cadre du travail avec les enfants et les jeunes, les pédagogues représentent dâimportantes personnes de référence, qui sont chargées de créer un climat de communication ouverte, mais aussi de respect et dâestime. Même si la situation varie en fonction de lââge des enfants et des jeunes, les relations entre ces derniers et leurs personnes de référence adultes demeurent dâimportants critères de qualité dans le contexte de la promotion du développement et du soutien aux jeunes. Seule une relation de confiance permettra dâinstaller une atmosphère détendue et propice à lâapprentissage dans laquelle les intérêts des enfants et des jeunes seront pris en compte et leur développement individuel encouragé. (65) Le travail relationnel au sein de lâéducation non formelle exige un dialogue continu et une écoute active. Cela permet « de sâinspirer des enfants et dâapprendre dâeux, de préserver leurs théories, leurs hypothèses et leur imagination et de les suivre dans leur manière de donner un sens à leur environnement ». (66) Le travail avec les enfants et les jeunes exerce une fonction de protection et de soutien, en ce sens que ces derniers y jouissent dâun lieu de reconnaissance au sein duquel ils peuvent essayer de nouveaux comportements et proposer des expériences alternatives dans un environnement à la fois empathique et exigeant. (67) Autonomie et efficacité personnelle Un des objectifs centraux de lâéducation non formelle est de permettre aux enfants et aux jeunes de faire lâexpérience de lâautodétermination et de lâefficacité personnelle. Les diverses possibilités dâagir de manière active et autonome permettent de développer, dâexpérimenter et dâutiliser des compétences de gestion de problèmes. (68) La capacité à résoudre les problèmes et la confiance en son efficacité personnelle sont considérées comme des facteurs essentiels, y compris dans le cadre de la recherche sur la résilience, et encouragent les enfants et les jeunes à contribuer activement à la gestion du stress et des différents défis qui se posent à eux. (69) La notion dâ« Empowerment » est souvent utilisée à cet égard dans lâéducation non formelle ; elle se réfère aux mesures visant à renforcer lâautodétermination et lâautonomie dâun individu. â I.6° LâATTITUDE PÃDAGOGIQUE Afin de remplir leur rôle dâaccompagnateurs éducatifs, lâattitude pédagogique des pédagogues joue un rôle central. La participation, lâinclusion et le renforcement de la résilience ne sont que quelques-uns des éléments de lâéducation non formelle qui doivent non seulement être planifiés et conçus à lâavance, mais dont la mise en Åuvre dépend de lâattitude pédagogique et donc des compétences personnelles et professionnelles des pédagogues. Une attitude professionnelle se caractérise par le fait quâelle permet au personnel pédagogique dâagir de manière flexible et réfléchie dans de nombreuses situations et ce, malgré des exigences contraires et des conditions contextuelles modifiées. (70) En ce sens, lâattitude pédagogique apporte un soutien aux pédagogues (71) ainsi quâà lâenfant qui a besoin dâune stabilité intérieure dans un monde en mutation rapide. (72) Même si lâattitude doit être flexible pour sâadapter aux contextes, il existe certaines caractéristiques essentielles qui doivent être prises en compte dans lâéducation non formelle afin que lâéducation au sens dâauto-éducation et de co-construction puisse avoir lieu. Pour mettre en Åuvre lâéducation non formelle, il faut des pédagogues qui : (73) ⢠valorisent les enfants et les jeunes et leur font confiance ; ⢠sont des modèles et des personnes de référence pour les enfants et les jeunes ; ⢠répondent aux besoins, aux inquiétudes et aux craintes des enfants et des jeunes ; ⢠donnent aux enfants et aux jeunes suffisamment de temps et dâespace pour se développer dans une atmosphère motivante et sans peur ; ⢠aident les enfants et les jeunes à trouver leur place et leur rôle au sein de la communauté ; ⢠apprécient le caractère unique de chaque enfant et chaque jeune et voient la diversité comme un enrichissement et une ressource ; ⢠placent les forces et les intérêts des enfants et des jeunes au premier plan et offrent une variété dâexpériences dâapprentissage ; ⢠soutiennent la participation des enfants et des jeunes au quotidien ; ⢠encouragent les enfants et les jeunes à jouer et à découvrir lâenvironnement de manière ludique et avec tous leur sens ; ⢠écoutent et respectent les idées et les suggestions des enfants et des jeunes. Dans le sens inverse se laissent également identifier des comportements contraires à lâéthique professionnelle. Dans lâéducation non formelle, les attitudes et les comportements suivants sont à proscrire, à savoir (voir Reckahner Reflexionen, 2017 9 ) : (74) ⢠traiter les enfants et les jeunes de manière discriminatoire, irrespectueuse, humiliante ou grossière ; ⢠faire des commentaires dévalorisants et décourageants des réalisations et des performances des enfants et des jeunes ; ⢠réagir au comportement des enfants et des jeunes de manière dénigrante ou excluante ; ⢠ignorer les blessures verbales, physiques ou médiatiques, entre les enfants ou les jeunes ; ⢠ignorer les préoccupations, les craintes et les intérêts des enfants et des jeunes et refuser de les aider. â I.7° ENVIRONNEMENT DE JEU ET DâAPPRENTISSAGE â I.7°1 Lâaménagement de lâenvironnement de jeu et dâapprentissage 10 Un environnement de jeu et dâapprentissage aménagé de manière pédagogique exerce une influence positive sur les processus éducatifs des enfants. Dans le cadre de lâéducation non formelle, il est impératif de concevoir des espaces intérieurs et extérieurs qui sont adaptés à lââge des enfants et qui tiennent compte de leurs besoins et intérêts. (75) Les salles sont aménagées de manière à dégager une atmosphère agréable et à procurer un sentiment de sécurité. En même temps, les salles favorisent la rencontre, le mouvement, le repos, ainsi que le jeu et la créativité. (76) Les enfants ont besoin dâespace tant pour des activités de groupe que pour des activités individuelles et des possibilités de retrait. (77) Lâaménagement prévoit également des espaces de mouvement et un endroit où chaque enfant peut ranger ses affaires personnelles. Le matériel de jeu et dâapprentissage influence également les processus éducatifs des enfants. Le matériel se veut varié et adapté à lââge des enfants. Du matériel structuré et non structuré devrait être disponible en quantité suffisante et en bon état. De plus, il est essentiel que le matériel de jeu soit librement accessible afin de soutenir lâautodétermination et lâesprit dâinitiative des enfants. Afin de tenir compte de tous ces aspects lors de la conception de lâenvironnement de jeu et dâapprentissage, les principes (78) suivants sont à considérer : Structure Les espaces ont besoin dâune structuration claire afin de permettre aux enfants de sâorienter et de se sentir en sécurité. De ce point de vue, il est opportun que les différents espaces dâune pièce soient clairement délimités. (79) En outre, des endroits dédiés pour chaque matériel de jeu et dâapprentissage permettent aux enfants de les trouver et de les ranger de manière autonome. (80) Fonctionnalité La répartition dâune pièce en différents espaces fonctionnels permet aux enfants dâavoir plus facilement une vue dâensemble et apporte ainsi clarté et orientation. Les enfants peuvent facilement reconnaître à quoi est destiné un espace fonctionnel et son équipement. (81) Accessibilité Lâenvironnement de jeu et dâapprentissage aménagé de manière à ce que les enfants puissent lâexplorer de façon autonome est synonyme de participation et renforce la capacité dâautodétermination des enfants. (82) Flexibilité Le quotidien dâune institution de lâéducation non formelle est varié. Les différentes phases dâune journée ainsi que les besoins individuels des enfants entraînent des exigences particulières en matière dâaménagement de lâespace. Un aménagement flexible permet de réorganiser facilement les salles et de les adapter aux besoins individuels des enfants. (83) Documentation Lors de lâaménagement de lâenvironnement de jeu et dâapprentissage un espace de documentation est prévu afin de donner de la visibilité aux expériences des enfants. Des exemples tels que les dessins des enfants ou des photos dâévènements et dâactivités illustrent le quotidien de lâinstitution. Une telle documentation renforce la mémoire visuelle des enfants et sert dâamorce à des échanges du personnel pédagogique avec les enfants et les parents. â I.7°2 Ãtre à lâextérieur avec les enfants Les processus dâapprentissage de lâenfant à lâextérieur de la structure font partie intégrante de lâéducation non formelle. Les enfants ont besoin de cet espace dâexpérience proche de la nature afin dâêtre stimulés non seulement dans le domaine cognitivo-intellectuel, mais aussi affectivement, sensoriellement et dans le domaine de la motricité. Un environnement dâapprentissage à lâintérieur de la structure nâest pas en mesure de fournir toutes les stimulations et tous les espaces dâexpériences requis. Il est nécessaire de prendre en compte les espaces extérieurs (comme par exemple les aires de jeux) et dâutiliser de manière régulière les espaces extérieurs naturels (forêt, prairie). Les découvertes de lâenfant, ses actions originales et autonomes et donc sa curiosité peuvent ici être encouragées de manière globale. (84) Il est proposé un environnement dâapprentissage dans lequel les enfants peuvent faire des expériences pratiques, directes, actives et avec tous leurs sens. (85) Lâoffre des « espaces de mouvement » est ainsi enrichie par une multitude de mouvements intégrés dans la vie quotidienne. Les espaces de jeux et de découvertes naturels permettent aux enfants dâapprendre par eux-mêmes, de découvrir, de ressentir et de comprendre le monde. (86) Câest pour cette raison que lâextérieur de la structure doit être conçu de manière à être proche de la nature. La forêt, mais aussi les environs immédiats, sont utilisés comme un espace de découverte et de mouvement qui offre une variété de possibilités insoupçonnées. « Ãtre à lâextérieur » avec les enfants constitue une opportunité de se retrouver ensemble et de vivre une expérience partagée et constitue une base pour lâapprentissage social. Des promenades découvertes dans la commune encouragent lâexploration de la ville ou du village dâorigine du point de vue de lâenfant. (87) « Ãtre à lâextérieur » est un élément important de la promotion de la santé : les diverses possibilités dâexercice, le jeu libre au grand air, lâexploration et la découverte de la nature, la découverte du village ou du quartier, répondent aux intérêts et aux besoins des enfants. Les espaces extérieurs naturels tels que la prairie, la forêt et les environs immédiats ne peuvent être remplacés par des espaces intérieurs ou par un espace extérieur aménagé du service dâéducation non formelle. â I.7°3 Travail pédagogique ouvert et partiellement ouvert Basées sur une notion de lâéducation qui place lâauto-éducation et la co-construction au premier plan, les offres destinées aux enfants doivent être conçues de manière à encourager la « propre activité de lâenfant ». (88) Lâesprit dâinitiative de lâenfant, son envie dâexploration, sa soif de découverte et sa curiosité sont soutenus par les services dâéducation non formelle qui offrent un environnement varié et différencié et ainsi de nombreuses possibilités dâexpériences diverses. Le concept pédagogique peut tenir compte de cette diversité et de la participation active des enfants en mettant en Åuvre des concepts de travail ouvert qui non seulement se basent sur les intérêts des enfants mais qui tiennent compte également des possibilités dâaménagement des institutions. La condition préalable à ce processus dâouverture est une compréhension commune entre les pédagogues quant au modèle de travail ouvert qui est recherché et aux étapes visées. (89) Le travail ouvert peut être réalisé de diverses manières, comme p.ex. par le travail intergroupe, lâaménagement de salles avec des espaces à thèmes ou des ateliers, la mise à disposition dâun large éventail de matériel de jeu polyvalent (« objets pour jouer » au lieu de « jouets ») ou encore par la prise en compte du jeu libre dans la planification quotidienne. (90) Quelle que soit la méthodologie choisie, le principe du travail ouvert est que les offres sont proposées sur une base volontaire. En fonction de lââge des enfants, il est préférable dâadopter une approche progressive, dans laquelle les tout-petits passent leur journée avec leur éducateur de référence et leurs pairs (« groupe cocon ») et nâexplorent que progressivement lâespace ouvert. (91) Outre le travail dit « ouvert », il existe également des concepts de travail partiellement ouvert, tels que pour les offres ouvertes à tous les groupes. Les enfants appartiennent à des groupes fixes, mais des activités intergroupes sont proposées à intervalles réguliers (par exemple, une période déterminée de la journée est réservée à lâutilisation libre des espaces à thèmes). Le rôle et la répartition des tâches des professionnels sont à clarifier au sein de lâéquipe. Indépendamment du modèle de travail ouvert choisi, les facteurs suivants sont déterminants pour la qualité pédagogique du travail ouvert : la coopération avec les parents, la mise en place dâune relation dans le sens dâune attention émotionnelle et dâun « attachement », les pédagogues qui se conçoivent comme des accompagnateurs éducatifs moyennant lâobservation et la documentation. Un concept de familiarisation adapté et des éducateurs de référence sont également essentiels dans le travail ouvert pour le bien-être et le développement sain des enfants. (92) 1. Schroen & Achten (2011) 2. Gisbert (2004) 3. Maslow (1954), Strätz et al. (2008) 4. Moss (2008, p. 7) 5. Fraundorfer (2012) 6. Assemblée générale des Nations Unies (1989) 7. Assemblée générale des Nations Unies (1989, article 29) 8. Strätz et al. (2008) 9. Katschnig (2007), Liebertz (2007) 10. Ahnert (2008b) 11. Fthenakis (2008) 12. Bäck, Bayer-Chisté & Hajszan (2004) 13. Griebel & Niesel (2004) 14. Oberhuemer (2006) 15. Klafki (1996) 16. Commission européenne (2001, 2002), Conseil de lâEurope (2002, 2006), UNESCO (1998) 17. cf. Rauschenbach (2004, p. 118) 18. Harring, Rolfs & Palentien (2007, p. 9) 19. Honig & Haag (2011) 20. Bechtel, Lattke & Nuissl (2005) 21. Schronen & Achten (2011), Rauschenbach (2012, p. 4-6) 22. cf. Charlotte Bühler Institut (2009, p. 3) 23. Bundesjugendkuratorium (2001, p. 17) 24. Landesarbeitsgemeinschaft Elterninitiativen (2011, p. 17) 25. Spitzer (2002) 26. Hartmann, Stoll, Chisté & Hajszan (2010) 27. von Felden (2004) 28. Neubauer & Stern (2007) 29. Istance & Dumont (2010) 30. Callies (1975) 31. Hartmann (1997) 32. Dunlop (2003) 33. Klieme et al. (2007) 34. Brödel (2002) 35. Weinert (1999) 36. Strasmann & Schüller (1996) 37. Strasmann & Schüller (1996) 38. Wustmann (2011) 39. Gisbert (2002, p. 12) 40. Weinert (2001) 41. Darmstädter Appell (1995) 42. Weltzien (2010) 43. cf. Gardenswartz & Rowe (1994) 44. Yagci-Grobner & Prochazka (2009, p. 924) 45. Wagner (2010a) 46. Booth, Ainscow & Kingston (2006) 47. Weilguny, Resch, Samhaber & Hartel (2011, p. 30) 48. Neumann, Schnoor & Seele (2012) 49. de Cillia (2008) 50. Kirsch, C., Mortini, S., Andersen, K., & AleksiÄ, G. (2018) 51. Viernickel, Völkel & Focali (2009) 52. Berk (2011), Engel de Abreu, Cruz-Santos, Tourinho, Martin & Bialystok (2012), Schneider (2003) 53. cf. Maywald (2016) 54. cf.KTK, Verband Katholischer Tageseinrichtungen Kinderrechte im Kindergarten 55. BMFSFJ (2005, p. 254) 56. cf. Stufen der Partizipation nach Hart (1992) 57. Rauschenbach (2010, p. 48) 58. cf. Cloos, Köngeter, Müller & Thole (2009) 59. BMFSFJ (2005, p. 254) 60. Giesecke (1971, p. 173) 61. Deller (2003, p. 325) 62. cf. Nörber (2003) 63. Thole (2006, p. 6) 64. Willems et al. (2010, p. 82) 65. cf. Bodeving (2009), Braun & Wetzel (2005) 66. Dahlberg (2004, p. 27) 67. cf. Braun & Wetzel (2005), Laevers & Declercq (2011), Schröder (2005) 68. cf. Bäck, Hajszan & Bayer-Chisté (2008), Hornstein (2004) 69. Wustmann (2009) 70. Schwer,C., Solzbacher,C. (2014) 71. Rodner,M. ,Greine,R.(2012) 72. Paetzholdt-Hofner, S. (2016) 73. cf. Service national de la jeunesse (2019b) 74. Reckahner Reflexionen zur Ethik pädagogischer Beziehungen (2017) 75. Franz , M. (2018) 76. Von der Beek, M. Buck, A. Rufenach (2010) 77. Service national de la jeunesse (2017) 78. Knauf H. (2013) 79. Knauf, H.(2013) 80. Service national de la jeunesse (2017) 81. cf Service national de la jeunesse (2019b) 82. Knauf, H.(2013) 83. Knauf, H.(2013) 84. H. Ãsterreicher H. & E. Prokop E. (2006) 85. cf. Krenz, A (2017), Krenz,A.(2019) 86. Krenz (2014) 87. Kober-Murg, I. & Parz-Kovacic, B. (2014) 88. Schäfer (2011) 89. Lill, G. (2012) 90. Regel G. & Ahrnes S. (2016) 91. Haug-Schnabel, G. & Bensel, J.(2017) 92. Rohnke (2019) â B. PARTIE SPÃCIFIQUE à LâÃGE â II. PETITE ENFANCE â II.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE Dès leur naissance, les enfants sont des personnalités compétentes qui ne cessent de gagner en autonomie dans les premières années de leur vie. Ils gagnent en assurance grâce aux multiples processus moteurs quâils entreprennent, et développent des compétences linguistiques complètes, dans plusieurs langues parfois. Des liens fiables avec leurs premières personnes de référence permettent aux enfants de développer des relations de confiance avec de plus en plus dâindividus, y compris avec des personnes extérieures à leur famille. Ils engagent leurs premières relations dâamitié avec des enfants de leur âge et repoussent leurs limites pour assimiler les règles sociales. Dans le même temps, ils développent de la compassion et de lâempathie, dâaprès le modèle dâadultes sensibles et réceptifs, qui encouragent en permanence lâenfant à exprimer ce quâil ressent. Le renforcement de la volonté propre des enfants et un nombre suffisant de possibilités dâautodétermination adaptées à leur âge sont des moteurs importants du développement dâune conscience stable du moi. Chez les tout-petits et les enfants en bas âge, lâimitation, la reproduction et la variation des actions prévalent. (93) Le développement dans les différents domaines â cognitif, moteur, linguistique, social et émotionnel â sâaccomplit intégralement à lâaide de chacun des sens, toutefois pas en continu dans la plupart des cas. Le développement de lâenfant se fait plutôt par à -coups ; par ailleurs, lâenfant peut parfois revenir à des stades de développement antérieurs, au niveau desquels il se sent davantage en sécurité. Ces phases exigent un accompagnement particulièrement attentionné et encourageant de la part des adultes. Sur la base de relations stables, les enfants peuvent explorer leur environnement, mais aussi prendre consciemment de plus en plus de distance par rapport à leurs personnes de référence ; ils acquièrent ainsi davantage dâespace pour prendre leurs propres décisions. à mesure que les enfants gagnent en autonomie, leur besoin dâêtre en permanence à  proximité physique de leurs personnes de référence sâamenuise et lâimportance des relations sociales avec leurs pairs passe à lâavant-plan. Toutefois, les jeunes enfants ont encore constamment besoin de protection et de sécurité pour pouvoir relever délibérément et avec curiosité les défis auxquels ils font face. â II.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES Les pédagogues des institutions de lâéducation non formelle sont souvent les premières personnes de référence des jeunes enfants, en dehors des membres de leur famille. Au début, une conception professionnelle des rôles se traduit surtout par le développement dâune relation de confiance avec chaque enfant et ses parents. Les pédagogues, en tant quâélément de lâinstitution éducative, sont conscients de leur responsabilité en matière de politique éducative et de la position clé quâils occupent au sein de la société. Leur acceptation fondamentale de lâéducation et de la prise en charge extrafamiliales des jeunes enfants est essentielle à un travail éducatif de qualité. (94) Les pédagogues, dâimportantes personnes de référence pour les enfants Les pédagogues savent quâun lien sûr et stable, engagé dès la période dâadaptation au sein de lâinstitution, est fondamental pour lâapprentissage des enfants. La grande disponibilité dâun nombre limité de personnes de référence garantit à chaque enfant un sentiment de sécurité et satisfait son besoin de proximité et de contact. (95) Les pédagogues font preuve dâune réactivité sensible (96) en percevant les signaux non verbaux et verbaux des enfants et en y réagissant de manière appropriée. Cette réaction empathique sâexprime par une attention, un intérêt et un engagement pédagogique et aide les enfants à exprimer leurs émotions ainsi quâà développer leurs raisonnements et actions. (97) Dans ce processus, il est notamment fondamental que le personnel pédagogique présente de solides compétences dans les langues parlées au Luxembourg. Pour développer des liens sûrs et être stimulé individuellement, chaque enfant a besoin de bénéficier à intervalles réguliers de la pleine attention dâadultes. Les activités routinières ou les soins offrent de bonnes conditions pour ce faire. Les pédagogues, des partenaires dans le processus de co-construction La compétence professionnelle des pédagogues englobe la connaissance des étapes importantes du développement ainsi que des besoins des jeunes enfants et de leur comportement en matière dâapprentissage. Lâéducation des jeunes enfants a principalement lieu dans leur dialogue avec les adultes. Les interactions, que ce soit en tête à tête ou en petit groupe, permettent ainsi à toutes les personnes impliquées dâassimiler collectivement des connaissances de manière co-constructive, de donner un sens aux différents processus du monde (98) et de les accompagner et exprimer verbalement. Les pédagogues sont conscients du fait que les situations du quotidien et les soins offrent une bonne occasion de stimuler et développer les compétences des enfants. Ils conçoivent par ailleurs des offres pédagogiques basées sur les intérêts de chaque enfant et qui les incitent à agir de façon active, à apprendre et à explorer avec chacun de leurs sens, mais aussi à communiquer. Les pédagogues font confiance aux compétences individuelles des enfants et encouragent leur attitude exploratoire. Lâenvie des enfants dâexplorer leur environnement avec curiosité et ouverture se manifeste dès lors que leurs besoins dâattachement sont satisfaits et quâils se sentent bien et en sécurité. (99) Tout petits déjà , les enfants ont envie de nouer des contacts avec des enfants de leur âge. Une implication empathique et sensible des pédagogues dans les interactions entre les jeunes enfants aident ces derniers à élargir leur répertoire de possibilités dâaction. (100) à cet égard, les adultes sont conscients de leur rôle dâexemple au niveau des interactions sociales positives. Dans une société pluraliste et multilingue, la pratique pédagogique exige de la part des pédagogues des compétences interculturelles telles que lâouverture, la tolérance, lâaptitude à changer de perspective, ainsi que lâaptitude à gérer les différences. Les compétences spécifiques des pédagogues en termes de linguistique et de soutien linguistique aident les enfants à assimiler une ou plusieurs langues dans le contexte multilingue du Luxembourg. En adoptant une réflexion sur soi et sur la pratique qui tient compte des préjugés, les pédagogues peuvent se confronter à leurs propres stéréotypes, dans le but de favoriser consciemment le bien-être et lâapprentissage dâenfants issus de différentes cultures ou parlant différentes langues. (101) Les pédagogues, un élément des réseaux Les parents des jeunes enfants sont les principaux partenaires des pédagogues au niveau du développement optimal de lâenfant. Pour que la coopération réussisse, il est fondamental que les pédagogues soient conscients de lâattitude quâils adoptent à lâégard des parents et quâils la remettent sans cesse en question. (102) La collaboration se caractérise par lâestime et le respect, identifie les parents en tant quâexperts de leurs enfants et crée des possibilités de participation. Le conseil aux parents constitue une mission importante des pédagogues. Les pédagogues font preuve dâempathie par rapport aux craintes et aux inquiétudes des parents, surtout lors de la phase de familiarisation. Ils les aident à accompagner leur enfant avec compréhension lors de la phase de séparation. (103) La réussite de lâadaptation, qui représente dans la plupart des cas la première expérience de transition vécue par un enfant et sa famille, est indispensable à la réussite des transitions suivantes, par exemple le passage à dâautres institutions de lâéducation non formelle ou à lâécole fondamentale. (104) La mise en réseau avec dâautres partenaires dâéducation, tels que les enseignants, les centres de conseil ou les représentants dâinstitutions locales, est synonyme de partage de la responsabilité, au profit dâune éducation intégrale des enfants. Lors de processus de transition, ce type de coopération contribue notamment à garantir la continuité des processus dâapprentissage et de développement des enfants. â II.3° CONDITIONS-CADRES POUR LES PROCESSUS ÃDUCATIFS DANS LES INSTITUTIONS NON FORMELLES Espaces intérieurs et extérieurs « Un espace reflète la vie qui sây déroule ». (105) Les salles et leur aménagement transmettent dâune part aux tout-petits et aux enfants en bas âge un sentiment de protection, et dâautre part, ils leur offrent suffisamment de place pour explorer, découvrir, se déplacer et communiquer. La répartition de la pièce dâun groupe en différents espaces fonctionnels permet à lâenfant dâavoir un meilleur aperçu de celle-ci. Le mobilier ainsi que les lavabos et les toilettes sont adaptés à la taille des enfants, de sorte quâils puissent les utiliser de manière autonome. Lâatmosphère de la pièce est lumineuse et conviviale, les sols sont doux et chauds, les exigences en matière de sécurité et dâhygiène sont respectées. Tapis, coussins, rideaux, jouets doux contribuent à créer un espace douillet dans lequel les enfants se sentent protégés. Les lits à barreaux ou les matelas se trouvent dans un espace calme ou dans une pièce séparée. Des surfaces généreuses, tant à lâintérieur quâà lâextérieur, ainsi que la mise à disposition de matériel spécialisé incitent les enfants à sâengager dans des activités de motricité globale (marcher à quatre pattes, courir, monter les escaliers, grimper et se balancer, â¦). Lâespace prévu pour les repas peut faire partie de la salle du groupe, mais il est préférable quâil se trouve dans une pièce séparée. Les repas sont pris en petits groupes. à lâextérieur, lâaménagement de différents types de sols permet aux enfants de sâengager dans diverses activités de motricité globale et dâexpériences sensorielles. Lâespace est protégé du vent et partiellement du soleil et satisfait aux dispositions de sécurité en vigueur. (106) Matériel de jeu et dâapprentissage Un aménagement diversifié et motivant des espaces fonctionnels à lâaide de jeux et matériaux naturels structurés et non structurés stimule les processus de jeu et dâapprentissage créatifs et de recherche. Les matériaux servent au développement des enfants et sont librement accessibles. Ils sont rangés de telle manière à ce quâils soient accessibles aux enfants et en bon état. Une décoration des murs appropriée aux enfants à lâaide dâimages ou de photos faisant référence à lâactualité favorise également les processus éducatifs. (107) La diversité culturelle et ethnique des enfants se reflète également dans les matériaux de jeu et dâapprentissage. (108) Les éléments pouvant être facilement réorganisés (escaliers, échelles, marches et différents niveaux dans la pièce) permettent aux enfants de sâengager dans de nombreuses activités motrices et dâadopter de nouvelles perspectives. Un espace, par exemple un atelier pour enfants, est consacré aux travaux créatifs ; (109) les jouets sonores et les instruments sont particulièrement utiles pour stimuler les sens. Dâautres espaces invitent de par leur aménagement aux jeux de rôle et de construction. Un espace réservé aux livres, ou une bibliothèque pour enfants librement accessible contenant de nombreux livres et médias, est aménagé de façon conviviale. La disposition de lâespace, par exemple à un niveau supérieur, permet aux enfants de se retirer à leur gré pour se plonger dans leurs livres dâimages ou les médias acoustiques. Lâeau et le sable sont des matériaux naturels indispensables, car ils stimulent les sens et invitent à la création et à lâexpérimentation. Les enfants y ont donc accès tant à lâintérieur quâà lâextérieur. Lâespace extérieur est équipé dâappareils fixes et de matériaux mobiles, tels que des murs dâescalade, des toboggans, des troncs dâarbre pour exercer leur équilibre, des véhicules et des ballons. Les niches et les recoins dans lesquels les enfants peuvent se cacher, ainsi que les buissons et cavernes où ils peuvent se dérober au regard des adultes stimulent leur imagination et leur procurent un sentiment de liberté. (90) Organisation de la journée Lâorganisation de la journée au sein des institutions de lâéducation non formelle pour les tout-petits et les enfants en bas âge se caractérise par des horaires fixes qui favorisent lâétablissement de routines et de rituels familiers. Ceux-ci permettent aux enfants de sâorienter et de se sentir en sécurité et stimulent le développement de la notion du temps. Dans le même temps, il est indispensable, particulièrement pour cette tranche dââge, de tenir compte de manière flexible du rythme biologique et des besoins dâattention, de communication, de jeu, de mouvement ou de détente, entre autres, que peuvent manifester les enfants de manière spontanée. Pour les nourrissons et les tout-petits, lâorganisation de la journée sâadapte prioritairement à leur rythme individuel, par exemple à leurs heures de repas, de soins et de sieste. Pour les enfants en bas âge aussi, le rythme journalier individuel est primordial dans lâorganisation des situations de groupe et du quotidien. Les soins, les changements de couche ainsi que les phases de repos sont aménagés de manière individuelle en réduisant au maximum les temps dâattente. Lâorganisation de la journée se caractérise par de longs créneaux qui permettent aux enfants de vivre et dâassimiler à leur propre rythme le changement entre les activités et les processus routiniers, câest-à -dire entre les phases plus calmes et plus actives. (111) Les pédagogues verbalisent les différentes étapes de la journée et annoncent les activités prévues. (112) Environnement (dâapprentissage) social Dès les premières années de leur vie, les enfants sont des partenaires dâinteraction socialement compétents qui engrangent dâimportantes expériences dâéducation et de développement en jouant avec les autres. (113) Les connaissances et compétences peuvent donc être vues comme le fruit dâinteractions sociales et de lâassimilation cognitive de celles-ci. (114) Dès leur plus jeune âge, les enfants utilisent le groupe comme environnement dâapprentissage social. Ils apprennent notamment en imitant les pédagogues et leurs pairs dans les situations quotidiennes et via des formes dâimitation ludiques. En jouant en groupe avec les enfants de leur âge, les enfants sont en permanence encouragés à tester et faire accepter leurs idées, à les adapter à dâautres propositions ou à faire des compromis. Ce faisant, les enfants acquièrent non seulement de nombreux comportements pro-sociaux, mais ils apprennent aussi à évaluer leurs propres compétences de manière réaliste. Les pédagogues doivent accompagner avec sensibilité la création de relations entre les tout-petits et les enfants en bas âge en concevant activement le cadre de lâapprentissage social. Ce cadre sâappuie sur une observation générale et sur les notes relatives au développement de chaque enfant et est favorisé par un partenariat éducatif de confiance avec les parents. â II.4° CHAMPS DâACTION DE LâÃDUCATION NON FORMELLE â II.4°1 Ãmotions et relations sociales En interagissant avec leur environnement socioculturel, les enfants développent de la confiance (en soi) et de lâassurance, qui deviennent des éléments à part entière de leur identité. Grâce à leurs expériences autonomes avec chacun de leurs sens et à leurs échanges avec leurs personnes de référence, ils se façonnent une image intérieure dâeux-mêmes, de leurs envies et de leurs capacités croissantes. Ce faisant, les enfants acquièrent la notion de leurs ressources et obtiennent une image positive dâeux-mêmes. (115) Dès la naissance, les enfants disposent de capacités émotionnelles et sociales, quâils utilisent activement pour développer leurs relations et mettre en place leurs interactions. Les expériences précoces en matière dâattachement influencent durablement la structure du comportement et de la personnalité de lâenfant. Elles déterminent le développement des compétences des jeunes enfants et peuvent avoir un effet stimulant ou inhibiteur. (116) Pouvoir avoir recours à des facteurs de protection dans son environnement immédiat est indispensable au déroulement des processus dâadaptation et de développement de lâenfant. Des liens stables dans lâenvironnement social sont essentiels au développement de la faculté de résilience dans des situations émotionnellement éprouvantes. (117) Ãmotion et interaction Dès la naissance, tous les enfants disposent dâun répertoire dâémotions primaires, telles que la joie, la colère, lâintérêt, la tristesse, la surprise, la peur et le dégoût. Vers 2 ans, des émotions secondaires viennent sâajouter à ces émotions de base, par exemple la fierté, la honte, la culpabilité, la jalousie, lâembarras et la compassion. (118) Les actions des jeunes enfants sont majoritairement dictées par leurs émotions. En grandissant et moyennant lâaccompagnement compréhensif de ses personnes de référence, lâenfant parvient progressivement à accepter ses sentiments comme une partie de lui-même, à les contrôler en partie et à les réguler dans ses rapports avec les autres. Dans une phase importante du développement du moi, les enfants traversent un processus dâindividualité lors duquel ils manifestent du rejet et de lâentêtement, y compris à lâégard de leurs personnes de référence. (119) Lorsquâils comprennent que leurs efforts dâautonomie sont pris au sérieux, ils se voient eux-mêmes comme des personnes indépendantes avec leur volonté propre et apprennent ainsi à faire confiance à leurs sentiments. Parmi les principales tâches de développement figure également le fait dâengager des relations avec autrui et de trouver sa place dans lâenvironnement social des enfants du même âge. Lâinteraction avec les pairs représente donc un environnement dâapprentissage ludique de premier plan qui favorise le développement des compétences sociales. Dès leur plus jeune âge, les enfants manifestent de lâintérêt pour les enfants de leur âge, en tant que partenaires dâinteractions. Les enfants se comprennent de manière ludique en utilisant un large éventail de formes dâexpression mimiques et gestuelles. Ils imitent également le comportement des autres. (120) Ils utilisent des objets comme stratégie sociale afin dâengager des contacts de façon amicale ; néanmoins, ils ont aussi recours à lâagression physique dans le but de sâaffirmer ou dâobtenir quelque chose. (121) Ils font par ailleurs leurs premières expériences linguistiques, la langue représentant un moyen de communication important et stimulant. Sexualité La sexualité fait partie intégrante de la personnalité dâun individu. Lâidentité sexuelle est étroitement liée au développement physique et émotionnel de lâenfant. Dès sa naissance, lâenfant appréhende son propre corps et ses propres besoins de manière ludique, spontanée, curieuse et décomplexée ; ce rapport avec le corps se fonde sur une interaction entre lâindividualité de lâenfant et ses modèles au sein de la famille et de la société. La découverte de son corps avec chacun de ses sens est un facteur essentiel au développement de lâidentité du moi et de lâautonomie. (122) Ce faisant, les enfants éprouvent des sensations de sensualité, dâapaisement et de détente. Soigner le bébé de manière respectueuse, par exemple en le massant ou en lui appliquant délicatement une crème, permet à lâenfant dâacquérir une image positive de son corps. à mesure que son intérêt pour les différentes caractéristiques sexuelles croît, lâenfant apprend à faire la distinction entre les deux sexes et sâidentifie lui-même consciemment en tant que fille ou garçon. Cette identification par rapport à un sexe est indispensable pour que lâenfant évolue en un individu apte à aimer et à construire des relations. (123) Culture de conflit constructive Dès leur plus jeune âge, les enfants portent de lâintérêt aux interactions avec les enfants de leur âge. La communication entre pairs peut prêter à des malentendus et à des conflits, mais elle offre aussi la possibilité de développer des capacités propices à lâéchange social, de définir des règles et de faire des compromis. (124) En jouant aussi, les enfants apprennent que les jouets peuvent avoir une importance variable pour chacun et ils intègrent cette perception dans leur propre représentation du monde. Pour quâil assimile la capacité à gérer les conflits, il est fondamental que lâenfant soit confronté à des différends dans le cadre desquels il a la possibilité dâintervenir activement. (90) Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Les espaces de retrait permettent aux enfants de jouer sans être dérangés, quâils soient seuls, à deux ou en petit groupe. ⢠Des éléments dâaménagement permettant dâinstaller une atmosphère agréable soutiennent les phases de détente et favorisent la sensation de bien-être (par ex. : matelas, coussins et couvertures, peluches). ⢠Le matériel et le mobilier servant à renforcer lâidentité du moi aident les enfants à se percevoir en tant que personnalité autonome (par ex. : tiroir personnel, portefeuille de développement, photos de famille, miroir). ⢠Le matériel sensoriel permet aux enfants dâavoir une perception de leur corps et de tenter de nouvelles expériences (par ex. : jouets de préhension, pataugeoire, mousse, peinture pour le corps). ⢠Les possibilités de mouvement et le matériel permettant dâexprimer ses émotions (par ex. : jouet en tissu, coussin de colère, instruments, livres dâimages) aident lâenfant dans le processus de perception (de son corps) et dâanalyse de ses sentiments. ⢠Le matériel servant aux jeux de groupe permet dâétablir le contact au sein dâun groupe de pairs et favorise la coopération (par ex. : matériel pour jeux de rôle, matériel de construction, parachute). ⢠Les accessoires permettant de sâamuser et de rire stimulent lâhumour et le bien-être au sein du groupe (par ex. : nez de clown, marionnettes). ⢠Les fêtes favorisent le sentiment de communauté et permettent de vivre et dâexprimer diverses émotions (par ex. : joie, enthousiasme, amusement). â II.4°2 Valeurs, participation et démocratie Pour aménager son parcours de vie de manière responsable, parvenir à cohabiter au sein dâune communauté et contribuer au façonnement de son environnement, lâêtre humain a besoin de valeurs et de les partager. (126) Les institutions de lâéducation non formelle constituent une partie de la société et à ce titre, elles permettent aux enfants de vivre leurs premières expériences de cohabitation au sein dâun groupe hétérogène. Les pédagogues aident les enfants à développer un système de valeurs fondamental qui leur permet de trouver leurs marques dans un monde complexe. (127) La découverte de sa volonté propre et les aspirations à lâautonomie qui y sont souvent liées représentent un défi particulier pour les enfants en bas âge. Ce sont les expériences vécues lors de cette phase de développement qui détermineront si et comment lâenfant parviendra à sâintégrer dans les processus de groupe, reconnaîtra à tout un chacun le droit dâintervenir et de participer et revendiquera ce droit. Les adultes qui permettent aux enfants de vivre ce genre dâexpériences et de construire des relations stables au moyen dâune réflexion sur eux-mêmes transmettent à ces derniers la continuité et le cadre dont ils ont besoin pour développer leur capacité à participer. Valeurs et normes Les enfants réussiront plus facilement à consolider leurs normes et valeurs sociétales et leurs compétences sociales en suivant lâexemple des adultes et en vivant dans différentes communautés. Dès la petite enfance, les filles et garçons assimilent les valeurs et règles de leur environnement, par exemple la façon de se dire bonjour, de demander, de remercier ou le fait dâêtre prévenant à lâégard des personnes, des animaux et des choses. Les jeunes enfants acquièrent ces valeurs et normes sans y porter de regard critique, mais en grandissant, ils les remettent régulièrement en question et sâinterrogent sur leur admissibilité et leur pertinence. Il est donc important que les règles soient adaptées à lââge et à la situation, mais aussi quâelles soient compréhensibles et concevables pour les enfants. Par ailleurs, les enfants sont davantage enclins à accepter et à respecter les règles lorsquâils peuvent participer à la prise de décisions. (129) Participation et démocratie Ce sont essentiellement les valeurs conditionnées par la société, les conditions structurelles et les opinions personnelles des adultes de référence qui détermineront si oui ou non lâattitude coopérative dâun enfant pourra évoluer en véritable participation démocratique. Pour que lâenfant puisse sâépanouir en un individu conscient de son caractère unique, il est indispensable que les personnes de son entourage reconnaissent sa participation comme un principe fondamental et lâappliquent au quotidien. Lâattitude participative doit être intégrée dans le quotidien et les enfants doivent pouvoir lâobserver et lâexpérimenter, par exemple lors du réaménagement dâun espace ou dâun échange de matériel. Les pédagogues sont chargés de permettre à tous les enfants, dans la mesure du possible, de tester les expériences adaptées à leur âge, qui garantissent la transparence et la traçabilité des processus participatifs. Cela signifie par exemple percevoir et verbaliser les souhaits et les besoins de chaque enfant, impliquer tous les enfants concernés dans les processus de décision, leur permettre dâavoir une influence et prendre au sérieux de manière égale les propositions et décisions de chacun. Cela nâest possible quâau moyen de relations solides et fiables avec des personnes de référence à qui ils font confiance et qui leur laissent suffisamment dâespace pour percevoir et exprimer leurs besoins de manière consciente et sans censure, surtout chez les très jeunes enfants. En grandissant, les enfants apprennent des termes et des formulations qui leur permettent de nommer, décrire et intégrer naturellement dans leur personnalité leurs envies et souhaits. Ils apprennent que leurs sensibilités propres sont importantes et que chaque individu a le droit dâavoir ses propres sentiments, besoins et souhaits et une façon appropriée de les gérer. Les pédagogues disposent des compétences linguistiques nécessaires pour aider les enfants à formuler leurs désirs. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement de lâespace permet aux plus jeunes de choisir et utiliser de manière autonome le matériel dâapprentissage et de jeu (par ex. : étagères ouvertes, casiers et tiroirs à hauteur des yeux des enfants, suffisamment de surfaces de jeu). ⢠Les tout-petits et les enfants en bas âge sont encouragés à observer les autres enfants et à sâinvestir de temps à autre dans leurs actions (par ex. : estrades ou deuxième niveau comme lieu dâobservation ; suffisamment de matériel intéressant pour tous les groupes dââge). ⢠Lâorganisation de la journée obéit à des règles concises, simples et claires qui constituent le fondement de la cohabitation au sein du groupe. Ces règles sont également disponibles par écrit pour les adultes (en plusieurs langues), dans la salle du groupe ou dans le vestiaire. ⢠Du matériel diversifié permettant dâacquérir et consolider les compétences de négociation et de résolution des conflits se trouve à disposition (par ex. : déguisements et accessoires pour jeux de rôle, jeux de coopération, livres dâimages et autres médias). â II.4°3 Langue, communication et médias La langue, principal moyen de communication de lâhomme et spécifique à ce dernier, lui permet dâexprimer ses besoins, ses émotions et ses réflexions, mais aussi dâorganiser ses relations sociales, traiter des informations et acquérir du savoir. Le développement de la langue est ainsi étroitement lié au développement cognitif. (129) Ainsi, une acquisition réussie de la langue est le fondement de lâapprentissage tout au long de la vie et de tout parcours éducatif individuel, particulièrement dans une société multilingue. Dans ce contexte, lâapprentissage continu des langues nationales et dâéducation luxembourgeoises 11 , accompagné dâun respect pour la/les langue(s) familiale(s) de lâenfant, représente une mission importante dans les institutions dâéducation non formelle. Lâéducation plurilingue continue est une mission transversale dans les institutions de lâéducation non formelle. Elle couvre lâensemble des interactions, activités quotidiennes et programmes dâapprentissage. Un dialogue attentif entre adultes et enfants est indispensable pour reconnaître les besoins et intérêts individuels des enfants et pour favoriser pleinement leur développement linguistique. Les différents acquis linguistiques des enfants constituent une ressource précieuse sur laquelle toutes les autres expériences linguistiques peuvent être construites. Des impressions sensorielles différenciées ainsi que des contextes variés et significatifs dans lesquels les actions linguistiques des enfants sont défiées, accompagnées et soutenues de manière authentique et ludique sont dâautres éléments indispensables de lâéducation linguistique. (130) Acquisition des langues et communication La capacité à acquérir et à développer une langue est dâorigine génétique. Lâacquisition de plusieurs langues dans la petite enfance se fait également dans une large mesure de manière implicite et inconsciente, tant quâelle est encouragée par un environnement dâapprentissage et de vie favorable. (131) Même si les enfants sont activement impliqués dans leur processus dâapprentissage, ce nâest que lorsquâils bénéficient de lâattention émotionnelle et linguistique de leurs personnes de confiance et du modèle linguistique de celles-ci que les enfants parviennent à acquérir des langues. Les références sociales ainsi que lâintégration de stimulations linguistiques dans des contextes dâaction concrets sont des expériences importantes, surtout pour les enfants qui nâen sont quâaux prémices de lâacquisition dâune ou de plusieurs langues. Les situations du quotidien et les tâches répétitives permettant de vivre des expériences sensorielles diversifiées et de bénéficier de la pleine attention des adultes sont lâoccasion dâavoir un contact intensif avec les langues (par ex. : repas, soins du corps, jeux de doigts et comptines à mimer). Les aspects non verbaux et para verbaux de la communication, tels que le langage corporel, lâintonation ou le contact visuel, explicitent les contenus parlés, favorisent la compréhension de la langue et facilitent lâacquisition des langues. (132) En outre, les pédagogues aident les enfants à apprendre les langues en leur apportant des soutiens linguistiques ciblés (par exemple à travers la parole qui accompagne lâaction, en posant des questions ouvertes, en complétant et en élargissant les propos des enfants ou en leur donnant un feedback correctif). Le contact naturel et riche avec les langues nationales du Luxembourg dans des situations revêtant une importance pour les enfants est étendu à lâaide dâoffres linguistiques ciblées (par exemple, lire des histoires à voix haute et en discuter, parler en rimes ou chanter des chansons). (133) Les pédagogues qui parlent eux-mêmes plusieurs langues et qui les utilisent de manière flexible et adéquate en fonction des situations peuvent soutenir les enfants dans lâacquisition des langues et dans leur comportement linguistique grâce au modèle quâils représentent sur le plan du langage et de la communication. Pour ce faire, les pédagogues doivent constamment remettre en question leur propre utilisation de la langue et leur comportement de communication dans le but de les améliorer. (134) Il est essentiel que les pédagogues soient prêts à reconnaître plusieurs langues comme moyen de communication à un niveau égal, tant au quotidien que dans le cadre dâoffres éducatives planifiées. Il convient notamment de souligner la coopération respectueuse entre pédagogues et parents, ainsi que la reconnaissance et la promotion de la/des langue(s) parlée(s) à la maison, ces facteurs ayant une influence considérable sur lâestime de soi et le développement identitaire des enfants. (135) Lâacquisition de nouvelles langues est également soutenue et complétée par une (des) langue(s) familiale(s) bien développée(s). Lors de lâacquisition de plusieurs langues, le mélange et lâalternance dynamiques des langues sont tout à fait normal et naturel. Par conséquent, cette utilisation flexible des langues ne doit en aucun cas être considérée comme des lacunes linguistiques, mais plutôt comme des pratiques linguistiques complexes et quotidiennes dâenfants qui grandissent dans une société hétérogène et multilingue. Lâutilisation naturelle de plusieurs langues au cours de la croissance est une ressource importante et, en même temps, une condition sine qua non pour suivre des processus éducatifs au Luxembourg, particulièrement dans les schémas non formels. Un contact précoce avec la diversité linguistique et culturelle au sein dâun environnement pédagogique consciemment organisé est le fondement dâune cohabitation réussie dans une société pluraliste. Littératie et médias La littératie précoce englobe lâensemble des compétences des enfants dans leur rapport avec les livres, les histoires et lâécriture, y compris avant lâapprentissage à proprement parler de la lecture et de lâécriture. (136) Parmi les expériences précoces de littératie figurent par exemple les jeux de doigts et les jeux linguistiques simples, les premiers griffonnages des enfants, les histoires contées avant dâaller se coucher ou encore la découverte des livres dâimages et des symboles. Lâaccès régulier et encadré par des pédagogues à des livres (dâimages) diversifiés en plusieurs langues offre notamment aux jeunes enfants des chances indéniables pour leur parcours éducatif. En complément, les offres médiatiques axées sur le développement, telles que les histoires à écouter, les lectures dâun livre dâimages avec projection dâimages sur le mur ou les courts métrages, constituent le fondement de lâacquisition de la compétence médiatique. Les expériences précoces et diversifiées de littératie sont essentielles à une éducation linguistique intégrale et favorisent le processus dâacquisition de la langue écrite sur le long terme. Elles revêtent donc une importance de premier plan, surtout pour les enfants qui grandissent dans un environnement dans lequel ils ne reçoivent que peu de stimulations linguistiques ou ne peuvent vivre que peu dâexpériences avec les livres, les histoires et lâécriture. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement des espaces intérieurs et extérieurs permet de sâattarder, de sâasseoir en groupe et dâavoir des discussions tranquilles (par ex. : niches et estrades, sièges confortables pour les enfants et les adultes, espaces de retrait). ⢠Lâorganisation variable des espaces éveille lâattention des enfants, les incite à sâétonner et à se poser des questions et ouvre des possibilités linguistiques (par ex. : nouvelles images, objets inconnus). ⢠Un matériel diversifié qui incite à parler et à communiquer est accessible dans tous les espaces de lâinstitution (par ex. : matériel sensoriel, objets de tous les jours à manipuler seul, matériel de jeux de rôles, téléphone, marionnettes à doigt et à gaine). ⢠La diversité linguistique et culturelle se reflète dans lâéquipement et lâaménagement de la pièce (par ex. : livres en différentes langues et écritures, accessoires pour se déguiser et pour jouer en famille, images et musiques provenant de différentes cultures, affiches et informations multilingues pour les parents). ⢠Des livres (dâimages) et des médias à écouter portant sur différents sujets et permettant de développer les sens internes, tels lâattention, lâimagination et la mémoire, se trouvent à disposition tant dans un espace de lecture accueillant que dans dâautres espaces de la salle du groupe (par ex. : espace pour jeux de société, espace douillet). ⢠Le matériel permet de vivre diverses expériences de littératie (par ex. : lettres et écritures, chiffres et symboles dans la salle du groupe, instruments dâécriture et de dessin, magazines). Un équipement de bureau simple incite à découvrir et à expérimenter. â II.4°4 Esthétique, créativité et art Lâenfant sâapproprie le monde en sâappuyant sur lâensemble de ses impressions sensorielles et sur leur interprétation créative individuelle. La curiosité et le plaisir de créer ainsi que lâencouragement des adultes motivent les enfants à faire de nouvelles découvertes et à tester de nouvelles formes dâexpression. Ces expériences contribuent non seulement au développement de la créativité et de la capacité dâexpression de lâenfant, mais elles ont aussi une influence considérable sur la différenciation des compétences cognitives et émotionnelles. Créativité et esthétique La créativité est vue comme la capacité à trouver de nouvelles solutions dans les domaines les plus divers, de manière individuelle ou objective. (137) Le jeu et la création stimulent la créativité de lâenfant ainsi que sa capacité à adopter une pensée divergente et, par là même, la compétence de résolution de problèmes. Les performances créatives et la reconnaissance de celles-ci procurent joie et satisfaction aux enfants. Ces sensations et expériences les motivent à relever délibérément de nouveaux défis. Lâesthétique englobe toutes les expériences sensorielles et la manière dont elles sont évaluées par lâenfant lui-même et par la société. Lâenfant a notamment besoin dâaccumuler des impressions sensorielles diversifiées pour faire naître dans son esprit des images internes quâil exprime de manière individuelle et créative. Les institutions de lâéducation non formelle permettent aux enfants de vivre des expériences sensorielles multiples et stimulent lâenvie de créer et la créativité des enfants. Ce faisant, elles aident les enfants à sâapproprier leur environnement. Un environnement consciemment organisé de manière esthétique joue un rôle de modèle ; il favorise le bien-être et fait en sorte que tous les participants se sentent pris en considération et respectés. Formes dâexpression créatives et expérimentation de lâart Les processus créatifs et les formes dâexpression artistiques contribuent au développement et à la différenciation du répertoire dâimages interne. Ils rendent les enfants aptes à reproduire et à communiquer leurs perceptions et sensations de diverses manières. Toute nouvelle forme dâexpression est en même temps une nouvelle possibilité de se confronter de manière fantaisiste à son environnement. Les discussions portant sur les processus créatifs et leurs résultats favorisent surtout les compétences socio-communicatives ainsi que la compétence méthodologique. La conception créative propre incite en même temps les enfants à se confronter aux produits artistiques et à des cultures qui leur sont inconnues. Les contacts précoces des enfants avec lâart, dès lors quâils sont minutieusement accompagnés, élargissent la gamme dâexpériences esthétiques et de possibilités dâexpression des enfants. Des pièces consciemment préparées et du matériel variable, du temps en suffisance et une attention particulière permettent aux enfants de découvrir et dâexpérimenter de nombreuses formes dâexpression créatives et artistiques. (138) Les arts visuels et le modelage ouvrent aux enfants de nombreuses expériences sensorielles et leur permettent de reproduire leurs images intérieures. La manipulation libre et ludique de matériel et dâoutils très diversifiés favorise le développement de la motricité fine et de la coordination entre les yeux et les mains, ainsi que lâacquisition de compétences techniques. La musique, la danse et le rythme sont des formes dâexpression élémentaires qui sont à la fois extrêmement attrayantes pour les enfants de tout âge et à tout stade de développement et largement indépendantes de la langue. La musique transmet de multiples impressions sensorielles et permet de vivre des expériences émotionnelles différenciées. En chantant, en jouant de la musique et en dansant ensemble, les enfants apprennent non seulement à affiner leur ouïe et à améliorer leur coordination, mais aussi à activer de larges zones de leur cerveau. (139) Le développement cognitif est ainsi lui aussi stimulé. Lâart de la scène permet aux enfants dâendosser les rôles les plus divers et de recourir de manière fantaisiste à diverses formes dâexpression et accessoires. Lâutilisation de leur propre voix, qui constitue un élément dâexpression unique, élargit leurs horizons personnels. La possibilité dâessayer différentes langues et de les utiliser de manière créative contribue de manière ludique à la différenciation du répertoire linguistique propre. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Les espaces intérieurs et extérieurs sont consciemment organisés de manière esthétique (par ex. : sélection de couleurs et de matériaux, sources de lumière, « illustration » dâéléments issus de différents styles et cultures). ⢠Tant lâespace intérieur quâextérieur permet de réaliser des activités créatives et artistiques en toute tranquillité (par ex. : grandes surfaces au mur et au sol libres, surfaces faciles à nettoyer, emplacements protégés des intempéries à lâextérieur). ⢠Des dispositifs permettant de réaliser et rassembler des produits créatifs sont à disposition (par ex. : cordes à linge, casiers servant à faire sécher de grandes peintures, pièces connexes où ranger les travaux non achevés). ⢠Les travaux des enfants peuvent être présentés en tout endroit de lâinstitution (par ex. : panneaux dâaffichage, cadres, surfaces de rangement et vitrines dans le couloir, tableaux muraux réglables). ⢠Du matériel structuré et non structuré doté de différentes propriétés se trouve à la disposition des enfants, qui peuvent sâen servir de manière autonome (par ex. : papier, tissu, bois, couleurs, pinceaux, argile, matériaux naturels comme le sable, les pierres, les coquillages, les plumes). ⢠Des déguisements et accessoires se prêtant aux jeux de rôle et au théâtre sont accessibles aux enfants (par ex. : vêtements, foulards, bandeaux, chapeaux ; marionnettes ; coulisses simples, rideau de théâtre). ⢠Les instruments sonores et de musique, les CD et DVD comportant différents morceaux de musique, les sons et bruits peuvent être librement utilisés. ⢠La présentation dâÅuvres dâart individuelles (par ex. : tableaux ou sculptures dâartistes connus) incite à observer de manière approfondie (par ex. : sièges confortables ou coussins devant les Åuvres ; albums illustrés, catalogues, reproductions). â II.4°5 Mouvement, conscience corporelle et santé La santé se définit comme un concept positif qui met en avant lâimportance des ressources sociales et individuelles ainsi que des capacités physiques. (140) Une attention particulière portée à son propre corps et le sentiment rassurant dâêtre accepté sont des conditions essentielles à la santé et au bien-être des enfants en bas âge. En faisant preuve de considération pour les compétences des enfants et en les promouvant, les institutions de lâéducation non formelle renforcent les facteurs de résilience tels que la compétence sociale, la gestion du stress et lâauto-efficacité. (141) Des liens stables et de confiance ainsi que le fait dâencourager lâenvie de découverte des enfants jouent à cet égard un rôle fondamental. En adoptant un comportement qui tient compte des aspects dâhygiène de vie, les pédagogues permettent par ailleurs aux enfants de sâorienter et leur donnent les impulsions nécessaires pour prêter attention à eux-mêmes et à leur environnement. Perception et mouvement Le mouvement est la première et la plus élémentaire forme dâexpression dans une vie. La différenciation du répertoire de mouvements est étroitement liée au développement de la perception, ceux-ci sâinfluençant mutuellement. En vivant des expériences motrices et sensorielles, les enfants sâouvrent lâaccès au monde et à eux-mêmes. (142) La combinaison de chacun de leurs sens et le lien entre les différentes impressions sensorielles (intégration sensorielle) (143) sont essentielles pour que lâenfant mène à bien son apprentissage moteur et cognitif. Dans les premières années de la vie, le corps se développe à une vitesse vertigineuse. Dans le même temps, le désir dâautonomie et dâindépendance par rapport aux personnes de référence adultes ne cesse de croître. Un environnement bien préparé crée suffisamment dâespace pour que lâenfant puisse expérimenter et élargir ses capacités nouvellement acquises sans danger, à son propre rythme. (144) Ce faisant, les enfants entraînent non seulement leurs muscles, leur coordination, leur souplesse et leur endurance, mais ils développent aussi leur propre représentation du corps en tant quâélément de la représentation de soi, ainsi que la capacité à sâorienter dans lâespace. En vivant diverses expériences physiques autonomes, les enfants acquièrent de la confiance en soi et se façonnent des compétences sociales ainsi que leurs premières connaissances du monde. (145) Dans le même temps, ils ont besoin de la présence attentive des pédagogues, qui les encouragent lors de leurs essais, les soutiennent en cas de besoin et leur proposent des activités physiques ciblées. Santé et bien-être Le bien-être signifie que lâon se sent en harmonie avec son corps. Les enfants qui savent et sentent ce qui fait du bien à leur corps et ce qui lui nuit et qui peuvent exprimer leurs sensations de manière adéquate sont également mieux à même de reconnaître leurs limites et de relever les défis. Une bonne conscience corporelle influence le développement de la perception de soi et des autres, de la confiance en soi et de lâempathie. Pour que les tout-petits et enfants en bas âge aient une perception positive de leur corps et aient confiance en eux dans leur environnement, il est indispensable quâils vivent de nombreuses expériences positives avec leur propre corps, mais aussi quâils obtiennent une réponse sensible à leurs besoins physiques. Les contacts physiques avec les enfants, notamment lors des soins et des activités routinières, sont attentifs et respectueux et sont exploités à des fins de développement relationnel et dâéducation. Lâattention quâils accordent à leur propre corps permet aux enfants de développer une certaine responsabilité par rapport à leur santé physique et psychique. Les pédagogues soutiennent ce processus en octroyant aux enfants de plus en plus dâautodétermination, notamment par rapport à leurs besoins physiques, et en les habilitant ainsi à renforcer leur santé. (146) Dans le cadre dâune éducation intégrale de la santé, les pédagogues mettent prioritairement en Åuvre des concepts de promotion de la santé, quâils complètent toutefois à lâaide de mesures de prévention, telles que des explications sur la manière de prévenir les maladies et accidents. Repas et habitudes alimentaires Les repas sont des points fixes sociaux importants dans une journée, qui permettent aux enfants de sâéchanger avec leurs camarades. Dans une atmosphère détendue, les enfants se sentent en sécurité, mais ces repas en commun leur procurent également de la joie et du plaisir. Les pédagogues mangent avec les enfants et initient ou accompagnent les conversations à table dans les différentes langues. Ils sâadressent aux enfants en leur témoignant de lâattention. Une alimentation équilibrée est à la base dâun développement sain. Les repas adaptés aux enfants offrent par ailleurs lâoccasion de vivre de nombreuses expériences sensorielles et éveillent lâappétit. Les repas sont préparés en fonction de la tradition gastronomique du pays et de la diversité culturelle des familles. (147) Les repas font partie intégrante dâune culture alimentaire complète, qui comprend entre autres lâesthétique des salles de repas, mais aussi des rituels familiers et des règles convenues ensemble. En respectant les besoins des enfants, tels que la faim, la saturation, le rythme et les habitudes alimentaires ainsi que les discussions autonomes à table, les pédagogues leur offrent lâespace nécessaire pour prendre leurs propres décisions et favorisent leur autonomie. Ils peuvent ainsi déterminer eux-mêmes la sélection des plats et la taille des portions. Ils sont impliqués dans lâorganisation de la table et, en fonction des possibilités, dans la préparation des repas. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement harmonieux de lâinstitution favorise le bien-être physique et psychique (par ex. : couleurs, acoustique, éclairage, notamment en tenant compte de la lumière du jour). ⢠Un terrain intérieur et extérieur diversifié permet aux enfants de vivre de multiples expériences physiques et dâadopter dâautres perspectives (par ex. : ballons, toboggans, balançoires, véhicules, estrades, fossés). ⢠Les espaces de retrait leur permettent de se relaxer, dâévacuer leur stress et de se protéger dâun niveau de bruit trop important (par ex. : niches, haies, niveaux surélevés, cavernes). ⢠Un espace de coussins invite à jouer, construire, se cacher et bouger (par ex. : coussins, matelas, couvertures, ballons en tissu, blocs en polystyrène, boîtes). ⢠De petites tables pouvant accueillir de quatre à six enfants veillent à installer une atmosphère agréable pendant les repas. ⢠Lâutilisation de vaisselle et couverts solides, en porcelaine et en verre, dâune taille adaptée aux enfants leur permet de couper leur nourriture et manger de manière autonome, apportant ainsi une contribution essentielle à la culture alimentaire. â II.4°6 Sciences et technique Dès leur naissance, les enfants manifestent un intérêt spontané pour leur environnement et lâexplorent avec une motivation intrinsèque, par le jeu et la recherche. (148) Dès les premiers mois de leur vie, les enfants ont la notion des quantités (49) et peuvent faire la distinction entre les objets animés et inanimés. (150) Leurs théories intuitives innées par rapport aux mathématiques, à la physique et à la biologie se développent et se modifient à mesure quâils acquièrent de lâexpérience et des connaissances. Lâapprentissage par la recherche permet aux enfants de découvrir les structures dâordre et les principes, ainsi que les liens de cause à effet. Ces processus de développement et dâapprentissage sont accompagnés par des pédagogues attentifs, qui manifestent eux-mêmes de la curiosité et lâenvie dâapprendre. Ils orientent lâattention des enfants sur des phénomènes mathématiques, naturels et techniques, verbalisent ces phénomènes de même que les processus dâexploration des enfants et cherchent des explications avec eux. Mathématiques La pensée mathématique permet aux enfants de sâouvrir au monde et de sâorienter dans celui-ci. (151) Lâéducation mathématique, qui est rattachée à lâenvironnement de vie et dâexpérience individuel de lâenfant, libère le potentiel de créativité tant de ce dernier que des adultes qui lâaccompagnent. Lâacquisition de capacités mathématiques (précoces) est notamment favorisée par des expériences sensorielles en bas âge et par des processus de perception complets. (152) En font notamment partie la sensation que lâenfant a de son propre corps et de la position de celui-ci dans lâespace, ainsi que lâexpérience de la distance, de la vitesse et de différentes perspectives. (153) Le fait dâexpérimenter les rythmes, par exemple dans lâorganisation de la journée, permet de développer une notion du temps fondamentale. En manipulant les matériaux naturels et du quotidien, les enfants engrangent des expériences basiques par rapport à la différence et au tri, à la construction de rangées ainsi quâaux chiffres et aux mesures. Ils étudient des formes (géométriques), des modèles, des structures et des symétries, font diverses expériences avec les quantités et les chiffres et comprennent que les termes et concepts mathématiques font partie intégrante du quotidien. (154) Si les enfants sont incités à décrire ces expériences avec leurs propres mots, mais aussi en utilisant les termes exacts, ils élargiront plus facilement leur vocabulaire individuel et développeront une première notion des mathématiques. Nature et écologie En se confrontant, par la recherche, à la nature animée et inanimée, les filles et garçons cherchent des réponses à leurs observations et aux questions qui en résultent. (155) Lâexploration et la recherche sont mues par la question du pourquoi et par lâenvie dâavoir accès au monde. La curiosité, lâétonnement et une observation attentive posent les bases des connaissances scientifiques. Ces expériences, qui étaient auparavant indépendantes de la langue, sont de plus en plus verbalisées et offrent aux enfants lâoccasion dâéchanger avec les autres enfants et les adultes, ainsi que dâélargir leurs compétences linguistiques individuelles. Le contact avec les animaux et les plantes, lâobservation du ciel, de la terre et des éléments naturels sont des fondements indispensables de la formation (pré-linguistique) de concepts et du développement de compétences scientifiques. Des expériences naturelles sensorielles directes permettent par ailleurs aux enfants de développer une conscience écologique, dâêtre attentifs à lâenvironnement et dâagir de manière durable. Câest ainsi quâils seront prêts à prendre des responsabilités et à assimiler le fait que lâêtre humain fait partie de la nature et du cosmos en général. Technique Très jeunes déjà , les enfants manifestent de lâintérêt pour les phénomènes et produits techniques et mécaniques. Les filles comme les garçons engrangent des expériences techniques de base en construisant, assemblant, séparant et modifiant les matériaux, en fabriquant des produits et en utilisant des outils. Les découvertes quâils font au cours de ces processus sont essentielles à lâacquisition dâune compréhension fondamentale des rapports et principes techniques. Un environnement bien préparé aide les enfants à développer leurs idées propres et à les mettre en Åuvre de manière méthodique. Le fait de donner aux enfants des consignes sur la façon de manipuler correctement les matériaux et des outils favorise lâacquisition de compétences techniques et les aide à adopter un comportement qui tient compte des aspects de sécurité. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement des espaces invite les garçons et filles à observer et à explorer. Ils offrent diverses possibilités pour rassembler et exposer des objets intéressants (par ex. : tables roulantes avec possibilité de rangement, coins fenêtre sécurisés, éléments de pièce flexibles). ⢠Les chiffres, signes, formes et symboles sont intégrés à lâaménagement de tous les espaces utilisés (par ex. : calendriers et horloges ; étiquetage des étagères à lâaide de symboles ; matériel simple pour calculer, par ex. : abaque, matériel Montessori). ⢠Les affiches, images, modèles et livres portant sur des sujets techniques, mathématiques et scientifiques et qui éveillent la curiosité des enfants sont régulièrement remplacés (par ex. : photos impressionnantes de constructions techniques, illustrations de phénomènes naturels particuliers). ⢠Les objets techniques du quotidien relevant de divers champs dâactivité incitent les enfants à tenter de nouvelles expériences (par ex. : outils simples, règles, balances, loupes, mégaphones, « yaourt phones »). ⢠Divers matériaux de construction, dâun degré de difficulté variable, se trouvent à disposition (par ex. : éléments de construction simples, jeux à encastrer simples, matériaux de construction plus complexes). ⢠Un atelier à lâéquipement diversifié permet aux enfants de découvrir différentes techniques artisanales (par ex. : marteaux, scies, foreuses, traitement de matériel structuré et non structuré). ⢠Un espace extérieur aménagé en tenant compte de la nature les aide à vivre intensément les différentes saisons et à être en contact direct avec la nature (par ex. : plates-bandes, nichoirs, hôtels à insectes, arbres à escalader, points panoramiques et dâobservation, cours dâeau, pierres pour sâasseoir et à escalader). â II.4°7 Transitions dans la petite enfance On entend par « transitions » des restructurations profondes de la vie de la personne, (156) qui « sont stockées sous la forme de souvenirs significatifs » ; (157) il faut compter parmi elles les transitions dans le domaine éducatif. Le parcours éducatif des enfants au Luxembourg est marqué depuis le début par de nombreuses transitions et changements dâinstitution. Pour les tout-petits en particulier, le passage de lâenvironnement familial auquel ils sont habitués à une institution éducative non formelle représente une importante tâche de déploiement qui sâaccompagne de multiples défis, mais aussi de nombreuses incitations au développement. (158) Au travers de la différenciation précoce entre institutions dâéducation non formelle et formelle et leurs environnements langagiers distincts, lâenfant est tenu dâaccomplir des tâches complexes dâadaptation et dâajustement entre ces différents systèmes et leurs conditions de fonctionnement. (159) Pour que ces transitions se déroulent de manière positive, une coopération centrée sur lâenfant et aux responsabilités partagées et délimitées sâimpose entre parents et personnel pédagogique, ainsi que, le cas échéant, entre diverses institutions éducatives. Forme particulière des premières transitions Les premières expériences transitionnelles de lâenfant ne sont pas seulement décisives pour son bien-être et son parcours éducatif ; elles déterminent également sa maîtrise des transitions à venir tout comme le développement de sa résilience individuelle. (160) Dans le cadre dâun accompagnement transitionnel centré sur lâenfant, le personnel pédagogique prend en compte, de façon sensible et adaptée, les besoins fondamentaux de lâenfant et fait droit à son besoin de sécurité et de structuration. (161) Le tout-petit en particulier a besoin dâune attention soutenue et dâune atmosphère de sécurité et de confiance, créée par des personnes de référence sur qui il sait pouvoir compter, de façon à pouvoir explorer son monde et sâouvrir à ce qui est nouveau. (162) Le fondement dâune relation stable entre accompagnant pédagogique et enfant est posé pendant les premiers moments à lâarrivée dans lâinstitution â un travail qui demande également lâimplication des parents. La recherche sur lâattachement montre que, dans cette interaction, un élément particulièrement déterminant est constitué par la qualité, la régularité et le contenu émotionnel positif de la relation entre lâenfant et ses personnes de référence. (163) Outre la maîtrise du passage du milieu familial à une institution dâéducation non formelle, lâenfant aura également à gérer des micro-transitions au quotidien (164) â câest-à -dire de petits changements dans la routine de la journée. Il sâagit par exemple des changements de lieux, dâactivités et de personnes au cours de la journée. Ces changements, qui nécessitent une grande transparence et une bonne lisibilité dans leur déroulement, exigent de lâenfant des réorientations et des adaptations constantes. (165) Afin de ménager un espace suffisant pour permettre le bien-être, un moindre stress (166) et la mise en place de relations de confiance, il faut que ces petits passages quotidiens soient soigneusement planifiés, mis en forme et adaptés ; cela exige en outre des accords clairs au sein de lâéquipe pédagogique ainsi quâavec les parents. (167) Intégration à  la structure dâéducation et dâaccueil Une intégration soigneusement préparée et individualisée, basée sur un concept de familiarisation objectivement et professionnellement fondé et fixé par écrit, constitue un critère de qualité décisif pour toute institution éducative accueillant des tout-petits. (168) Un accompagnement professionnel du passage de la famille à une institution se distingue notamment par un concept de familiarisation à phases successives, qui prévoit une prise de connaissance et un pré-accueil en compagnie des parents avant même lâentrée de lâenfant en structure dâéducation et dâaccueil ; ce moment permettra dâobtenir des informations sur le développement de lâenfant, ses habitudes ainsi que son parcours éducatif antérieur. Lâaccompagnement des parents, le besoin de personnes de référence, le besoin dâune séparation consciente en phase de familiarisation, (169) de même que la prise en compte dâexpériences transitionnelles variées, sont des éléments indispensables dâun concept de familiarisation de qualité. Pendant lâensemble de la phase de familiarisation, le personnel pédagogique veille à maintenir un équilibre entre les besoins du nouvel enfant arrivé et des autres enfants du groupe, tout en favorisant des activités communes afin que de nouveaux contacts puissent se créer dans une dynamique de groupe modifiée. Coopération avec les parents Une maîtrise réussie des transitions éducatives demande de nombreux efforts dâadaptation de la part de lâenfant, mais aussi du système familial tout entier. Une planification soigneuse et des consignes claires au sein de lâéquipe pédagogique assurent, pendant toute la durée de la phase de familiarisation, que lâenfant et ses parents puissent disposer de personnes de référence sur qui compter. Ce faisant, le personnel pédagogique tient compte du fait que les parents vivent ce passage dans un « double rôle », puisquâils auront dâune part à soutenir leur enfant, et dâautre part à maîtriser eux-mêmes de façon active les exigences de la transition. (170) Sur ce point, il sâavère particulièrement utile de mettre à profit les compétences linguistiques et culturelles générales du personnel pédagogique. Ce dernier accompagne le déroulement de lâintégration par des conversations informelles, des entretiens dâintégration et de développement, ainsi que par la mise à disposition de documentation et de sources dâinformation à lâintention des parents ; ce faisant, ils ont un rôle dâinterlocuteur empathique en cas de questions, dâincertitudes ou de préoccupations chez les parents. Coopération avec le personnel des institutions éducatives connexes Afin de garantir une bonne continuité des processus dâapprentissage et de développement de lâenfant (171) au long de son parcours transitionnel, il est important de mettre en place des structures de coopération et dâinformation fiables entre les équipes pédagogiques de la structure dâéducation et dâaccueil et des institutions éducatives ultérieures ou connexes. La continuité du trajet éducatif de lâenfant sera dâautant mieux assurée si les différents acteurs connaissent les concepts et cadres de référence pédagogiques, les offres et méthodes pédagogiques, les pratiques et le matériel avec lesquels lâenfant sâest déjà familiarisé. Suggestions pratiques Les exemples ci-après indiquent quelques manières dâétayer un accompagnement transitionnel de qualité dans la petite enfance : ⢠Le concept dâaction général comprend une description spécifique du concept de familiarisation. En outre, les parents ont à leur disposition des informations écrites en plusieurs langues du déroulement de la phase de familiarisation sous la forme dâétapes concrètes et vérifiables. ⢠Avant même lâentrée dans lâinstitution, lâenfant et ses parents ont la possibilité de découvrir le nouvel environnement de vie de lâenfant et de faire connaissance avec les futures personnes de référence (p.ex. séance dâintroduction de lâenfant avec son futur groupe, visite guidée des parents dans lâinstitution). ⢠La durée de la phase de familiarisation est planifiée en concertation avec les parents et flexible en fonction des besoins de lâenfant et des possibilités de la famille. ⢠Les objets transitionnels (p.ex. peluche, jouet, tissu) facilitent le changement de lâenvironnement familial à lâenvironnement de lâinstitution et ont un rôle de régulateur émotionnel. La maîtrise de la transition peut également être soutenue par la présence de photos des membres de la famille et la prise en compte dâhabitudes familiales (p.ex. dictons simples, comptines, rituels habituels lors des soins). ⢠Les routines de soins et les séquences quotidiennes sont dâabord effectuées par les parents, puis par la personne de référence en présence des parents. De cette manière, lâéducateur apprend à connaître les habitudes et les particularités de lâenfant, par exemple pour ce qui est du portage ou de la mise au lit ; lâenfant, de son côté, pourra développer une relation de confiance dans un cadre rassurant avec la personne de référence qui au départ lui est étrangère. ⢠Les rituels et les situations récurrentes dans le déroulé des journées permettent à lâenfant de mieux intérioriser les situations de son nouveau quotidien et dâêtre rassuré dans son nouvel environnement (p.ex. rituels dâhabillage/de déshabillage ; annonce préalable des repas et des soins, ceux-ci se déroulant toujours de la même manière ; signes dâau revoir comme rituel de séparation avec les parents). ⢠Le libre accès à des espaces « tranquilles » (p.ex. coin douillet, bibliothèque de livres dâimages, tapis avec objets souples, coussins, niches) permet à lâenfant en phase dâintégration de satisfaire ses besoins en matière de repos et de détente. ⢠Un accompagnement qui tient compte de la langue et de la culture des familles et du manque dâexpérience concernant les structures et institutions éducatives du Luxembourg permet un échange factuel, motivé et sans jugement de valeur sur les attentes de chacun, de façon à éviter les malentendus. Dans cette démarche, la notion dâéducation plurilingue ainsi que les référents pour lâéducation plurilingue sont des éléments de soutien et dâorientation pour le personnel éducatif. ⢠Pour le personnel pédagogique, les échanges professionnels, les visites réciproques, les formations continues ou cours de perfectionnement communs, ainsi quâune élaboration commune de lâoffre dâaccompagnement aux parents, contribuent à la continuité des expériences éducatives de lâenfant lors du passage du service dâéducation et dâaccueil pour jeunes enfants /de lâaccueil de jour vers la structure dâéducation et dâaccueil pour enfants scolarisés et lâécole. 93. Haug-Schnabel & Bensel (2010) 94. Van Dieken (2008) 95. Ahnert (2008a) 96. Ainsworth, Bell & Stayton (1974) 97. Remsperger (2011) 98. Fthenakis (2008) 99. Viernickel (2010) 100. Viernickel (2010) 101. Wagner (2010b) 102. Bäck, Hajszan & Bayer-Chisté (2008) 103. Fürstaller, Funder & Datler (2012) 104. Griebel & Niesel (2004) 105. Schronen & Achten (2011, p. 36) 106. Tietze, Bolz, Grenner, Schlecht & Wellner (2005a) 107. Tietze et al. (2005a) 108. Tietze et al. (2005a) 109. van Dieken (2008) 110. Diebold (2010) 111. van Dieken (2008) 112. Tietze & Viernickel (2002) 113. Kasüschke (2010) 114. Viernickel (2006) 115. Cantzler (2009) 116. Ahnert (2006) 117. Wustmann (2011) 118. Völkel & Viernickel (2009) 119. Kluge (2006) 120. Petzold (2006) 121. Haug-Schnabel & Bensel (2010) 122. Wanzeck-Sielert (2005) 123. Weinhold (2010) 124. Ahnert & Schnurrer (2006) 125. Dittrich, Dörfler & Schneider (2001) 126. Krenz (2008) 127. Bayerisches Staatsministerium für Arbeit und Sozialordnung, Familie und Frauen & Staatsinstitut für Frühpädagogik München (2007) 128. Seewald-Blunert (2011) 129. Hartmann, Hajszan, Pfohl-Chalaupek, Stoll & Hartel (2009) 130. Zimmer (2012) 131. cf. en résumé Hartmann et al. (2009) 132. Günther & Günther (2007) 133. Tracy (2007) 134. Charlotte Bühler Institut (2009) 135. Viernickel, Völkel & Focali (2009) 136. Hartmann et al. (2009) 137. Brodbeck (2006) 138. Beek (2010) 139. Weinberger (2005) 140. WHO (1986) 141. Fröhlich-Gildhoff, Dörner & Rönnau (2007) 142. Zimmer (2012) 143. Ayres (2002) 144. Von der Beek, Buck & Rufenach (2010) 145. Wolf (2012) 146. WHO (1986) 147. Cremaschi (2006) 148. Lück (2009) 149. Landerl & Butterworth (2003) 150. cf. en résumé Gisbert (2004 151. Lorenz (2006), Streit & Royar (2009) 152. Hielscher (2008a, b) 153. Hasemann (2003) 154. Fthenakis et al. (2009a) 155. Lück (2009) 156. Griebel & Niesel (2019) 157. Gutknecht & Kramer (2018, p. 11) 158. Griebel & Niesel (2019) 159. Bollig (2016) 160. Becker-Stoll, Niesel & Wertfein (2009) ; Service National de la Jeunesse (2018) 161. Gutknecht & Kramer (2018, p. 13) 162. Ahnert (2007) 163. Ahnert & Gappa (2008) 164. Gutknecht & Kramer (2018, p. 11) 165. Gutknecht & Kramer (2018) 166. Brooker (2008) ; O´Connor (2018) 167. Gutknecht & Kramer (2018) 168. Tietze & Viernickel (2016) ; Service National de la Jeunesse (2016) 169. Bensel & Haug-Schnabel (2009, p. 34) 170. Charlotte Bühler Institut (2009) 171. Hellmich (2007) â III. ÃGE SCOLAIRE â III.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE Câest sans nul doute lors de la période préscolaire et de lâécole fondamentale que lâindividu traverse le plus grand nombre de phases de développement. Lorsquâils intègrent lâéducation préscolaire, les enfants disposent déjà dâune image stable dâeux-mêmes, maîtrisent au moins une langue, peuvent trouver leur place au sein de différentes communautés et manifestent de plus en plus dâintérêt pour la lecture et lâécriture. Les changements physiques les plus marquants de cette période sont lâapparition des nouvelles dents, le premier changement de silhouette et tous les changements indissociables du début de la puberté. (172) Chez les filles, ces processus de maturité commencent généralement dès le dernier tiers de lâécole fondamentale. (173) La pensée pré-opérationnelle de la période préscolaire laisse place, lors des premières années de scolarité, à la pensée opérationnelle, qui rend les enfants aptes à gérer des opérations concrètes telles que la résolution de problèmes mathématiques. (174) Les enfants commencent à dépasser lâanthropomorphisme pour adopter une vision du monde plus objective, qui se manifeste notamment dans lâintérêt accru quâils portent aux sujets scientifiques. (175) En grandissant, les enfants acquièrent des connaissances sur leur pensée et leur apprentissage. Ces compétences métacognitives leur permettent de développer des stratégies dâapprentissage individuelles et de maîtriser des tâches de manière ciblée, par exemple lâapprentissage dâautres langues. Les enfants en âge préscolaire montrent et indiquent leurs émotions de façon encore assez directe et non censurée ; les enfants plus âgés apprennent à évaluer leur propre façon dâexprimer leurs sentiments et celle des autres de manière plus différenciée. Ils comprennent que les gens ne sont pas seulement « gentils ou méchants », mais quâils réagissent différemment (émotionnellement parlant) en fonction des situations. Ils se rendent par ailleurs de plus en plus compte quâils ressentent eux-mêmes des émotions diverses et quâils ne sont pas non plus constants dans leur façon de les exprimer. (176) Câest au plus tard dans leur sixième année que les filles et garçons comprennent que le sexe dâun individu est constant et que cet élément est communément admis, et quâils lâintègrent dans leur représentation du monde. Les adultes sensibles au genre, en tant que modèles, et plus tard en tant que partenaires de confrontation, contribuent au développement dâune représentation éclairée des rôles de lâhomme et de la femme. Tandis que, pour les plus jeunes enfants, les activités de groupe sont importantes pour assurer la cohésion dâun groupe, les enfants plus âgés attachent une grande importance au partage dâopinions et de valeurs dans leurs relations dâamitié et au sein de la communauté avec leurs pairs. Le renforcement de lâautonomie, de la mobilité et de lâindépendance par rapport à la famille ainsi que lâintégration dans différents groupes de pairs sont des tâches de développement essentielles. (177) Vers la fin de lâécole fondamentale, les enfants cherchent des espaces libres, seuls ou en groupe, où ils peuvent régler leurs conflits, exercer des processus de négociations et engranger leurs premières expériences démocratiques de manière autonome, loin du regard des adultes. Lâacquisition et lâutilisation permanente de plusieurs langues posent des défis de taille aux enfants dans des sociétés multilingues. Afin de mener à bien cette tâche de développement spécifique, les enfants ont besoin dâespace, de temps et dâoccasions leur permettant dâapprofondir de manière autonome leurs différentes langues et de les utiliser dans des situations du quotidien. Au début de la puberté, surtout, les enfants ont besoin dâêtre accompagnés de manière individuelle par des adultes patients afin de pouvoir gérer leur quotidien scolaire, la vie au sein du groupe de pairs ou les conflits familiaux. â III.2° RÃLE DES PÃDAGOGUES Les pédagogues sont conscients de leur responsabilité en matière de politique de lâéducation et de la position clé quâils occupent au sein de la société, et ils réfléchissent au rôle qui leur revient dans un système complexe. Dans les institutions non formelles pour les enfants dââge scolaire, ils doivent répondre à différentes attentes, tant de la part des enfants que des familles ou du système scolaire. Il est fondamental que les pédagogues aient une notion professionnelle de leur rôle pour satisfaire aux multiples tâches et exigences des institutions non formelles et attacher à lâaménagement sensé des loisirs lâimportance qui lui revient. Les pédagogues se voient eux-mêmes comme des apprenants, contribuant ainsi au développement de lâinstitution non formelle en tant quâorganisation apprenante, en mesure de réagir de manière appropriée aux changements de la société. Cette attitude est étroitement liée aux processus dâapprentissage des enfants. (178) Les pédagogues, dâimportantes personnes de référence pour les enfants « Les enfants dââge scolaire ont besoin de partenaires adultes dotés de compétences professionnelles et personnelles qui portent de lâestime à tous les enfants en tant quâêtre unique et sâadressent à eux activement, « dâégal à égal », les accompagnent et les encouragent ». (179) Des relations de confiance dans une atmosphère détendue et bienveillante sont essentielles pour mener à bien et de manière décontractée les processus dâapprentissage, sans aucun jugement ni contrainte en termes de performance. Dans ce contexte, il est indispensable que les pédagogues soient respectueux, orientés vers les ressources des enfants, authentiques et quâils encouragent chaque enfant à découvrir ses compétences propres et à les développer. (180) En grandissant, les enfants attachent de plus en plus dâimportance au groupe de pairs, y compris dans le sens amical. La tâche des pédagogues est de prêter attention à ces relations ainsi quâà lâensemble de la dynamique de groupe et à les utiliser au profit de processus dâapprentissage socio-émotionnels. Les pédagogues créent des possibilités en termes dâespace et de temps permettant aux enfants de vivre diverses expériences sociales, accompagnent les processus de négociation des enfants (181) et montrent lâexemple en termes de respect mutuel. Les pédagogues, des partenaires dans le processus de co-construction La compétence professionnelle des pédagogues englobe les connaissances relatives aux étapes importantes de développement, aux besoins spécifiques et au comportement dâapprentissage des enfants dââge scolaire, ainsi quâau fait que les enfants grandissent dans une société pluraliste et multilingue. Pour pouvoir aménager des situations du quotidien de qualité et mûrement réfléchies, les pédagogues doivent être conscients que celles-ci représentent des facteurs importants au niveau des processus éducatifs et de lâacquisition des compétences. Les pédagogues veillent à accorder aux enfants suffisamment de temps et dâespace pour quâils puissent jouer librement, se détendre et bouger, mais aussi pouvoir se retrouver avec leurs pairs en toute tranquillité au cours de la journée. Les idées, questions et hypothèses des enfants constituent le point de départ de discussions, de processus de jeu et dâapprentissage, mais aussi dâoffres éducatives et de projets. à cet égard, les pédagogues font confiance aux compétences de lâenfant et lui offrent des espaces libres adaptés à son développement pour quâil puisse se livrer à ses propres activités, prendre ses propres responsabilités et engager des processus de participation. Parmi les compétences professionnelles essentielles des pédagogues figure la nécessité dâadopter la perspective des enfants et de les aider à développer leurs propres idées en adoptant une posture de questionnement. Les compétences de direction contribuent à structurer les processus de groupe â avec la participation maximale des enfants â de manière appropriée et orientée vers lâapprentissage. (182) Il est important de soutenir la compétence méthodologique des enfants dââge scolaire, compte tenu des répercussions durables de cette dernière sur lâapprentissage tout au long de la vie. à cet égard, les pédagogues se servent des concepts et des théories intuitives des enfants comme point de départ pour des processus dâapprentissage accompagnés. Lâapprentissage est placé au cÅur de la réflexion commune à lâaide de contenus concrets. (183) Dans une société pluraliste, une utilisation compétente de la diversité linguistique et culturelle constitue lâune des qualifications clés des pédagogues. Dans ce cadre, les pédagogues doivent disposer de compétences linguistiques et de promotion de la langue bien spécifiques afin dâaider tous les enfants dans le processus individuel dâassimilation de la langue. Ce faisant, il est essentiel que les pédagogues adoptent une réflexion sur eux-mêmes et sur la pratique en tenant compte des préjugés afin de se confronter à leurs propres stéréotypes. (184) La pédagogie interculturelle, qui considère consciemment la diversité comme une chance pour les expériences dâapprentissage, « jette les bases dâun avenir paisible, tous les individus participant de manière égale à la société ». (185) Elle vise à encourager lâouverture, la tolérance, la capacité à changer de perspective ainsi quâà gérer la différence. La tâche dâune pédagogie sensible au sexe est dâaider les enfants, indépendamment de leur sexe, à épanouir leurs potentiels individuels. (186) Les pédagogues sont sensibles à lâimportance des médias (numériques) dans la vie des enfants dââge scolaire et disposent eux-mêmes de compétences médiatiques. Ils réfléchissent sur leur propre attitude vis-à -vis des nouveaux médias et du comportement médiatique des enfants, prennent position et sont prêts à capter les intérêts des enfants et à les utiliser pour les processus éducatifs. (187) Les pédagogues, un élément des réseaux Les pédagogues des institutions de lâéducation non formelle pour les enfants dââge scolaire font partie intégrante dâun réseau complexe composé de diverses coopérations. Les partenariats dâéducation avec les parents, les écoles, le personnel qualifié externe, les institutions locales et les organismes de loisirs ont pour objectif de favoriser le bien-être et lâéducation des enfants selon le principe dâune responsabilité partagée. Une coopération respectueuse avec les parents signifie les reconnaître en tant quâexperts de leurs enfants et favorise lâapparition de possibilités de participation. Pour ce faire, les pédagogues doivent avoir conscience de lâattitude quâils adoptent par rapport aux parents et la remettre en question. (188) Pendant la période dâadaptation, ils aident les parents à accompagner leurs enfants avec compréhension. Il est essentiel dâinformer et de conseiller les familles, par exemple dans le cadre dâentretiens consacrés au développement de lâenfant, pendant toute la durée que ce dernier passe au sein dâune institution non formelle. Lors de transitions, par exemple lors de lâentrée à lâécole ou du passage à lâécole secondaire, une interconnexion supplémentaire avec les enseignants est importante pour quâun lien soit assuré entre les processus éducatifs des enfants. Pour que les institutions non formelles et formelles puissent collaborer en continu, il est essentiel que toutes les parties prenantes soient en contact dâégale à égale. Le philosophe grec Thucydide (455-396 av. J.-C.) avait déjà constaté que seules des institutions poursuivant les mêmes buts et mises au même niveau pouvaient apprendre lâune de lâautre. La collaboration sert à développer des structures de coopération et dâinformation fiables, à utiliser des synergies, mais aussi à se confronter à différentes cultures dâapprentissage. En coopérant étroitement au niveau de lâencouragement individuel de chaque enfant et en convenant ensemble des conseils à fournir aux parents, les différentes institutions favorisent dans une large mesure lâégalité des chances. (189) â III.3° CONDITIONS-CADRES POUR LES PROCESSUS ÃDUCATIFS DANS LES INSTITUTIONS NON FORMELLES Espaces intérieurs et extérieurs « Lâespace est un accessoire de travail et de jeu. » (190) Un environnement aménagé de manière pédagogique exerce une influence positive sur les processus éducatifs des enfants. Par la façon dont ils sont aménagés et équipés, les espaces des institutions non formelles incitent donc à lâautodétermination, à lâesprit dâinitiative et à lâautogestion. (191) Les espaces multifonctionnels permettent dâélaborer des offres de jeu et dâapprentissage différenciées et adaptées aux intérêts individuels des enfants. Des pièces claires et bien aérées dotées de niches et dâun équipement flexible permettent aux enfants de se livrer à diverses activités, seuls ou en groupe. Les enfants peuvent être impliqués dans lâaménagement et la réorganisation des locaux. Chaque enfant dispose dâun emplacement où conserver ses affaires personnelles. (192) Il est particulièrement important pour les enfants plus jeunes de prévoir des espaces douillets où ils peuvent se retirer et se détendre après lâécole. Les institutions de qualité servent par ailleurs les repas dans des endroits spécialement prévus à cet effet, repas qui peuvent être pris à des heures variables en fonction de lâarrivée des enfants. Dans lâespace réservé aux devoirs, chaque enfant jouit de suffisamment de place et de calme pour se concentrer et travailler sans être dérangé. à lâintérieur et à lâextérieur, les enfants ont besoin de suffisamment de place pour bouger, jouer et faire du sport. Des surfaces asphaltées, du gazon et des superficies horticoles permettent aux enfants de se livrer à diverses activités. Les arbres offrent de lâombre, les bancs et tables invitent à la discussion, à la lecture et au jeu. Lâaménagement de lâespace vient appuyer la fonction dâinstance de communication entre la famille, lâécole et lâenfant qui incombe à lâinstitution non formelle. (193) Cette dernière offre ainsi, par exemple, des salles de séjour équipées de sièges pour les parents ou une cafétéria pour les parents. (194) Matériel de jeu et dâapprentissage Les pièces sont divisées en plusieurs espaces à thèmes, ou bien lâinstitution dispose de différentes pièces fonctionnelles équipées de matériel diversifié, qui répondent aux intérêts des enfants. Un espace qui invite lâenfant « à le questionner » (195) comporte également des jeux sélectionnés et des matériaux (naturels) lui permettant dâexpérimenter, construire et concevoir de manière créative. Un espace de travail lui offre la possibilité de traiter du bois ou dâautres matériaux appropriés à lâaide dâun véritable outil. Dans des centres de recherche spéciaux dotés dâouvrages de référence ou dâordinateurs, les enfants sont incités à engager eux-mêmes des processus dâapprentissage. Dâautres espaces fonctionnels sont équipés de matériel se prêtant aux jeux de rôle ou au théâtre, de jeux de société et dâapprentissage, de livres et de médias numériques. Le matériel de jeu et de travail, le matériel pour la motricité fine, les mathématiques et les sciences naturelles ainsi que pour la promotion de la langue, les instruments, livres et médias numériques ainsi que les accessoires pour les jeux de rôle sont choisis selon des critères tenant compte de lâaspect du genre, afin que les enfants puissent développer leurs potentiels individuels indépendamment de leur sexe. La diversité ethnique, culturelle, linguistique ainsi que celle des rôles attribués aux deux sexes se reflète par ailleurs dans le matériel dâapprentissage et de jeu. (196) De lâespace en suffisance, ou encore lâaccès à une salle de gymnastique ou à une cour permet également de satisfaire le besoin dâactivité physique des enfants. Des appareils fixes et du matériel mobile quâils peuvent utiliser de façon autonome favorisent un large éventail de capacités de motricité globale et dâactivités de groupe. (197) Organisation de la journée Le temps que les enfants passent dans les institutions de lâéducation non formelle comprend les routines journalières telles que lâarrivée, les repas et les devoirs, suffisamment de possibilités pour jouer à lâintérieur et à lâextérieur ainsi que des offres éducatives planifiées. Une journée correctement organisée offre aux enfants structure et orientation. Les rituels les aident à trouver leurs marques, surtout les plus jeunes dâentre eux. Dans le même temps, les pédagogues aménagent les horaires de manière flexible, de sorte à pouvoir répondre aux besoins et intérêts de chaque enfant ou à tenir compte dâévénements particuliers. Grâce à lâ« équilibre entre espace libre et structures claires » (198) ainsi quâaux possibilités de participation adaptées à leur âge, les enfants apprennent à gérer leur temps libre de manière responsable. Ainsi, ils peuvent en partie choisir quand ils font leurs devoirs. Les pédagogues octroient aux enfants des niches de temps lors desquelles ils ne sont pas surveillés et peuvent sâadonner à des occupations quâils ont choisies eux-mêmes, et les conseillent sur la manière dâaménager leur temps libre en leur préparant des offres adaptées et en les encourageant à approfondir leurs intérêts, points forts et talents. (199) Les pédagogues gèrent les loisirs des enfants de manière responsable, en aménageant les transferts dâune activité à lâautre et en leur évitant des temps dâattente trop longs. Compte tenu des plages de temps souvent réduites dans les institutions de lâéducation non formelle, il est particulièrement important que les enfants puissent poursuivre les activités non achevées les jours suivants et construire des communautés de jeu et de travail sur le long terme. Environnement (dâapprentissage) social Considérer lâapprentissage comme un événement social contribue largement au développement dâune culture positive de lâapprentissage dans les institutions de lâéducation non formelle. Dans le cadre du partenariat éducatif, les enfants, les pédagogues et les parents sont vus comme « une communauté dâapprenants par lâexpérimentation ». (200) En grandissant, les enfants attachent de plus en plus dâimportance à leurs pairs dans les processus de jeu et dâapprentissage. Parmi ceux-ci, les enfants trouvent aisément des réponses à leurs questions, (201) peuvent échanger avec des enfants qui partagent leurs centres dâintérêt et se servent de ce groupe comme dâun environnement dâapprentissage social. à cet égard, les pédagogues aident les enfants à sâidentifier et à sâorienter, leur montrent les rôles différenciés en fonction du sexe, leur apprennent à adopter un comportement pro social et se tiennent à leur disposition pour quâils puissent sây confronter. Ils accompagnent avec sensibilité les processus relevant de la dynamique de groupe et permettent à tous les enfants de se sentir membres dâune communauté. Ce faisant, ils veillent à la satisfaction du besoin dâappartenance des enfants et leur offrent la précieuse chance dâapprendre des autres et avec les autres. Lâenvironnement (dâapprentissage) social des enfants englobe également les infrastructures et endroits de la commune que les enfants fréquentent à titre régulier et qui sont en adéquation avec leurs intérêts. â III.4° CHAMPS DâACTION DE LâÃDUCATION NON FORMELLE â III.4°1 Ãmotions et relations sociales Les émotions influencent lâétat dâesprit, la perception de lâenvironnement, lâapprentissage social et cognitif ainsi que le comportement en général, particulièrement à lâégard des autres. (202) Dans une société de plus en plus complexe et pluraliste, les compétences émotionnelles et sociales sont essentielles pour maîtriser sa vie et avoir de la satisfaction dans différents microsystèmes tels que la famille, le groupe de pairs ou les institutions non formelles. Ces compétences clés sont également la base dâun apprentissage tout au long de la vie et du développement de la compétence méthodologique et de la résilience. Les amitiés et les réseaux sociaux avec les pairs revêtent une importance particulière pour le développement de lâidentité, de la personnalité et de la morale. Le rôle dâenfant scolarisé est lié à des tâches et exigences spécifiques. Compte tenu de lâenseignement structuré, les enfants doivent être concentrés plus longtemps à lâécole et leur besoin de mouvement nâest pas entièrement satisfait. Les institutions de lâéducation non formelle sont par conséquent tenues de répondre aux besoins de chaque enfant et de veiller au maintien dâun équilibre émotionnel. Celui-ci suppose des phases de repos, de détente et dâactivité physique, ainsi que des espaces libres permettant aux enfants de mettre en Åuvre leurs propres idées et dâinteragir au sein du groupe de pairs. Les enfants ont besoin de suffisamment de temps et dâespace pour aménager leurs loisirs de manière autonome, et ce afin de reconnaître leurs points forts et leurs intérêts dans les domaines de lâart, de lâartisanat et du sport et de pouvoir les développer sans être jugés par des adultes. Câest là un aspect important pour le développement de leurs compétences socio-émotionnelles et de leur identité personnelle. Ãmotion et interactions Les enfants dââge scolaire disposent déjà dâun large éventail de sentiments primaires, mais aussi dâémotions complexes et partiellement contradictoires. La compétence émotionnelle signifie pouvoir gérer ses propres émotions et les sentiments des autres de manière appropriée. Ãtre conscient de ses sentiments, pouvoir les verbaliser et les exprimer en fonction de la situation, mais aussi reconnaître et comprendre les sentiments des autres sont des compétences déterminantes. La différenciation croissante des compétences sociales et communicatives permet aux enfants de réfléchir à leurs propres sentiments et aux émotions des autres et à échanger sur celles-ci. Les contacts avec les pairs sont liés à des processus de développement spécifiques et permettent aux enfants de vivre dâautres expériences sociales et émotionnelles que celles quâils vivent avec les adultes. Cette « culture de lâenfant » particulière ainsi que le développement de relations dâamitié sont essentiels pour que les enfants acquièrent et consolident des capacités sociales. (203) Les enfants dââge scolaire comprennent que les relations sociales font partie dâun système de relations stables qui se prolongent au-delà du présent immédiat. Leurs amitiés se caractérisent par des intérêts communs, un intérêt pour les problèmes des autres et une tolérance croissante à lâégard des divergences dâopinion. (204) Un choix diversifié dâoffres de loisirs permet à tous les enfants dâapprendre avec une motivation intrinsèque. Les interactions socio-émotionnelles au sein du groupe de pairs sont essentielles au bien-être individuel et constituent le fondement de la motivation dâapprentissage et de performance. (205) Les découvertes neurobiologiques attestent quâune expérience émotionnelle positive joue un rôle important dans les processus dâapprentissage. (206) Les sujets qui suscitent lâintérêt, la curiosité et les sentiments positifs sâancreront plus facilement dans les structures neuronales que les sujets assimilés à lâanxiété, au stress ou à lâennui. Sexualité « Lâassimilation de connaissances différenciées sur les rôles respectifs des hommes et des femmes et la formation dâune identité sexuelle stable sont des tâches de développement importantes chez les enfants et les jeunes. » (207) La perception positive de son propre corps favorise un accès décomplexé au sexe et à la sexualité. Contrairement au sexe biologique, défini de nature, lâidentité sexuelle sociale se construit en interaction avec lâenvironnement. Au sein du groupe de pairs, chaque enfant est intensément confronté à lui-même, aux rôles généralement attribués aux filles et garçons et aux femmes et hommes, mais aussi aux modèles reconnus ou exigés par la société. Les expériences vécues dans les institutions éducatives sont tout aussi déterminantes pour acquérir la notion des rôles des femmes et des hommes que les représentations dans les médias et les attentes de lâentourage. Pour les enfants, le sentiment amoureux et lâengouement sont des expériences relationnelles importantes qui provoquent souvent des sentiments contradictoires. Il est essentiel que les personnes de référence fassent preuve de confidence et de sérieux à lâégard de ces sentiments. Le développement psychosexuel est étroitement lié au processus de maturation cognitive. Grâce à des connaissances approfondies et à un vocabulaire adapté, les enfants sont en mesure de parler de sujets dâordre sexuel. Les enfants informés et confiants sont mieux protégés contre les atteintes à leur intégrité sexuelle, car ils sont mieux à même de catégoriser les différentes situations et y réagissent de manière plus appropriée. (208) Pour ce faire, il est essentiel que le point de vue de tous les enfants soit pris au sérieux et que leurs limites soient respectées. Culture de conflit constructive Les conflits sont inhérents à la cohabitation humaine. En vivant des relations au sein de différents microsystèmes, les enfants bénéficient de chances dâapprentissage diversifiées leur permettant dâacquérir et de différencier leurs compétences sociales. Le développement dâune culture du conflit signifie reconnaître les conflits, sây risquer et les gérer ensemble de manière constructive. Les compétences linguistiques différenciées favorisent largement ce processus. Dans leurs relations sociales avec les enfants de leur âge, les enfants prennent conscience de la multiplicité et de la diversité des points de vue par rapport aux situations réelles. Les opinions contradictoires et les conflits qui en découlent peuvent être négociés ensemble jusquâà parvenir à une perspective globale grâce à un processus de co-construction. En jouant ensemble, les enfants engrangent des expériences en termes de collaboration, de prévenance, de capacité à sâimposer et dâéquité. En convenant des règles (du jeu), en passant des accords sur la base dâun respect mutuel et en faisant preuve dâune véritable volonté de coopération, les enfants acquièrent petit à petit une morale autonome. (209) Grâce au dialogue, ils développent de lâempathie et de la compréhension pour les points de vue des autres, apprennent à accepter la critique et acquièrent la capacité dâautoréflexion. Lâhumour atténue les confrontations, facilite la gestion des conflits et favorise lâesprit dâéquipe. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Les espaces de retrait permettent aux enfants de sâéloigner temporairement du groupe et leur offrent lâespace dont ils ont besoin pour se retrouver seuls ou pour échanger en toute tranquillité avec leurs pairs. ⢠Un équipement agréable crée une atmosphère propice au bien-être et à la relaxation (par ex. : poufs, meubles capitonnés, couvertures, tapis). ⢠Lâutilisation dâune bibliothèque/médiathèque permet aux enfants dâemprunter des livres, des magazines et des DVD abordant des sujets socio-émotionnels. ⢠Le matériel suscitant certains sentiments (par ex. : CD de musique romantique, images effrayantes, objets dégoûtants) poussent lâenfant à se confronter à des émotions complexes. ⢠Les jeux en équipe ainsi que les activités de groupe et les activités en extérieur favorisent le sentiment de coopération et de communauté (par ex. : basket, tennis, badminton, course dâorientation). ⢠Lâespace et le matériel permettant de créer des produits (de groupe) autonomes (par ex. : pièce de théâtre, cabaret, journal, vidéo, photo) favorisent lâactivité autonome des enfants et lâanalyse individuelle de leurs émotions. ⢠Le travail de projet sur la confrontation avec des sujets pertinents pour son âge (par ex. : lâamour, la sexualité, les modèles des hommes et des femmes dans les médias) sensibilise lâenfant et lâaide à se façonner une opinion individuelle. â III.4°2 Valeurs, participation et démocratie Les valeurs sont le fondement des normes, du sens des responsabilités et de la participation à des processus sociaux. En interaction avec son environnement et accompagné par des adultes réfléchis, lâenfant développe une notion de base de lâéthique, qui lui permet de sâorienter pour acquérir une pensée et une action autonomes. (210) Pour les enfants dââge scolaire, les notions de justice, dâéquité et de morale ainsi que la confrontation critique avec les règles prennent de plus en plus dâimportance. Dans la mesure où chaque enfant a la possibilité de participer de manière efficace et durable aux décisions qui concernent sa vie ou celle dâun groupe, il apprend à percevoir activement les droits et obligations qui lui reviennent au sein dâune communauté. (211) Il acquiert de cette manière des compétences démocratiques et se développe progressivement en citoyen autonome et responsable, dont les actions sâappuient sur les droits de lâhomme fondamentaux. Valeurs et normes La vie au sein dâune société pluraliste, dans laquelle les individus vivent ensemble avec leurs différents concepts de vie, langues, religions, cultures et traditions sans discrimination aucune, exige de la part de ces individus un haut degré de volonté à coexister, la capacité à coopérer et lâacceptation des valeurs et normes. (212) La découverte des droits de lâhomme fondamentaux, tels que lâinaliénabilité de la vie humaine, le droit à la liberté individuelle et à lâintégrité, la solidarité par rapport aux minorités et aux personnes défavorisées, la prise de responsabilité ainsi quâune gestion responsable des ressources, contribue à lâ« équin-dignité » (213) de tous les individus, au-delà de leur diversité. Participation et démocratie Si dans leur quatrième et cinquième année, les enfants tentent encore souvent de régler les différends et les conflits physiquement, le renforcement de leurs compétences linguistiques et sociales les aide à trouver des solutions à ceux-ci à lâaide dâéchanges verbaux. Il est donc fondamental de promouvoir et renforcer les compétences linguistiques de lâenfant pour lui permettre de gérer les conflits. à lââge prépubère surtout, les enfants sâexercent à négocier et tester les règles et conventions avec beaucoup dâimplication et de persévérance. (214) Ils peuvent ainsi discuter des activités du groupe, mais aussi des différents événements de la journée avec les pédagogues ainsi quâavec les autres membres du groupe, y compris sur leur propre initiative, conformément à des règles convenues. Le mode et le résultat de ces processus de négociation dépend de si lâenfant parvient ou non à trouver un équilibre entre ses propres besoins et ceux du groupe et à les verbaliser sous une forme appropriée. Les acquis individuels, les différentes cultures familiales, la culture de participation de lâinstitution ainsi que le modèle des adultes imprègnent également la culture de communication et de conflit des adolescents. (215) En grandissant, les enfants remettent en question leurs modèles et sâinterrogent sur leur véracité. Les adultes doivent être prêts à porter un regard critique sur leur comportement et leur notion de la participation, à abandonner leur propre pouvoir, à offrir des possibilités de co-décision et à répondre avec respect aux arguments et demandes des enfants. Le concept pédagogique de lâinstitution décrit clairement la forme sous laquelle les enfants peuvent ou doivent sâimpliquer dans des processus participatifs. La transparence et lâouverture lors des processus de décision ainsi que la volonté des adultes à reconnaître les enfants comme des partenaires égaux y sont également établies. Cela permet de sensibiliser toutes les parties prenantes à lâimportance de la participation au sein de lâinstitution et de mettre en avant le caractère contraignant de ce concept. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâinstitution propose des ouvrages et des possibilités dâinformation pour les enfants, les parents et lâéquipe pédagogique sur des sujets de société ainsi que sur diverses formes de participation (par ex. : quotidiens, littérature pour enfants engagée, droits des enfants des Nations Unies, concept pédagogique de lâinstitution, informations sur les différentes religions). ⢠Lâéquipement et le matériel favorisent les discussions de groupe et les processus participatifs (par ex. : tableau, urnes électorales, pastilles adhésives pour les votes). Les résultats négociés sont enregistrés de manière à ce que tout le monde y ait accès (par écrit). ⢠Le harcèlement, la violence et les sujets analogues sont thématisés. Des informations sur ces sujets, diversifiées et accessibles à tous gratuitement, se trouvent à disposition (par ex. : ouvrages spécialisés ou pour enfants, films, documentations, informations sur les interlocuteurs et interlocutrices). ⢠Le plan de table, la disposition des plats (par ex. : buffet) ainsi que lâaménagement de la pièce permettent aux enfants de décider de manière autonome ce quâils ont envie de manger, quand et en quelle quantité, ou à quelle communauté de table ils ont envie de se joindre. Chaque enfant a la possibilité de donner son avis sur la qualité des repas, de formuler ce quâil aime et ce quâil nâaime pas et, par là même, dâavoir de lâinfluence sur lâélaboration du menu (par ex. : à lâaide de tableaux dâaffichage, de boîtes à suggestions, de questionnaires). ⢠Les formes dâexpression propres à la culture des enfants et des jeunes (par ex. : BD, graffiti ou pop-art, mode et musique) sont intégrées dans le travail éducatif et favorisées par des conditions-cadres adaptées (par ex. : espaces de retrait pour écouter de la musique, discuter et philosopher ; différents médias). â III.4°3 Langue, communication et médias La compétence linguistique est le fondement dâun parcours éducatif réussi. Elle est essentielle à la réussite des processus sociaux et de la participation au sein dâune société hétérogène de la connaissance, dans laquelle la présence de plusieurs langues représente une ressource importante de même quâune condition préalable pour les processus éducatifs dans les schémas non-formels. Avec lââge, lâacquisition et la différenciation des langues dâéducation 12 acquièrent de plus en plus dâimportance. Les institutions de lâéducation non formelle sont par conséquent chargées, en complément aux cours de langue dispensés à lâécole, dâaider les enfants dââge scolaire à renforcer leurs compétences en langage familier, mais aussi à approfondir de maintes façons leur connaissance des langues dâéducation. La stimulation continue de la langue couvre lâensemble des interactions, des événements quotidiens et des programmes dâapprentissage. Langue et communication Lorsquâils entrent à lâécole, la plupart des enfants disposent de structures linguistiques de base, du moins au niveau de leur(s) langues familiales. à cet égard, il y a lieu de garder à lâesprit que les compétences multilingues peuvent être très différentes selon les enfants au début de la scolarité, étant donné que le processus dâassimilation linguistique est influencé par différents facteurs, notamment le stade de développement de la/des première(s) langue(s)/langue(s) parlée(s) à la maison, des acquis au niveau dâautres langues, de la motivation à apprendre ainsi que des conditions dâapprentissage, telles que la diversité et la qualité de lâoffre linguistique. (216) En vieillissant, les enfants élargissent et différencient leur vocabulaire et apprennent à comprendre et à reproduire des contenus de plus en plus abstraits. Par ailleurs, lâacquisition dâautres langues a une influence positive sur le développement cognitif, étant donné quâelle favorise entre autres la pensée analytique et les capacités métalinguistiques. (217) Ils analysent la langue et la remettent en question, comparent les différentes langues, réfléchissent plus précisément aux mots et à leur signification, saisissent les doubles sens et les métaphores. (218) La prise de conscience que leur propre multilinguisme est une ressource précieuse enrichit le développement identitaire et la biographie éducative des jeunes. à lâécole fondamentale, les enfants découvrent que la maîtrise de plusieurs langues est également une condition sine qua non à leur propre réussite scolaire et éducative. Les compétences linguistiques différenciées dans les langues parlées au Luxembourg aident non seulement les enfants à mener à bien leurs tâches scolaires, mais influencent aussi de plus en plus leur manière de communiquer. à travers leurs diverses expériences linguistiques, les enfants apprennent à observer et appliquer les règles et conditions dâune communication réussie, ainsi quâà comprendre et utiliser les formes dâexpression non verbales et para verbales. (219) Les compétences translinguistiques, telles que les transferts dâune langue à lâautre, lâalternance ou le mélange dynamique des langues, sont les preuves du bon développement du multilinguisme et ne doivent donc en aucun cas être interprétées comme une incompétence linguistique. (220) Lâacquisition de plusieurs langues est notamment un processus complexe et dynamique dont lâintensité et la rapidité varient dâun enfant à lâautre. Les pédagogues sont conscients de leur importance en tant que modèles linguistiques différenciés et réfléchis. En respectant les compétences linguistiques individuelles des enfants, ils aménagent un environnement diversifié qui promeut la langue, captent les intérêts de chaque enfant et se tiennent à leur disposition pour mener des entretiens et des discussions. Les situations de communication quotidiennes offrent de nombreuses possibilités de fournir des stimulations linguistiques dans des contextes dâaction concrets, dâexpérimenter différentes formes de communication et de langues et de les aborder de manière créative, ludique et humoristique. Littératie, lecture et écriture La littératie englobe lâensemble des compétences des enfants dans leur rapport avec les livres, les histoires et lâécriture. Les expériences diversifiées en matière de littératie favorisent sur le long terme le processus dâacquisition de la langue écrite et sont par conséquent particulièrement importantes, surtout pour les enfants issus de familles où le contact avec les livres, les histoires et lâécriture est moins cultivé. Les schémas non formels offrent les conditions idéales pour accompagner et soutenir lâacquisition de la langue écrite des enfants sans aucune contrainte en termes de performance. Des adultes éloquents qui aiment parler sont à la disposition des enfants, en leur qualité de modèles, mais aussi de partenaires au niveau de lâutilisation ludique et non censurée des différentes langues et écritures. Un environnement motivant contribue à éveiller la curiosité des enfants pour la langue écrite et à préserver leur envie de lire et dâécrire. Médias numériques Dans le contexte dâune société de la connaissance technique, les médias numériques font partie intégrante de lâenvironnement quotidien des enfants. La mission éducative des institutions non formelles est donc de promouvoir la compétence médiatique des enfants. Celle-ci rend les enfants aptes à utiliser les différents médias de façon de plus en plus autonome et réfléchie, tant dans leur intérêt propre quâau profit dâéchanges sociaux ou pour participer à la société. (221) Lâutilisation ludique, créative et pratique des technologies de lâinformation et de la communication par les enfants plus âgés sâobserve notamment dans le développement et lâapplication dâune langue propre aux jeunes, influencée par le groupe de pairs et qui est surtout utilisée dans la communication numérique (SMS, Internet). La confrontation créative et ludique aux médias numériques sâétend avec lââge, lorsque les enfants commencent à les utiliser de manière ciblée comme outils de travail et dâinformation. La coopération avec les parents permet aux pédagogues de développer des méthodes en fonction des acquis des enfants, de planifier des offres médiatiques complémentaires individuelles et, ainsi, de contribuer à lâéquilibre des chances. (222) Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement de lâespace offre la possibilité de sâasseoir en groupe, dâorganiser des tables rondes plus grandes et dâavoir des discussions en toute tranquillité (par ex. : sièges confortables pour les enfants et les adultes, espaces de retrait à lâintérieur et à lâextérieur). ⢠Lâinstitution dispose de différents systèmes de communication et dâinformation pour les enfants et les adultes (par ex. : panneau dâaffichage, système dâarrivée et de départ, boîte aux lettres, bourse dâéchange, affiches pour les parents). ⢠La diversité linguistique et culturelle se reflète dans lâéquipement (par ex. : livres écrits dans différentes langues et écritures, dictionnaires, accessoires pour les jeux de rôle, musique et histoires à écouter, affiches et informations multilingues pour les parents). ⢠Des outils linguistiques diversifiés permettent aux enfants de faire leurs devoirs de manière autonome (par ex. : dictionnaires, listes de vocabulaire, affiches dâapprentissage, accès Internet). ⢠Une offre soigneusement triée dâouvrages pour enfants et pour jeunes les motive à utiliser de manière autonome des livres de divers genres ou écrits dans différentes langues (par ex. : ouvrages engagés pour enfants, poésie, ouvrages pratiques, encyclopédies, magazines pour enfants, BD, romans graphiques). Une médiathèque permet aux enfants dâemprunter des films et des CD. ⢠Lâéquipement et lâaménagement des espaces incitent à lire et à écrire (par ex. : lettres et chiffres dans la salle du groupe, équipement de bureau diversifié, instructions de construction, recettes de cuisine, accès à un ordinateur et à une imprimante). ⢠Des espaces spéciaux stimulent lâutilisation ludique et créative de la langue, de lâécriture et des médias (par ex. : imprimerie, bureau de poste, rédaction, studio de photos). ⢠Les enfants peuvent utiliser les différents médias numériques, si besoin avec lâaide de personnes compétentes, en fonction de leurs envies propres (par ex. : appareil photo, caméra, ordinateur, enregistreur). â III.4°4 Créativité, art et esthétique à une époque de changement technologique, économique et social fulgurant, la créativité, en tant que compétence clé, (223) constitue la meilleure garantie pour parvenir à aménager et maîtriser sa vie. Les enfants sont curieux et spontanés, expérimentent et trouvent des solutions non conventionnelles ; ils sont donc créatifs dans leurs actions autonomes. Une pensée divergente les rend entre autres aptes à identifier la complexité dâune tâche et à générer des solutions. Les pédagogues soutiennent les enfants en leur offrant un accompagnement attentif. (224) Leur approche dépourvue de tout préjugé aide les enfants à percevoir et utiliser leur potentiel de créativité et à se sentir efficaces et précieux. Ces compétences sont des ressources essentielles pour tous les processus dâapprentissage des enfants. Créativité et esthétique La créativité doit être vue comme une dimension intellectuelle complexe qui présuppose la présence de différentes compétences cognitives, telles que la capacité à réorganiser des structures. Toutes les formes dâactivité humaine qui sont nouvelles et ont de la valeur pour la personne qui les exécute peuvent être définies comme prestations créatives. (225) Lâesthétique englobe toutes les expériences sensorielles et leurs évaluations individuelles et sociétales. La réflexion et la discussion sur les attributions esthétiques (« beau » ou « moche » par exemple) sont les points de départ dâune perception sensible et différenciée des courants et évaluations de la société. La confrontation critique avec ses propres idées, celles des pairs ou celles de lâ « opinion publique » permet aux enfants de tenir compte des préjugés dans leur évolution et leur action au sein dâune société multiculturelle. Formes dâexpression créatives et expérience de lâart Bien que la créativité fasse partie de chaque champ dâaction, elle est soulignée, renforcée et favorisée par une offre artistique diversifiée. Les activités musicales, créatrices et théâtrales vécues de manière ludique et accompagnées de manière attentive stimulent entre autres les processus de sensibilité et de découverte, le développement dâune image positive de soi ainsi que le développement émotionnel et cognitif des filles et garçons. Les processus créatifs activent les zones du cerveau les plus diverses, ce qui favorise les processus de croissance et dâassociation. (226) Les processus de création réalisés avec plaisir et couronnés de succès motivent les enfants à réitérer lâexpérience, renforcent leur confiance en soi et favorisent lâapprentissage autonome. Le contact minutieusement préparé avec différentes Åuvres dâart initie les enfants à leur propre culture ainsi quâà des cultures étrangères, les incite à imiter, élargit leurs formes dâexpression et contribue au développement de leurs connaissances. Les arts visuels et le modelage sont des moyens dâexpression qui permettent aux enfants de laisser des traces de leur travail individuel. Les institutions de lâéducation non formelle soutiennent ces processus créatifs en proposant des thèmes ouverts et en mettant du matériel diversifié à disposition des enfants. Les pédagogues accompagnent les enfants en témoignant du respect pour leur travail et en attirant davantage leur attention sur le plaisir de la réalisation plutôt que sur lâévaluation du produit final. La musique, la danse et le rythme sont extrêmement attrayants pour les enfants de tout âge et à tout stade de développement, notamment parce quâils sont largement indépendants de la langue. Ils ont un effet motivant ou apaisant sur les enfants et favorisent lâenvie dâactivité physique et la formation dâune communauté. Le choix et la réception de la musique ainsi que les échanges par rapport aux différents interprètes sont particulièrement importants au niveau de la cohésion du groupe de pairs. Les adultes tiennent compte des intérêts musicaux spécifiques des enfants et répondent à leurs préférences. Une écoute attentive et un échange objectif encouragent les enfants à se confronter aux différentes formes et aux différents styles de musique et à élargir leur répertoire musical. Les morceaux de musique particulièrement rythmés motivent les enfants à bouger et à danser librement, contribuent à les désinhiber et les encouragent à sâinitier à la danse dirigée avec les autres. Les arts de la scène permettent aux enfants de se glisser dans les rôles les plus divers, que ce soit pour une improvisation libre ou une pièce de théâtre à mémoriser. En combinaison avec la mimique et la gestuelle, la voix, en tant quâélément dâexpression aux possibilités multiples, élargit la capacité de représentation des enfants. Les enfants parviennent ainsi à mieux maîtriser leur corps et à gérer leurs émotions de manière différenciée. La possibilité dâessayer différentes langues de manière autonome et de les utiliser de manière créative contribue de manière ludique à élargir et consolider le répertoire linguistique de chaque enfant. La présentation et la prise de parole en public, préparées et accompagnées avec sensibilité par les adultes, leur donne la sécurité dont ils ont besoin pour mener à bien leurs tâches scolaires et, plus tard, professionnelles. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Lâaménagement esthétique des espaces intérieurs et extérieurs intègre les idées et souhaits individuels des enfants et sert de modèle. ⢠Les espaces intérieurs et extérieurs offrent aux enfants la possibilité de modeler et créer et dâinterpréter des rôles, mais aussi dâécouter de la musique en toute tranquillité (par ex. : ateliers, surfaces libres, murs à peindre, métiers à tisser ; possibilités de retrait, cloisons réglables ou paravents ; raccordements pour les supports sonores). ⢠Des pièces et emplacements clairement délimités offrent calme et tranquillité. ⢠Lâéquipement invite à essayer divers matériaux, outils et techniques (par ex. : matériel de création tel que papier, carton, tissu, métal, verre, céramique, argile ; outils pour peindre, sculpter, plastifier). ⢠Les instruments, supports sonores, accessoires et déguisements incitent les enfants à faire de la musique et à danser, mais aussi à faire des jeux de rôle ou du théâtre. ⢠Des médias permettant dâapprofondir les expériences artistiques se trouvent à disposition (par ex. : catalogues dâexposition et de musée, reproductions, albums illustrés, CD, DVD). â III.4°5 Mouvement, conscience corporelle et santé La santé, en tant que condition sine qua non au développement personnel, social et économique, représente à la fois la base de la réalisation de soi et de la participation à la société. (227) En plus de facteurs extérieurs souvent immuables, le comportement personnel axé sur la santé est essentiel pour rester en bonne santé. Une éducation intégrale à la santé a donc pour objectif dâhabiliter chaque enfant à assumer la responsabilité de son propre bien-être et à adopter des conditions de vie saines. Le renforcement des ressources individuelles et sociales des enfants ainsi que la réflexion en commun sur les compétences des enfants les aident à relever ce défi. Lorsquâils entrent à lâécole, les enfants se retrouvent confrontés dans une plus large mesure à des exigences en termes de concentration et de persévérance, à des contraintes de performance et à lâéchec. Les institutions de lâéducation non formelle peuvent offrir une compensation aux enfants en leur donnant lâespace et les possibilités dont ils ont besoin pour se reposer, réaliser des activités de loisirs attrayantes, mais aussi vivre des expériences positives et évacuer le stress en pratiquant suffisamment dâactivité physique. Mouvement, jeu et sport Au fur et à mesure de leur développement moteur, les enfants élargissent leur répertoire de mouvements et leur rayon de déplacement et prennent davantage confiance en leurs capacités. Les filles et garçons ont besoin dâespaces (libres) qui leur offrent des possibilités multiples et complexes pour tester et améliorer leur force, leur coordination, leur endurance, leur rapidité et leur mobilité. Pour compenser la journée passée assis à lâécole et un environnement majoritairement sédentaire, les institutions de lâéducation non formelle doivent permettre aux enfants de réaliser des mouvements autorégulés et dâavoir facilement accès aux offres attrayantes en matière dâactivité physique. (228) En jouant librement et en faisant des expériences créatives, les enfants mesurent la différence entre tension et détente à travers la transition consciente entre activité et repos. Les pédagogues éveillent lâenvie et la curiosité des enfants dâexpérimenter de nouvelles offres de jeu, de sport et de détente et contribuent ainsi à un aménagement diversifié des loisirs, y compris en dehors de lâinstitution. (229) Les pairs, en tant que partenaires de jeu, sont de plus en plus importants pour les activités de groupe. Les jeux de mouvement initiés par les enfants ou guidés, les activités sportives de groupe ainsi que lâapprentissage et le respect de règles du jeu stimulent les compétences individuelles et sociales et peuvent contribuer à briser les barrières de la langue. à cet âge, le fait de mesurer ses propres capacités à celles des autres revêt une importance de premier plan. La reconnaissance sociale est souvent liée aux capacités sportives, particulièrement chez les garçons. Les pédagogues doivent faire preuve dâune grande sensibilité pour intégrer tous les enfants de manière égale dans les activités sportives et organiser des compétitions, notamment, de façon attrayante et originale. (230) Santé et bien-être Les perceptions sensorielles différenciées améliorent la sensibilité que lâenfant a de son propre corps et de lâenvironnement et sont fondamentales pour le développement cognitif. Connaître son corps, percevoir ses besoins et ses limites et prendre des décisions autonomes à son sujet permettent à lâenfant de mettre des limites là où cela sâavère nécessaire. La promotion de la maîtrise corporelle et de la régulation des émotions aide les enfants à contrôler leurs impulsions afin de pouvoir mieux gérer les exigences posées par lâenvironnement social, par exemple lâécole et le groupe de pairs. (231) La puberté, qui commence souvent très tôt à lâheure actuelle, pose aux enfants des défis de développement complexes et demande un degré élevé de compréhension et dâempathie de la part des pédagogues. Les enfants dotés dâune conscience corporelle marquée sont mieux à même de comprendre les changements, physiques surtout, et de les intégrer dans leur identité. (232) Un haut degré dâautodétermination rend les enfants aptes à prendre leurs responsabilités pour leur corps et leur santé. En apprenant à percevoir leurs sentiments et à les exprimer de manière appropriée, à gérer les conflits sans violence et à dissiper les tensions de manière consciente, ils renforcent leur résistance aux facteurs de stress psychiques et physiques. (233) Le trio gagnant « mouvement, alimentation, détente » est essentiel à la promotion de la santé au sens strict du terme. (234) Une activité physique suffisante entraîne et renforce la musculature, lâappareil de soutien et la circulation sanguine, active le système immunitaire et favorise une croissance saine. Une alimentation équilibrée fournit au corps lâénergie dont il a besoin pour accomplir ces activités. Des moments de détente ciblés veillent à offrir aux enfants un équilibre psychique, notamment par rapport à lâenvironnement scolaire. Les institutions de lâéducation non formelle contribuent par ailleurs largement à la prévention de la dépendance, en proposant aux enfants un climat de discussion ouvert et des informations objectives adaptées à leur âge, ainsi quâen concluant un partenariat éducatif de confiance avec les parents. Repas et habitudes alimentaires Les repas sont marqués par une culture de lâalimentation et de la table hédoniste, englobant tant lâaménagement esthétique des salles de repas et la présentation appétissante des plats que les rituels et règles de table convenus ensemble. Dans une atmosphère détendue, la cohabitation sociale et lâéchange autonome avec les pairs se trouvent à lâavant-plan, surtout chez les enfants plus âgés. Les pédagogues mangent avec les enfants, participent aux discussions à table et les encouragent à goûter de nouveaux plats. Les repas sont préparés en fonction de la tradition gastronomique du pays ainsi que de la diversité culturelle des familles. (235) Les enfants sont impliqués dans le choix et, en fonction des possibilités, la préparation des plats. Leurs besoins (faim, soif, saturation, rythme et habitudes alimentaires, etc.) sont respectés. En expérimentant la participation et la responsabilité propre, ils acquièrent des compétences techniques pour leur comportement alimentaire personnel. (236) Ils apprennent à faire la distinction entre les produits alimentaires et les produits dâagrément et développent, ce faisant, une capacité différenciée au plaisir. Les enfants développent un rapport particulier aux aliments en voyant les repas comme des produits de la nature et de lâagriculture. Dans les schémas dâapprentissage non formels, ils peuvent rechercher des informations sur lâorigine et le traitement des produits alimentaires, prêter davantage attention à la provenance et à la qualité de ceux-ci et traiter eux-mêmes les aliments. Grâce au contact direct quâils créent avec la nature en cultivant, en entretenant et en récoltant, les enfants évoluent en des consommateurs responsables. (237) La confrontation avec la production régionale, écologique, bio et issue du commerce équitable leur inculque le rapport entre la santé humaine et la protection de lâenvironnement. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Les espaces extérieurs et intérieurs réservés à lâexercice physique et aménagés de façon diversifiée permettent aux filles et garçons de tout âge de faire de multiples expériences motrices (par ex. : mur dâescalade, différents draps et cordes, skate-boards, matériel de jonglerie). La salle de gymnastique de lâécole est aussi disponible comme solution alternative. ⢠Un chantier de construction pour lâactivité physique doté de grands objets invite à jouer, à construire, à se cacher et à bouger (par ex. : matelas, coussins, boîtes, planches, pneus, tuyaux). ⢠Les surfaces permettant de cultiver des herbes, des légumes ou des fruits offrent aux enfants la possibilité de participer aux cycles de croissance et dâapprendre à agir de manière responsable avec les aliments (par ex. : culture dâherbes dans le jardin ou sur lâappui de fenêtre, arbustes à baies dans la cour). ⢠De petites tables pouvant accueillir de quatre à six enfants veillent à installer une atmosphère agréable pendant les repas. ⢠Les affiches, images, ouvrages pratiques et autres médias transmettent aux enfants des informations dâactualité relatives à la santé (par ex. : pyramide alimentaire, habitudes alimentaires dans dâautres cultures, anatomie du corps humain, visite médicale). ⢠Une boîte contenant des outils de massage permet aux enfants de vivre des expériences sensorielles et de se détendre (par ex. : pinceaux, brosses, éponges, balles de massage, ouate). â III.4°6 Sciences et technique Dans une société hautement technique, il va de soi que les institutions de lâéducation non formelle offrent elles aussi les conditions-cadres permettant aux enfants de développer et approfondir au quotidien leurs compétences mathématiques, scientifiques et techniques de manière autonome. En grandissant, les enfants apprennent les règles et principes fondamentaux, sont en mesure de les abstraire, de les transmettre à dâautres situations et dâen déduire des schémas dâaction pour résoudre leurs problèmes quotidiens. (238) Ces processus sont soutenus par les pédagogues, qui abordent eux-mêmes les phénomènes mathématiques, scientifiques et techniques en faisant preuve de curiosité, dâenvie dâapprendre et de réflexion. Ils tiennent compte des théories intuitives des enfants et déterminent des offres éducatives adaptées à leurs intérêts et talents individuels. (239) Dans le sens dâune pédagogie soucieuse de lâégalité entre les sexes, les filles et garçons doivent bénéficier dâun accès positif égal à lâéducation mathématique et technique. Les compétences mathématiques, scientifiques et techniques sont des fondements essentiels de lâapprentissage tout au long de la vie (240) et marquent à ce titre de façon déterminante le parcours éducatif de lâenfant. Compte tenu de la modernisation technologique croissante, ces compétences sont également essentielles pour pouvoir participer à la société. (241) Mathématiques Sur la base des expériences mathématiques déjà engrangées, les enfants acquièrent un accès différencié aux mathématiques au cours de leur scolarité. Les processus de lâéducation non formelle mettent lâaccent sur des mathématiques adaptées à lâenfant, (242) qui lui permettent de sây confronter de manière ludique. Les filles et garçons approfondissent leurs notions de grandeur, de quantité, de forme et dâespace dans leurs problèmes quotidiens et réels. Ce faisant, ils acquièrent la capacité à utiliser les principes mathématiques comme des « outils » dans différents contextes. (243) Les questionnements et énigmes mathématico-philosophiques invitent les enfants à réfléchir, à tirer des conclusions et à tester des solutions alternatives. Ils les incitent à réfléchir à leurs propres stratégies et à échanger avec les autres. Ce processus renforce les compétences linguistiques et sociales ainsi que la compétence méthodologique des enfants. Nature et écologie Les sciences naturelles combinent les connaissances biologiques, physiques, chimiques, astronomiques, géologiques et météorologiques et constituent le fondement dâune pensée et dâune action écologiques. Dans les schémas non formels, lâaccès spontané et direct des enfants à la nature est préservé et encouragé. Lâintérêt autonome et ludique pour les phénomènes naturels représente tant lâoccasion de se détendre et sâamuser que le point de départ dâune recherche et dâune expérimentation systématiques. (244) Ces expériences permettent surtout aux enfants dâélargir leurs connaissances techniques et leurs compétences linguistiques, mais aussi de prendre confiance en leur efficacité personnelle. En vivant des expériences simples et en étant guidés dans leurs observations quotidiennes de la nature animée et inanimée, les enfants acquièrent lâaccès à la pensée et au travail scientifiques. Les découvertes sur les liens et interactions entre les différentes influences sur la nature, lâhomme et lâenvironnement inculquent aux enfants la notion des relations écologiques et de lâimportance de lâêtre humain dans le cosmos. Lâéducation au développement durable (245) met non seulement lâaccent sur lâexploration, la compréhension et la protection de la nature, mais également sur la confrontation avec des questions relevant de lâégalité sociale et de la diversité culturelle, de lâéquilibre écologique et de lâefficacité économique. Sur cette base, les enfants développent une conscience environnementale, une pensée prévoyante ainsi quâun comportement de consommation et dâachat durable et orienté vers les ressources. (246) Technique Lâéducation technique élémentaire comprend lâacquisition de connaissances techniques de base et lâapplication quotidienne des principes et appareils techniques dans différents contextes. (247) à mesure quâils élargissent leurs connaissances, les enfants peuvent porter un regard critique sur lâutilité et les dangers des développements techniques et sâinterroger sur leurs répercussions sur la société. Au sein des institutions de lâéducation non formelle, lâaction et lâessai revêtent une importance primordiale vis-à -vis de la création et de la manipulation des produits techniques. En échangeant avec les autres sur leurs idées et les différentes pistes de solution, les enfants se voient comme des individus créatifs et imaginatifs et découvrent des approches diversifiées. Le choix et lâaccompagnement conscients des principaux domaines techniques, tels que la mécanique, les techniques de construction, le son et lâespace ou lâarchitecture, permettent aux enfants de se confronter de près à de multiples possibilités dâapplication. Du matériel diversifié incite tant les filles que les garçons à construire et à inventer. Les informations et connaissances spécialisées sur les réalisations techniques ainsi que sur leurs inventeurs, toutes époques et cultures confondues, inculquent aux enfants un aperçu intéressant du développement de la technique. Dans le même temps, ils apprennent à témoigner du respect pour lâinventivité humaine. Environnement de jeu et dâapprentissage Les exemples suivants démontrent comment un environnement de jeu et dâapprentissage de qualité peut favoriser le développement de compétences chez les enfants : ⢠Des espaces bien équipés et entretenus ainsi que des possibilités dâexpérimentation et de recherche favorisent les expériences autorégulées et lâapprentissage individuel (par ex. : livres, matériel et médias, modèles, appareils techniques de découpe, instructions de construction). ⢠Du matériel de jeu et de travail axé sur les mathématiques, la technique ou les sciences naturelles est à disposition dans tous les espaces de lâinstitution (par ex. : abaque, matériel Montessori ; dominos, backgammon ; microscope, jumelles ; règles, balances ; compas, thermomètres ; matériel de construction de différents degrés de difficulté). ⢠Des accessoires pour les jeux de rôle permettent de reprendre les observations environnementales des enfants ou des occasions particulières (par ex. : travaux, compétition de billard, voyage dans lâespace). ⢠Lâaménagement de lâespace et le programme de la journée permettent aux enfants de participer aux travaux artisanaux et techniques des adultes (par ex. : cuisine, réparations, travaux de construction, jardinage). ⢠Lâécologie et le développement durable se reflètent dans le choix des matériaux et lâaménagement de lâespace (par ex. : couleurs écologiques, tri des déchets et possibilités de compostage, maximum dâefforts pour éviter le plastique ou lâaluminium ; appareils électriques économes en énergie, chargeurs pour les piles). ⢠Un espace extérieur aménagé en tenant compte de la nature aide les enfants à vivre intensément les différentes saisons et à être en contact direct avec la nature (par ex. : plates-bandes, pots de fleurs ; nichoirs, hôtels à insectes ; points panoramiques et dâobservation, différentes structures de surface ; cours dâeau, mares). ⢠Les enfants ont la possibilité de prendre soin des animaux et/ou des plantes tant à lâintérieur quâà lâextérieur ; des ouvrages pratiques leur offrent des informations et instructions complémentaires (par ex. : aquarium, terrarium). â III.4°7 Transitions à  lââge scolaire On entend par « transitions » des restructurations profondes de la vie de la personne, (248) par lesquelles lâindividu fait lâexpérience de changements significatifs dans son identité, son rôle et son statut ; (249) il faut compter parmi elles les transitions dans le domaine éducatif. Les transitions sont des éléments inévitables de chaque biographie individuelle ; elles sâaccompagnent de différentes contraintes transitionnelles, mais comportent tout autant de facteurs de stimulation et dâoccasions dâapprentissage. (250) Câest pourquoi lâentrée à la structure dâéducation et dâaccueil pour enfants scolarisés ou le changement de celle-ci, de même que lâentrée à lâécole, nécessitent une attention particulière et un accompagnement réfléchi de la part de toutes les parties prenantes à cette transition. Les transitions réussies recèlent lâopportunité dâune plus grande assurance, dâune plus grande autonomie et de bonds en compétence. Intégration dans la structure dâéducation et dâaccueil pour enfants scolarisés Lors de lâentrée en Service dâéducation et dâaccueil ou un changement de Service dâéducation et dâaccueil, beaucoup dâenfants disposent déjà dâexpériences transitionnelles antérieures dont les compétences quâils y ont acquises pourront leur être utiles pour la maîtrise du nouveau passage. Néanmoins, ces enfants se trouveront eux aussi confrontés à de nouveaux défis. Ils entrent dans un environnement dâapprentissage auquel ils ne sont pas habitués, vont devoir engager une coopération avec de nouveaux camarades de jeux et dâautres adultes que ceux quâils connaissaient, et se développer dans un rôle dâécolier. Pour les familles dont lâenfant découvre une institution éducative pour la première fois, lâentrée en Maison Relais représente un défi important, qui doit être accompagné par le personnel éducatif avec précaution et selon une optique centrée sur lâenfant. Cette expérience transitionnelle ne se présente pas seulement lors du passage du service dâéducation et dâaccueil pour jeunes enfants au service dâéducation et dâaccueil pour enfants scolarisés ; une phase de familiarisation doit également être planifiée en commun avec les parents lorsque lâenfant change de Service dâéducation et dâaccueil, par exemple lors dâun déménagement. Le personnel pédagogique planifie et organise, en commun avec les parents, la phase de familiarisation et en adapte le déroulement de façon individuelle selon les besoins de lâenfant. (251) De plus, lâéquipe éducative veille à décaler les phases de familiarisation des différents enfants, de façon à ce que les nouveaux arrivants soient accueillis un par un et successivement. Cette organisation contribue à ménager, pour chaque enfant, un temps suffisant pour installer la relation entre le personnel éducatif et le nouvel arrivant et permettre la création de contact entre enfants, sans empêcher de répondre aux besoins du groupe existant. Des après-midis de découverte avant lâentrée proprement dite, ainsi que la reprise de séquences et de routines de lâenvironnement familial du nouvel arrivant ou du service dâéducation et dâaccueil pour enfants faciliteront « lâarrivée » et favorisent le bien-être de lâenfant dans son nouvel environnement. Coopération avec les parents Une gestion professionnelle de la transition implique les parents dans le passage en tant que partenaires éducatifs et les considère comme des experts pour ce qui touche à leur enfant et son changement de situation. (252) à lââge scolaire aussi, il convient de prendre en considération le « double rôle » des parents, qui ont à soutenir leur enfant dans sa transition tout en devant eux-mêmes maîtriser de façon active les exigences de celle-ci. Par un intérêt sincère et en instaurant une relation dâégal à égal, le personnel pédagogique manifeste quâil est toujours disponible en tant quâinterlocuteur de confiance pour toutes questions dans le cadre du processus transitionnel. Différentes formes de collaboration, par exemple des conversations informelles au quotidien, des entretiens de développement et de transition, un apport dâinformations au début de lâannée scolaire ou en cas de changement dâécole, etc., sont les garants dâun échange régulier dâinformations. Tirer parti des compétences linguistiques du personnel pédagogique peut soutenir une communication transparente dans la langue préférée des parents. Scolarisation et coopération soutenue avec lâinstitution scolaire Le but commun du personnel pédagogique des institutions dâéducation non formelle et formelle est une scolarisation réussie de tous les enfants dont ils ont la charge. La transition sera considérée réussie lorsque lâenfant se trouve à lâaise à lâécole et ne sây sent pas exclu, quâil entretient de bons rapports avec les adultes et les autres enfants, quâil est intéressé et motivé et adopte une attitude positive devant le fait dâapprendre, quâil se sait efficace et doué de compétences qui lui sont propres, et quâil progresse dans ses apprentissages. (253) La continuité des expériences éducatives peut être assurée par des relations de coopération intensives et des contacts étroits entre les personnels encadrants des institutions dâéducation formelle et non formelle. Câest ainsi par exemple, dans le cas dâenfants plus grands, quâun contact avec une Maison des jeunes peut leur donner la possibilité dâapprendre à connaître une structure quâils fréquenteront éventuellement après avoir quitté le service dâéducation et dâaccueil. Surtout dans le cas dâenfants disposant de peu de ressources personnelles et familiales et/ou confrontés à des situations particulièrement pénibles, les transitions peuvent ne pas être dénuées de risque et sâavérer très exigeantes. Lâélaboration de systèmes de transition à haut degré de professionnalisme et des relations de coopération continues avec les écoles et les offres de soutien existant dans lâespace social (collaboration avec des experts extérieurs, institutions de loisirs locales) sont des facteurs importants pour que ces groupes-cibles puissent maîtriser les transitions de manière positive et sans trop de difficultés dâadaptation. (254) Les passages horizontaux, (255) par exemple du service dâéducation et dâaccueil à lâÃducation préscolaire ou à lâécole, sont plus faciles à appréhender par les enfants si les structures, les approches, les méthodes et le matériel utilisé sont connus de toutes les parties prenantes. Par exemple, la coopération entre institutions dâéducation formelle et non formelle sera facilitée par un accord sur les objectifs de la coopération, une transparence réciproque sur lâaction de chacun et un calendrier de coopération commun entre les partenaires. Parmi dâautres éléments favorables, on peut évoquer des projets réalisés en commun et qui répondent aux intérêts des enfants, ou encore des pratiques concertées pour les devoirs à domicile. (256) Suggestions pratiques Les exemples ci-après montrent quelques manières dâétayer un accompagnement transitionnel de qualité à lââge scolaire : ⢠La connaissance des concepts éducatifs des institutions dâéducation non formelle et formelle avoisinantes, ainsi que de leurs méthodes et offres éducatives spécifiques, sensibilise le personnel pédagogique à tenir compte des discontinuités dans le processus dâapprentissage de lâenfant. ⢠La forme concrète du parcours dâintégration et du passage dans les institutions éducatives connexes et ultérieures est ancrée dans le projet pédagogique. La démarche dâintégration sâarticule sur les besoins individuels de lâenfant et de sa famille ; outre lâintégration, elle thématise également la phase de sortie du service dâéducation et dâaccueil et, le cas échéant, le passage à lâinstitution dâéducation non formelle suivante (p.ex. la Maison des jeunes). ⢠En particulier dans le cas de démarches pédagogiques inclusives ou ouvertes, il est important de veiller à lâorientation et à la sécurité des enfants nouvellement arrivés et de favoriser la création de nouvelles amitiés. ⢠Tant avec les enfants quâavec les parents, les transitions imminentes sont thématisées en temps utile et les sujets de transition ainsi que les sujets scolaires sont abordées en entretien (p.ex. des entretiens individuels concernant les attentes des enfants ainsi que sur leurs compétences déjà acquises, des entretiens concernant le développement avant lâentrée à lâécole, soirée de parents pour les futurs enfants scolarisés). ⢠Une offre différenciée en jeux et matériels éducatifs, respectant le niveau de développement de lâenfant, favorise lâapprentissage ludique des compétences de base (p.ex. matériels dâalphabétisation, de mathématiques et de science, matériels de lecture et dâécriture, jeux de construction stimulants). ⢠Des activités dirigées et des impulsions pédagogiques variées permettent à lâenfant de se préparer à son nouveau rôle dâécolier, et renforcent ses compétences transitionnelles (p.ex. matériel pour jeux de rôles autour du thème de lâécole, des impulsions à soutenir la capacité de résilience et la maîtrise du stress). ⢠Des équipes de transition composées du personnel pédagogique des différentes institutions éducatives (délégués à la transition), le cas échéant assistés dâexperts (p.ex. psychologues, ergothérapeutes) facilitent la collaboration dans le cas de systèmes éducatifs complexes ou de situations particulières. Cette collaboration comprend notamment des rencontres, activités et formations continues communes, de même que des moments réguliers de mise en réseau et dâéchange, dans le respect des dispositions relatives au droit sur la protection des données. ⢠Une approche définie en commun par le service dâéducation et dâaccueil et lâécole en ce qui concerne les devoirs à domicile, peut servir de « passerelle » entre institutions dâéducation formelle et non formelle. Cette approche, qui sera également communiquée aux parents, comprendra par exemple des accords sur les horaires à réserver pour les devoirs et les conditions favorisant la réalisation desdits devoirs. (257) 172. Rossmann (2010) 173. Oerter & Dreher (2008) 174. Rossmann (2010) 175. Elschenbroich (2002) 176. Haug-Schnabel & Bensel (2007) 177. Landesarbeitsgemeinschaft Elterninitiativen (2011) 178. Strätz et al. (2008) 179. Strätz et al. (2008, p. 33) 180. Vollmer (2008) 181. Vollmer (2008) 182. OCDE (2012) 183. Gisbert (2004), Pramling-Samuelson & Asplund-Carlsson (2007) 184. Wagner (2010b) 185. Service National de la Jeunesse (2011, p. 13) 186. Charlotte Bühler Institut (2009) 187. Marci-Boehncke (2011), Strätz et al. (2008) 188. Bäck, Hajszan & Bayer-Chisté (2008) 189. Sächsisches Staatsministerium für Soziales & Sächsisches Staatsministerium für Kultus (2007),Strätz et al. (2008) 190. Schronen (2003, cité dâaprès Schronen & Achten, 2011, p. 35) 191. Walden & Borrelbach (2002) 192. Tietze et al. (2005b) 193. Honig & Haag (2011) 194. Strätz et al. (2008) 195. Bergs-Winkels (2011, p. 67) 196. Tietze et al. (2005b) 197. Tietze et al. (2005b) 198. Kneidinger (2009, p. 20) 199. Strätz et al. (2008), Tietze et al. (2005b) 200. Rietmann & Hensen (2008) 201. Kneidinger (2009) 202. Wahl (sans indication de lâannée) 203. Viernickel (2006) 204. Konecny & Leitner (2006) 205. Ostermayer (2009) 206. Spitzer (2002) 207. Viernickel (2006, p. 71) 208. Wanzeck-Sielert(2005) 209. Viernickel (2006) 210. Charlotte Bühler Institut (2009) 211. Hartmann et al. (2009) 212. MGFFI (2010) 213. Juul (2003) 214. Seewald-Blunert (2011) 215. Sturzbecher & GroÃmann (2003) 216. Schneider, Wanka & Rössl (2009) 217. Wenzel (2004) 218. cf. Berk (2011) 219. Günther & Günther (2007) 220. Schneider (2003) 221. Baacke (1999), Fthenakis et al. (2009b) 222. Siraj-Blatchford & Siraj-Blatchford (2006) 223. Braun (2011) 224. Braun (2008) 225. Brodbeck (2006) 226. Grawe (2004) 227. Bründel (2009) 228. Jasmund (2009) 229. Zimmer (2004) 230. Michalek (2006), Brodtmann (1997) 231. Flammer (2009) 232. Oerter & Dreher (2008) 233. (233) WHO (1986), Wustmann (2011) 234. Becker (2008) 235. Cremaschi (2006) 236. (236) Maurer (2005, p. 11) 237. Famiani (2006) 238. cf. en résumé Fthenakis et al. (2009a) 239. Gisbert (2004) 240. Commission européenne (2006) 241. Lück (2009) 242. Burtscher (2011) 243. OCDE (1999) 244. Lück (2009) 245. UNESCO (2005) 246. UNESCO (2009) 247. Friedrich (2010), Fthenakis et al. (2009c) 248. Griebel & Niesel (2019) 249. Faust (2013) 250. Griebel & Niesel (2019) 251. Tietze & Viernickel (2016) 252. Griebel & Niesel (2019) ; Service National de la Jeunesse (2019c) 253. Wildgruber & Griebel (2016) 254. Bollig (2016) 255. Höhn (2016) 256. Sächsisches Staatsministerium für Soziales & Sächsisches Staatsministerium für Kultus (2007) 257. Sächsisches Staatsministerium für Soziales & Sächsisches Staatsministerium für Kultus (2007, p. 10) â IV. JEUNESSE â IV.1° INTRODUCTION AU GROUPE DâÃGE Les caractéristiques et contextes de la croissance seront présentés ci-dessous à partir de différentes perspectives des sciences sociales. Lâaccent sera principalement mis sur les processus dâapprentissage et de développement cognitifs, émotionnels et sociaux et sur les tâches de développement des jeunes. Cette démarche a pour but de montrer comment ces derniers appréhendent la confrontation avec les conditions de développement internes et externes et les chances et risques inhérents à ce processus. Nous présenterons ensuite le potentiel important du travail en milieu ouvert avec les jeunes : il permet dâaider et dâencourager les jeunes dans les tâches de développement propres à leur âge, en particulier dans la formation de leur propre identité et leur intégration sociale. Nous décrirons également les caractéristiques et conditions permettant de définir le travail en milieu ouvert avec les jeunes en tant quâinstitution de lâéducation non formelle. Pour finir, nous présenterons les concepts et approches utilisés dans les maisons de jeunes pour générer les multiples champs dâaction (contenus dâapprentissage) venant concrètement soutenir les jeunes dans leur développement. La conception de la jeunesse dans une perspective de sciences sociales : Tâches de développement et défis des adolescents Lâadolescence se définit comme la phase de transition de lâenfance à lââge adulte. (258) Elle se caractérise par le développement biologique, physique, social et culturel des jeunes et dure plus longtemps dans notre société moderne. (259) Sous lâangle de la psychologie du développement et de la sociologie des jeunes, lâadolescence débute aujourdâhui dès lââge de 12 ans et dure au-delà de 25 ans, en raison du développement physique et cognitif plus précoce des jeunes. (260) Pour les jeunes, cette période représente une phase de profonds changements, qui peut être vue comme une possibilité de développement et dâapprentissage, mais aussi comme une période risquée comportant son lot de défis et dâépreuves. Les changements touchent tous les domaines de la vie dâun jeune, mais principalement les aspects physiques, psychiques et sociaux. (261) En sciences sociales, la jeunesse est donc étudiée tant sous lâangle de la psychologie du développement que sous celui des théories de la société et de la socialisation. La psychologie du développement se réfère aux tâches de développement des jeunes pour mettre en lumière lâensemble des changements et exigences de lâadolescence. (262) Ces tâches se déroulent en parallèle du rapport individuation/socialisation : elles se réalisent dans lâinteraction entre les modifications internes (personnelles et cognitives) et les influences externes (sociales et sociétales). (263) En menant à bien ces tâches de développement propres à la jeunesse, les jeunes parviennent à se façonner une personnalité et à sâintégrer dans la société. Ces tâches supposent également ⢠que pendant la puberté, 13 les jeunes apprennent à se confronter aux changements physiques et à développer une identité sexuelle propre ; ⢠que les jeunes réorganisent leurs relations avec leurs parents et avec leurs frères et sÅurs et quâils deviennent plus indépendants de leur famille dâun point de vue émotionnel ; ⢠quâils construisent et maintiennent des relations plus matures avec les jeunes de leur âge ; (264) ⢠quâils cherchent leur propre identité, autrement dit quâils ébauchent un concept de soi et un style de vie qui leur sont propres ; ⢠quâils développent une compétence intellectuelle et sociale, une conscience de soi et un esprit dâinitiative ; ⢠quâils prennent de plus en plus leurs responsabilités vis-à -vis des exigences scolaires de leur métier ou dans leurs relations avec les autres et quâils créent ainsi les conditions nécessaires à une existence autonome en tant que personnes adultes ; ⢠quâils développent leur propre système de valeurs et leurs propres principes moraux ; ⢠quâils développent une conscience éthique et politique et un sens des responsabilités qui tiennent compte de leur propre comportement et de leurs propres actions. (265) Les jeunes grandissent dans un environnement complexe, au sein de nombreux systèmes sociétaux partiels, dont font partie la famille, lâécole ou encore lâespace social. (266) Par leurs caractéristiques particulières et leurs propriétés structurelles ainsi que par les interactions relationnelles qui y ont lieu, les systèmes partiels exercent une influence sur le processus de développement des jeunes. La sociologie de la jeunesse décrit la jeunesse actuelle sous cette perspective théorique de la société et définit de plus en plus cette période par une diversification accrue et une hétérogénéité. En résumé, on peut établir les caractéristiques sociétales suivantes : ⢠La prolongation et la différenciation des processus éducatifs ; ⢠La transformation du passage du système éducatif au marché du travail ; ⢠La diversité des projets de vie ; ⢠La tendance à  lâindividualisation ; ⢠La mondialisation au sens large ; ⢠Lâhétérogénéité ethnico-culturelle de la société ; ⢠Lâimportance des médias ; ⢠Lâinégalité au niveau de la répartition des ressources sociales et socio-économiques. La croissance des jeunes dans la société moderne est donc marquée par une diversité des processus de développement individuels. Au niveau de la socialisation des jeunes, ces caractéristiques de la société moderne ont pour conséquence, dâune part, quâils sont confrontés à de multiples possibilités dâaction parmi lesquelles ils peuvent et doivent faire un choix et, dâautre part, que les cadres dâorientation traditionnels, sources de sécurité lors du développement de leur identité, disparaissent de plus en plus. (267) Ainsi, les jeunes dâaujourdâhui sont plus que jamais incités à être acteurs de leur propre développement et à sâengager de plus en plus pour son bon déroulement. Comme le montre la recherche sur la jeunesse, la réussite de ces tâches ne dépend pas seulement des compétences personnelles, mais aussi des ressources sociales et socio-économiques dont les jeunes disposent en fonction de leur origine sociale. La jeunesse se caractérise donc également par une répartition inégale des chances au niveau de la réalisation des exigences et tâches de développement. (268) Avec les tâches complexes de la jeunesse, ce sont aussi les exigences posées aux institutions éducatives qui se sont multipliées. Les institutions de lâéducation non formelle pour les jeunes interviennent en complément des écoles. Au Luxembourg, les maisons de jeunes 14 sont tenues de décrire leur haut potentiel éducatif sous forme de concept et de le rendre visible et utilisable aux fins dâune éducation intégrale. â IV.2° LE TRAVAIL EN MILIEU OUVERT AVEC LES JEUNES, UN LIEU DE LâÃDUCATION NON FORMELLE Orientation actuelle du travail en milieu ouvert avec les jeunes Conformément au règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes, les domaines de compétence des maisons de jeunes luxembourgeoises peuvent se résumer comme suit : â IV.2°1 Lieu de rencontre « Pour le domaine de la jeunesse lâaccueil comprend notamment lâorganisation dâun ou de plusieurs lieux de rencontre visant essentiellement à favoriser la communication et la création de liens sociaux entre les jeunes et entre les jeunes et le personnel éducatif. » ( Règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes, Art. 4) Les activités sont décrites comme suit : 1. Animation « Pour le domaine de la jeunesse lâanimation comprend notamment des initiatives socioculturelles de même que des structures sâadressant aux jeunes et visant leur développement personnel et leur fonctionnement dans la société en tant quâindividu et en groupe. Lâanimation des jeunes est organisée sous accompagnement éducatif et pendant les loisirs des jeunes. La participation des jeunes à lâanimation est volontaire. » ( Règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes, Art. 4) 2. Formation « Pour le domaine de la jeunesse la formation sociale comprend notamment toute formation visant essentiellement le développement et lâacquisition des compétences pouvant servir dans la réalisation et lâexercice des activités dâanimation, dâaccueil, de consultation, dâaide, dâassistance, de guidance et de formation. » ( Règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes, Art. 4) 3. Information « Lâinformation jeunesse vise au maintien et à lâépanouissement des droits et responsabilités des jeunes, à favoriser chez les jeunes des choix libres et responsables en connaissance de cause, à les aider à conquérir leur autonomie en les aidant à réaliser leur choix personnel à partir dâune large information polyvalente, complète et sans réserve. Une information active peut se faire par des points dâinformation ou un travail de rue en faveur des jeunes. » ( Règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes, Art. 4) En plus des domaines de compétences établis par la loi, dâautres domaines dâaction des maisons de jeunes font leur apparition. En font partie en première ligne le travail de prévention, les conseils à bas seuil dâexigence et la participation. Les services généraux des maisons de jeunes englobent la contribution à lâépanouissement des jeunes, le soutien à lâintégration sociale et professionnelle, le renforcement de la confiance en soi et de la solidarité et la participation active des jeunes ( règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes ; article 6). Par ailleurs, on note depuis longtemps déjà quâune bonne connaissance de lâinfrastructure sociale et lâimplication de lâenvironnement local sont indispensables à la planification dâoffres adaptées aux besoins des jeunes. (269) Ainsi, la mise en réseau est une tâche importante de la maison de jeunes et fait dans le même temps partie intégrante dâune politique prévoyante de la jeunesse : « La mise en réseau au niveau local et régional des structures travaillant dans des contextes différents avec les mêmes jeunes permettra de mieux réagir à certains défis concernant lâintégration sociale, la prévention » (deuxièmes Lignes directrices pour la politique de la jeunesse ; Ministère de la Famille, de la Solidarité Sociale et de la Jeunesse, SNJ 2004) Objectifs éducatifs du travail en milieu ouvert avec les jeunes Dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes, lâéducation non formelle a pour objectif de soutenir les jeunes au niveau du développement de leur personnalité afin quâils puissent gérer tous les aspects de leur vie de manière autonome. à travers des processus éducatifs non formels, les jeunes doivent développer des capacités et des compétences qui leur permettent de mener à bien les multiples tâches de vie et de développement, de participer aux processus sociétaux et de prendre leurs responsabilités pour eux-mêmes et pour leur environnement. La notion dâéducation au sein des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes vise avant toute chose a) à promouvoir le développement de la personnalité des jeunes, câest-à -dire les aider à acquérir de lâautonomie, un esprit dâinitiative et de la responsabilité. Elle soutient b) la formation de compétences et valeurs sociales et sociétales et favorise ce faisant lâintégration sociale. Les structures du travail avec les jeunes permettent et favorisent la rencontre entre des jeunes issus de différents contextes sociaux et culturels. Les maisons de jeunes sont un lieu dâencouragement au sein duquel les jeunes apprennent à avoir une perception positive dâeux-mêmes et à avoir suffisamment confiance pour prendre leur vie en main. Par ailleurs, le travail en milieu ouvert avec les jeunes propose toute une série dâoffres qui sensibilisent et motivent les jeunes à se confronter à des thématiques telles que les nouveaux médias, la politique, la technique ou lâenvironnement. La notion dâéducation au sens du travail en milieu ouvert avec les jeunes va ainsi au-delà du transfert formel de connaissances et vise « la stimulation de toutes les forces [â¦], lâassimilation du monde [â¦] et lâépanouissement de la personnalité [â¦] ». (270) Vue sous cet angle, lâéducation au sein des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes nâest pas un instrument unidimensionnel, mais un processus actif qui contribue au développement de lâindividu au sens large. (271) Caractéristiques structurelles du travail en milieu ouvert avec les jeunes Le travail en milieu ouvert avec les jeunes peut se définir comme un environnement dâapprentissage et dâexpérience ouvert, indépendant, fréquenté sur une base volontaire, au sein duquel diverses possibilités dâéducation situationnelles sont élaborées pour les jeunes. (272) Ãtant donné que lâoffre du travail en milieu ouvert avec les jeunes nâest pas liée à un parcours fixe, mais quâelle se caractérise par une orientation vers la personne et une ouverture, les événements, sujets et questions dâactualité qui revêtent de lâimportance actuellement dans la vie des jeunes peuvent être soulevés de manière éducative dans les maisons de jeunes. Câest ainsi quâapparaît un cadre permettant dâaider individuellement les jeunes, de soutenir concrètement leur motivation et leur orientation et de leur fournir des conseils et des informations ciblés et pertinents. Grâce aux caractéristiques du volontariat et de la discursivité, les jeunes sont fondamentalement libres de décider sâils souhaitent participer ou non aux offres du travail en milieu ouvert avec les jeunes et développer et discuter de leurs propres envies et points de vue dans ce contexte. Le travail en milieu ouvert avec les jeunes se distingue par son accessibilité à bas seuil et son approche orientée vers les circonstances de vie et le monde des jeunes. Il parvient à sâadapter aux intérêts de ces derniers, qui contribuent à sa conception et à son organisation. (273) On peut y voir une vision fondamentale de la maison de jeunes comme lieu de participation. Lâapprentissage au sein dâune maison de jeunes se caractérise aussi par une pédagogie souple (sans quâelle soit pour autant quelconque ou involontaire) et par la co-construction par les jeunes eux-mêmes. Les processus éducatifs qui ont ainsi lieu peuvent être vus comme des processus relationnels et en constante mutation. (274) Si les contenus éducatifs sont favorisés par des conditions-cadres bien définies (objectifs politiques, concepts dâaction), leur application fait toutefois partie intégrante du travail pédagogique. Ils ne sont donc pas transmis principalement par un travail de médiation et des ateliers ou séminaires pédagogiques : ils sont bien davantage une conséquence des situations et interactions quotidiennes qui naissent librement dans un cadre ouvert ou qui y sont initiées de manière ciblée. (275) Une éducation non formelle de ce type est synonyme dâéducation par la découverte et lâexpérience et par lâassimilation de connaissances et compétences dans un contexte social. Elle peut être considérée comme un apprentissage vivant et actif qui répond au plus près aux intérêts des jeunes. à cet égard, la réussite des processus éducatifs dépend largement de la façon dâagir des pédagogues au sein de la maison de jeunes. En effet, le champ dâexpérience mis à la disposition des jeunes dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes est influencé par lâattitude que les pédagogues adoptent par rapport à leur activité et la conception quâils ont de celle-ci. (276) â IV.3° RÃLE DES PÃDAGOGUES Les pédagogues aident les jeunes à mener à bien les tâches de développement propres à leur âge. Leur mission est de donner à la maison de jeunes un cadre didactique et dâutiliser son caractère ouvert et situationnel pour des activités pédagogiques. Ils saisissent la situation, les intérêts et les besoins des jeunes au sein de la maison de jeunes et leur permettent de les exploiter et de les expérimenter à lâaide dâoffres et de projets. Un élément essentiel de cette activité est le travail relationnel avec les jeunes. La création et le maintien dâun climat de confiance et dâun schéma pédagogique au sein duquel les jeunes peuvent évoluer, interagir, tester et apprendre en toute sécurité font également partie intégrante du travail des pédagogues, de même que les offres de soutien, dâéducation et de conseil. Dans ses interactions avec les jeunes, le personnel pédagogique évolue entre vie quotidienne et professionnalisme : il participe, il intervient discrètement de manière pédagogique dans la vie quotidienne ou propose des offres et des prestations pédagogiques ciblées et visibles. (267) Les pédagogues jouent également le rôle de modèles pour les jeunes. Ils leur font découvrir des alternatives aux modèles dâaction et de pensée des différentes cultures de la jeunesse, leur donnant par là même un sentiment de sécurité et de confiance. Ils leur offrent toutefois aussi des zones de friction. (278) Encadrement méthodique et didactique du quotidien de la maison de jeunes Lâune des tâches principales des pédagogues est de créer un cadre approprié permettant aux jeunes dâassimiler les processus éducatifs au sein de la maison de jeunes. Ce faisant, ils doivent notamment identifier par la voie ludique et expérimentale la situation, lâambiance et les interactions déjà en place au sein de lâinstitution. Ils sâinvestissent ainsi continuellement eux-mêmes dans lâaction en cours, activement ou passivement en fonction de la situation, et en deviennent un élément à part entière. (279) Ils se gardent au maximum dâintervenir de manière directive, mais sont pédagogiquement perceptibles pour les jeunes, présents par la communication, motivants et, le cas échéant, provocants. (280) Par ailleurs, ils sont sans cesse amenés à réajuster leurs rôles, positions, approches et potentiels dâaction dans le cadre de leur travail et veillent à les adapter aux situations en place, aux thématiques variables et aux groupes cibles. Les processus de mutation décrits sont une caractéristique essentielle du travail pédagogique de la maison de jeunes. Les pédagogues doivent faire preuve pour ce faire dâune certaine « tolérance de la différence », câest-à -dire quâils doivent être ouverts à la diversité et à lâinstabilité des jeunes et être en mesure de reconnaître leurs intérêts et particularités propres. (281) Les processus de clarification prennent essentiellement la forme de processus de négociation, dans le cadre desquels des décisions communes sont élaborées ou examinées par les pédagogues et les jeunes. Le travail pédagogique avec les jeunes devient ainsi un processus de co-construction sans cesse recommencé et personnalisé, qui ne peut être planifié quâà certaines conditions. Les pédagogues et les jeunes sont étroitement liés dans leurs interactions, câest-à -dire que le travail pédagogique se fait essentiellement au niveau relationnel. Pour mener à bien ce processus de co-construction, les pédagogues doivent faire preuve, entre autres, dâempathie, dâune compétence dâinteraction et de la capacité à expliquer et préparer différentes options dâaction auxquelles les jeunes peuvent recourir spontanément. Ãlaboration des offres en fonction des jeunes Par ailleurs, les pédagogues sâemparent des tâches de développement et des intérêts des jeunes en élaborant des offres et des projets qui leur permettent de sây confronter en permanence de manière consciente, active et approfondie. à cet égard, les intérêts et besoins de tous les jeunes de la maison de jeunes sont pris en compte de manière égale. Les offres du travail avec les jeunes permettent et favorisent la rencontre entre des jeunes issus de différents contextes sociaux et culturels. Elles leur permettent dâavoir une perception positive dâeux-mêmes dans leurs activités et dans leurs interactions avec les autres et de développer leur confiance en eux. Afin de favoriser la participation des jeunes dans le quotidien de la maison de jeunes, ceux-ci sont impliqués dans le choix, la planification et la mise en Åuvre des offres. Aperçu des connaissances et des compétences techniques Les pédagogues disposent de connaissances scientifiques spécialisées et dâun répertoire de connaissances et aptitudes pédagogiques, méthodiques et didactiques qui peuvent se résumer comme suit : ⢠Connaissance fondamentale des problèmes, tâches et possibilités dâintervention propres à la jeunesse ainsi que des risques et chances inhérents à ceux-ci ; ⢠Connaissance des principes de base des sciences humaines et sociales et des méthodes du travail social ; ⢠Connaissance des dispositions et directives légales de la politique de la jeunesse et du travail avec les jeunes ainsi que des objectifs et lignes directrices de lâorganisme gestionnaire de la structure ; ⢠Connaissance des caractéristiques structurelles, des approches et des contenus dâapprentissage du travail en milieu ouvert avec les jeunes ainsi que du rôle des jeunes en tant que co-constructeurs des processus pédagogiques ; ⢠Compétence de planification et dâexécution des offres et projets adaptés aux jeunes ; ⢠Connaissance des groupes cibles de la maison de jeunes, de leur situation de vie actuelle et du type de jeunes qui ne viennent pas dans la maison de jeunes ; ⢠Connaissance du système scolaire luxembourgeois et des infrastructures spécifiques aux jeunes ; ⢠Capacité de communication qui permet de comprendre et prendre en compte les différents codes linguistiques des groupes cibles et institutions et dâêtre sensible aux différents styles de communication ; ⢠Capacité à gérer les conflits et connaissance des méthodes de gestion des conflits ; ⢠Connaissance dâau moins deux des langues administratives du Grand-Duché de Luxembourg, dont le luxembourgeois ; ⢠Capacité dâexpression orale et écrite, connaissance de la rédaction de rapports et de concepts, capacité à préparer et à présenter des contenus ; ⢠Compétences dans les domaines des relations publiques et du marketing ; ⢠Compétences dans le domaine de la gestion de projet ; (282) ⢠Compétences dans le domaine de lâauto-évaluation et de lâassurance qualité ; ⢠Connaissance de lâenvironnement communal et socio-spatial de la maison de jeunes, des structures de coopération et des réseaux communaux et institutionnels ; (283) ⢠Modération professionnelle de processus avec les jeunes, les bénévoles et les autres acteurs et partenaires de coopé ration concernés. Auto-évaluation et assurance qualité Lâexigence dâun développement continu de la qualité dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes est le signe dâun professionnalisme accru. Avec lâorganisme gestionnaire de la structure, les pédagogues sont responsables de remettre systématiquement en question leur pratique professionnelle et de la développer en répondant au plus près aux intérêts et aux besoins des jeunes. (284) Les pédagogues doivent savoir ce quâils veulent faire, pourquoi, comment et sous quelles exigences de qualité, et pouvoir justifier, motiver, remettre en question et communiquer leur pratique vis-à -vis des connaissances spécialisées spécifiques à la profession. (285) Afin de développer plus avant leur travail pédagogique individuel, ils doivent donc contrôler à intervalles réguliers des éléments de détail de leur action quotidienne et les modifier si besoin. Les processus dâévaluation de ce type peuvent être utilisés comme processus dâautoréflexion, de sorte à permettre aux jeunes de vivre des expériences et développements dâapprentissage. Les évaluations sont considérées comme un outil utile qui stimule lâapprentissage et le développement de la personnalité. à cet égard, lâassurance qualité est un processus permanent de description et de remise en question des objectifs et résultats qui se reflète dans le développement et la révision des concepts des institutions. â IV.4° CONDITIONS-CADRES DES PROCESSUS ÃDUCATIFS Parmi les différentes conditions-cadres des processus éducatifs du travail en milieu ouvert avec les jeunes, les principales caractéristiques structurelles et les ressources des maisons de jeunes seront présentées en premier lieu, compte tenu de leur potentiel de promotion des processus éducatifs. Nous décrirons ensuite les méthodes de travail et les concepts du travail en milieu ouvert avec les jeunes. â IV.4°1 Structures et ressources éducatives des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes Fonctions des espaces intérieurs et extérieurs Lâappropriation des espaces par les jeunes et la flexibilité de ces espaces leur offrent de nouvelles marges de manÅuvre et leur permettent de se mettre en relation avec les autres, dâêtre reconnaissables, de se faire remarquer et de se montrer. (286) Ce sont là les conditions de lâexpérimentation et du renforcement dâune identité propre. (287) Les espaces de la maison de jeunes peuvent être utilisés et aménagés librement et servent de lieux de rencontre, mais aussi de confrontations, de jeux et de spectacles. Ils favorisent ainsi les processus dâapprentissage, qui ont toujours lieu dans le cadre dâun public interne, lequel conditionne la réalisation de ces processus dâapprentissage. (288) Lâespace offert fournit un environnement où les jeunes peuvent sâapproprier un « espace de vie » et lâaménager, ce qui leur permet dâélargir leurs expériences quotidiennes. Lâespace intérieur dâune maison de jeunes est équipé de salles de séjour et de différentes pièces fonctionnelles (par ex. cuisine, salle multimédia, etc.), que les jeunes peuvent utiliser pour réaliser des activités thématiques. Les espaces réservés au sport et au jeu, le hall dâentrée ainsi que les installations extérieures proches de la nature offrent également aux jeunes des espaces propices aux expériences, quâils peuvent utiliser avec chacun de leurs sens : arbres et haies, buttes, niches ou surfaces libres peuvent servir dâespaces de jeu et de contact informel, ou encore offrir un espace où se retirer ou un espace « scénique ». Les jeunes peuvent venir « occuper » ces endroits, qui leur permettent de passer un peu de temps dans un espace intermédiaire sans devoir pénétrer à lâintérieur de la maison de jeunes. (289) Les ateliers, jardins ou terrains de jeu de construction leur donnent par ailleurs la possibilité de se confronter de manière active et productive à lâenvironnement. Ãquipement matériel et programmes dâapprentissage Les offres du travail en milieu ouvert avec les jeunes requièrent un équipement matériel adéquat. Un équipement technique de base est indispensable au processus pédagogique et les espaces doivent être fonctionnels, esthétiques et modifiables. De plus, les maisons de jeunes disposent dâun équipement de travail (équipement multimédia, ustensiles de cuisine, livres et magazines, matériel artistique ou appareils sportifs par exemple). Lâéquipement matériel des maisons de jeunes invite les jeunes de toutes les catégories dââge à sâoccuper, à bouger et à se mettre en scène de diverses manières. Associés aux approches didactiques et méthodiques, lâaménagement des salles et le matériel mis à disposition se transforment en dispositifs de lâoffre pédagogique qui viennent soutenir les processus éducatifs de tout type : par exemple, le billard devient un lieu de mise en scène des genres, mais également un point dâentrée pédagogique, tandis que le coin canapé devient un lieu de retrait pour les filles ou garçons qui se lient dâamitié, et la cuisine un forum où sâéchanger les nouvelles. (290) Une atmosphère positive comme condition indispensable à  la réussite des processus éducatifs Il est indispensable que les jeunes se sentent bien dans la maison de jeunes et sây rendent régulièrement pour que puissent sây tenir des processus dâapprentissage non formels. Ãtant donné que les jeunes répondent à lâoffre sur une base volontaire, le travail en milieu ouvert avec les jeunes doit sans cesse rétablir lâappartenance à leur lieu social comme condition à lâétablissement dâune relation de travail. (291) Une atmosphère positive, câest-à -dire conviviale et basée sur la confiance, est donc essentielle pour avoir accès aux jeunes. Par ailleurs, les projets et offres du travail en milieu ouvert avec les jeunes doivent permettre aux jeunes de sâamuser, les motiver et répondre à leurs intérêts. Pour quâils aient envie de venir dans la maison de jeunes et sây ouvrent, ils doivent y trouver un environnement tolérant et de confiance qui facilite leur contact aux autres, les motive à engager des interactions et les aide à trouver leur propre place. Possibilités dâaccès à  la maison de jeunes Lâoffre du travail en milieu ouvert avec les jeunes est adaptée aux intérêts et aux besoins de ces derniers. Les conditions dâaccès à la maison de jeunes permettent aux adolescents de tout âge et de toute nationalité, quâils soient fille ou garçon, dâutiliser de manière égale les offres de cette dernière. Le matériel et les locaux sont également adaptés aux différents groupes dâintérêt et catégories dââge. Les jeunes doivent avoir facilement accès à la maison de jeunes. Les heures dâouverture leur permettent dây rester pendant leur temps libre. Afin que tous les jeunes puissent utiliser de manière égale les offres de la maison de jeunes, il est primordial dâassurer un accès sans obstacles aux différents locaux. Il est par ailleurs judicieux de diviser les espaces en fonction des contenus thématiques et des événements, ou à des fins de délimitation. â IV.4°2 Approches et concepts des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes Apprendre dans le cadre de projets et dâactivités Les pédagogues adaptent les différents projets et activités quâils élaborent aux intérêts et aux besoins des jeunes et les impliquent généralement dans la planification et la mise en place de ceux-ci. Ce faisant, ils tiennent compte des différences des jeunes en termes dââge, de sexe et dâorigine socioculturelle et adaptent leurs offres en conséquence. La réalisation de projets thématiques permet de traiter des sujets nouveaux ou dâactualité de manière autonome et ciblée, ainsi que dâacquérir les ressources auprès de tiers. (292) Le travail en milieu ouvert avec les jeunes donne ainsi de nombreuses possibilités de collaboration responsable et autonome en sâappuyant sur le monde des jeunes. Il concrétise ainsi les chances dâun apprentissage orienté vers lâaction, participatif, démocratique et intégral et utilise explicitement les composants communicatifs et cognitifs des processus relevant de la dynamique de groupe inhérents à lâapprentissage social. Le travail de projet est par ailleurs particulièrement adapté à la coopération avec dâautres instituts et institutions communales. Apprendre dans le contexte du groupe Les approches du travail en milieu ouvert avec les jeunes reposent majoritairement sur la méthode du travail social de groupe. Lâobjectif du travail social ou pédagogique de groupe dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes est de favoriser le développement de ces derniers par le biais de lâapprentissage social, sur la base dâun concept pédagogique de groupe. (293) Cette approche est particulièrement appropriée pour transmettre des expériences, des résultats et des éclairages positifs qui aident le jeune à respecter lâautre, à avoir confiance en lui et à surmonter les difficultés de développement et les problèmes comportementaux. Concrètement, le travail en groupe permet dâutiliser la tendance des jeunes à imiter les autres jeunes de leur âge, à apprendre dâeux et à se comparer à eux pour développer leurs propres normes, idées et valeurs. (294) Le groupe en tant que structure offre aux jeunes un espace dâapprentissage et dâexpérience, mais il permet aussi de sâappuyer sur les processus relevant de la dynamique de groupe, comme les conflits ou le potentiel de développement du groupe, pour impulser des processus dâapprentissage. Ce type de travail de groupe social et orienté vers la culture propre aux jeunes se base sur la communauté des jeunes du même âge, qui partagent par exemple les mêmes intérêts et motivations. Sâapplique par ailleurs une approche fondée sur un travail pédagogique de groupe dans le cadre de laquelle les contenus dâapprentissage sont davantage focalisés sur les sujets du travail de groupe plutôt que sur la structure du groupe. Câest notamment le cas des groupes de soutien scolaire. Le travail individuel en tant que programme de soutien et dâapprentissage Au-delà du travail de groupe, le travail individuel est une autre approche de plus en plus importante du travail en milieu ouvert avec les jeunes. (295) Le travail individuel avec les jeunes peut constituer une importante méthode de conseil et de médiation, notamment en cas de problèmes intrafamiliaux ou scolaires, lors du passage de lâécole à la formation ou au monde professionnel, mais aussi en cas de difficultés dâorientation ou de problèmes avec soi. Les pédagogues de la maison de jeunes sont souvent les premiers interlocuteurs de ceux-ci en cas de problèmes urgents. Puisquâils bénéficient de la confiance des jeunes et grâce à leur point de vue neutre mais empathique, ils peuvent élaborer avec ces derniers des solutions alternatives, leur montrer de nouvelles perspectives et contribuer à la résolution des conflits. Grâce à leur fonction de relais et leurs compétences techniques, ils peuvent si besoin les renvoyer vers dâautres services spécialisés. Aménagement des processus éducatifs socio-spatiaux Le travail en milieu ouvert avec les jeunes favorise les processus dâassimilation et dâéducation, y compris ceux qui se déroulent en dehors de ses locaux, notamment dans lâespace public. (296) à cet égard, il prend appui sur lâenvironnement dans lequel les jeunes grandissent et développe des offres et projets adéquats et flexibles qui répondent de près à leurs besoins et intérêts. Cela sous-entend également la mise en réseau avec les partenaires de coopération de lâespace social, tels que les associations, lâadministration communale, les écoles ou les autres institutions pour jeunes. Le travail socio-spatial avec les jeunes a pour objectif dâaider ces derniers à conquérir et sâapproprier les espaces publics au sein de la collectivité et, ainsi, de promouvoir leur identité socio-spatiale. (297) Cela implique notamment que les jeunes se confrontent dâeux-mêmes à leur environnement, contribuent à son organisation et puissent se mettre en scène et se positionner en dehors de la maison de jeunes, au sein dâun cadre protégé. Lâenvironnement de vie, le quartier ou la commune deviennent ainsi une partie de lâespace public au sein de laquelle les jeunes ont lâoccasion de sâinvestir de manière créative, sportive ou encore politique dans la vie quotidienne. Ainsi, le travail socio-spatial avec les jeunes sâemploie à préserver et à développer les espaces de vie sociaux et est vu comme un lobby pour les jeunes et leurs intérêts dans lâespace social. Les pédagogues pénètrent également dans lâespace social par le biais de leur travail et tentent ainsi dâentrer en contact, par exemple, avec des bandes et des groupes du quartier qui, pour différentes raisons, ne profitent pas des offres de la maison de jeunes. Grâce à des approches socio-spatiales et une pédagogie de lâexpérience (projets dâaménagement dans lâespace social ou rallyes dans le quartier, par exemple), les jeunes ont en outre la possibilité de redécouvrir lâespace social et de profiter par là même de processus dâapprentissage personnels ou relevant de la dynamique de groupe. Mise en réseau et coopérations avec lâécole Au cours des dernières années, les structures de lâéducation non formelle et institutions scolaires se sont ouvertes à la collaboration. (298) Au Luxembourg, cette ouverture se traduit par la mise en Åuvre de projets pilotes de lâécole à plein temps, dont le fondement conceptuel est de combiner les possibilités dâapprentissage formelles et non formelles. (299) Les approches éducatives formelles et non formelles sont associées grâce à lâapplication dâune notion élargie de lâéducation, qui renvoie tant aux contenus cognitifs et scolaires quâaux contenus sociaux, émotionnels et culturels et qui inclut le développement de la personnalité. (300) Compte tenu de la nécessité sociale de développer les offres de prise en charge et dâenseignement à plein temps pour les enfants et les jeunes, la coopération entre les différentes institutions éducatives offre une réelle chance à ce niveau, que ce soit dans la pratique scolaire ou dans le domaine du travail avec les jeunes. Ainsi, le travail en milieu ouvert avec les jeunes intègre ses approches dans une forme élargie et ouverte du quotidien scolaire et contribue activement à les mettre en place, sous la forme de projets par exemple. à titre alternatif ou complémentaire, la maison de jeunes devient le trait dâunion entre lâécole et les institutions et associations de lâespace social et favorise, grâce à cette mise en réseau, la formation de multiples lieux dâapprentissage pour les jeunes au sein de lâespace communal. (301) Les possibilités dâune collaboration constructive apparaissent dans les expériences positives de réaménagement des cours de récréation ou de projets communs dans le cadre desquels lâécole sâouvre à lâenvironnement des jeunes. (302) Les institutions du travail en milieu ouvert avec les jeunes permettent à ces derniers de faire leurs devoirs et leur offrent un soutien scolaire. Les jeunes, en particulier ceux qui sont issus de milieux défavorisés, ont ainsi davantage de chances de mener à bien leur parcours éducatif formel. Apprendre en participant Lâun des principaux objectifs du travail en milieu ouvert avec les jeunes est de les mettre en capacité de faire leurs propres choix et de les inciter à assumer une co-responsabilité sociétale et un engagement social. (303) Ce concept de participation ne doit pas seulement permettre aux jeunes de contribuer à définir le champ dâactivité du travail avec les jeunes, mais aussi de favoriser leur implication politique dans la société et la défense de leurs intérêts. Le travail participatif avec les jeunes vise donc la participation de ceux-ci à la société et à la collectivité sociale. Cette approche considère dâune part la co-responsabilité comme un droit des jeunes à participer aux décisions sociopolitiques par le biais du travail avec les jeunes, et dâautre part, elle permet de répondre aux attentes des jeunes qui souhaitent sâengager en tant que tels pour la société. La participation dans la mise en place et la réalisation des processus quotidiens de la maison de jeunes a pour but de favoriser lâapparition des compétences dâun citoyen démocratique en tant quâindividu autonome, responsable et engagé. â IV.5° CHAMPS DâACTION Les conditions structurelles du travail en milieu ouvert avec les jeunes comportent toute une série de contenus dâapprentissage et dâaspects éducatifs qui seront décrits ci-après sous le titre « Champs dâaction de lâéducation non formelle ». Ceux-ci peuvent être considérés comme des domaines thématiques de lâéducation non formelle. Par ailleurs, le chapitre « Environnement dâexpérience et dâapprentissage » expose quelques exemples relatifs aux activités ou offres par le biais desquelles ces possibilités éducatives peuvent être concrètement élaborées et transmises dans la pratique quotidienne de la maison de jeunes. â IV.5°1 Ãmotions, relations sociales Les conditions dâapprentissage et dâexpérience offertes par les institutions du travail en milieu ouvert avec les jeunes aident ces derniers à développer des capacités sociales, émotionnelles et cognitives et leur apprennent comment les utiliser. Ces compétences non techniques, telles que les compétences sociales et interculturelles, lâempathie, la capacité à communiquer, lâesprit critique, la tolérance, la capacité à coopérer, lâengagement et lâapprentissage autorégulé occupent une place de plus en plus centrale dans les offres du travail en milieu ouvert avec les jeunes compte tenu de leur importance croissante. Le groupe en tant quâenvironnement dâapprentissage social Le groupe est un important environnement dâapprentissage social, dans lequel les jeunes apprennent à interagir et à se confronter à dâautres jeunes. Les processus de groupe favorisent la création dâune communauté avec les jeunes du même âge, la représentation de sa propre personne dans le groupe et lâorientation vers des intérêts, thématiques et processus de développement communs. (304) Les interactions de groupe peuvent par ailleurs favoriser les expériences de communauté et lâesprit dâéquipe, de même que lâacquisition de compétences individuelles et sociales. Lorsquâils sont confrontés à leurs propres limites ou à des situations conflictuelles, les jeunes assimilent un sens de la réalité qui les aide à mieux sâévaluer eux-mêmes et à mieux apprécier leurs propres capacités pour lâavenir. (305) Lâimportance des pairs dans lâéducation et le développement des jeunes Avec la famille et lâécole, le groupe de pairs représente aujourdâhui une importante instance de socialisation, qui dispose dâun potentiel éducatif significatif. (306) Lors du processus dâéloignement de la maison familiale, câest principalement dans leurs contacts avec leurs amis et les jeunes de leur âge que les jeunes trouvent orientation, appartenance et reconnaissance. Le groupe de pairs aide le jeune à trouver son identité, en ce sens quâil lui offre des possibilités dâidentification et des styles de vie spécifiques et quâil confirme la représentation quâil se fait de lui-même. Dans le milieu ouvert de la maison de jeunes, le groupe de pairs bénéficie de lâespace nécessaire pour tester collectivement des modèles et comportements sociaux. Le groupe de pairs offre sécurité et stabilité et aide le jeune à gérer les incertitudes qui se manifestent à lâadolescence. à travers leurs contacts avec les jeunes de leur âge, les adolescents développent et expriment des opinions et des valeurs pour eux-mêmes ainsi que dans leur confrontation avec la société. De plus, dans leurs interactions au sein du groupe de pairs, les jeunes découvrent de manière autonome et responsable comment mener un processus de négociation, traiter un conflit et organiser le quotidien. Ainsi, le groupe de pairs offre un espace libre social, propice à lâexpérimentation de différents comportements sociaux, et autorise des formes dâactivité sociale qui sâavéreraient risquées à lââge adulte. Si le groupe de pairs revêt une telle importance pour mener à bien les tâches de développement propres à lâadolescence, câest aussi parce que les jeunes sont confrontés à des thématiques et intérêts communs ou similaires et sont ainsi forts dâune véritable « expertise » dans leur cohabitation réciproque. (307) Du fait que les jeunes bénéficient de la faible structure préexistante et de la malléabilité de la maison de jeunes tout en pouvant compter sur le soutien et les conseils des pédagogues, le travail en milieu ouvert réunit les conditions idéales pour permettre aux jeunes de tester les règles de base de la cohabitation sociale au sein du groupe de pairs. Apprendre dans le cadre dâapproches spécifiques au sexe â éducation sexuelle Dans le cadre des offres dâéducation sexuelle et des activités spécifiques au sexe, le travail en milieu ouvert avec les jeunes offre tant aux garçons quâaux filles la possibilité de se confronter aux thématiques qui leur importent ainsi quâau rôle subjectif spécifique au sexe dans la société. Ce faisant, ils sont pris au sérieux et estimés, avec les particularités et les intérêts et attitudes qui leur sont propres. Cela permet de renforcer lâautodétermination sexuelle des jeunes filles et jeunes garçons et de favoriser le développement de leur estime de soi. Conditions dâassimilation dâune culture constructive du conflit Lâexpression et la mise en Åuvre des intérêts et opinions des jeunes entraînent souvent leur lot de conflits. De même, la confrontation avec les normes du monde adulte et la recherche de sa place et de son statut propre au sein du groupe de pairs et dans les relations avec lâautre sexe sont elles aussi des tâches de développement qui peuvent faire naître des tensions et des situations conflictuelles. Avec ses principes fondés sur le volontariat, la discursivité et la promotion de la responsabilité propre, le travail en milieu ouvert avec les jeunes offre de bonnes conditions pour concrétiser des stratégies constructives de résolution des conflits dans les interactions avec les autres jeunes et les pédagogues. En se confrontant collectivement aux idées et souhaits des autres, les jeunes peuvent découvrir que la cohabitation au sein dâune communauté sous-entend également des engagements et des obligations et que la tolérance et la considération de lâautre sont des piliers tout aussi essentiels de la cohabitation sociale que la résolution pacifique des conflits. Une culture constructive du conflit est marquée par la négociation, lâécoute, lâestime et lâacceptation des opinions et valeurs divergentes ainsi que par une argumentation objective. Elle peut générer de nouvelles expériences dâapprentissage qui peuvent elles aussi contribuer à élargir les horizons intellectuels des jeunes et à les ouvrir à de nouvelles choses. Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Activités et sujets liés au sexe au sein de la maison de jeunes ; ⢠Recours à la médiation de pairs ; ⢠Mesures relevant de la pédagogie dâexpérience et dâaventure et visant à renforcer lâesprit dâéquipe ; ⢠Jeux de rôle ; ⢠Toute autre activité et mesure pertinente. â IV.5°2 Valeurs, démocratie, participation Promotion et développement des valeurs et normes individuelles Le système de valeurs se développe grâce à la cohabitation avec les autres ; il est le fruit de lâinteraction entre les personnes. Tandis que les enfants assimilent surtout les valeurs et normes de leur famille et de leurs parents, câest plutôt le contraire chez les jeunes, la plupart du temps. Pendant lâadolescence, ceux-ci remettent en question les normes et valeurs de la famille. Ce processus est essentiel au développement dâune identité propre, car la délimitation consciente des autorités contribue également, surtout chez les jeunes, à imprégner durablement une conscience individuelle des valeurs. Il appartient au travail en milieu ouvert avec les jeunes de placer ces derniers dans une situation qui leur permette de remettre en question, de consolider ou de revoir leurs valeurs intuitives et subjectives à travers leurs interactions avec les autres jeunes et les adultes. Ceci se produit au cours dâun processus de développement et de co-construction (dans le cadre dâun travail relationnel de confiance) avec les pédagogues et les autres jeunes. Au cours du processus de développement identitaire, les jeunes cherchent tout simplement à se confronter et à sâopposer aux adultes. Il est par conséquent important que les pédagogues fassent preuve dâauthenticité, de capacités relationnelles, dâengagement sincère et quâils aient un système de valeurs clair, réfléchi et ouvertement communiqué. (308) La formation et lâacceptation de valeurs et normes présupposent également que les pédagogues demandent à ce que les règles et normes soient développées et respectées et veillent à ce que les jeunes vivent une culture quotidienne promouvant les valeurs et les règles (par ex. habitudes alimentaires ; gestion des conflits ; respect entre les sexes, utilisation de la langue, etc.). (309) Participation et éducation démocratique Les approches participatives permettent aux jeunes dâapprendre les limites et les possibilités dâingérence, de participation et de modification. Ils peuvent également découvrir les conditions dâune action réussie et responsable dans le contexte social. (310) Le rôle central et la marge de manÅuvre de la participation sont confirmés par la possibilité de prendre des responsabilités et de participer de manière informelle partout dans la maison de jeunes. Ainsi, le caractère volontaire de lâoffre du travail en milieu ouvert génère automatiquement la possibilité de participer, car les jeunes décident eux-mêmes dâemblée de répondre ou non à cette offre. Lâabsence de règlements stricts et de directives bureaucratiques entraîne par ailleurs forcément une certaine discursivité dans le quotidien de la maison de jeunes, dans le cadre de laquelle les conditions concrètes de lâinstitution sont élaborées par les pédagogues et les jeunes. La pratique du travail en milieu ouvert avec les jeunes au Luxembourg comporte également des méthodes dâapprentissage démocratique (par ex. comités ou forums de jeunes), au sein desquelles les jeunes sont davantage impliqués dans le choix, la planification et lâexécution des activités et projets. Par la discussion structurée qui sây tient, les opinions des jeunes peuvent être prises en compte dans les processus dâaction de la maison de jeunes, dans un cadre adapté. (311) Acquisition de compétences interculturelles et promotion de lâintégration Lâhétérogénéité culturelle des visiteurs des institutions pour jeunes du Luxembourg donne lieu à des situations dâapprentissage diversifiées, car la confrontation avec les autres cultures, mais aussi la gestion des conflits culturels donne la possibilité de remettre en question sa propre identité et de découvrir et accepter dâautres traditions, styles de vie, opinions, etc. Ãtant donné quâà lâheure actuelle, plus de 42 % des jeunes vivant au Luxembourg sont issus de lâimmigration, il sâagit dâun aspect important de lâéducation, qui favorise par ailleurs lâintégration sociale. (312) Dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes, ces derniers ont la chance de rencontrer des jeunes originaires de différents pays et dâapprendre de cette hétérogénéité des cultures et traditions. Ils apprennent à être ouverts et tolérants à lâégard des autres, que ce soit dans les situations du quotidien ou dans le cadre dâactivités de groupe. Le travail interculturel avec les jeunes ouvre la voie à lâintégration en leur permettant de connaître et comprendre dâautres cercles culturels, en éveillant leur curiosité à lâégard des autres et en contribuant à surmonter les divisions. Les possibilités de communication des jeunes originaires de différents pays sont favorisées de façon ludique et adaptée aux jeunes. Lâacquisition de compétences interculturelles passe par lâassimilation dâune compétence émotionnelle et de la sensibilité interculturelle à prendre en considération et à reconnaître les concepts de perception, de pensée, de sensation et dâaction des jeunes originaires dâautres pays dans ses actions individuelles et interactions. Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Participation à lâaménagement des programmes ; ⢠Planification et réalisation responsable des offres pédagogiques de loisirs ; ⢠Jeux de coopération ; ⢠Collaboration rémunérée ; ⢠Transparence et intelligibilité des décisions des pédagogues ; ⢠Les conditions-cadres sont prédéfinies, les règles du jeu sont négociables ; ⢠Bien dâautres encore. â IV.5°3 Langue, communication, médias Le potentiel éducatif du multilinguisme Le travail en milieu ouvert avec les jeunes favorise lâexploitation compétente de la diversité linguistique et culturelle chez les jeunes. Il sâagit notamment dâutiliser le potentiel de lâhétérogénéité de la société luxembourgeoise et de vivre le multilinguisme au sein du travail avec les jeunes. La maîtrise de plusieurs langues permet aux jeunes dâengager un échange constructif avec la société, de comprendre ses valeurs et attitudes et de les intégrer dans leur propre système dâaction ou de sâen distancier. Par ailleurs, la langue joue un rôle important pour développer un sentiment dâappartenance et sâidentifier à une société. à travers leurs interactions au sein du service pour jeunes, les jeunes, surtout ceux qui pratiquent moins les langues nationales, acquièrent une plus grande assurance dans la pratique des langues luxembourgeoise, française et/ou allemande. Il sâagit là dâun aspect éducatif significatif au Luxembourg, compte tenu de lâhétérogénéité linguistique et des exigences et chances que celle-ci suppose. Assimilation de la compétence médiatique Lâutilisation des médias digitaux est devenue essentielle dans le monde des jeunes et façonne nombre de leurs domaines de vie. Les jeunes utilisent les médias numériques avec aisance et y attachent une grande importance car ils leur offrent un haut degré de nouvelles opportunités de participation et de réseautage. Les médias peuvent également être un lieu vivant pour la découverte de soi, le développement de la personnalité et lâéchange de connaissances. Une compréhension globale des médias, de leurs opportunités et de leurs risques est essentielle pour le travail en milieu ouvert avec les jeunes. Celui-ci peut profiter de son accès privilégié auprès des jeunes pour développer leurs capacités et aptitudes concernant lâutilisation des médias. Les offres et projets pédagogiques leur permettent de se pencher de manière active et consciente sur les technologies et contenus médiatiques. Les offres dâéducation en médias sâadaptent à lâenvironnement des jeunes et ont pour objectif de doter ces derniers de compétences, connaissances, capacités, aptitudes, dâun discernement critique et de critères dâévaluation, afin quâils apprennent à utiliser les offres et contenus médiatiques de manière autonome et avec un esprit critique. (313) Lâassimilation des compétences dâutilisation devra aller de pair avec une réflexion au sujet des contenus médiatiques. Lâélaboration et la publication de contenus propres sur les réseaux sociaux de la structure pour jeunes leur font comprendre lâeffet que peuvent produire des contenus médiatiques. Ils apprennent en même temps à assumer la responsabilité liée à leur manipulation médiatique (utilisation et conception de médias). Lors de lâacquisition de compétences médiatiques, les adolescents utilisent principalement lâapprentissage sur un modèle. Les jeunes ont besoin de soutien pour pouvoir utiliser lâoffre médiatique de manière créative, sensée, sûre et propice au développement. Leurs modèles de comportement face aux médias sont avant tout les pairs, parents et les travailleurs de jeunesse. Stimulation des compétences linguistiques par la culture Lâart et la culture constituent des moyens dâexpression, et en tant que tels, ils offrent un espace de communication et de représentation. Tout comme les médias, le théâtre, la littérature, la musique, le cinéma, mais aussi les arts plastiques et la danse, sont des modes de transmission de savoir, de réflexions et de ressenti qui ne sâexpriment pas seulement à travers une forme dâart, mais que lâon laisse exister et que lâon partage avec les autres. Faire participer les jeunes à des activités culturelles sâavère, contrairement aux idées reçues, avoir un impact très positif tant quâelles sont véhiculées comme une expérience et non comme un savoir qui ne peut être remis en question. Lâart est expression, il attend donc une réaction. Les jeunes qui font lâexpérience de lâart, lâexplorent, où y participent activement, développent des compétences linguistiques communicatives de même quâun esprit critique et apprennent à connaître et utiliser des formes dâexpression qui enrichissent leur vocabulaire et perfectionnent leur présentation. Lâexpérience artistique se prête particulièrement bien à un cadre éducatif non formel car elle peut être vécue, discutée et pratiquée librement, indépendamment de connaissances préalables et sans la pression de donner une mauvaise réponse. Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Les jeunes considèrent les travailleurs de jeunesse comme des interlocuteurs compétents pour les sujets médiatiques ; ⢠Lâutilisation des médias contribue à rendre les offres attractives et à atteindre de nouveaux groupes cibles ; ⢠Le travail avec les jeunes a un effet équilibrant là où les jeunes sont livrés à eux-mêmes en ce qui concerne leur manipulation des médias ; ⢠Acquisition de compétences clés grâce à des projets et activités médiatiques ; ⢠Expression dâexpériences de la propre vie ; ⢠Utilisation de jeux vidéo dans le travail avec les jeunes ; ⢠Codage (programmation) avec des jeunes ; ⢠Plateformes dâapprentissage, thématiques et dâéchange ; ⢠Le théâtre et la littérature étant les territoires naturels de la langue, la musique et le cinéma permettent également la transmission de la passion pour la langue, ses choix et son rythme ; ⢠Une analyse critique de lâart et du thème traité favorise le choix des mots pour exprimer la libre pensée ; ⢠Lâapprentissage de techniques de posture et dâexpression verbale avec des pédagogues dâart dramatique permet au jeune de prendre le contrôle sur son expression et sur lâimage quâil donne de lui ; ⢠Les arts plastiques, le théâtre et le cinéma invitent à étudier le lien entre le visuel et la parole, à parler de mise en scène et de contexte et dâétablir des parallèles avec le propre vécu, notamment en ce qui concerne les réseaux sociaux ; ⢠Lâécriture créative favorise une meilleure appréciation de ses propres compétences linguistiques. â IV.5°4 Créativité, art, culture Le travail en milieu ouvert avec les jeunes crée des espaces dans lesquels ces derniers peuvent tant vivre et partager les formes dâexpression propres à la culture jeune que voir la culture comme une possibilité de conception artistique et créative. Promotion de lâépanouissement autonome de la culture propre aux jeunes Le fait de développer et expérimenter diverses formes dâexpression et scènes de la culture propre aux jeunes est un élément central de la jeunesse, à travers lequel les jeunes appréhendent leur environnement réel et se confrontent de manière active à eux-mêmes ainsi quâà la société. Il appartient au travail en milieu ouvert avec les jeunes de laisser de lâespace aux formes dâexpression des sous-cultures, mais aussi de les remettre en question sous un angle critique et dây réfléchir avec les jeunes. Par ce biais, les jeunes apprennent à se confronter à leur propre culture et à consolider leur personnalité. Lâapprentissage comme processus de conception créatif Dans le cadre de ses projets et activités axés sur la politique, la culture, la pédagogie de lâexpérience et la pédagogie médiatique, le travail en milieu ouvert avec les jeunes offre un potentiel dâapprentissage culturel diversifié. (314) Les jeunes ont le droit de prendre activement part à la vie artistique et culturelle. Lâéducation culturelle éveille leur potentiel créatif et renforce leur compétence dâaction et leur autodétermination. En assimilant des compétences culturelles, les jeunes deviennent aptes à aménager leur propre vie et leur cohabitation sociale de manière autonome et créative. Les compétences créatives ouvrent aux jeunes de nouveaux environnements de perception, de pensée et dâaction et les aident, dâun point de vue pratique, à surmonter les crises et les étapes de développement complexes. En même temps, elles génèrent également des compétences sociales, telles que lâesprit dâéquipe, la capacité de communication ou lâesprit critique. Les possibilités concrètes des jeunes en termes dâactivités créatives et musicales sont très vastes : assister à une pièce de théâtre et en interpréter soi-même, tourner des vidéos, jouer de la musique, peindre, danser, écrire, faire de la photographie, ou encore utiliser les médias et lâordinateur de façon créative. De plus, la promotion des styles de danse propres à la culture des jeunes (streetdance, hip-hop, break-dance) occupe une place centrale dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes. Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Offre diversifiée en matière de conception artistique, culturelle et médiatique ; ⢠Représentations publiques lors dâévénements ; ⢠Participation à lâaménagement des pièces de la maison de jeunes ; ⢠Présentations et expositions dans des bâtiments publics ; ⢠Groupe musique de la maison de jeunes, troupe de danse de la maison de jeunes ; ⢠Bien dâautres encore. â IV.5°5 Mouvement, conscience corporelle, santé La santé et le bien-être comme champs dâapprentissage Grâce à son accès privilégié aux jeunes, le travail en milieu ouvert avec les jeunes est en mesure de sensibiliser ces derniers à leur corps, leur santé et leur bien-être général. (315) Il inculque ainsi aux jeunes, dans le cadre de la promotion de la santé, que le mouvement et une alimentation saine font partie intégrante dâun mode de vie responsable. Lâélaboration dâoffres sportives, dans le cadre desquelles les jeunes peuvent se tester sans contrainte en termes de performance, et lâassociation entre activité physique et plaisir font également partie des tâches éducatives du travail en milieu ouvert avec les jeunes, de même que lâinformation et les conseils ciblés sur tous les sujets pertinents en matière de santé des adolescents. Un développement et une promotion de la santé basés sur la réflexion sous-entendent également la confrontation respectueuse et critique avec les jeunes qui consomment du tabac, de lâalcool et des substances illicites. De cette façon, les jeunes ne sont pas laissés seuls face à leur comportement, mais sont sensibilisés à adopter une attitude responsable vis-à -vis des conséquences et risques inhérents à la consommation de ces produits. Sur cette base, le renforcement de lâestime de soi et du sens des responsabilités des jeunes doit également être considéré comme un objectif éducatif du travail en milieu ouvert avec les jeunes. Gérer les changements physiques et émotionnels Accepter les changements physiques qui surviennent à lâadolescence et façonner sa propre identité sexuelle sont des tâches de développement de première importance. La façon dont les filles et garçons vivent et considèrent leur propre corps et le fait quâils se sentent bien ou non dans leur peau a une incidence déterminante sur lâimage quâils ont dâeux-mêmes et sur leur joie de vivre. Ces facteurs influencent de manière décisive le bien-être et lâétat de santé subjectif des jeunes. Lâestime pour son propre corps est donc absolument fondamentale pour pouvoir gérer de manière responsable sa santé et sa sexualité. Elle contribue par ailleurs à ce que les jeunes prêtent attention à leur corps, le traitent de manière sensible et attentive et se préservent eux-mêmes des influences négatives et des problèmes de santé. Les maisons de jeunes abordent les thèmes précités, ainsi que bien dâautres sujets relatifs à la santé et au développement physique, dans le cadre de lâéducation sexuelle et de la prévention et sensibilisent les jeunes à développer une conscience positive de leur corps, à percevoir ses capacités motrices et sensorielles et à agir de façon responsable avec celui-ci. Lâobjectif est de soutenir et dâaccompagner les jeunes, garçons et filles, dans le processus de développement dâune autodétermination sexuelle responsable et dâune identité sexuelle propre. La prévention orientée vers les ressources comme stratégie dâapprentissage Dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes, la prévention est considérée comme une forme dâéducation complète et orientée vers la personne, dont le but est la confrontation ouverte et positive avec les valeurs, normes et modèles comportementaux sociaux et sociétaux. (316) Le travail en milieu ouvert avec les jeunes fait face aux crises et aux conflits qui apparaissent au cours des processus de développement des jeunes et aborde les agissements risqués et divergents à lâaide dâapproches de prévention positives, orientées vers leurs ressources et leurs compétences, afin de renforcer leur sentiment dâamour-propre et leurs stratégies de résolution des difficultés. Ce faisant, le travail en milieu ouvert avec les jeunes prend le parti de ces derniers. Il sâengage pour offrir aux jeunes un droit à lâautonomie et à la différence et pour leur ouvrir les droits et possibilités en termes de participation politique et dâinfluence. Les pédagogues ne considèrent pas les jeunes comme des preneurs de risques déficitaires, mais bien comme des partenaires (potentiellement) compétents et égaux. Ils voient les jeunes comme les acteurs de leur développement et produisent dans ce sens avec eux des activités et schémas de soutien, dâincitation et de détente autour des thématiques liées à la protection de la jeunesse et à la prévention de la violence, à lâalimentation saine et à la prévention contre la drogue et lâalcool. (317) Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Matériel dâinformation sur de nombreux sujets relatifs à la santé ; ⢠Activités liées à la thématique de lâalimentation (production de ses propres aliments, cours de cuisine) ; ⢠Offres de détente et dâentraînement ; ⢠Jeux de mouvement ; ⢠Initiation et/ou participation à des campagnes de prévention ; ⢠Bien dâautres encore. â IV.5°6 Sciences naturelles, environnement, technique Ãducation écologique Dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes, ces derniers sont incités et sensibilisés à sâengager de manière responsable pour préserver lâenvironnement. Les projets et activités liés à lâéducation à lâenvironnement permettent dâélargir les connaissances des jeunes quant aux thématiques écologiques, au développement durable et à la politique environnementale. Ceci suppose également que les pédagogues doivent éveiller lâintérêt des jeunes vis-à -vis des questions dâordre économique, politique et social ainsi que des développements technologiques et scientifiques et leur offrir la possibilité de participer à leur réalisation et leur mise en place. Lâapprentissage dâexpériences et la participation sont à cet égard des principes importants qui peuvent être mis en Åuvre dans des offres pratiques diversifiées. Pour renforcer le sens des responsabilités écologiques de la jeune génération, les concepts du travail en milieu ouvert avec les jeunes comportent également des mesures et principes dâaction ayant pour objectif la protection de lâenvironnement et lâéducation à lâenvironnement. Dans le cadre de projets de coopération avec dâautres institutions aux niveaux communal et régional autour de la thématique de lâécologie, les jeunes découvrent la qualité de leur propre espace de vie et de ses produits et acquièrent la notion des interdépendances à lâéchelle mondiale. Ils sont de plus incités à exercer leur coresponsabilité personnelle et à réfléchir à leurs propres habitudes de vie et de consommation et, le cas échéant, à les modifier. Orientation vers lâavenir et questions de durabilité La recherche sur la jeunesse montre que les jeunes sont sensibles aux questions relevant de lâavenir et du développement durable, voire inquiets pour certains, et quâils font preuve dâune grande volonté dâengagement et dâun grand potentiel pour ce qui est de sâinvestir concrètement pour le bien-être de lâêtre humain ou la protection de lâenvironnement. (318) Le travail en milieu ouvert avec les jeunes leur offre un cadre et un forum de discussion, mais également de multiples possibilités pratiques et créatives de se confronter aux questions touchant au développement durable, de sâinformer et de poursuivre leur éducation, ainsi que dâéchanger leurs opinions et ressentis sur ce sujet. Le but dâune éducation à la politique de développement et à la durabilité dans le cadre du travail en milieu ouvert avec les jeunes est de sensibiliser les jeunes et de les rendre aptes à se percevoir comme un élément à part entière de la société et, dans ce sens, à assumer les responsabilités de leurs propres actions au sein de cette dernière. Pour ce faire, il est notamment important dâadopter une réflexion commune sur les questions dâavenir, liées par exemple à la consommation critique, à la sécurité alimentaire ou encore au changement climatique et à la protection de lâenvironnement. En outre, toutes les approches méthodologiques du travail en milieu ouvert avec les jeunes peuvent être utilisées pour évoquer les aspects du développement durable et les intégrer dans le quotidien de lâinstitution. Environnement dâexpérience et dâapprentissage ⢠Activités de sensibilisation des jeunes aux thématiques écologiques ; ⢠Projets et activités promouvant un mode de vie sain, jeux de rôle ; ⢠Application de concepts écologiques au sein de la maison de jeunes (par ex. utilisation de produits issus du commerce équitable, recyclage, utilisation des produits régionaux) ; ⢠Faire de lâéducation à lâenvironnement lâun des sujets des campagnes dâinformation ; ⢠Initiation de ou participation à des campagnes de sensibilisation ; ⢠Organisation dâateliers sur la protection de lâenvironnement et de la nature ; ⢠Bien dâautres encore. â IV.5°7 Transitions Le développement des jeunes peut se définir comme un processus de transition vers lââge adulte, qui se caractérise par la formation de pistes de vie individuelles. Au sein de ce processus sâépanouissent des communautés sociales, des modes de vie culturels et des modèles dâorientation sociopolitiques spécifiques. (319) En sus des tâches de développement précitées, le fait dâêtre engagé pour un emploi rémunéré fait également partie des tâches de transition décisives à lâadolescence. (320) à cet égard, compte tenu des changements sociétaux, il est de plus en plus difficile à lâheure actuelle de définir ce en quoi consiste précisément la réussite des processus de transition de lâécole vers le travail rémunéré et de déterminer les performances que les jeunes doivent accomplir pour ce faire. (321) Les jeunes défavorisés sont souvent les grands perdants de cette évolution, comme en témoigne leur présence disproportionnée dans les mesures dâinsertion professionnelle. Si elles sont censées amortir et favoriser la transition, elles sont aussi controversées, du point de vue scientifique, pour ce qui est de leur effet réel et de leur reconnaissance par les employeurs potentiels. (322) Afin dâaider les jeunes à mener à bien ces processus de transition, le travail en milieu ouvert avec les jeunes met à leur disposition un large éventail dâoffres dâéducation, dâinformation et de conseil. Il leur offre un soutien personnalisé et des conseils au niveau de la recherche dâemploi, de lâentrée dans la vie professionnelle, de la recherche dâune place de formation, de lâactivité professionnelle après la formation et de la gestion du chômage des jeunes. Ce faisant, les pédagogues sâadaptent aux besoins et aux conditions-cadres de lâenvironnement des jeunes et mettent leur potentiel et leurs compétences au cÅur du questionnement. En tant quâoffre facile dâaccès, le travail en milieu ouvert avec les jeunes a, au moment de lâorientation professionnelle et du choix dâune profession, une fonction de relais entre les jeunes en recherche dâemploi, les écoles, les institutions dâaide professionnelle pour les jeunes et les entreprises de formation. Environnement de développement et dâapprentissage ⢠Préparation à la candidature ; ⢠Jeux de rôle et sessions dâentraînement sur le processus de candidature ; ⢠Ãchange dâexpériences dépassant le cadre du champ dâactivité ; ⢠Contacts avec les centres de formation et entreprises ; ⢠Accompagnement vers les entreprises, institutions et bureaux ; ⢠Bien dâautres encore. â IV.6° AUTRES SERVICES POUR JEUNES QUE LES MAISONS DE JEUNES QUI TRAVAILLENT POUR ET AVEC LES JEUNES â IV.6°1 Objectif de lâéducation non formelle et du travail avec les jeunes Lâobjectif de lâéducation non formelle et du travail avec les jeunes est le développement personnel et social des jeunes. Leurs contextes sociaux, leurs droits, leurs attentes et leurs compétences doivent être pris en compte et respectés indépendamment de leur situation sociale. Il faut montrer aux jeunes quâils font partie intégrante de la société : ils doivent participer activement et de manière autonome à la conception de leur environnement social. Au-delà des offres pédagogiques existantes, le travail relationnel incluant lâétablissement dâune relation de confiance est très important. Il convient de renforcer lâestime personnelle des jeunes et leur confiance en eux-mêmes tout comme leur capacité à gérer les conflits et leur esprit critique. Il faut également promouvoir leur sens des responsabilités individuel, ainsi que leurs capacités de communication et dâautodétermination. (323) â IV.6°2 Le secteur jeunesse et les « services pour jeunes » La plupart des structures actives dans le domaine de lâéducation non formelle des jeunes et du travail avec les jeunes, et qui bénéficient dâun soutien financier de lâÃtat sont des maisons de jeunes. Mais dâautres structures sont également subventionnées. Outre lâaccueil et lâencadrement des jeunes, le « Règlement grand-ducal du 28 janvier 1999 concernant lâagrément gouvernemental à accorder aux gestionnaires de services pour jeunes » prévoit aussi la mise en Åuvre de projets et dâactivités, de formations, la transmission dâinformations et la médiation. Il en résulte quâune multitude dâoffres et de domaines dâactivités sont pris en charge par les services pour jeunes. Toutes ces missions varient de lâoffre de conseil, de lâorganisation de colonies de vacances, jusquâà une aide et un soutien individuels, en passant par lâéducation et la citoyenneté. Les objectifs des organisations et structures sont dâadapter leurs pratiques pédagogiques aux différents groupes cibles, mais aussi aux différents contextes sociaux, géographiques, pédagogiques, culturels et politiques. Le point fort du travail avec les jeunes réside dans la focalisation des besoins des groupes cibles. Ainsi il existe de multiples possibilités dâatteindre les objectifs poursuivis : les services pour jeunes peuvent organiser leurs activités directement avec les jeunes. Ils peuvent aussi conforter les jeunes indirectement en exerçant leur influence sur les adultes, dâautres jeunes ou organisations. Ils peuvent sâadresser au grand public ainsi quâaux décideurs politiques locaux ou nationaux. Indépendamment de leur démarche, toutes les organisations contribuent aux objectifs du cadre de référence de lâéducation non formelle dans le domaine du travail avec les jeunes. Dans leur diversité du travail de fond que les organisations réalisent, elles poursuivent les mêmes objectifs et une orientation pédagogique commune. Le personnel qualifié respecte une même attitude fondamentale et met en Åuvre les caractéristiques de lâéducation non formelle. Afin dâaméliorer la lisibilité des paragraphes suivants, toutes les organisations qui Åuvrent, directement ou indirectement, pour ou avec les jeunes, seront désignées par lâexpression « services pour jeunes ». â IV.6°3 Lâattitude du personnel Le personnel des services pour jeunes ne doit pas avoir nécessairement suivi une formation pédagogique. Par contre il doit être qualifié respectivement en cours de formation. Le personnel qualifié du secteur jeunesse sâidentifie aux valeurs et au rôle des pédagogues tels quâils ont été définis au chapitre portant sur lâorientation pédagogique. 15 Le point de départ de la conception de leur rôle est toujours basé sur lâimage du jeune qui est membre compétent, autonome et égal de la société. Toutefois si le personnel nâest pas en contact direct avec les jeunes, lâobjectif principal reste le même : à la fois mettre en valeur les compétences individuelles des jeunes tout comme renforcer leur participation sociale et politique. Le personnel qualifié du secteur jeunesse respecte, soutient et réfléchit à la conception du rôle du pédagogue. Le fait de faire lui-même partie des personnes de référence importantes pour les jeunes ou de former des personnes au rôle de référent reste secondaire. Le principal est de transmettre aux personnes de référence lâimage du jeune et les principes éducatifs de lâéducation non-formelle. Lâobjectif est important : il sâagit ici dâencourager, dâinformer, dâaccompagner et de soutenir les jeunes. Pour ce faire, les différents membres du personnel doivent coopérer. Un secteur jeunesse qui forme un réseau solide, est toujours lâindice dâune bonne qualité professionnelle. Un échange régulier avec les autres services, associations de jeunes et clubs est essentiel. Cet échange doit être favorisé activement par chaque membre du personnel et ce réseau peut se présenter sous diverses formes quâelles soient locales, nationales ou internationales. En fonction du contexte, il est également possible de former un réseau avec des organisations extérieures au secteur jeunesse, qui travaillent sur le même sujet. â IV.6°4 La compréhension commune de lâéducation non formelle Malgré la diversité des offres proposées par les différents services pour jeunes, les caractéristiques principales de lâéducation non formelle sont valables pour tous : 16 ⢠Tous les services proposés sont basés sur le principe du volontariat : aucun jeune ne peut être contraint de participer à une activité ou de profiter des offres de soutien personnalisées. ⢠Les services pour jeunes sâouvrent vers lâextérieur : ils nâexcluent aucun jeune et cherchent à échanger avec dâautres organisations. ⢠La participation est encouragée : les jeunes participent à la cogestion des organisations. ⢠La méthode de travail est orientée vers lâindividu : lâévolution de la culture des jeunes incite les services pour jeunes à adapter leur concept pédagogique. ⢠Lâéducation non formelle ne place pas lâacquisition de diplômes au cÅur de son action, mais le processus : elle cherche à découvrir et à mettre en valeur les qualités de chacun, qui constituent la base de tous les processus dâapprentissage ultérieurs. ⢠Lâapprentissage entre pairs reste central : si les jeunes doivent apprendre en sâappuyant sur lâexpérience de référents formés, ils doivent aussi apprendre avec les autres et les uns des autres grâce à des activités communes. ⢠Le dialogue ouvert permet dâétablir un climat de confiance qui nécessite le respect et lâestime des jeunes, ainsi que ceux du personnel qualifié et des autres organisations. ⢠Lâencouragement de lâefficacité personnelle est un élément important : la gestion active du stress et le renforcement de la confiance en soi contribuent à la bonne santé mentale des jeunes et les aident à mieux gérer des problèmes. Selon le profil et la spécialisation des services pour jeunes, il nâest pas nécessaire de mettre en Åuvre toutes les caractéristiques de lâéducation non formelle de la même manière. Toutefois, aucune de leurs attitudes ne doit contrevenir à lâune de ces caractéristiques. â IV.6°5 Offres et domaines dâactions des services pour jeunes Les champs dâaction énumérés au point IV.5 constituent un fil conducteur thématique pour lâéducation non formelle. Les différents champs thématiques sâappliquent principalement aux maisons de jeunes, en même temps tous les autres services pour jeunes peuvent bien entendu se les approprier et les mettre en Åuvre. Cependant, le cadre dans lequel évoluent les différents services pour jeunes diverge fortement et leurs actions se déploient de diverses manières. Selon les groupes cibles (jeunes, adultes ou organisations) et les méthodes de travail (individuelles ou en groupe), la situation initiale des organisations varie beaucoup. Câest pourquoi les champs dâaction des maisons de jeunes ne sont pas transposables tels quels dans dâautres services pour jeunes. Selon lâorientation conceptuelle, le spectre dâactivités possibles peut aller au-delà des champs dâaction thématiques et inclure également une offre dans différents domaines de compétences. Ceux-ci viennent alors compléter lâorientation pédagogique et, le cas échéant, les champs dâaction. Les offres peuvent se dérouler dans le cadre dâun champ dâaction précis ou être proposées en complément de plusieurs champs dâaction. Dans certains cas, elles peuvent aussi se démarquer des champs dâaction. En résumé, les services pour jeunes ont donc la possibilité de se spécialiser et de construire leur concept de manière modulaire : ils partagent les mêmes objectifs, les membres du personnel qualifié ont la même conception de leur rôle et ils évoluent au sein des mêmes caractéristiques de lâéducation non formelle. Ils sont libres de choisir leur public cible, leurs champs dâaction et leurs domaines dâactions, qui dépendent de la nature et du profil de chaque organisation. Les cinq domaines dâactions sont présentés ci-dessous : 1. Formation et soutien des acteurs qui travaillent pour et avec les jeunes La formation initiale et continue ainsi que le soutien des encadrants socio-éducatifs et des autres acteurs peuvent également faire partie du concept pédagogique dâun service pour jeunes. Les acteurs soutenus peuvent être des adultes et/ ou des bénévoles ou encore dâautres organisations. Il peut également sâagir de jeunes qui sont formés pour réaliser des activités avec dâautres jeunes. La formation des jeunes devant eux-mêmes mener à bien des activités repose juridiquement sur le « Règlement grand-ducal modifié du 9 janvier 2009 sur la jeunesse ». 17 Le statut dâanimateur jeunesse (« brevet dâanimateur ») comprend différentes catégories. Il garantit un nombre dâheures minimum de formation ainsi que la transmission de contenus et compétences spécifiques. Toutes les caractéristiques de lâorientation pédagogique de lâéducation non formelle doivent être transmises lors de la formation initiale et continue du personnel qualifié. Les méthodes utilisées lors des formations continues sâappuient elles-mêmes prioritairement sur des méthodes dâapprentissage non formelles. Lâapprentissage mutuel joue aussi un rôle très important dans la formation des adultes : si la transmission de leur expérience par des référents qualifiés est formatrice, le temps passé autour dâactivités communes lâest tout autant. Les membres bénévoles des services pour jeunes doivent également être soutenus. Ils ont besoin à la fois de connaissances sur le travail avec les jeunes, lâéducation non formelle et des connaissances de base de la gestion organisationnelle dont la gestion du personnel. Des structures solides et bien gérées sont indispensables pour que le personnel puisse faire son travail efficacement. Les offres de soutien des intervenants sont donc un élément important du concept des services pour jeunes ou de leurs confédérations. 2. Activités de loisirs spécialisées En sus des activités proposées par les maisons de jeunes, dâautres services pour jeunes proposent également des activités de loisirs. Les activités de loisirs spécialisées peuvent avoir lieu dans des institutions librement accessibles sans condition pour tous les jeunes et qui se sont spécialisées dans les activités dâun (ou plusieurs) champ(s) dâaction. Cette spécialisation peut porter sur de nombreux domaines. Quâil sâagisse de créativité ou dâart, de musique ou de sport, dâéducation à la citoyenneté ou de participation, de sciences humaines ou naturelles, de médiation culturelle ou de nouveaux médias, il est important que les activités soient, en général, libres dâaccès pour tous les jeunes intéressés. Aucun jeune ne doit être exclu sur la base de ses capacités ou de ses connaissances. En effet, lâobjectif de lâéducation non formelle nâest pas dâacquérir une bonne technique ou de réaliser un produit fini. Lâobjectif est lâactivité de loisirs en elle-même : la réalisation, en coopération, du projet coorganisé par les jeunes, se trouve au centre de lâattention. Il sâagit dâéveiller et de renforcer, chez les jeunes, la conviction de leur efficacité personnelle. Le rôle du personnel qualifié dans le cadre dâactivités de loisirs spécialisées est comparable à celui des pédagogues dans le domaine de lâéducation non formelle. Lâoffre dâactivités de loisirs spécialisées nâest pas obligatoirement liée à une structure fixe. Les activités peuvent aussi être mobiles, se dérouler à lâextérieur ou dans des structures louées pour de courtes périodes (comme par exemple lors de colonies de vacances ou de certaines activités sportives). Ces activités peuvent également être co-encadrées par des jeunes. Les activités de loisirs permettent de surmonter de manière créative et ludique les frontières sociales et de réunir des jeunes de différentes origines. Un cadre de vie commun exempt de préjugés est ainsi créé. Cette coopération sâétend au-delà des frontières du Luxembourg. Le volet jeunesse du programme Erasmus+ permet dâorganiser des échanges et des activités à lâéchelle internationale avec des groupes de jeunes de la Grande Région et de toute lâUnion européenne. 3. Information, soutien et aide personnalisée Pour offrir aux jeunes une véritable égalité des chances, il est essentiel de leur faciliter lâaccès aux informations essentielles pour leur développement. à cet effet lâinformation des jeunes ne se limite pas quâà un sujet concret. Elle couvre toutes les thématiques relatives aux jeunes. Toutes les questions sont permises, au sujet de lâécole, du travail, de la recherche dâun logement, de la vie quotidienne ou sexuelle. Si lâorganisation ne peut pas répondre aux questions, son devoir est de réorienter les jeunes vers les services de consultation compétents. Pour le personnel qualifié, il est donc primordial dâêtre en échange régulier avec les experts dâautres structures et des services dâinformation et de conseil. Comme lâinformation jeunesse couvre tous les sujets actuels et pertinents pour les jeunes, la recherche autonome, la compilation et la transmission dâinformations font partie du travail quotidien dâun centre dâinformation et de conseil. Les informations doivent être justes, compréhensibles et adaptées aux jeunes. Lâinformation jeunesse stimule les compétences de décision et dâaction des jeunes et contribue ainsi de manière essentielle à leur participation sociale et politique. Les informations ne sont pas uniquement fournies lors de contacts directs, mais également à travers les médias les plus utilisés par les jeunes. Il est donc indispensable que le personnel qualifié connaisse et sache se servir des méthodes de communication digitales actuellement et fréquemment utilisées par les jeunes. Les organisations spécialisées dans un domaine ne doivent pas couvrir tous les sujets relatifs aux jeunes. Elles sont expertes dans leur domaine et transmettent leur expertise de manière adaptée aux jeunes. Les principes généraux de la transmission dâinformations sont aussi valables dans ce cas. Lorsque la seule transmission dâune information ne suffit pas, un soutien plus proche pendant un certain lapse de temps peut être proposé aux jeunes. Ainsi, le personnel qualifié de ces services accompagne le jeune dans son parcours vers lâindépendance, en lâaidant par exemple à vivre de manière autonome. Il est important que les jeunes ne soient pas privés ni de leurs responsabilités ni de leur esprit dâinitiative. Lâaide apportée est ponctuelle et limitée dans le temps. Lâobjectif est que le jeune puisse maîtriser seul toutes les tâches quotidiennes. Lorsque lâaccompagnement ponctuel ne suffit pas, il peut être nécessaire de mettre en place des prestations dâaide personnalisées. Outre la sensibilisation à la thématique jeunesse quâelles ont choisie, la mission centrale des services de soutien personnalisé est de créer une offre de conseil et de thérapie à bas seuil et facilement accessible. Les dispositifs de conseil peuvent aussi être proposés de manière anonyme, par téléphone ou en ligne. Cette offre ne sâadresse pas uniquement aux personnes concernées, elle peut aussi répondre aux demandes des personnes de référence des jeunes. Le jeune décide de manière autonome dans quelle mesure il fait appel à cette offre de conseil. Une autre mission importante consiste à organiser et réaliser des formations pour dâautres professionnels du secteur de la jeunesse. En tant quâexperts de leur domaine, les services pour jeunes apprennent à dâautres professionnels socio-éducatifs les compétences fondamentales et donnent des recommandations pour dâautres offres dâappui personnalisé. De plus, ces formations permettent de lutter contre les explications hâtives et erronées au sujet du comportement des jeunes. 4. Ãducation à  la citoyenneté, représentation politique et travail de sensibilisation La démocratie permet aux personnes de concevoir et de modifier ensemble la vie politique et sociale. 18 à condition toutefois que les personnes soient bien informées, quâelles soient capables de se forger leur propre opinion et quâelles veuillent sâintéresser de manière critique au système démocratique. Elles doivent aussi être encouragées à assumer des responsabilités et à sâengager pour les valeurs démocratiques fondamentales. Trois lignes directrices centrales et reconnues de lâéducation à la citoyenneté, doivent être respectées. 19 1) Lâéducation à la citoyenneté sâarrête là où commence lâendoctrinement. Les jeunes ne doivent pas être pris au dépourvu et être empêchés de se faire leur propre opinion. 2) Les différences dâopinions et les avis opposés dans les domaines politique et scientifique ne doivent pas être passés sous silence, au contraire ils doivent être intégrés aux activités organisées avec les jeunes et faire lâobjet dâun débat. 3) Les jeunes doivent être encouragés et mis en capacité de reconnaître et défendre leurs intérêts et de sâengager en leur faveur. En même temps les jeunes ne doivent pas être les seuls à pouvoir sâimpliquer : les services pour jeunes et leur personnel qualifié contribuent également au façonnement de lâenvironnement des jeunes. Ils ont pour mission de sâengager en faveur des jeunes et de les représenter si ces derniers ont des soucis à se faire entendre. Les professionnels connaissent leur contexte de vie ainsi que leurs préoccupations grâce aux relations étroites quâils ont avec eux. Au niveau local comme national, ils utilisent les différentes possibilités et recherchent activement le dialogue avec les décideurs politiques et leurs administrations. Ils transmettent leurs connaissances au sujet des jeunes et sâengagent en leur faveur. Ils participent ainsi à lâélaboration des politiques en faveur de la jeunesse et du travail avec les jeunes aux niveaux communal et national, dans lâintérêt de tous les jeunes. Il en va de même pour les confédérations des structures et des organisations de jeunes, qui ont lâimportante mission de transmettre au monde politique, les propositions/ positions élaborées conjointement avec leurs membres. Ceci implique également les relations publiques et la sensibilisation à lâégard de sujets relatifs aux jeunes ou dâimportance pour les jeunes ou encore sur certains aspects thématiques spécifiques selon le service pour jeunes. Il faut alors veiller à ce que le contenu informatif proposé soit équilibré et éviter les présentations unilatérales qui dramatisent ou au contraire minimisent les situations. Les principes fondamentaux de lâinformation jeunesse sâappliquent également au travail de sensibilisation et de relations publiques. 5. Promotion de lâengagement bénévole Généralement, lâengagement bénévole a une influence positive sur le développement des jeunes et renforce leur sentiment dâefficacité personnelle ainsi que leurs compétences sociales et celles qui sont propres à lâactivité. Les jeunes tirent un bénéfice important de leur activité bénévole, que ce soit pour leur développement personnel ou pour leurs activités professionnelles ultérieures. Cet engagement a un impact positif à la fois sur la société ainsi que sur les jeunes et devrait être favorisé par les services pour jeunes. La volonté de sâengager reste élevée chez de nombreux jeunes, mais leur engagement ne se concrétise pas automatiquement ni par hasard. (325) Les conditions générales doivent être propices. Ce sont principalement la famille, les amis ou lâentourage qui donnent lâimpulsion à lâengagement. Dâun point de vue sociologique, il est plus probable que les jeunes sâengagent si leurs parents ou dâautres membres de leur famille le font également ou lâont fait par le passé. Toutefois, dâautres personnes de référence jouent aussi un rôle important. Lâengagement peut naître dans lâenvironnement scolaire, mais il peut également être impulsé par les bénévoles des services pour jeunes ainsi que par le rôle dâexemple que joue lâencadrant socio-éducatif. La volonté de sâengager, à elle seule, ne suffit pas. Les jeunes doivent pouvoir choisir entre plusieurs possibilités de sâimpliquer et être soutenu dans le choix de leurs actions. Ils ont besoin de savoir concrètement comment et où ils peuvent sâengager. Les services pour jeunes doivent proposer aux jeunes des contacts et des idées de mise en Åuvre et pouvoir sâappuyer sur le réseau quâils forment avec les autres organisations, les services pour jeunes et les communes. Pour ce faire une bonne connaissance des programmes de soutien nationaux comme le service volontaire et des différentes possibilités de financement de projets est indispensable. Les services pour jeunes doivent également connaître les nombreuses possibilités offertes par les programmes européens Erasmus+ et le corps européen de solidarité et, le cas échéant, en informer les jeunes. Même si lâactivité profite à la collectivité, il ne faut pas perdre de vue que les jeunes doivent avant tout y prendre plaisir. Les jeunes doivent pouvoir sâidentifier à la thématique et participer à lâorganisation de leur engagement. Plus la marge de manÅuvre quâon leur accorde est grande, plus ils sâidentifient à lâactivité et plus leur volonté dâentreprendre des missions augmente. Néanmoins, ils ne doivent pas être livrés à eux-mêmes en cas de difficultés ou de problèmes. Les services pour jeunes transmettent également aux jeunes les bases du travail de projet en tant que soutien supplémentaire, ce qui les aide à transformer leurs idées et leurs intérêts en projets concrets. Les domaines dâengagement sont très divers : travail avec les jeunes, travail social, associations sportives et musicales, protection de lâenvironnement et des animaux, etc. Selon lâactivité, il peut également y avoir un lien direct avec lâéducation à la citoyenneté, dont les principales lignes directrices doivent également être respectées. (258) Willems et al., 2010 (259) Hurrelmann, 2007 (260) Baacke, 2000 (261) Oerter & Dreher, 2008 (262) Havighurst, 1972 (263) Montada, 2008 (264) Hurrelmann et al., 2008 (265) Oerter, 2008 (266) Bronfenbrenner, 1981 (267) Heitmeyer, Mansel & Olk, 2011 ; Beck,1986 (268) Willems et al., 2010 (269) Voir Manuel sur lâassurance et le contrôle de qualité dans les maisons de jeunes au Luxembourg (Ministère de la Famille et de lâIntégration, 2008) (270) Bundesjugendkuratorium 2001, p. 164 (271) Bundesjugendkuratorium, 2001 (272) Deinet & Sturzenhecker, 2005 (273) Sturzenhecker, 2005 (274) Wulf & Zirfas, 2006 (275) Lüders & BehrâHeinze, 2010 (276) DrogandâStrud & Rauw, 2005 (277) Cloos et al., 2007 (278) Müller, 2004 (279) Sturzenhecker, 2005 (280) Cloos et al., 2007 (281) Sturzenhecker, 2005 (282) Biewers & Willems, 2008 (283) Deinet, 2012 (284) Brunner et al., 1998 (285) Von Spiegel, 2005 (286) Deinet & Reutlinger, 2004 (287) Deinet, 2008 (288) Cloos, et al, 2007 (289) (289) Kühn, 2005 (290) Cloos et al., 2007 (291) Cloos et al., 2007 (292) Kascha, 2005 (293) Schumann, 2005 (294) Schumann, 2005 (295) Schumann, 2005 (296) Deinet, 2008 (297) Böhnisch & Münchmeier, 1990 (298) Willems et al., 2010 (299) Willems et al., 2010 (300) Deinet, 2005 (301) Da Silva Santos & Roob, 2011 (302) Deinet, 2005 (303) Sturzenhecker, 2000 (304) Schumann, 2005 (305) Hurrelmann et al., 2008 (306) Nörber, 2005 (307) Nörber, 2005 (308) Kalff, 2007 (309) Schubarth, 2010 (310) Bodeving, 2009 (311) Willems et al., 2010 (312) Meisch & Schröder, 2009 (313) Schorb,2005 (314) Biewers & Willems, 2009 (315) Kolip & Hurrelmann, 2002 (316) Lindner, 2005 (317) Sturzenhecker, 2000 (318) Schlimbach, 2009 (319) vgl. Böhnisch, 2008 (320) Hurrelmann, 2007 (321) Stauber et al.,2007 (322) Willems et al.,2010 (323) cf Jugendheim Kettenis (2018),p.8-9 (324) Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend (2017) (325) Bertelsmann Stiftung (Hrsg.)(2015) â â V. 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Informations publiées Page de couverture ⢠Numéro dâagrément ⢠Nom SEA ⢠Adresse SEA ⢠Site Internet (si existant) 1. Informations générales ⢠Tranche dââge des enfants accueillis : â¦. à  â¦Â ans ⢠Capacité dâaccueil du service selon agrément : ⢠SEA participe au CSA : â¡ oui â¡ non ⢠Participe au programme dâéducation plurilingue : ⡠oui â¡ non ⢠Nom et diplôme du chargé de direction ⢠Nombre du personnel éducatif (ETP, hors chargé de direction) 2. Organisation ⢠Horaires dâouverture ⢠Offre modifiée pendant les vacances scolaires â¡ non â¡ oui, si oui quelles modifications (horaires, activités spéciales, â¦) (max. 150 mots) ⢠Description de lâinfrastructure : â¡ nombre de salles â¡ salles spéciales â¡ espaces extérieurs ⢠Travail avec des espaces à thèmes (« Funktiounsräim ») â¡ non â¡ oui, si oui, préciser quels types de salles fonctionnelles (max. 200 mots ⢠Répartition des enfants en groupes fixes selon les différentes tranches dââge : ⡠oui, si oui, indiquer la taille des groupes ⢠Organisation de la journée ⢠Informations sur les repas : â¡ repas préparés par SEA elle-même ⡠repas livrés ⢠Remarques supplémentaires sur les repas â¡ non â¡ oui, lesquelles ? (p. ex. produits régionaux, produits fairtrade, â¦) ⢠Règlements dâordre interne (à annexer/seulement règlements qui sont importants pour lâinformation des parents, pas règlements internes concernant le personnel) 3. Aspects pédagogiques ⢠Le gestionnaire suit une orientation pédagogique particulière : â¡ non â¡ oui, si oui : laquelle : â¦. (p. ex. Montessori, Reggioâ¦) ⢠Autres remarques sur la pratique éducative : â¡ non â¡ oui, si oui, préciserâ¦. (max. 200 mots) ⢠Description du déroulement dâune journée-type (max. 200 mots) B. Détail de lâapproche pédagogique 4. Introduction ⢠Le processus dâélaboration du concept Implication de lâéquipe éducative Si le SEA disposait déjà dâun CAG validé : points forts et points faibles de lâancien CAG, changements par rapport à lâancien CAG ⢠Suivi donné aux recommandations formulées par lâagent régional par rapport à lâancien CAG ⢠Description de lâenvironnement/de la région Données sociodémographiques 5. Tâches ⢠Description des tâches et fonctions comme institution de lâéducation non-formelle ⢠Personnel (composition du personnel, si personnel spécialisé spécifier domaines de compétences) 6. Mise en Åuvre de lâorientation pédagogique ⢠Lâimage de lâenfant & concept de lâéducation ⢠Compréhension des rôles des pédagogues ⢠Mise en Åuvre des principes éducatifs généraux ⢠Mise en Åuvre des caractéristiques de lâéducation non-formelle 7. Pratique pédagogique ⢠Conditions-cadres des processus éducatifs Par exemple : matériel de jeu et dâapprentissage, locaux, organisation de la journée, structure des groupes, environnement dâapprentissage ⢠Mise en pratique des champs dâaction (cadre de référence de lâéducation non-formelle) Ãventuellement : Description des priorités de lâinstitution ⢠Accompagnement des transitions (notamment phase de familiarisation) ⢠Organisation des études surveillées (si applicable) 8. Développement des compétences langagières 21 ⢠Composition linguistique de la clientèle ⢠Ressources linguistiques du personnel éducatif ⢠Ãducation linguistique au quotidien et suivant les principes de lâéducation non formelle ⢠Valorisation et intégration des langues familiales ⢠Initiation au luxembourgeois et français ⢠Collaboration avec les parents dans le cadre de lâéducation plurilingue des enfants 9. Partenariats éducatifs ⢠Partenariat éducatif avec les parents ⢠Coopération avec les structures de lâéducation formelle ⢠Coopération avec des services sociaux, médicaux et thérapeutiques ⢠Coopération avec des organismes culturels, sportifs, associatifs, ou autres 10.Développement de la qualité ⢠Gestion de la qualité â¡ Ãvaluation des processus dâéducation â¡ Détection et développement de la qualité pédagogique ⢠Formation continue/développement de lâéquipe ⢠Réflexion et supervision ⢠Adaptation du concept â 21 La partie « Développement des compétences langagières » est obligatoire uniquement pour les prestataires qui offrent le programme dâéducation plurilingue. C. Mentions légales et annexes â Les prestataires qui offrent le programme dâéducation plurilingue doivent introduire les trois champs dâaction de lâéducation plurilingue dans leur concept dâaction général : développement des compétences langagières ; partenariat éducatif avec les parents ; mise en réseau et collaboration avec les services sociaux, médicaux et thérapeutiques. â 2° Lignes directrices pour lâélaboration dâun journal de bord applicable aux services dâéducation et dâaccueil pour enfants et aux mini-crèches A. Relevé journalier des activités avec les enfants Offres pédagogiques Contenu Consignes/Remarques ⢠Nom de lâoffre ⢠Date de lâoffre ⢠Responsables ⢠Groupe-cible (âge, nombre dâenfantsâ¦) ⢠Objectifs (voir par ex. champs dâactions du cadre de référence) ⢠Partenaires de coopération ⢠Réflexions/Remarques Pas liées à  un projet Offres pédagogiques du quotidien Espaces/Lieux Contenu Consignes/Remarques ⢠Nom de la salle/ du lieu ⢠Responsable ⢠Observations ⢠Réflexions/Remarques à noter la date et les initiales de lâauteur pour chaque inscription. à remplir des observations spécifiques du quotidien et changements. Exemples dâobservations : utilisation du lieu (dans la moyenne) ; activités réalisées par lâinitiative des enfants ; changements ; observations générales sur lâutilisation. Projets pédagogiques Contenu Consignes/Remarques ⢠Thème du projet ⢠Durée et date du projet ⢠Responsables ⢠Groupe-cible (âge, nombre dâenfantsâ¦) ⢠Objectif(s) du projet (voir par ex. champs dâactions du cadre de référence) ⢠Origine du projet (idée des éducateurs/trices, des enfants, des parents ?) ⢠Description (par ex. activités proposéesâ¦) ⢠Partenaires de coopération ⢠Réflexions/Remarques à mentionner : Projet ponctuel de longue durée avec plusieurs activités. Pour les critères dâun projet voir manuel dâélaboration du journal de bord. Partenariat avec les parents/tuteurs Contenu Consignes/Remarques ⢠Nom et type de lâactivité (par ex. : sessions dâinformations, fêteâ¦) ⢠Date ⢠Responsables ⢠Groupe-cible (par ex. parents/tuteurs du groupe X, enfants du groupe Yâ¦) ⢠Participation active des enfants/des parents/tuteurs ⢠Objectifs ⢠Description ⢠Partenaires de coopération ⢠Réflexions/Remarques à mentionner seulement activités avec plusieurs parents/tuteurs (pas les entretiens individuels de développement de lâenfant). Partenariat avec écoles Contenu Consignes/Remarques ⢠Type de coopération (par ex. activités communes, réunionsâ¦) ⢠Date ⢠Responsables SEA et Ãcole ⢠Groupe-cible (par ex. cycle 1, enfants du groupe X, enseignants du cycle 3â¦) ⢠Objectifs ⢠Description ⢠Autres partenaires de coopération ⢠Réflexions/Remarques Uniquement les coopérations prévues (pas entretien individuel entre le personnel) en dehors du travail quotidien. Travail en réseau Contenu Consignes/Remarques ⢠Nom du partenaire de coopération ⢠Type de coopération (par ex. activités communes, échanges, réunionsâ¦) ⢠Date ⢠Responsables ⢠Objectifs ⢠Description ⢠Réflexions/Remarques Exemples de partenaires : service social, médical ou thérapeutique ; organismes culturels, sportifs⦠B. Personnel : Fonctions et tâches au sein du service et participation aux formations continues Contenu â ⢠Nom ⢠Au SEA depuis⦠⢠Contrat (CDD, CDI, heures de travail) ⢠Formation initiale ⢠Responsabilités ⢠Formations continues accomplies â C. Règlement dâordre intérieur â Annexe III « Lignes directrices sur lâéducation plurilingue dans la petite enfance » 22 Objectifs de lâéducation plurilingue dans la petite enfance Lâéducation plurilingue : ⢠éveille chez les enfants lâenvie de parler et la curiosité pour différentes langues ; ⢠soutient lâacquisition du langage et le plurilinguisme chez les enfants ; ⢠permet aux enfants dâentrer en contact avec les langues luxembourgeoise et française ; ⢠valorise et intègre les langues familiales des enfants ; ⢠accroît lâégalité des chances et la participation à une société plurilingue pour tous les enfants ; ⢠reflète la vie dans une société ouverte, dans laquelle différentes langues et cultures se côtoient harmonieusement ; ⢠ne constitue pas une offre supplémentaire, mais fait partie intégrante du quotidien pédagogique. â 1. Comment les enfants acquièrent-ils le langage en grandissant avec plusieurs langues ? Les enfants acquièrent le langage en interagissant verbalement avec différents interlocuteurs tant dans la vie quotidienne que dans le cadre dâactivités ludiques, authentiques et orientées vers lâaction. à cet égard : ⢠Les enfants acquièrent le langage en interaction avec les adultes et dâautres enfants. Ce nâest que quand les enfants sont impliqués de manière émotionnelle et cognitive dans une conversation, quâils vont écouter activement, poser des questions avec intérêt, intégrer leurs connaissances préalables, se poser des questions sur les langues et les comparer. En outre, ils vont imiter des expressions, les expérimenter de manière ludique, les analyser et les transformer ; ⢠En faisant cela, les enfants ont recours à lâensemble de leur répertoire linguistique et non-linguistique. Lâalternance ou le mélange dynamique des langues est tout à fait normal et naturel lors de lâacquisition des langues. De plus, cette utilisation flexible des langues reflète le vécu quotidien des enfants dans une société hétérogène ; ⢠Les enfants qui grandissent avec plusieurs langues passent par les mêmes étapes dâacquisition du langage et utilisent des stratégies dâapprentissage similaires à celles des enfants qui grandissent avec une seule langue ; ⢠Les expressions erronées des enfants ne doivent pas être perçues comme des lacunes, car lâacquisition des langues est un processus complexe et dynamique dont lâintensité et la rapidité varient dâun enfant à lâautre. â 2. Comment les pédagogues peuvent-ils soutenir les enfants dans lâacquisition du langage ? Les pédagogues aident les enfants dans lâacquisition du langage : -en prêtant attention à  leur attitude pédagogique- ⢠en écoutant les enfants activement et avec intérêt, en posant des questions, en étant patients et en laissant aux enfants le temps de sâexprimer ; ⢠en étant pour les enfants des modèles plurilingues, qui ne séparent pas artificiellement les langues et qui laissent les enfants sâexprimer librement dans la langue de leur choix ; ⢠en observant attentivement les pratiques langagières quotidiennes des enfants et en remettant en question leur propre comportement langagier, afin dâadapter lâaction pédagogique aux besoins des enfants ; -en ayant recours à  des soutiens linguistiques ciblés- ⢠en veillant à une expression verbale naturelle et claire, en sâadressant aux enfants à un rythme et volume sonore appropriés ; ⢠en utilisant toutes leurs ressources linguistiques, lâexpression du visage, les gestes et le langage corporel afin dâassurer la compréhension et la participation de tous les enfants ; ⢠en expliquant leurs propres actions ou leurs intentions ainsi quâen exprimant verbalement les actions et les sensations observées chez les enfants (la parole accompagne lâaction) ; ⢠en posant des questions ouvertes et en impliquant activement les enfants dans les conversations ; ⢠en reprenant, en complétant et en développant les propos des enfants ; ⢠en fournissant un feedback correctif ; ⢠en utilisant les langues également pour parler du passé, de choses non présentes ou de projets futurs. -en créant un environnement stimulant pour les langues- ⢠en créant une atmosphère dans laquelle les enfants se sentent valorisés et dans laquelle ils peuvent parler et développer aussi bien leurs propres langues familiales que de nouvelles langues, ceci sans crainte et en toute insouciance ; ⢠en permettant un contact naturel et décontracté avec le luxembourgeois et le français ; ⢠en créant des opportunités et des espaces linguistiques où ils apportent une contribution riche et authentique et où les enfants peuvent agir de manière plurilingue (p.ex. lire des histoires et en discuter, réciter des rimes, chanter des chansons, jouer à des jeux de rôle, réaliser des rituels, dialoguer au moment du change, créer des espaces de retrait avec des images et des livres) ; ⢠en abordant les langues avec les enfants, en les encourageant à une utilisation ludique de celles-ci et en relevant leurs différentes caractéristiques. (par ex. à travers des rimes) ; ⢠en encourageant les échanges linguistiques entre les enfants ; ⢠en favorisant les expériences avec lâécrit et les symboles, notamment en suscitant lâintérêt pour les livres, en attirant lâattention des enfants sur différentes langues écrites et en racontant des histoires ensemble ; ⢠en permettant aux enfants le contact avec leurs langues familiales et en reprenant activement celles-ci ; ⢠en impliquant les parents ainsi que les partenaires locaux dans le quotidien pédagogique. â 3. Le partenariat éducatif avec les parents Le partenariat éducatif entre les parents et les structures dâéducation et dâaccueil est un élément central de lâéducation plurilingue. Il permet : ⢠aux enfants dâétablir une passerelle entre leurs lieux de vie et les langues parlées à la maison et au sein de la structure dâéducation et dâaccueil ; ⢠lâimplication active des familles dans lâorganisation pédagogique quotidienne de la structure dâéducation et dâaccueil (p.ex. via des réunions de parents, des activités communes, des fêtes, des échanges dâinformations et dâexpériences ou de matériel plurilingue, des lectures de livres dans les différentes langues familiales) ; ⢠la visibilité et la valorisation de toutes les langues et cultures des familles dans la structure dâéducation et dâaccueil ; ⢠un contact informel, une complémentarité et un enrichissement mutuels dans la mission éducative commune et dans lâéducation plurilingue ; ⢠une influence positive sur le plurilinguisme, la motivation, lâestime de soi et le développement de lâidentité des enfants. â 4. La mise en réseau au niveau local Le contact régulier avec les acteurs locaux constitue également un élément central de lâéducation plurilingue dans les structures dâéducation et dâaccueil. La mise en réseau : ⢠permet aux enfants dâentrer en contact avec le plurilinguisme quotidien dans la société (p.ex. en visitant la boulangerie, la menuiserie, le marché ou la librairie) ; ⢠facilite les transitions qui sont dâune grande importance pour les enfants (p.ex. par le biais dâactivités avec des classes scolaires) ; ⢠élargit lâhorizon des enfants (p.ex. par le biais de visites dans des bibliothèques, dans des théâtres, auprès dâassociations culturelles ou dans des maisons de retraite) ; ⢠permet une collaboration avec des services sociaux, médicaux ou thérapeutiques (p.ex. en informant les familles sur les services de conseil existants ou en les mettant en relation avec ceux-ci). â Annexe IV « Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général et du journal de bord applicables aux services de jeunes » â 1° Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général applicables aux maisons de jeunes Conformément à la loi modifiée sur la jeunesse 23 le concept dâaction général sera rendu public par voie électronique. La partie A sera reprise sur le portail. A. Informations publiées Page de couverture ⢠Numéro dâagrément ⢠Nom MJ ⢠Gestionnaire MJ ⢠Commune ⢠Adresse MJ ⢠Site Internet (si existant) 1. Informations générales ⢠Nom et diplôme du chargé de direction ⢠Nombre du personnel éducatif (ETP) 2. Organisation ⢠Horaires dâouverture ⢠Description de lâinfrastructure : ⡠nombre de salles â¡ salles spéciales â¡ espaces extérieurs ⢠Règlements dâordre interne (à annexer/seulement règlements qui sont importants pour lâinformation du public, pas les règlements internes concernant le personnel) 3. Aspects pédagogiques ⢠Projets spécifiques et activités régulières ⢠Autres remarques sur la pratique éducative : ⡠non â¡ oui, si oui, préciserâ¦. (max. 200 mots) B. Détail de lâapproche pédagogique 4. Introduction ⢠Auteurs du CAG ⢠Informations sur le gestionnaire de la MJ ⢠Processus dâélaboration du CAG Si la MJ disposait déjà dâun CAG validé : points forts et points faibles de lâancien CAG, changements par rapport à lâancien CAG (par exemple : Suivi donné aux recommandations formulées par lâagent régional par rapport à lâancien CAG) 5. La commune La région Le quartier ⢠Mobilité (moyens de transport) ⢠Situation géographique ⢠Population Ãnumération : ⢠Structures scolaires ⢠Structures sociales ⢠Offres culturelles et sportives ⢠Organisations de jeunesse ⢠Coopération avec autres MJs â 6. Jeunes de la région Jeunes du quartier ⢠Pyramide des âges ⢠Nationalités ⢠Situation sociale des jeunes (analyse de lâenvironnement local et social) ⢠Observations spécifiques 7. Objectifs ⢠Jeunes de la MJ ⢠Objectifs à long terme ⢠Objectifs spécifiques 8. Fonctionnement cadre de la MJ ⢠Ressources : ⢠Description de lâinfrastructure : ⡠Personnel (postes/diplômes) â¡ Répartition des heures de travail â¡ Heures dâouverture â¡ Infrastructure (espace utilisé/besoins dâespace) ⢠Règlement dâordre interne â¡ Activités régulières â¡ Partenariat : coopérations existantes et planifiées â¡ Ãventuellement : Idées de projet (durée du projet) 9. Mise en Åuvre de lâorientation pédagogique ⢠Lâimage du jeune & concept de lâéducation ⢠Compréhension du rôle des pédagogues ⢠Mise en Åuvre des principes éducatifs généraux ⢠Mise en Åuvre des caractéristiques de lâéducation non-formelle 10. La pratique pédagogique ⢠Conditions-cadres des processus éducatifs Par exemple : ressources éducatives, équipement, matériel ⢠Mise en pratique des champs dâaction (cadre de référence de lâéducation non-formelle) éventuellement : description des priorités de lâinstitution ⢠Accompagnement des transitions ⢠Animation jeunesse « hors murs » 11. Partenariats éducatifs Partenariat éducatif avec les spécialistes (externes), mise en réseau local et régional 12. Développement de la qualité ⢠Gestion de la qualité â¡ Ãvaluation des processus dâéducation â¡ Détection et développement de la qualité pédagogique ⢠Formation continue et développement de lâéquipe ⢠Réflexion et supervision ⢠Adaptation du concept â 2° Lignes directrices pour lâélaboration du concept dâaction général applicables aux services pour jeunes autres que les maisons de jeunes Conformément à la loi modifiée sur la jeunesse 24 le concept dâaction général sera rendu public par voie électronique. La partie A sera reprise sur le portail. A. Informations générales 1. Nom du gestionnaire de la structure pour jeunes ⢠Type et numéro de lâagrément ⢠Nom de la structure pour jeunes ⢠Gestionnaire de la structure ⢠Adresse de la structure pour jeunes ⢠Page internet et présence sur les réseaux sociaux 2. Personnel Nom(s) et qualification du personnel encadrant 3. Organisation ⢠Horaires dâouverture et/ou périodes pertinentes des activités ⢠Description de lâinfrastructure (bâtiments, pièces, véhicules, â¦) ⢠Lignes directrices, principes et valeurs de lâattitude professionnelle B. Concept 4. Contexte Analyse du contexte des tâches - et domaine dâactivité de lâorganisation. Il peut sâagir dâune analyse juridique, spatiale ou thématique. Comme par exemple une analyse de lâespace social ; une analyse du contexte national ou régional ; une analyse de la situation juridique ; des informations sur dâautres organisations actives dans le même domaine et avec lesquelles une coopération est envisagée. 5. Public-cible Qui veut-on atteindre ? Selon le concept et domaine dâactivité, le public cible sont par exemple les jeunes ou des multiplicateurs adolescents et adultes, des décideurs politiques et/ou dâautres organisations. 6. Objectifs ⢠Objectifs à long terme ⢠Objectifs spécifiques 7. Activités et projets ⢠Projets particuliers et activités régulières ⢠Les domaines de responsabilités et, le cas échéant, les domaines dâaction du plan-cadre dans lesquels la structure Åuvre principalement. 8. Orientation et pratique pédagogique ⢠Compréhension et mise en Åuvre des caractéristiques de base de lâéducation non-formelle ⢠Attitude du personnel encadrant 9. Mise en réseau dans le secteur de la jeunesse Mise en réseau local, national et/ou international dans le secteur de la jeunesse ou, le cas échéant, avec dâautres acteurs. 10. Développement de la qualité ⢠Vérification de la réalisation des objectifs et suivi interne et auto-évaluation ⢠Formation continue de lâéquipe/développement de lâéquipe â 3° Lignes directrices pour la tenue dâun journal de bord pour maisons de jeunes Membres Nom, Prénom Sexe Matricule Date de naissance Nationalité Données de contact Nombre de visiteurs par jour Date Visiteurs masculins Visiteurs féminins Total visiteurs Nombre de participants par activité Nom de lâactivité Date de lâactivité Projet dont lâactivité fait partie Champ principal de lâactivité Autre champ de lâactivité Participants masculins Participants féminins Information, Guidance, Aide Mois Demandeur Ãge demandeur(s) Spontané/structuré Sujet Ressources externes (oui/non) Si oui, ressources mobilisées Informations concernant les formations continues effectuées par le personnel encadrant Nom, Prénom Formation Champ dâaction Si autres, spécifier Date(s) de la formation Organisme de formation Durée en heures Sur base des données remplies, le journal de bord donne en plus un aperçu statistique général (« tableau de bord ») et représente les statistiques des différents volets (Membres, Visiteurs, Activités, Information et Guidance) par des graphiques. â Annexe V « Lignes directrices pour lâélaboration du projet dâétablissement et du rapport dâactivité par les assistants parentaux » â 1° Lignes directrices pour lâélaboration du projet dâétablissement par les assistants parentaux Conformément à la loi modifiée sur la jeunesse, 25 le projet dâétablissement sera rendu public par un portail édité par le ministre. La partie « Informations générales » sera reprise sur le portail. Page de couverture ⢠Numéro dâagrément ⢠Nom ⢠Adresse Informations générales ⢠Mon nom/ mon adresse/localité et région ⢠Jâai un agrément qui consiste en la prise en charge régulière : â¡ de jour â¡ de nuit ⢠Ma capacité dâaccueil : â¦..enfants ⢠Tranche dââge des enfants accueillis : â¦. à ⦠ans ⢠Je participe au CSA : ⡠oui â¡ non ⢠Mes horaires de travail ⢠Langues véhiculées dans mon lieu dâaccueil : ⢠Espace de travail ⢠Jâaccueille les enfants dans : â¡ un appartement â¡ une maison unifamiliale â¡ avec jardin â¡ sans jardin ⢠Jâai des animaux domestiques dans le lieu dâaccueil â¡ non â¡ oui , préciser :â¦. ⢠Ãcoles dont je peux assurer le trajet : Je me présente ⢠Ma formation initiale/ mes expériences/ mon parcours professionnel ⢠Ma famille ⢠Mes valeurs, coutumes et principes éducatifs qui caractérisent mon travail Détails administratifs ⢠Ma capacité dâaccueil ⢠Le contrat dâéducation et dâaccueil Mes objectifs éducatifs caractérisant mon travail ⢠Objectifs généraux (par rapport à mon travail, aux enfants, aux parents) ⢠Objectifs liés au cadre de référence Ma préparation du début et de la fin de lâaccueil ⢠Mon premier entretien avec les parents ⢠Visite de mon espace dâaccueil ⢠Finalisation du contrat dâéducation et dâaccueil ⢠Phase de familiarisation ⢠Fin de lâaccueil ⢠La présentation de mon projet dâétablissement Mon espace de travail ⢠Présentation des locaux et aménagement de lâespace ⢠Mon matériel mis à disposition des enfants accueillis ⢠Sécurité â Mon offre ⢠Accompagnement du développement de lâenfant ⢠Offres éducatives par rapport aux champs dâaction du cadre de référence ⢠Devoirs à domicile (si applicable) ⢠Restauration ⢠Mon organisation dâune journée dâaccueil type : â¡ Mon rituel dâaccueil et de départ â¡ Moments de repos â¡ Le déroulement dâune journée ou les temps forts de la journée Le partenariat avec les parents ⢠Moyens de communication ⢠Ãchanges dâinformations ⢠Ãchanges journaliers ⢠Mise en commun dâune approche éducative ⢠Secret professionnel ⢠Les entretiens dâévolution et/ou de clarification Mes limites ⢠par rapport aux horaires ⢠par rapport aux parents ⢠par rapport à la diversité de la clientèle Mise en réseau ⢠La participation à la vie communautaire ⢠Le soutien à la scolarisation dans lâenseignement fondamental ⢠La coopération avec dâautres acteurs locaux ⢠Lâinformation et lâorientation â 2° Lignes directrices pour lâélaboration dâun rapport dâactivité par les assistants parentaux Je me présente Nom â Prénom â Date de naissance â Adresse â Téléphone/GSM â Email â Numéro dâagrément â > Délivré le â Nombre dâenfants autorisés en accueil â Date du début de lâactivité â Qualification autre quâAP ? â¡ oui â¡ non > Si oui, laquelle â â Option 1 : Lâoffre pédagogique Cette année, je porte mon attention sur le champ dâaction : â â Description de mon espace dâaccueil et des modifications que je souhaite y apporter en lien avec ce champ dâaction Je réalise une activité pédagogique en lien avec ce champ dâaction Date de lâactivité Nombre dâenfants â Ãge des enfants Lâactivité pédagogique se déroule comme suit â â Lâactivité pédagogique participe au développement des enfants car ses objectifs sont les suivants â ⢠â ⢠â ⢠â ⢠â ⢠â ⢠â Je note mes observations, remarques, réflexions ainsi que celles des enfants et de leurs parents par rapport à lâaménagement de mon espace dâaccueil et à lâactivité pédagogique proposée â Quelques informations sur lâobservation Le lieu où je fais lâobservation Câest un espace ouvert et aménagé où le matériel est accessible et disponible. Lâenfant peut se servir facilement et ranger. Câest un endroit sécurisé où lâenfant découvre et explore de façon autonome. Câest un lieu que je connais, dans lequel je me sens à lâaise. Mon rôle, mon attitude en tant quâassistante parentale Je suis calme, intéressée et curieuse. Je suis disponible pour regarder lâenfant et je ne me laisse pas distraire par des éléments extérieurs. Je suis en retrait (sur le côté) durant lâobservation. Il nây a aucune interaction de ma part avec lâenfant. Je note précisément toutes les actions de lâenfant en continu sans porter de jugement (de façon objective). Lâenfant Au travers du jeu libre, lâenfant développe son imagination, ses compétences physiques et psychologiques mais il intègre aussi une nouvelle expérience, un événement de la vie de tous les jours. Lâenfant observé avec bienveillance est soutenu dans lâexpérience quâil vit à ce moment-là . Lâobservation Lâenfant et lâespace de jeu ⢠Où se trouve lâenfant ? (dans quelle partie de lâespace de jeu) ⢠Dans quelle position est-il ? (assis, couché sur le ventre, couché sur le dos, debout, â¦.) Lâenfant à  la découverte ⢠à quoi sâintéresse-t-il ? (objet, jeu, jouet, matérielâ¦.) ⢠Comment le découvre-t-il ? (regarde, touche, manipule,â¦) ⢠Que fait lâenfant avec lâobjet ? ⢠Quâest-ce que lâenfant voit ? ⢠Quâest-ce que lâenfant entend ? ⢠Quâest-ce que lâenfant ressent et comment lâexprime-t-il ? ⢠Si lâenfant ne joue pas, que fait-il ? (observe, regarde, dort,â¦) Lâenfant et son entourage ⢠Lâenfant joue-t-il seul ou avec dâautres enfants ? ⢠Comment entre-t-il en contact avec les autres enfants ? ⢠Comment sont les interactions avec les autres enfants ? Vos notes I l sâagit de décrire la situation de manière détaillée et de ne pas écrire uniquement « Marie joue ». Ce qui est important câest de voir à quoi Marie joue et surtout comment elle joue ! Il faut raconter une histoire de sorte quâune personne qui nâa pas vu Marie jouer comprenne ce qui sâest passé. Vous pouvez compléter vos observations en ajoutant lâune ou lâautre photo. â Option 2 : Lâobservation dâun enfant durant le jeu libre (5 min) Prénom de lâenfant Ãge Autres enfants présents Ãge Ãge Date Heure Lâobservation (voir explications ci-dessus) â â Mes conclusions sur les centres dâintérêt de lâenfant et lâaménagement de mon espace « jeu libre » â â Les champs dâaction que je peux mettre en lien avec mon observation â â Le partenariat avec les parents Veuillez cocher pour chaque phrase, ce qui correspond à votre pratique professionnelle. oui = jâai mis en place ce qui est indiqué durant lâannée écoulée souhaité = je souhaite mettre en place ce qui est indiqué dans un avenir proche pas prioritaire = cette proposition ne fait pas partie de mes projets immédiats Vous êtes libre de rajouter un commentaire pour chaque sujet. A. Les débuts du partenariat avec les parents (à remplir uniquement lorsquâil y a eu un nouveau contrat durant lâannée écoulée) A.1. Première prise de contact avec les parents (nombre de nouveaux contrats :) oui souhaité pas prioritaire Jâai eu un 1 er entretien avec les parents. â â â Jâai pris connaissance des attentes et des intentions éducatives des parents. â â â Jâai présenté mon projet dâétablissement aux parents. â â â Jâai fait une visite du lieu dâaccueil avec les parents. â â â Commentaire â â â A.2. La phase de familiarisation oui souhaité pas prioritaire Les premiers jours de lâaccueil, lâenfant mâa rendu visite pour une petite heure, toujours en présence dâun parent. â â â La durée des séparations a augmenté progressivement tout en respectant le rythme de lâenfant. â â â La première séparation avec les parents a eu lieu à partir de la 4e journée. â â â Jâai partagé mes observations avec les parents et jâai pris le temps de poser mes questions par rapport à lâenfant. â â â Jâai pris le temps dâécouter les observations des parents et de répondre à leurs questions â â â à la fin de la phase de familiarisation, jâai fait un entretien de bilan avec les parents. â â â Commentaire â â â B. Lâaccueil familial, un endroit pour enfants et familles B.1. Les moments de contact et dâéchanges avec les parents oui souhaité pas prioritaire Je prends un moment pour mâéchanger avec les parents, lorsquâils déposent et récupèrent leur enfant. â â â Lors des moments où les parents amènent ou récupèrent leur enfant, ils ont la possibilité dâaccéder aux espaces fréquentés par leur enfant. â â â Les parents sont les bienvenus (au moins une fois sur lâannée) pour passer du temps dans le milieu dâaccueil de leur enfant ou pour participer à une activité organisée pour eux (journée/fête des parents). â â â Commentaire â â â B.2. Informations et documentation pour les parents oui souhaité pas prioritaire Les parents ont reçu une copie de mon projet dâétablissement. â â â Dans mon lieu dâaccueil, je dispose dâun tableau qui affiche des informations visibles pour les parents (éventuellement avec des photos). â â â Chaque enfant possède un portfolio contenant des photos illustrant ses journées lors de lâaccueil. â â â Je dispose dâune page professionnelle sur les réseaux sociaux contenant des informations pour les parents. â â â Jâinforme les parents à travers un cahier de transmission ou à travers toute autre forme dâéchange écrit (mail, sms, WhatsApp, autre). â â â Commentaire â â â C. La collaboration avec les parents C.1. Création dâune relation de confiance avec la famille de lâenfant oui souhaité pas prioritaire Jâai régulièrement des échanges avec les parents, afin de parler du déroulement de la journée de leur enfant (échange dâinformations). â â â Jâai mené un ou plusieurs entretiens avec les parents permettant de vérifier leur satisfaction sur la qualité de mon accueil. â â â Jâai mené un ou plusieurs entretiens avec les parents permettant de mâéchanger sur les approches éducatives respectives mises en place et sur les valeurs que chacun aimerait transmettre à lâenfant (entretien de clarification). â â â Jâai mené un ou plusieurs entretiens avec les parents permettant de mâéchanger sur lâévolution de leur enfant (entretien dâévolution). â â â Jâai su créer une relation de confiance et un partenariat avec les parents. â â â Commentaire â â â C.2. Résolution de problèmes oui souhaité pas prioritaire Lorsquâun souci ou un désaccord surgit (non-paiement des factures, problèmes liés au comportement de lâenfant, changement des horaires dâaccueil, â¦) je règle ces situations en négociant avec les parents afin de trouver un accord. â â â Lorsque je me retrouve dans des situations qui ne peuvent pas être résolues et que la communication nâest plus possible, je décide de mettre fin au contrat. â â â Commentaire â â â Ma pratique professionnelle Veuillez cocher pour chaque phrase, ce qui correspond à votre pratique professionnelle. oui = jâai mis en place ce qui est indiqué durant lâannée écoulée souhaité = je souhaite mettre en place ce qui est indiqué dans un avenir proche pas prioritaire = cette proposition ne fait pas partie de mes projets immédiats Vous êtes libre de rajouter un commentaire pour chaque sujet. A. Mon projet dâétablissement â â oui souhaité pas prioritaire Jâarrive à mettre en pratique mon approche et mes intentions éducatives tel que je les décris dans mon projet dâétablissement. â â â Je retravaille, modifie ou complète mon projet dâétablissement au cours de lâannée, afin dâinclure les changements que jâai apportés à mon accueil. â â â Commentaire â â â B. Mon organisation pour concilier ma vie professionnelle et ma vie privée et familiale â â oui souhaité pas prioritaire Les horaires que je propose me permettent de garantir un bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée et familiale. â â â Mon lieu dâaccueil est aménagé de manière à me permettre de bien mâorganiser avec les enfants en accueil tout en respectant un espace privé pour ma famille et pour moi-même. â â â Je mets en place des moments ou des activités pour me reposer et pour me ressourcer, afin de maintenir mon énergie et ma motivation au travail. â â â à certains moments, je fais appel à un ou des remplaçants. â â â Commentaire â â â C. La création dâun réseau de soutien C.1. Participation à des activités oui souhaité pas prioritaire Jâorganise des activités avec dâautres assistantes parentales. â â â Je participe à des activités organisées par lâagence Dageselteren. â â â Je me rends à la ludobibliothèque de lâagence Dageselteren ou au centre Formida de Arcus. â â â Je prends contact avec des services du réseau luxembourgeois pour mâinformer ou obtenir un soutien (p.ex. Alupse, Incluso,â¦). â â â Commentaire â â â C.2. Soutien dans ma pratique professionnelle par lâagence Dageselteren ou par un autre professionnel oui souhaité pas prioritaire Je contacte le service social et administratif de lâagence Dageselteren (permanence, rendez-vous). â â â Jâai recours aux consultations du service pédagogique de lâagence Dageselteren. â â â Je profite des séances de supervision individuelle ou de groupe proposées par lâagence Dageselteren. â â â Je mâadresse à dâautres professionnels ou à dâautres services pour demander conseil. Si oui, lesquels ? â â â Commentaire â â â D. La formation continue et la réflexion sur ma pratique professionnelle D.1. Mes connaissances au niveau du contenu du cadre de référence national (CRN) oui souhaité pas prioritaire Jâapprofondis ma connaissance du CRN grâce à la formation continue (caractéristiques, champs dâaction, principes). â â â Je tiens compte des idées-clé du CRN dans ma pratique professionnelle. â â â Je porte mon attention sur un ou certains champs dâaction en particulier dans mon travail quotidien. Si oui, lesquels ? ______________________________________________ ______________________________________________ ______________________________________________ â â â Commentaire â â â D.2. La mise en pratique des apprentissages issus de la formation continue dans mon travail de tous les jours oui souhaité pas prioritaire Les nouvelles connaissances acquises durant la formation continue mâamènent à réfléchir à ma pratique professionnelle et à remettre en question certains aspects de mon approche. â â â Les apprentissages issus de la formation continue me permettent dâintégrer de nouvelles idées dans mon quotidien professionnel. â â â Je bénéficie dâun accompagnement ou dâun approfondissement des sujets, afin de me permettre dâintégrer les nouveaux apprentissages. Si oui, lequel ? ______________________________________________ â â â Commentaire â â â E. Mes perspectives pour lâannée prochaine E.1. Thèmes que je souhaite approfondir pour développer mes compétences professionnelles (plusieurs choix possibles) oui souhaité pas prioritaire Lâapproche pédagogique â â â Le cadre de référence national (principes, caractéristiques, champs dâaction) â â â Le développement de lâenfant â â â Le jeu, la musique, la créativité â â â Le langage et la communication â â â Le partenariat avec les parents â â â Lâorganisation â â â Les démarches administratives â â â Le ressourcement et le développement personnel â â â Cours de langue. Si oui laquelle ? ______________________________________________ â â â Autres : ______________________________________________ â â â Commentaire â â â Mise en réseau Le projet pédagogique concerne le réseau que vous construisez autour de lâaccueil des enfants pour favoriser leur intégration dans la vie sociale luxembourgeoise. Veuillez cocher pour chaque phrase, ce qui correspond à votre pratique professionnelle. oui = jâai mis en place ce qui est indiqué durant lâannée écoulée souhaité = je souhaite mettre en place ce qui est indiqué dans un avenir proche pas prioritaire = cette proposition ne fait pas partie de mes projets immédiats Vous êtes libre de rajouter un commentaire pour chaque sujet. A. Participation à la vie communautaire luxembourgeoise Exemples dâactivités qui peuvent avoir lieu dans les communes : marché local, marché de Noël, fête de carnaval, fête des cultures, fête nationale, fête portugaise, etc. Exemples de ressources mises en place par les communes : bibliothèque, ludothèque, piscine, parc, spectacles, etc. â â oui souhaité pas prioritaire Je participe aux activités proposées par la commune avec les enfants. Si oui, lesquelles ? â â â Jâutilise les ressources mises à disposition par ma commune. Si oui, lesquelles ? â â â Commentaire ______________________________________________ â â â B. Le soutien à la scolarisation dans lâenseignement fondamental â â oui souhaité pas prioritaire Jâassure la transition entre mon milieu dâaccueil et lâécole pour les jeunes enfants (découverte du chemin de lâécole, de la cour de récréation, â¦). â â â Je soutiens les enfants afin quâils se sentent bien dans le système scolaire (discussion sur le vécu à lâécole, mise en place dâun endroit pour les devoirs, â¦). â â â Jâaborde le sujet de lâécole avec les parents (ressenti et vécu de lâenfant, les devoirs, lâorganisation, les difficultés éventuelles, â¦). â â â Commentaire â â â C. La coopération avec les acteurs locaux â â oui souhaité pas prioritaire Jâorganise une ou plusieurs activités à lâextérieur de mon domicile avec les enfants. Si oui, lesquelles ? ______________________________________________ â â â Jâorganise une ou plusieurs activités avec dâautres acteurs locaux : Si oui, avec lesquelles ? ______________________________________________ â â â Commentaire â â â â D. Information et orientation â â oui souhaité pas prioritaire Jâai de la documentation concernant les services sociaux et éducatif de ma région à disposition des parents. â â â Jâinforme les parents sur les services sociaux ou éducatifs de ma région au besoin. â â â Commentaire â â â â â 1 Loi du 24 avril 2016  portant modification de la loi modifiée du 4 juillet 2008  sur la jeunesse 2 Cf Assurance qualité auprès des services de lâéducation non-formelle. Bilan 2018 ; Bilan 2019. (Service national de la jeunesse 2019a ; 2020). 3 Pour les missions et la composition de la « Commission du cadre de référence national » voir Règlement grand-ducal du 27 juin 2016 concernant lâassurance de la qualité dans lâactivité de lâassistance parentale, dans les services dâéducation et dâaccueil pour enfants et dans les services pour jeunes. 4 La co-construction désigne les processus dâaction et de pensée entrepris en commun par les enfants/jeunes et les adultes, qui leur permettent dâacquérir des connaissances et de donner un sens aux processus en cours dans leur environnement (Fthenakis, 2008) 5 La « transition » désigne toute réorganisation profonde dans la vie dâun individu, y compris les efforts dâadaptation et processus dâapprentissage générés par celle-ci. à cet égard, tous les systèmes impliqués contribuent à la réussite de la transition (Griebel & Niesel, 2004). 6 Ces droits édictés au cours du siècle des Lumières européen, sont toujours applicables de nos jours. 7 La résilience désigne la capacité de résistance psychique dâun individu, câest-à -dire sa capacité à gérer avec succès les événements susceptibles de perturber son développement biologique, psychologique et psychosocial (Wustmann, 2011) 8 Au sens de lâarticle 1 de la Convention, un enfant sâentend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, donc enfants et jeunes. 9 Les « Reckahner Reflexionen » se réfèrent aux droits de lâhomme. 10 Le texte qui suit est principalement, mais non exclusivement, orienté vers les besoins des jeunes enfants et des enfants scolarisés. Certains éléments doivent donc être adaptés aux concepts du travail en milieu ouvert avec les jeunes. 11 « La langue dâéducation est le moyen par lequel des connaissances complexes sont transmises dans lâenseignement scolaire. Elle se caractérise par un haut niveau cognitif et est distinctement dissociée des contextes communicatifs et situationnels. Lâaccent est mis sur la compréhension et la production de textes. » (Rössl, 2011, p. 11) 12 « La langue dâéducation est le moyen par lequel des connaissances complexes sont transmises dans lâenseignement scolaire. Elle se caractérise par un haut niveau cognitif et est distinctement dissociée des contextes communicatifs et situationnels. Lâaccent est mis sur la compréhension et la production de textes. » (Rössl, 2011, p. 11) 13 en tant que processus de maturation physique 14 Ce texte se focalise sur les institutions du travail en milieu ouvert avec les jeunes. 15 Voir chapitre I 16 Voir chapitre I.5. 17 Règlement grand-ducal modifié du 9 janvier 2009  sur la jeunesse, articles 5 à  9. 18 Cf. Bundeszentrale für politische Bildung: https:// www.bpb.de/die-bpb/ . 19 Cf. consensus de Beutelsbach : https:// www.bpb.de/die-bpb/51310/beutelsbacher-konsens 20 Article 32, alinéa (3) « Le concept dâaction général du service dâéducation et dâaccueil pour enfants et le projet dâétablissement de lâassistant parental sont rendus publics par le portail édité par le ministre ... » ( Loi du 24 avril 2016 portant modification de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse). 22 Une description détaillée de ces lignes directrices ainsi que dâautres documents de référence sont disponibles à la page : https://www. enfancejeunesse.lu/fr/education-plurilingue . 23 Article 32, alinéa (1) ââ¦Le concept dâaction général, rendu public par voie électronique, décrit les choix méthodologiques, les priorités et les moyens pédagogiques à mettre en Åuvre au niveau local pour tendre vers chacun des objectifs fixés par le cadre de référence nationalâ¦â» ( Loi du 24 avril 2016 portant modification de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse). 24 Article 32, alinéa (1) ââ¦Le concept dâaction général, rendu public par voie électronique, décrit les choix méthodologiques, les priorités et les moyens pédagogiques à mettre en Åuvre au niveau local pour tendre vers chacun des objectifs fixés par le cadre de référence nationalâ¦â» ( Loi du 24 avril 2016 portant modification de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse). 25 Article 32, alinéa (3) : « Le concept dâaction général du service dâéducation et dâaccueil pour enfants et le projet dâétablissement de lâassistant parental sont rendus publics par le portail édité par le ministre ... » ( Loi du 24 avril 2016 portant modification de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse).
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Règlement grand-ducal du 17 juin 2024 portant établissement du cadre de référence national « Éducation non formelle des enfants et des jeunes ».
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